Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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Collecte des ordures m?nag?res: le business social de trois adolescents ? Douala

? Douala, pendant les grandes vacances, Luc, Martial et Vald?s aident les m?nages ? se d?barrasser de leurs ordures m?nag?res en ?change de quelques pi?ces de monnaie. Zoom sur le quotidien de ces trois adolescents ?g?s entre 14 et 16 ans. Mak?p? Missok? et Bepanda sont quelques quartiers bien connus des trois adolescents. Ces ?l?ves, actuellement en vacances, y entreprennent une activit? ?conomique: le ramassage des ordures m?nag?res. La journ?e de travail commence ? 8 heures du matin. Tels des professionnels, ils patrouillent dans la quasi-totalit? des domiciles situ?s dans ces deux quartiers de la ville de Douala. Les intemp?ries ne semblent pas les d?courager.?Lorsqu?il pleut le matin, on fait le ramassage uniquement dans la soir?e. Et s’il ne pleut pas, on travaille le matin et le soir?, apprennent-ils. Rencontr?s ce jeudi 1?? ao?t 2024 au quartier Missok?, arrondissement de Douala 5?, ils sont v?tus de culottes de couleur noire et de T-shirts rouges (Luc et Martial) et jaune (Vald?s). Ils chaussent des modestes sandales, vulgairement appel?es ?gommes?. Dans leurs mains, ils tiennent r?teau, pelle ronde et sac vide usag? dans lequel ils enfouissent les ordures collect?es. Un tricycle contenant d?autres sacs d?ordures m?nag?res n?est jamais loin. Cet engin ? trois roues permet de se d?placer en transportant les d?chets collect?s dans chaque maison. Pourquoi les trois camarades de classe d?cident de se lancer dans cette activit?? Parce que, ?depuis un certain temps, la soci?t? charg?e de la collecte desdites ordures ne passe pas dans certains quartiers. Lorsqu?on se renseigne et trouve que dans un quartier de la ville, elle a fait des semaines sans y travailler, nous allons proposer nos services?, explique Martial. Ensuite, ?lorsque nous portons les poubelles, nous partons les verser dans les points o? cette soci?t? a plac? des bacs ? ordures?, ajoute-t-il. Ils facturent leurs services en fonction de ?la quantit? des ordures?, pr?cise Luc. ?Les co?ts varient entre 100 et 500 FCFA?, fait-il savoir. Le tricycle appartient ? celui qui se fait appeler « P?re Watt ». Il leur loue l?engin pour la journ?e, ? un prix non d?termin?. ?Nous ne gagnons pas grand-chose. C?est en fonction de ce que nous avons travaill? que nous payons le propri?taire. ?tant donn? que c?est lui qui met le carburant?, lance Vald?s. Pour les populations du quartier Makepe Missok?, c?est un ouf de soulagement. ?Depuis que ces enfants ont commenc? cette activit?, les moustiques ont diminu?. Ils vident mes poubelles et je les r?mun?re. ?tant donn? que la structure qui doit faire ce travail ne passe pas r?guli?rement, ils sont pour nous une manne tomb?e du ciel?. ? la fin de la journ?e, les trois mousquetaires peuvent rentrer avec une somme de ?2000 ou 3000 FCFA? en poche, r?v?le Martial. Bien que l?activit? ne soit pas tr?s rentable, Martial, Luc et Vald?s parviennent quand m?me ? tirer leur petite ?pingle du jeu. C’est, pour eux, un moyen de se rendre utile ? la soci?t?. Joseph Julien Ondoua Owona

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Jeux Olympiques: la marque de l?histoire de l?Afrique s?impose

Une seule question: que manque-t-il ? l?Afrique pour organiser les Jeux Olympiques? ?L?explication est simple, r?sume Mustapha Berraf. Dans les colonnes du quotidien fran?ais Le Monde du 30 juillet 2024, l?Alg?rien, pr?sident de l?Association des comit?s nationaux olympiques d?Afrique, poursuit: ?les moyens infrastructurels ne sont pas ? la hauteur?. Voil? pourquoi, depuis leur cr?ation en 1896, l?organisation du plus grand ?v?nement sportif du monde est un privil?ge que l?Afrique n?a jamais eu l?occasion de s?offrir. Depuis toujours, les Jeux Olympiques dessinent une carte dont les contours n?approchent gu?re le continent africain. Ils ne cessent d?exprimer les aspirations culturelles, ?conomiques et politiques des nations dites puissantes.Maintenant, ?largissons la focale. Dans un premier temps, des impressions v?hicul?es par lesdites nations dessinent les ?l?ments de contexte et les impond?rables anthropologiques. Ces rep?res sont autant d?appuis dont on se sert pour valider le point de blocage. L?ensemble du panorama et des exp?riences montre bien que des imaginations sont ? l??uvre. ? ce titre, il est ?vident que si en Afrique le potentiel est l?, les points de blocage demeurent toujours les m?mes, ? savoir des syst?mes ?conomiques flottants, un d?ficit chronique d?infrastructures suffisantes et de capacit?s humaines ? organiser les Jeux Olympiques. Il se dit qu?en Afrique, le retard accumul? dans les services publics ou collectifs ou encore la planification dessine des besoins d?investissement immenses auxquels les pays ne peuvent pas facilement faire face. Du coup, au sein du Comit? international olympique (CIO), l?Afrique n?est pas le continent que l?on pense en premi?re instance.Dans ces conditions, tous les domaines du droit ressortent comme faibles, incertains et instables. Avec un peu de recul, on per?oit qu?il s?agit l? d?une injustice, avec des d?cisions du CIO s?exprimant souvent sous un angle ?trange pour ceux qui ont l?habitude de la rationalit?. De mani?re tr?s op?rationnelle, les nations dites puissantes maintiennent leurs cadres de pens?e avec vivacit?, en travaillant sur les r?gles afin de structurer et de l?gitimer le hors-jeu de l?Afrique. Cette strat?gie d?action conjointe, qualifiable ? certains ?gards d?influence, a toujours exist?. Cela explique que ces derni?res ann?es, les vents de l?organisation des JO furent plus favorables aux pays europ?ens, am?ricains ou asiatiques.Or, la marque de l?histoire de l?Afrique aux JO s?impose. Cela doit ?tre compl?t? par un combat t?nu pour imposer, au niveau du CIO, une autre carte du monde que celle qui tra?ne dans les manuels occidentaux d?histoire et de g?ographie. Il s?agit, pour l?Afrique, de mobiliser sa culture du combat pour s?ouvrir des perspectives plus sereines, correctement ?tablies, suffisamment ?tay?es et articul?es au sein du CIO. ? moins de retomber dans l?illusion des promesses non tenues et dans l?orni?re des projets qui ne se r?alisent pas, l?effort premier doit se consacrer et se concentrer sur l??laboration des situations. Ce travail d??valuation appelle des op?rations centrales de formulation des questions. Le pari est bien d?accompagner ce mouvement d?s aujourd?hui pour parvenir ? dessiner des horizons diff?rents. La n?cessit? d?une telle strat?gie ? l??chelle du continent permet d??valuer la concurrence r?elle qui n?est pas si significative que cela. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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La vraie priorit?

Embellir la ville d?Abidjan, y mettre de l?ordre, tout cela est certainement louable mais est-ce la chose la plus importante dont les Ivoiriens ont besoin aujourd?hui? Est-ce que c?est leur priorit?? Je pose ces questions parce que, si je me fie au t?moignage des compatriotes vivant ou ayant pass? quelques jours dans la capitale ?conomique, les ponts construits ces derni?res ann?es n?ont pas diminu? les embouteillages et n?ont donc pas rendu conducteurs et passagers moins stress?s qu?avant. La priorit?, pour moi, c?est plut?t, en premier lieu, de transf?rer plusieurs minist?res et institutions ? Yamoussoukro. Cela d?sengorgerait Abidjan, y rendrait l?air plus respirable et r?duirait le prix des maisons ? louer. Il s?agit ensuite de doter les grandes villes de l?int?rieur d?infrastructures vitales afin que les gens n?aient pas besoin de venir ? Abidjan pour r?gler tel ou tel probl?me. Je suis certain que beaucoup d?Ivoiriens auraient fait la m?me proposition que moi si leur avis avait ?t? sollicit? au pr?alable, si on avait tout simplement appliqu? la d?mocratie qui est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Quand un individu d?cide tout seul de raser des quartiers charg?s d?une histoire ancienne, ce n?est plus la d?mocratie et ce n?est pas n?cessairement pour le bien du peuple. Certains n?ont-ils pas commenc? ? dire que le r?gime de Ouattara rase ou d?truit pour permettre ? des hommes d?affaires ?trangers de s?installer? Des hommes d?affaires qui en retour lui verseraient des millions. De tels soup?ons auraient ?t? ?vit?s si on avait pris le soin d?interroger le peuple qui est le vrai et seul souverain. Ne pas le consulter est toujours une faute dans la mesure o? ?ce qui est fait pour moi sans moi est fait contre moi? (Nelson Mandela). Jean-Claude Dj?r?k?

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Pas encore ind?pendants

? mon avis, on devrait parler de f?te nationale et non de f?te d?ind?pendance parce que fin de la colonisation et ind?pendance sont deux choses diff?rentes.Si la lutte des Houphou?t-Boigny, Matthieu Ekra, Victor Biaka Boda, Bernard Dadi?, Lama Camara, Moussa Soumahoro, S?kou Traor?, Jean-Baptiste Mockey, Marie Kor?, Anne-Marie Essy Raggi et d?autres a abouti ? la fin des travaux forc?s, elle ne nous a cependant pas apport? l?ind?pendance parce que, depuis le 7 ao?t 1960, notre pays utilise le franc CFA qui est une monnaie fabriqu?e en France et profitant plus ? l?ancienne puissance coloniale qu?aux pays africains, parce qu?une base militaire fran?aise est toujours install?e sur notre territoire, parce que notre ?conomie est contr?l?e par des ?trangers, parce que nos mati?res premi?res profitent d?abord ? la France, parce que ce pays fait sur la terre de nos anc?tres ce que bon lui semble. Sur ce dernier point, on peut citer, entre autres, la destruction des avions militaires, le massacre des 64 jeunes ivoiriens devant l?h?tel Ivoire en novembre 2004, le bombardement de la r?sidence pr?sidentielle, la fermeture des banques et l?embargo sur les m?dicaments, la tentative d?assassinat d?un pr?sident d?mocratiquement ?lu et l?installation en 2011 dans le fauteuil pr?sidentiel d?une marionnette dont la mission est d?aider la France ? voler les richesses du pays.Il n?est ?crit nulle part que nous sommes condamn?s ? ?tre occup?s et exploit?s par la France. Le Mali, le Burkina et le Niger sont en train de s?affranchir de la tutelle fran?aise. Avant eux, la Cor?e du Sud, Singapour, Hong Kong, Ta?wan et le Vietnam avaient d?montr? qu?un peuple peut changer le cours de son destin et passer ?de la m?diocrit? ? l?excellence? (Eb?n?zer Njoh-Mouell?).De ces pays, qui n??taient pas mieux lotis que nous en 1960, nous pouvons et devons apprendre que ?l?important n?est pas ce qu?on a fait de moi mais ce que je fais moi-m?me de ce qu?on a fait de moi? (Jean-Paul Sartre).En prenant la Bastille en 1789, les r?volutionnaires fran?ais ne risquaient pas leurs vies pour un gain personnel mais pour que leurs enfants et petits-enfants puissent travailler et vivre dans un meilleur environnement. Chez nous, si des injustices et des dictatures inacceptables perdurent, c?est parce qu?il nous manque la capacit? de nous sacrifier. En effet, avant de prendre position, avant de participer ? telle ou telle action (manifestation, gr?ve, boycott, etc.), on se demandera si cette action nous profitera personnellement et imm?diatement. Nous avons du mal ? voir plus loin que le ventre que nous ne pourrons jamais remplir.Ce qui retarde le changement, c?est aussi la peur de la mort. Or o? la mort ne frappe-t-elle pas ? Elle peut nous prendre au champ, dans le lit, dans la douche, devant la t?l?vision, sur un terrain de sport, dans un lieu de culte, etc. La grande faucheuse ne s?abat pas uniquement sur ceux et celles qui se l?vent et luttent contre tout ce qui bafoue la dignit? humaine.Nous ne pourrons pas arracher la vraie ind?pendance, si nous ne prenons pas conscience que ?celui qui ne risque rien, n?a rien? si nous continuons de penser ? tort que seules quelques personnes devraient mettre leur vie en danger. Jean-Claude Dj?r?k?

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Ainsi a v?cu Daniel JEAUC

La trajectoire du Fran?ais inhum? le 3 ao?t 2024 au cimeti?re catholique de Mvolye ? Yaound?. Elle est ?crite par l?Association des familles d?Olembe Horizon 2001 (AFOH 2002) dont l?illustre d?funt ?tait membre. Hagards et interrogatifs, nous voici devant le corps sans vie de Daniel Jauc. Certains comme moi, l?ont vu pour la derni?re fois en mars dernier lors d?une r?union de notre Association qu?il recevait ici chez lui. J?ai personnellement d?couvert un homme b?n?ficiant d?une parfaite connaissance de son milieu et des Hommes, un homme confortablement install? dans sa temporalit?, un homme d?bordant d?id?es et de propositions, un homme qui avait en obsession le sens le plus ?lev? de la vie de communautaire dont il s?exag?rait les obligations.Nous ne nous doutions pas alors qu?il avait commenc? ? exister dans une autre dimension. Nous le savions de sant? d?licate depuis un moment assez longtemps d?j?, mais il reste que l??ch?ance fatidique, qui ne rev?t malheureusement aucun caract?re facultatif, surprend toujours. Dimanche 21 juillet 2024, tout est all? vite, tr?s vite, trop vite. Cela ne se pouvait pas. Pourtant, cela se peut. Le voici inerte, immobile ? jamais. Absent, d?finitivement absent, d?une absence pleine, si lourde de vide. Le voici ? conjuguer la vie dans un temps qui n?existe pas en grammaire fran?aise: le v?cu subjonctif. Chant du cygneQuand l?ann?e 2024 commen?ait, il ne pouvait pas savoir, personne ne pouvait savoir qu?il n?irait pas jusqu?au bout. Ainsi s?ach?ve une vie, ainsi s?accomplit le destin d?un homme, ainsi s??crit l?histoire. Aujourd’hui, une page se tourne, mais nous ne pouvons faire qu?elle n?ait pas ?t? ?crite. Quand la nouvelle de son rappel au cr?ateur est tomb?e, un questionnement lancinant s?est impos? dans nos esprits. Lui qui ?tait le r?gulateur de la vie de sa famille, lui qui soignait leurs blessures et essayait leurs larmes, lui qui calmait leurs douleurs, comment comprendre qu?aujourd?hui se soit lui leur blessure? Comment admettre que c?est lui d?sormais leur douleur? En tout ?tat de cause, c’est un isomorphisme inop?rant de la th?orie du leadership de penser que dans les soci?t?s humaines, lorsque la t?te tombe, la base est d?sorient?e, condamn?e et perdue. L?observation de nombre de ph?nom?nes atteste ? suffisance du contraire. Ce serait l’unique absurdit? de croire au recul de la vertu et de l?exemplarit?. D?autres dans la famille prendront le relai et leur engagement tiendra le temps et les ?preuves.Vu sous cet angle, le triste ?v?nement qui nous rassemble ici ce jour produit sa r?plique didactique, la foi au moyen de la r?flexion. Alors cette mort, ce clap de fin cesse d??tre une malheureuse infamie pour servir de tremplin ? une ?dification morale et peut-?tre intellectuelle. Itin?raireLa vie de Daniel Jauc que la mort arrache ? notre affection ? 78 ans, a ?t? ce qu?elle a ?t?. Un ?tonnement parfois, une curiosit? souvent, un ?v?nement toujours. Parti de son H?rault natal ? l?Est de la France apr?s avoir servi son pays tour ? tour ? la gendarmerie et ? la police, laissant derri?re lui deux fr?res et deux filles, il d?posera ses valises au Cameroun en l?an 2000, apr?s une retraite anticip?e. Agent de contrat local aux services des visas de l?ambassade de France ? Yaound?, il ne tardera pas ? en partir pour exercer le m?tier de sa v?ritable vocation: ?tre camerounais. Le cadrage juridique de la nationalit? chez nous ne l?am?nera pas toutefois ? perdre sa nationalit? d?origine. Il restera donc fran?ais avec pour profession d??tre camerounais. Il va compl?tement, totalement, v?ritablement, sinc?rement, profond?ment, admirablement, incroyablement et d?finitivement s?int?grer ? son nouveau milieu. Une anecdote ?nonce qu?en 2016, lui et Ngon Alain, notre pr?sident, se sont retrouv?s ? l?a?roport Roissy Charles de Gaulle ? Paris. Et c?est paradoxalement Daniel qui s??crira ?j?ai h?te de rentrer chez moi au Cameroun?. Il n?est pas sans int?r?t de relever que l?ann?e m?me de son arriv?e au Cameroun, il rencontre une s?millante camerounaise, Marie-No?lle pour ne pas la nommer, et ce sera la grosse flamme. Deux ans plus tard, ils convolent en justes noces. De cette union vont na?tre deux enfants, deux gar?ons aujourd?hui sevr?s de l?amour d?un p?re exceptionnel.Daniel Jauc s?installe dans cette cit? d?Olembe en 2003. Son sens du prochain, la facilit? de son contact sont unanimement reconnus et salu?s. Homme affable, g?n?reux, blagueur et un tantinet taquin, il ?tait ? son aise dans ce quartier qui a su lui rendre son amour. Il a ?t? l?un des pionniers de l?association des familles d?Olembe. S?acquittant r?guli?rement de ses contributions statuaires, il participait ? la vie de l?association par sa pr?sence physique et son apport intellectuel. D?complex?Baroudeur et bon vivant, il ?tait compl?tement d?complex?, un vrai camerounais, un exemple, un citoyen du monde. Il ?tait surtout de ceux qui savent ? leur prix appr?cier le cours et le sens des choses. Combien de fois dans les r?unions de l?association sa parole a ?t? proph?tique? la bataille avec les riverains, l?imp?ratif d?une tontine susceptible de favoriser des relations plus assidues, etc. Paroles lourdes, oreilles sourdes. Ces id?es resteront autant de messages de pur r?alisme qui sonneront longtemps dans nos consciences. Cet homme a su s?installer dans notre affection et notre amiti?. C??tait un homme ferme, pas ferm?. Il n?avait pas la noirceur des d?clinologues jamais en retard de surench?res pol?miques. Il n??tait pas un donneur de le?ons. Il n?avait pas la fausse sup?riorit? de certains occidentaux qui se sentent investis de la mission d?apprendre ? vivre aux noirs. Il n??tait pas raciste. La puret? de son caract?re, son humanisme subliminal l?ont tout naturellement mis ? l?abri de ces ?garements, de ces loup?s et de ces incartades dus ? l?imp?ritie, ? l?ing?niosit?, au narcissisme et ? l?imposture. Compagnon pr?cieuxAu total, Daniel a ?t? un homme agr?able ? vivre, un ami, un confident, un compagnon pr?cieux, un acteur social appr?ci?, une belle ?me. ? sa famille si durement ?prouv?e, je voudrais dire tous nos regrets, toute notre compassion, toute notre amiti?, toute notre proximit? et toute notre solidarit?. Qu?elle soit assur?e de notre m?moire et de notre soutien. ?

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Gouvernance des ressources humaines: la Cour de justice de la Cemac d?savoue Baltasar Engonga Edjo?o

Le pr?sident de la Commission de la C?mac est somm? de r?tablir la situation administrative de certains fonctionnaires communautaires. La Cour de justice de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) a rendu ce 25 juillet 2024 son verdict sur l?affaire opposant sept fonctionnaires communautaires au pr?sident de la Commission de la Cemac. Elle enjoint Baltasar Engonga Edjo?o ? r?tablir les bonifications d??chelons des plaignants. La juridiction ?replace les requ?rants dans la position administrative o? ils ?taient avant; condamne la Commission ? restituer les retenues op?r?es sur les salaires des requ?rants en cons?quence de la d?cision annul?e; condamne la Commission ? payer ? chacun des requ?rants la somme de 10 millions de FCFA ? titre de dommages-int?r?ts toutes causes de pr?judices confondues?, lit-on dans l?arr?t N 002/ 2024 du 25 juillet 2024.De fait, la juridiction reconnait que le pr?sident de la Commission de la C?mac a ?outrepass? ses pouvoirs? et m?me fait une entorse ? la r?glementation dans ses actions en vue de redresser les suppos?s bavures administratives constat?es au sein de la Communaut?. ?Le 29 juin 2023, le pr?sident de la Commission a saisi la Cour de c?ans ? titre consultatif au sujet des bonifications d??chelons accord?es ? certains fonctionnaires de la Commission courant f?vrier 2023, distinctes des avancements exceptionnels accord?s aux requ?rants cinq mois plus t?t. En date du 5 juillet 2023, la Cour a ?mis un avis favorable ? l?annulation des avancements exceptionnels accord?s aux requ?rants courant f?vrier?. L?action de ce dernier est pour autant all?e au-del? de ce qui est attendu. Toile de fondDevant cette juridiction, le pr?sident de la Commission ?tait face aux nomm?s Charmille Djimbah Lehindah, Joelle Rebeccah Ona Zoua, Marc Aristide Nguema Mba, Joseph D?sir? Ondo Ngoua, Lo?c Francky Ondo Ona, Jean-Paul Kimoto et Adolphe Be Nguema. Cette bataille juridique, qui court depuis plus d?un an, a tout ? voir avec les accusations port?es courant 2023 contre le Pr Daniel Ona Ondo. En effet, il est reproch? ? l?ancien pr?sident de la Commission de la C?mac le recours excessif ? des primes et des caisses d?avance en faveur de certains personnels.L??quato-guin?en Baltsazar Engonga, d?s sa prise de fonction, a assign? ces personnels au remboursement des fonds per?us subs?quemment, avant de proc?der ? leurs affectations disciplinaires dans le cadre d?un vaste red?ploiement du personnel le 15 ao?t 2023. ?Attendu que les d?cisions annul?es ?tant prises entre septembre et octobre 2022 et appliqu?es au-del? du mois, elles ne peuvent plus faire l?objet d?une annulation. D?s lors que la d?cision incrimin?e est prise sans motifs, le mandat donn? au pr?sident de la Commission par le conseil des ministres pour diligenter les actions de remboursement des deniers communautaires ind?ment per?us et d?initier les poursuites disciplinaires ou p?nales y aff?rentes, ne permet pas au pr?sident d?annuler des d?cisions de bonification d??chelons d?j? devenues droit acquis?, tranche la juridiction. Louise Nsana

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Apr?s-Baccalaur?at : le commerce comme source de financement

Apr?s l?obtention de son baccalaur?at et ? quelques semaines de la rentr?e universitaire au Cameroun, Dylan Chintouo commercialise des arachides, des haricots et des pommes au march? Mvog-bi. Objectif: financer ses ?tudes sup?rieures. ?g? de 18 ans, Dylan Chintouo est un nouveau bachelier r?sidant au quartier ?ki?, dans l’arrondissement de Yaound? IV. Pendant les vacances, il troque sa tenue de classe contre le tablier de commer?ant. Tous les jours ? six heures du matin, il quitte le domicile familial pour se rendre au march? Mvog-bi. Il y vend des pommes de terre, des arachides ou du haricot dans une brouette. Les prix, explique-t-il, d?pendent de l’aliment et de la quantit?. Pour les arachides, les prix oscillent en fonction de la contenance du seau, entre 2000 FCFA, 1500 FCFA, et 500 FCFA. Quant au haricot, la tasse est vendue ? 250 FCFA, voire 300 FCFA. La recette quotidienne est enti?rement revers?e au propri?taire de la marchandise. Lorsque la brouette se vide, il la recharge automatiquement: ?C’est depuis le mois de juin, juste apr?s avoir compos? mon examen, que j’ai commenc? ce job et je l’ach?verai ? la fin du mois d’ao?t. D?s lors, mon patron va me payer et je pourrais m’occuper de ma rentr?e acad?mique comme d’habitude. Mon p?re n’a pas suffisamment de moyens pour le faire?.Au regard des recettes journali?res, certains jours de grand march?, ?surtout le samedi, je peux me retrouver avec 20.000 FCFA, voire 30.000 FCFA par jour apr?s avoir vendu un demi sac. Je travaille de 6 h 30 ? 18 h 30?. Propri?tairePour le propri?taire, c’est une bonne affaire de travailler avec ces jeunes. ?Je pr?f?re les contrats avec les vacanciers parce qu’ils ne sont pas tr?s on?reux. Ce sont des travailleurs, ils peuvent vendre un sac d’arachides en une journ?e de grand march? comme le samedi. En g?n?ral, je prends mes cong?s lorsqu’ils sont l? et je sais que je peux leur faire confiance. D’ailleurs, les prix sont relativement les m?mes. Pour un sac d’arachides d?cortiqu?es achet? ? 30000 ou 40000 FCFA, le b?n?fice est de 15.000 FCFA au maximum?. Vu la motivation de ces enfants, il ne fait aucun doute que c’est un avantage pour les commer?ants. Marie No?lle Etoungou (stagiaire)

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Un griotisme sans limites

Kobenan Adjoumani voudrait-il d?passer Dominique Sakombi Inongo dans le griotisme et l?exc?s de z?le? La question m?rite d??tre pos?e apr?s les derni?res sorties de l?homme que la cupidit? et l?opportunisme pouss?rent ? abandonner facilement Henri Konan B?di? qui le fit conna?tre en le nommant ministre pour la premi?re fois. Pour ceux qui ne le savent pas, Sakombi fut ministre de la communication dans les ann?es 1970 quand Mobutu r?gnait en ma?tre absolu sur le Za?re. C?est ? lui qu?on doit, par exemple, le spot publicitaire qui ouvrait le journal t?l?vis? et dans lequel Mobutu descendait du ciel comme un dieu. Sakombi et d?autres griots consid?raient Mobutu comme le messie du Za?re, avaient fait du mobutisme une doctrine et voulaient que les Za?rois v?n?rent Mama Yemo, la m?re de Mobutu, comme les catholiques v?n?rent la m?re de J?sus.Selon Adjoumani, le parti de Laurent Gbagbo soutient des putschistes. Il faisait ainsi allusion au voyage de Justin Kon? Katinan ? Ouagadougou. Adjoumani consid?re en revanche Dramane Ouattara comme un d?mocrate et donc comme quelqu?un qui ne saurait frayer avec des amateurs de coups d??tat. Or, en son for int?rieur, Adjoumani sait qui est le commanditaire et b?n?ficiaire du coup d??tat contre B?di? en d?cembre 1999, qui tenta de renverser le g?n?ral Robert Gue? et le pr?sident Laurent Gbagbo en 2000 et 2001, qui accorda l?asile et la nationalit? ivoirienne ? Blaise Compaor? qui fit un coup d??tat sanglant contre Thomas Sankara en 1987, qui re?ut r?cemment Olingui Nguema, qui faillit renverser les autorit?s de la transition au Burkina Faso en septembre 2015, etc.Si je devais donner un petit conseil au porte-parole du Rhdp, ce serait celui-ci: Sakombi ayant tout perdu apr?s que Mobutu eut perdu le pouvoir, Adjoumani devrait se garder d??tre excessif dans le z?le et dans la flagornerie; il ne devrait surtout pas essayer de r??crire l?histoire de notre pays. Qu?il mange tranquillement et qu?il commence ? penser ? la fin du film dans lequel il joue bien son r?le de bouffon. Jean-Claude Dj?r?k?

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? qui le cardinal s?adressait-il?

Le samedi 3 ao?t 2024, le cardinal Jean-Pierre Kutw? a pass? le t?moin ? son successeur, Mgr Ignace Bessi Dogbo, ancien archev?que de Korhogo, au cours d?une messe conc?l?br?e par plusieurs ?v?ques ivoiriens et ?trangers. La cath?drale Saint-Paul d?Abidjan, o? eut lieu la messe, vibra pendant quelques minutes lorsque l?archev?que sortant d?clara qu?il fallait savoir partir pour que l?amour ne se transforme pas en haine. Une grande partie de l?assistance applaudit spontan?ment en entendant cela mais pour quelles raisons se permit-elle de pousser des cris de joie? Qui le cardinal visait-il ou bien de qui et ? qui voulait-il parler? Certains pensent que son message ?tait destin? ? Dramane Ouattara ?g? de 82 ans et soup?onn? de vouloir rempiler apr?s 3 mandats. Pour d?autres, les mots du cardinal, qui firent le buzz sur la toile le m?me jour, s?adressaient aussi bien ? l?actuel chef de l??tat qu?? son pr?d?cesseur qui f?ta son soixante-dix-neuvi?me anniversaire, le 31 mai 2024 et qui compte se pr?senter ? la pr?sidentielle d?octobre 2025 si sa candidature est accept?e par le Conseil constitutionnel. D?autres encore soutiennent que le d?sormais archev?que ?m?rite voulait simplement, ? partir de son propre cas, inviter toute personne ayant exerc? le pouvoir pendant un certain temps ? prendre sa retraite afin que des bras plus jeunes et plus vigoureux puissent continuer le travail.Je me place dans cette derni?re cat?gorie. En d?autres termes, je me refuse ? imaginer que l?appel de Mgr Kutw? ? quitter la sc?ne quand on a montr? ce dont on est capable et que la force physique et mentale n?est plus au rendez-vous ne concerne que Ouattara et Gbagbo. Pourquoi? Premi?rement, parce qu?il aurait ?t? ind?cent de donner des le?ons de d?tachement aux autres quand soi-m?me on est rest? au pouvoir 4 ans apr?s l??ge de d?part ? la retraite fix? en 1966 ? 75 ans par le pape Paul VI. Que Fran?ois ait prolong? le mandat de Jean-Pierre Kutw? importe peu car un ?v?que, qui se sent fatigu? ou qui a des ennuis de sant?, n?est pas oblig? de demeurer ? son poste. Est ?loquent, ? cet ?gard, l?exemple de Mgr Joseph Dor?. Celui-ci quitta ses fonctions d?archev?que de Strasbourg en ao?t 2006, un mois avant ses 70 ans, parce qu?il ?tait surmen?.Deuxi?mement, parce que, si c?est Ouattara qui ?tait vis?, l?orateur aurait d? tenir ce discours en 2015 ou en 2020. Il aurait fait preuve de courage ? ce moment-l? . Son appel aurait peut-?tre ?t? entendu et notre pays aurait fait l??conomie de souffrances et de destructions de vies humaines. Il est de faux braves comme il est de faux d?vots, constatait Moli?re dans ?Le Tartuffe?. Le vrai brave est celui qui affronte r?solument le danger. Celui qui a ?t? incapable d?affronter et de d?fier Ouattara en 2015 ou en 2020, ann?es o? le pr?sident du RDR ?tait fort ? l?int?rieur et ? l?ext?rieur, serait mal plac? pour jouer les Django et les moralisateurs aujourd?hui devant un lion qui a perdu ses griffes et ses dents.Non, l?appel de Mgr Kutw? ne s?adressait ni ? Ouattara ni ? Gbagbo mais ? chacun de nous car tous, nous sommes enclins ? abuser du pouvoir, avons tendance ? croire que, sans nous, ce serait le chaos ou le d?luge alors que l?Histoire nous enseigne chaque jour que nul n?est indispensable, que les hommes sages sont ceux qui sont en mesure de quitter les choses avant que les choses ne les quittent et que mettre son bulletin dans l?urne sans obliger celui qui a perdu l??lection ? quitter le pouvoir, c?est amputer la d?mocratie d?une jambe.En un mot, le cardinal parlait de lui-m?me mais aussi de chacun de nous et, en substance, voici son message: Quand on a donn? le meilleur de soi-m?me ? la t?te d?une association, d?un groupe, d?un parti, d?une structure ou d?une communaut?, on devrait, non pas chercher ? s?accrocher, mais laisser la place ? d?autres qui ne soient pas n?cessairement de sa famille ou de son ethnie. Jean-Claude Dj?r?k?

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Cameroun-Maroc : c?l?bre des 59 ans de coop?ration

Les ?changes commerciaux entre ces deux pays appel?s ? progresser. R?unis ? Yaound? ce 30 juillet 2024, Marocains et Camerounais c?l?brent, dans un ?lan fraternel, le 25? anniversaire de l?accession au tr?ne de Sa Majest?, le roi Mohamed VI. Parmi les convives, plusieurs membres du corps diplomatique pr?sents au Cameroun.Son Excellence Mostafa Bouh profite de l?occasion ?privil?gi?e pour saluer l?excellence des rapports de fraternit? et la singularit? des liens d?amiti? existants entre les deux dirigeants: Sa Majest? le Roi Mohammed VI et S.E Paul Biya?. Des relations fond?es, selon lui, sur le socle d?une vision commune.Laquelle est marqu?e ?par le partage de la m?me approche vis-?-vis des questions r?gionales et internationales par rapport au soutien des diff?rentes candidatures aux organisations r?gionales et internationales ? travers le d?veloppement d?une coop?ration permanente?. Des mots tr?s proches du r?cent soutien apport? par le Maroc ? la candidature de Phil?mon Yang pour la pr?sidence de la 79? session de l?Assembl?e g?n?rale des Nations unies. Poste auquel l?ancien Premier ministre camerounais a acc?d? le 6 juin 2024. Une distinction salu?e par le diplomate marocain. InsuffisanceVieille de 59 ans, la coop?ration entre le Cameroun et le Maroc ?c?l?brera en 2025 son soixantenaire?. ? ce jour, elle couvre plusieurs secteurs. Les BTP (b?timents, travaux publics), l??nergie, l?aviation, la d?centralisation, l??ducation et la formation. Dans ce dernier registre, le diplomate se f?licite de la formation des cadres et des ?tudiants camerounais organis?e par l?AMCI. ? cela, il s?ajoute le programme de formation par la Fondation Mohamed VI des Oul?mas Africains en faveur de 200 imams camerounais sur une p?riode de cinq ans et pour laquelle 40 camerounais sont d?j? au Maroc.En ce qui concerne la d?centralisation, la r?gion marocaine de Raba-Sal?-Kenitra et celle de l?Ouest du Cameroun ont nou? un partenariat. Et plusieurs autres sont en cours de finalisation, assure le diplomate marocain. EffortsMalgr? les importantes relations politiques entre le pays de Sa Majest? le Roi Mohamed VI et celui de Paul Biya, les ?changes commerciaux sont loin d?avoir atteint leur vitesse de croisi?re. Le sujet sera d’ailleurs abord? ? Rabat dans un « avenir proche », par les membres de la commission mixte Maroc-Cameroun en cours de constitution, explique le chef de la diplomatie marocaine au Cameroun. Objectif: donner ? cette coop?ration un nouvel ?lan et de nouvelles orientations. Joseph Julien Ondoua Owona

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