Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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Cameroun : lancement de la 548e ?dition du festival du Nguon dans la r?gion de l’Ouest

La 548e ?dition du Nguon a ?t? officiellement lanc?e vendredi par le sultan Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, roi du peuple Bamoun dans la r?gion de l’Ouest du Cameroun, a rapport? la CRTV, le m?dia d’Etat. Plac? sous le th?me « le Nguon, patrimoine immat?riel de l’humanit? pour le rayonnement de la culture et le d?veloppement durable », ce grand festival se tient dans la ville de Foumban, dans le d?partement du Noun de la r?gion de l’Ouest. L’?v?nement se d?roule un an apr?s son inscription sur la liste du patrimoine culturel immat?riel de l’UNESCO comme un ensemble de « rituels de gouvernance ». Ouvert depuis le 29 novembre dernier, le Nguon s’articule cette ann?e autour des conf?rences, des projections cin?matographiques, des concerts de musique et danses traditionnelles. Jusqu’au 8 d?cembre prochain, ces activit?s permettent aux visiteurs du monde entier de d?couvrir la richesse et la diversit? de cette culture unique, contribuant ainsi au dialogue interculturel et ? la promotion de la diversit? culturelle du Cameroun

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Qu’es-tu all? (e) chercher ? la croisade de Ndikumana?

Parmi les Ivoiriens qui sont all?s ? la croisade du pasteur burundais Chris Ndikumana, ce 7 d?cembre 2024, je suis certain que beaucoup esp?rent que Dieu y fera un petit miracle pour eux. Si ces gens-l? savaient observer, ils verraient pourtant que c?est un miracle d??tre r?veill? chaque matin, de se tenir debout quand d?autres sont?couch?s, d’avoir quelque chose ? manger quand d?autres meurent de faim. Ceux qui peuvent se r?veiller et marcher chaque jour devraient se consid?rer comme des miracul?s appel?s ? mener une vie qui plaise ? Dieu, appel?s ? se d?tourner de la haine, de l’orgueil, de l??go?sme, de l?envie, de la discrimination, de la volont? de dominer ou de soumettre les autres.C’est ce miracle qu’il convient avant tout de demander ? Dieu, pas une gu?rison physique, le mariage, le visa pour aller en Europe, un boulot, etc.Toi qui cours apr?s le sensationnel ou le spectaculaire, demande ? ?lie et il te dira que Dieu ne se donne pas en spectacle. Jean-Claude Dj?r?k?

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L??glise d?Afrique m?rite un meilleur traitement

Les cardinaux, autrefois appel?s les « princes de l??glise », assistent le pape comme principaux conseillers et aides dans le gouvernement de l??glise (canon 230 du Code de droit canonique de 1983). Bien que je m?en r?jouisse, je n?insisterai pas sur le fait que Fran?ois ait invit? les nouveaux cardinaux ? ne pas se comporter comme Jacques et Jean, les deux disciples dont le c?ur s??tait laiss? ?blouir par « l?attrait du prestige et la s?duction du pouvoir ».Je voudrais plut?t m’int?resser au narratif selon lequel le centre de gravit? de l??glise a bascul? vers le Sud. Les chiffres et la r?alit? (ce qui se passe sur le terrain) montrent effectivement que les bapt?mes et les vocations sacerdotales et religieuses sont en recul en Europe pendant qu?ils connaissent une hausse en Afrique, en Am?rique latine et en Asie. Par exemple, en 2019, l?Afrique a enregistr? 8, 3 millions de catholiques et l?Asie, 1, 3 million.Malgr? cette expansion du catholicisme au Sud, celui-ci continue d??tre r?duit ? la portion congrue en termes de cardinaux. Nous donnerons ici deux exemples pour illustrer notre propos. 1) Sur les 21 cardinaux cr??s par le pape Fran?ois ? Rome, le 7 d?cembre 2024, il n?y en avait qu’un pour l?Afrique. Il s?agit d?Ignace Bessi Dogbo, le nouvel archev?que d?Abidjan. J?ai volontairement exclu l?archev?que d?Alger, Jean-Paul Vesco, parce que c?est un Lyonnais, donc un pur Fran?ais.2) Si les chiffres que j?ai eu ? consulter sont exacts, l?Europe compterait aujourd?hui 115 cardinaux (dont 55 ?lecteurs) contre 29 en Afrique (dont 18 ?lecteurs). La seule Italie aurait presque le m?me nombre d??lecteurs (17) que tout le continent africain (18). Ce n?est pas juste. Si l?Europe continue de se tailler la part du lion, ? quoi cela sert-il de dire que le centre de gravit? de l??glise s’est d?plac? vers le Sud? Quand on regarde les nominations et promotions, ne peut-on pas penser que l??glise catholique continue d??tre la « chose » de l?Europe comme la papaut? fut la chasse gard?e des Italiens pendant 4 si?cles et demi? O? est la justice dans tout ?a? L??glise d?Afrique n?est-elle pas victime d’une forme de discrimination?Ces questions doivent ?tre affront?es. Certains les accueilleront favorablement. D?autres, ceux qui ne voient pas plus loin que l?os que l?Occident leur a jet?, chercheront ? justifier des pratiques qui disqualifient automatiquement le discours de l??glise sur « Nous sommes tous ?gaux devant Dieu » ou bien « Toute cr?ature de Dieu m?rite le respect et la consid?ration ».Les ?v?ques catholiques d?Afrique, qui avaient eu le courage de s’opposer ouvertement ? la b?n?diction des couples homosexuels, oseront-ils dire ? leurs coll?gues europ?ens que rien ne justifie aujourd’hui leur h?g?monie? Jean-Claude Dj?r?k?

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Cameroun: l?odieux visage des violences contre les femmes

F?minicides, violences physiques, agressions sexuelles, mariages forc?s, violences ?conomiques et psychologiques, continuent d??tre le sort r?serv? ? de nombreuses femmes, dans une soci?t? o? le changement de mentalit? peine ? s?imposer. Soixante-sept (77) femmes camerounaises ont perdu la vie sous les coups de leurs compagnons de vie depuis le d?but de l?ann?e. Ce chiffre, parmi tant d?autres, est sorti le 25 novembre 2024 ? l?ouverture des 16 jours d?activisme contre les violences faites aux femmes. Ce qui t?moigne de l?urgence de renforcer les m?canismes de pr?vention et de protection des victimes. La r?alit? d?j? obscure laisse davantage place ? l?absurde, lorsque des mots expriment les raisons de ces violences. ?Le premier cas enregistr? en 2024 est celui d?une dame qui, apr?s avoir b?n?fici? de sa tontine, a ouvert son petit commerce en son nom; mais son compagnon voulait que ce soit plut?t le sien qui figure sur les papiers. C?est ainsi qu?une bagarre a ?clat? et elle est d?c?d?e?, relate ce 25 novembre Clarence Yongo, directeur de publication de Griot TV. Le tableau des motivations est dans la foul?e compl?t? par des complexes de sup?riorit? ou d?inf?riorit?, le narcissisme du conjoint, la culture de la violence forg?e depuis le bas ?ge, le manque de consid?ration pour sa partenaire, entre autres. A ciel ouvertDes sc?nes de violences conjugales, Louise Ngo Tonye en a ?t? ?pargn?e dans son foyer. Pourtant, elle en connait les couleurs et les r?sultats, pour avoir quelques fois ?t? t?moin de ce fl?au dans la vie des femmes de son entourage. ?Elle s?appelait Rosa. Une femme d?une grande beaut? avait ?pous? un homme m?chant. Il la battait au point o? il fallait quelques fois l?amener ? l?h?pital. Apr?s un certain temps, il a pris une deuxi?me ?pouse. Et l?, chacun tapait ? sa guise sur une Rosa devenue femme de m?nage pour la nouvelle ?pouse. Un jour qu?il la tapait encore, toutes les femmes du quartier sont sorties avec des b?tons et il en a eu pour son compte. Mais ?a n?a rien arrang? au sort de Rosa. Son mari faisait ce qu?il voulait parce qu?il disait avoir vers? une dot ?lev?e pour l?avoir. Il ne la tapait plus, mais elle vivait le martyr au point de perdre la raison; elle faisait d?j? comme une folle; elle ?tait priv?e de ration alimentaire et de soins. Son mari a plac? ses enfants ? l?orphelinat. J?ai d? lui donner une parcelle de terrain pour qu?elle fasse ses champs, mais sa famille n?est jamais intervenue jusqu?? sa mort?, relate la septuag?naire. InacceptableDe telles exp?riences sont de trop pour le gouvernement camerounais. Ce d?autant plus qu?elles s?ajoutent ? une liste d?j? longue d?actes de violation des droits humains ? l?encontre de la gent f?minine. Notamment: tous les actes perp?tr?s contre les femmes causant ou pouvant causer un pr?judice voire des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques et ?conomiques, y compris la menace d?entreprendre de tels actes; l?imposition de restrictions ou la privation arbitraire des libert?s fondamentales, que ce soit dans la vie priv?e ou dans la vie publique en temps de paix, en situation de conflit ou de guerre. Aussi la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille actionne-t-elle les leviers tels que la riposte et de la protection des victimes sur l??tendue du territoire national. ?Les victimes doivent prendre conscience de leur situation en d?non?ant les violences subies, en brisant le silence. C?est la premi?re riposte, celle qui enclenche le processus de prise en charge, pour aboutir ? la r?pression des auteurs, afin d?assurer la s?curit? des survivantes. Cette riposte concerne aussi les proches, la communaut? qui ne devrait pas se rendre complices ? travers leur silence. Il s?agira aussi pour la survivante, d?accepter la prise en charge qui selon le cas est psychosociale, m?dicale, judiciaire, juridique ou ?conomique?, mart?le Marie Th?r?se Abena Ondoa. Par sa prise de position, le membre du gouvernement s?attaque aux m?urs sociales compliquant le mariage. Celles principalement de la culture du silence chez la femme. Une culture enseign?e d?s le jeune ?ge ? ne pas divulguer le secret du foyer. C?est tout dire sur la r?sistance des coutumes en mati?re de genre au Cameroun. Cette r?sistance impacte ?galement les conditions de vie des femmes en mati?re de mariage forc?, de droit ? l?h?ritage, de mutilations f?minines, de mariages pr?coces et d??ducation, r?v?le l?Institut national de la statistique dans son profil genre-pays de 2020.Omerta Sur les motifs du silence de la famille de la regrett?e Rosa, Louise Ngo Tonye est partag?e entre la peur de perdre certains privil?ges financiers et l?id?e commun?ment partag?e d?un devoir de la femme mari?e ? tout supporter dans son m?nage. C?est que cette derni?re id?e est fortement relay?e et fait m?me l?objet d?un h?ritage interg?n?rationnel. ?Le probl?me, c?est que tr?s souvent, lorsqu?une femme ose se plaindre, cela fait l?objet d?un reproche. On lui reproche son ingratitude, dans le cas o? son mari assume les d?penses financi?res. Comme si le mariage devrait ?tre une prison dor?e pour la femme. On a souvent eu des cas o? des femmes se retrouvent sans soutien moral; et lorsqu?il y a des assises familiales pour confronter les deux ?poux, le ton pos? pour parler au mari n?est pas souvent proportionnel ? sa faute, et donc tr?s souvent rien ne change?, explique Fran?oise Mbock, ancienne responsable du d?partement de la famille ? l?Eglise Adventiste du 7e jour, communaut? de Nkolmesseng. La suite de son discours fait r?f?rence ? un refus des populations de trop se m?ler des affaires priv?es des couples ou ? la lassitude apr?s plusieurs r?cidives de violence. ?Le travail du gouvernement ne s?arr?tera pas tant qu?une femme ou une fille constituera la cible d?un acte violent?, soutient pour sa part la ministre Marie Th?r?se Abena Ondoa. Et pour atteindre cet objectif, la Campagne 16 jours d?activisme permet de ratisser large en mati?re de sensibilisation; de mobilisation des efforts de plaidoyer pour la cause; de partage des connaissances et innovations entre tous les acteurs de la d?fense des droits de la femme camerounaise.

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Comment je me suis reconstruite apr?s un mariage calamiteux : le parcours h?ro?que d?une ?pouse en bisbilles avec sa belle ? famille.

J?ai connu un homme. J?ai partag? ma vie pendant un certain temps avant notre mariage. Et une fois mari?e, c??tait le d?but du calvaire. N?ayant pas de ressource financi?re, nous nous installons dans la famille de l?homme. Et c?est ? ce moment pr?cis que les violences ont commenc?. Dans un premier temps, c??tait verbal et psychologique. ?Parce que tu as ?pous? notre fils, tu n?es rien en dehors de ce nom de madame l?. Tu ne viens de nulle part. Tu ne t?identifies que parce que tu as ?t? ?pous?e par notre fils. Tout ce qu?on a pu t?inculquer avant ne signifie rien, tu dois te mouler, te fondre ? nos m?urs, ? notre fa?on d??tre et notre fa?on de faire?, paroles de belle famille. Plus simplement, je ne devrais plus consid?rer ma m?re comme m?re. A sa place, c?est ma belle-m?re qui la remplace. Avant le mariage, on avait d?j? un enfant; au moment du mariage, j??tais enceinte du second. Avec la naissance des enfants, ma belle-m?re me dictait quoi faire et quoi ne pas faire. J?avais constat? qu?il n?y avait rien ? discuter intimement avec mon conjoint. Si on avait pris une d?cision pour le bien de notre couple, une fois qu?il en avait parl? avec sa m?re, elle lui changeait tout dans sa t?te. Tr?s vite, j?ai compris l?influence de sa m?re. Ce n??tait pas mon mari qui m?avait ?pous?, mais plut?t sa m?re. Le chef de famille ?tait sa m?re et me rappelait tr?s souvent qu?il n?y a pas deux commandants dans un bateau. Donc, je suis chez-elle, je me soumets aux r?gles ?dict?es. Les beaux-fr?res n??taient pas en reste. Pendant cette p?riode, j??tais enceinte du deuxi?me enfant et particuli?rement fragile. Mon instabilit? psychologique a fortement affect? ma grossesse qui ?tait d?clar?e ?grossesse ? risque?. Il y a des moments, j?ai cru que cette grossesse n?allait pas arriver ? son terme. Cela ne se limitait pas seulement ? l?aspect physique, parce que tr?s fr?quemment, je me sentais menac?e, m?me spirituellement. A un moment j??tais ? bout. Nous nous marions en d?cembre 2012. En novembre 2013, apr?s deux tentatives pr?alables de discussion avec sa m?re, rien. Je d?cide de partir, en disant ? mon mari que je rentre chez mes parents, le temps qu?il trouve un cadre dans lequel notre famille peut vivre et s??panouir. On a fait trois mois de ballotage, entre menace de divorce, si je ne r?int?grais pas le foyer conjugal qui ?tait la maison de ses parents. Apr?s ce que j?avais d?j? subi, je n?y suis pas all?e. Finalement en juin 2016, il me rejoint dans le petit appartement que je louais, pour qu?on essaye d?arranger les choses. Mais je me rends compte que, contrairement ? ce que je pensais, il a plus tenu ? revenir dans la relation par d?fis, pour d?montrer qu?il est capable de r?cup?rer sa possession. On est soi-disant reparti sur les bases saines. C?est ce qui ?tait dit, mais ce n??tait pas le cas. C?est ce qui ?tait dit, mais pas ressentit. Tr?s vite ?a a commenc? ? se manifester. Il avait mis des dispositifs d?espionnage pour moi ? tous les niveaux. Le pire, c?est qu?? l??poque, il ne travaillait pas. Il avait un complexe d?inf?riorit? et du coup la pression psychologique ?tait tr?s forte. A un moment donn?, il y a eu explosion. Un soir, on en est arriv?s aux mains. Il m??tranglait en me disant qu?il va me tuer. Je me suis d?fendue du mieux que je pouvais. C?est cette bagarre de trop qui met fin ? notre relation. Apr?s cet incident, je n?ai vu aucun membre de ma belle-famille venir, et chercher ? comprendre ce qui s?est pass?. Un matin il est parti, et j?ai donc profit? de cette occasion pour ramasser de petites affaires pour mes enfants et moi. Nous sommes all?s nous refugier chez ma m?re. C?est ? partir de ce moment-l? que j?ai d?cid? que le mariage n?aurait plus sa place. Lorsque je suis partie, pour dire vrai, je n?ai pas pens? ? interpeller les pouvoirs publics. Mon traumatisme ?tait que je voulais juste oublier cette histoire. Je voulais laisser ?a derri?re moi et me dire j?avance. C?est de cette mani?re que j?ai g?r? la chose. Et puis en 2018, je me suis engag? ? lancer la proc?dure de divorce et elle a pris deux ? trois ans pour aboutir. J?ai eu la garde des enfants avec une pension alimentaire qu?il n?a jamais pay?e. J?ai ?t? traumatis?e par cette exp?rience. Aujourd?hui, je peux fonctionner avec un homme, mais pas de l?galisation. Propos recueillis par Diane Kenfack

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Maltraitances conjugales : le cas typique de dame Juliette ? Yaound?

L?histoire d?une victime du syndrome de Stockholm caus? par son mari. Au cr?puscule de sa vie, ses proches tentent de la sortir de ce pand?monium. Depuis 49 ans, Juliette Nga Nsimi, originaire d’Elat dans la Mefou et Afamba, souffre le martyre inflig? par Jean, son mari. Elle accepte de souffrir par amour pour ses enfants. Son bien-aim?, Jean, originaire d’Odza, n’a jamais donn? l?argent de ration ? sa femme. Pourtant, elle doit dresser la table tous les jours pour que Jean mange ? sa faim. En cas de manquement, c’est la bastonnade qui l’attend. Elle est par cons?quent oblig?e d’?tre r?siliente. Elle devient parfois une grande voleuse pour tenir le coup. Ses th??tres d’op?rations sont diversifi?s. En zone rurale, elle prend dans les champs d?autrui et commercialise dans les march?s de Mvog-Atangana Mballa ou Mvog-Mbi. A Yaound?, elle pique dans les boutiques et les poissonneries. Il est arriv? de voler les marmites au feu avec de la nourriture. Pour servir des repas ? son mari et avoir la qui?tude. Ces diff?rents vols ne se passent pas toujours comme souhait? par Juliette. En t?moignent les s?quelles de bastonnades sur son corps. Elle a son pouce droit inerte, ? cause d’une bastonnade lors d’un vol dans une poissonnerie ? Mvog-Mbi en 2002. Son mari n’a jamais sorti de l’argent pour les soins. Bien au contraire, il exigeait le repas et voulait entretenir des rapports sexuels avec sa dulcin?e. Cette violence n’est pas seulement physique; elle est aussi morale. Aucun des cinq enfants de Juliette n’a franchi la classe du Cours ?l?mentaire deuxi?me ann?e (CE2). Aujourd’hui, ils sont condamn?s ? de petits m?tiers, pour tenir le coup. Ce qui ne permet pas de soutenir au mieux leur m?re.Cette situation n’arrange plus sa prog?niture. Ils profitent de la grande palabre qui se tient le lendemain de l’enterrement de leur s?ur (la nomm?e Marie France, au mois d’octobre 2024) pour poser le probl?me ? la grande famille. Celle-ci enjoint les enfants ? prendre leur destin en main. Ce qui commence par dire: Non ? la dictature de Jean. Maman Juliette, ?g?e de 67 ans, est encourag?e par ses enfants et sa belle-famille. ?Depuis 1975 que tu es arriv?e dans notre famille, tu souffres. Mon fr?re ne peut pas te maltraiter de la sorte et tu ne dis rien?, d?clare sa belle-s?ur. ?Sort de ce mutisme, bats-toi maman, ta vie est derri?re toi?, insiste l?une de ses filles. R?actionJean, ?g? de 68 ans aujourd’hui, estropi?, ne l?entend pas de cette oreille. ?Il n’y a pas deux capitaines dans mon bateau. Je suis et je demeure le ma?tre de ma famille?, indique le mari accus?. Dans son sexisme habituel, il rappelle ? l’assistance que ?les urines de la femme ne traversent pas le tronc d?un arbre?, par cons?quent, les r?solutions prises par la grande famille ne le concernent en rien. Madame Ewolo Sidonie, institutrice ? la retraite, adopte une approche p?dagogique pour convaincre dame Juliette. L?institutrice subissait ?galement les violences conjugales avec des bastonnades et des insultes de la part de son petit ami. Ce dernier touchait m?me son salaire. Plut?t que de se fondre dans le mutisme, elle s’est rendue au service des affaires sociales. ?Tu sais que mon cas n’est pas diff?rent du tien. Ton beau-fr?re a touch? mon salaire pendant plus de 10 ans. Mais j’ai r?ussi ? rem?dier ? ce probl?me gr?ce aux conseils des uns et des autres. Mon mari ne blague plus avec moi. Accepte aussi qu’on te prenne en main?, lance la retrait?e pendant la palabre. Elle profite de ce moment pour demander aux jeunes filles pr?sentes de refuser la violence. Elle leur demande d’aller ? l’?cole ou de trouver une activit? g?n?ratrice de revenus. ?S?il vous pla?t mes enfants, cherchez ? ?tre autonomes financi?rement, sans toutefois m?priser vos hommes?, conclut-elle. Andr? Gromyko Balla

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?tre femme dans le septentrion : r?alit? dans une communaut? conservatrice

Esclave du foyer. Objet sexuel. Mariage forc?. Statut de sous? homme. Scolarisation en dents de scie. ?tre n?e femme dans l?une des communaut?s conservatistes du septentrion, c?est ?tre celle qui devra accepter que la vie lui donne des coups sans avoir le droit de regimber. ?tre n?e femme dans cet environnement, c?est ?tre celle qui se l?ve tr?s t?t le matin et se couche tr?s tard le soir, apr?s avoir tout mis en ordre. C?est ?tre au service du m?nage. C?est aussi accepter d’?tre l?agneau sacrificiel puisque, parfois, la jeune fille doit accepter, contre son propre gr?, d?arr?ter ses ?tudes et convoler en justes noces pour sauver l?honneur de la famille. Ce particularisme ne s’applique pas ? toutes les classes sociales. Tout d?pend du statut social de la famille de la jeune fille: riche ou pauvre, hostile ? la scolarisation ou non, ancr?e aux valeurs ancestrales ou non, islamis?e ou non, empreinte de valeurs f?ministes ou non. Certaines communaut?s du septentrion camerounais sont r?gies par des r?gles soci?tales qui, parfois, d?valorisent les femmes. Ces derni?res sont mises ? la marge de la soci?t?. Globalement, la gent f?minine, dans certaines localit?s, est consid?r?e par les hommes comme un ?tre humain de seconde zone. C’est un conservatisme qui prend sa source dans des consid?rations religieuses appuy?es par des alibis qui se r?f?rent aux coutumes. Au Cameroun, environ 43,2% de femmes mari?es subissent des violences conjugales, avec des chiffres alarmants concernant les violences sexuelles et ?motionnelles. Les jeunes filles vivant sous l?autorit? de leurs parents, comme les autres femmes, subissent des violences ?conomiques r?currentes. Le d?ni de ressources est une forme de violence ?conomique qui touche la gent f?minine nordiste, limitant leur autonomie dans la prise de d?cisions ?conomiques. Dans le Nord-Cameroun, les in?galit?s de richesse persistent, avec les hommes qui d?tiennent plus de 50% de richesses en plus. Les jeunes gar?ons seuls sont reconnus comme l?gitimes h?ritiers de leurs d?funts parents. Les jeunes filles, souvent priv?es de droits fondamentaux, subissent un d?ni d?acc?s aux ressources ?conomiques et aux services essentiels. Les causes incluent des normes socioculturelles patriarcales, un cadre l?gal insuffisant et un contexte ?conomique difficile. Depuis 2023, une vague de f?minicides a ?t? signal?e, exacerb?e dans le Septentrion par le ph?nom?ne de Boko Haram, o? plusieurs femmes sont vuln?rables ? l?exploitation et aux agressions. Les victimes de violence font face ? des d?fis d?acc?s aux soins, avec plus de 50% d?entre elles qui ont des difficult?s ? obtenir une assistance m?dicale. Sus aux maltraitancesPlusieurs initiatives sont mises en place pour lutter contre ces violences dans le Septentrion. L?association d?aide humanitaire, CARE International, soutient les victimes par des activit?s psychosociales et sensibilise sur les Violences Bas?es sur le Genre. L?Association de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes (ALVF) offre ?galement un accompagnement aux victimes, ?duque sur leurs droits et m?ne des campagnes de sensibilisation. L?association Citoyen pour la M?moire du Cameroun ?uvre pour l??mancipation des femmes et le changement des mentalit?s ? travers des programmes de leadership f?minin. Au-del? de tout, l?Etat camerounais d?ploie des efforts juridiques pour cr?er des cadres l?gaux plus sensibles au genre et garantir l?application des lois existantes. Il urge que les hommes prennent ? bras le corps ce fl?au et s?impliquent ?galement dans la lutte contre les Violences Bas?es sur le Genre. ? cet effet, ils devraient agir comme des agents de changement en refutant les comportements violents et en s?opposant aux masculinit?s n?fastes. Leur implication dans des programmes de sensibilisation est essentielle pour promouvoir l??galit? des genres et ?duquer leurs pairs sur le respect de la femme et sur la non violence. En se positionnant comme mod?les positifs, ces hommes pourront entretenir une culture de respect. Ce qui pourra r?duire consid?rablement les violences ? l??gard des femmes et de la jeune fille. Ailleurs inspireEn Ouganda et au S?n?gal par exemple, des groupes d?action masculins sont form?s pour sensibiliser les hommes sur leur r?le dans la pr?vention des Violences Bas?es sur le Genre. Plus de 240 travailleurs de sant? et 75 agents communautaires sont form?s en Ouganda pour soutenir les victimes et promouvoir des comportements respectueux. Au S?n?gal, la consultation sur la masculinit? positive mobilise des jeunes pour promouvoir l??galit? des genres. Des recommandations sont formul?es pour renforcer la synergie entre hommes et femmes, afin de vulgariser le concept de l??cole des maris, un rassemblement organis? par le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA), l?Union Africaine (UA) et le Gouvernement du S?n?gal. Dr TOM

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Femmes nationalistes camerounaises : ni vues, ni connues

Harc?lement, humiliations, insultes, assassinats?: les Camerounais sont bien avertis de ces violences faites aux femmes dans leur pays. Mais il y a un cas de figure n?glig?: celui de l?absence des femmes dans les r?cits de la lutte anticoloniale au Cameroun. Laurence Eteki Maladi, Emma Ngom, Catherine Ngo Komol, Marthe Moumie, Marie-Ir?ne Ngapeth Biyong, Gertrude Omog? Que vous rappellent ces noms? Pour certains ?tudiants en histoire approch?s les 28 et 29 novembre dernier au campus de l?Universit? de Yaound? I, la r?ponse est loin d??tre une ?vidence. Pour d?autres, elle demande de la r?flexion. Entre temps, quelques cop?s se perdent en conjectures: ?Si ces noms ne d?signent pas des influenceuses, ils pourraient ?tre ceux des footballeuses expatri?es?, entend-on. Entre temps aussi, d?autres r?ponses regrettent p?le-m?le l?effacement de de ?petits aspects de l?Histoire du Cameroun?. Ignor?esApr?s avoir pris connaissance de ces r?ponses, Edith Kah Walla s?empresse d?examiner la mani?re dont les r?cits des h?ros nationalistes se composent, se superposent, mais aussi s?opposent et s?affrontent dans les programmes scolaires et universitaires au Cameroun. ?On y a superbement ignor? ces vaillantes dames au profit des hommes. A l?exception de quelques ouvrages (voir encadr?) mal exploit?s ou radi?s des programmes, tout montre que ceux qui con?oivent les manuels d?histoire ont du mal ? pr?senter les femmes comme actrices de l??mancipation de notre pays. Et c?est bien l?, une forme de violence faite aux femmes?, d?nonce la leader politique. L?histoire du nationalisme dans leur pays est-elle mal enseign?e aux ?l?ves et ?tudiants camerounais? C?est en tout cas ce que sous-entend Jean de Dieu Evouna (expert en sciences sociales et pr?sident de l’ONG Organisme africain de d?veloppement des familles, OADF). ? partir d?une construction th?orique qu?il fait sienne, ce dernier postule que c?est sur le front d?un nombre consid?rable d?enjeux que tout se joue. ?Il va de soi que l’on ne puisse trouver dans le contenu de notre syst?me ?ducatif les femmes camerounaises martyres, car celui-ci est fa?onn? ? dessein pour produire plus de dipl?m?es que des intellectuelles, des ex?cutantes que des leaders, des missionnaires que des visionnaires pour une vie de prol?taire?, assure-t-il. Le?on de chosesPlus pointilleuse, Pauline Bekono rel?ve que ?l?absence des grandes figures f?minines du nationalisme au Cameroun est un indice suppl?mentaire, s’il en fallait, de ce que, jusque dans les manuels d?histoire, la Femme camerounaise subit des violences?. ?On ne peut pas, regrette l?enseignante d?histoire et de g?ographie au lyc?e bilingue de Kribi, faire croire aux apprenants que seuls les hommes m?ritent un devoir de m?moire?. ?Sur les chemins de l?ind?pendance du Cameroun, les femmes n?auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu?elles soient reconnues??, s?interroge Tabitha Tchinda, secr?taire ex?cutive de l?Association ?Une voix de femme, mille pouvoirs?. ?Pourtant, en balayant les l?gendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on d?couvre que dans l?Histoire du Cameroun, il y a bien des femmes qui ont brill? par leur fougue revendicatrice?, r?pond Carole Pauline Bekono. Et l?enseignante de citer en vrac Laurence Eteki Maladi, Emma Ngom, Catherine Ngo Komol, Marthe Moumie, Marie-Ir?ne Ngapeth Biyong, Gertrude Omog. ?Marthe Moumie (?pouse de Roland Moumie, l?un des cadres de l?Union des populations du Cameroun, UPC), par exemple, a d? s?exiler au Soudan, puis en Egypte apr?s l?assassinat de son mari ? Gen?ve le 3 novembre 1960. Elle a poursuivi le combat au prix de sa libert? puisqu?elle a ?t? tortur?e et emprisonn?e dans les ann?es 1970 en Guin?e Equatoriale et au Cameroun. Nous avons l?exemple de Marie-Ir?ne Ngapeth Biyong; une ancienne pensionnaire de l?Ecole Normale de Foulassi (promotion 1945), elle est n?e le 22 juillet 1926 ? Maka? e Dehane dans la Sanaga- Maritime. Elle a milit? au sein de l?UPC, avant de devenir membre fondatrice de l?Union D?mocratique des Femmes Camerounaises (UDEFEC) en 1952, puis Secr?taire g?n?rale de ladite organisation en ao?t 1954. On ne saurait oublier Gertrude Omog. N?e le 15 janvier 1939 ? Mintounga pr?s d?Ed?a, elle a fait des ?tudes d?infirmerie ? l?Ecole des infirmiers d?Ayos. Elle adh?re ? l?UPC en 1953 et parvient ? ?tre copt?e au Comit? directeur de ce parti en f?vrier 1955. Bon ? savoir, cette dame a effectu? plusieurs missions p?rilleuses pour le compte de l?UPC et a ?t? la secr?taire particuli?re de Ruben Um Nyobe, dans le maquis de Ngog Mapubi. En 1946, Laurence Eteki Maladi, sage-femme de formation, ouvre la premi?re clinique priv?e du Cameroun ? Douala et cr?e l?Assofecam (Association des femmes camerounaises). Militant pour ?l??mancipation de la femme camerounaise?, elle r?clame une lev?e des restrictions ? l?exercice du droit de vote des femmes. ? travers son combat, l?Assofecam remet en cause les repr?sentations coloniales sur le r?le des Africaines. Elle met ? mal l?entreprise coloniale de hi?rarchisation des populations en revendiquant l??gale capacit? civique de toutes les femmes et incite les lettr?es ? d?passer les normes sociales orient?es vers des valeurs domestiques qu?elles ont int?gr?es. Per?ue comme subversive, l?association est rapidement interdite par l?administration coloniale. En 1952, ?merge l?Union des femmes camerounaises (UFC), qui va prolonger le combat initi? par l?Assofecam. L?UDEFEC (Union d?mocratique des femmes du Cameroun) a ?t? cr??e le 3 ao?t 1952 par un groupe de lettr?es urbaines, proches des leaders nationalistes, au retour de l?une d?elles, Emma Ngom, de la conf?rence sur l?enfance tenue en 1952 ? Vienne sous l??gide de la F?d?ration d?mocratique internationale des femmes (FDIF). L?objectif fix? ?tait de rassembler les femmes ?de toutes les tribus sans distinction de clan, de religion [ou] de classe sociale. Elle partageait les aspirations ind?pendantistes des leaders nationalistes, estimant que ?l?UPC, la CGT et tous les autres mouvements anti-colonialistes sont ses alli?s dans la lutte anti-colonialiste pour l??mancipation de la femme camerounaise?. Dans sa d?marche visant ? assurer une plus grande visibilit? des probl?matiques sp?cifiques des colonis?es sur le plan local comme sur le plan international, l?UDEFEC se heurte parfois ? l?attitude paternaliste des leaders nationalistes, notamment en raison des modalit?s de sa cr?ation, de l?in?gale r?partition des ressources et des liens personnels entre militants. Loin de freiner les militantes, les relations conflictuelles qui d?coulent de cette

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Dr Edouard Epiphane Yogo : ?Contrairement aux pays de l?AES, le Tchad adopte une posture pragmatique?

Le directeur adjoint du s?minaire Afrique et D?veloppement ? l’Ecole de Guerre de Yaound? se montre optimiste quant ? la rupture des accords militaires entre la France et le Tchad. Il y voit une opportunit? d?entreprendre de profondes r?formes locales et r?gionales en mati?re de s?curit?. Quelles perspectives s’ouvrent pour le Tchad qui met ainsi fin ? l’un de ses principaux partenariats en mati?re de d?fense?La fin des accords militaires entre le Tchad et la France constitue une ?tape strat?gique majeure dans la r?orientation de la politique de d?fense tchadienne. Cette d?cision traduit une volont? affirm?e du gouvernement tchadien de s??manciper des chaines s?curitaires fran?aises, renfor?ant ainsi son autonomie strat?gique dans un contexte o? les alliances traditionnelles sont de plus en plus remises en question en Afrique. Pour le Tchad, cette rupture ouvre la voie ? des r?formes internes profondes en mati?re de s?curit? et de d?fense, permettant une meilleure adaptation aux r?alit?s g?opolitiques locales, notamment la lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad et les tensions aux fronti?res nord avec la Libye et est avec le Soudan. Sur le plan interne, cette d?cision offre une opportunit? de moderniser l?arm?e tchadienne en la dotant de moyens et de doctrines plus en phase avec les d?fis actuels. La professionnalisation des forces arm?es pourrait ?tre acc?l?r?e, avec un accent mis sur le d?veloppement des capacit?s locales, la formation des troupes et la production d??quipements militaires. Cela suppose toutefois des investissements consid?rables que le Tchad devra mobiliser ? travers de nouvelles alliances et partenariats strat?giques. La diversification des partenaires internationaux devient alors un levier cl? pour garantir la viabilit? de cette transition. En se tournant vers des puissances ?mergentes comme la Russie ou la Chine, le Tchad pourrait acc?der ? des financements et technologies alternatifs, tout en ?quilibrant les rapports de force dans ses relations internationales. Par ailleurs, les alliances avec des voisins r?gionaux tels que le Cameroun, le Nig?ria ou le Niger pourraient ?tre renforc?es au sein d?initiatives multilat?rales comme la Force Multinationale Mixte (FMM), offrant ainsi une r?ponse plus coordonn?e aux menaces transfrontali?res. Cependant, ce choix strat?gique comporte des risques. La fin de l?accord avec la France peut cr?er un vide logistique et financier temporaire, n?cessitant une gestion prudente pour ?viter l?affaiblissement des capacit?s op?rationnelles sur le terrain. De plus, l?arm?e tchadienne pourrait ?tre confront?e ? des pressions accrues pour combler ce manque, ce qui pourrait entra?ner une surcharge op?rationnelle si de nouveaux soutiens ne sont pas rapidement mobilis?s. Enfin, cette d?cision a ?galement une dimension symbolique forte, illustrant la mont?e d?un nationalisme africain affirm? qui remet en question les partenariats s?curitaires h?rit?s de l??poque coloniale. Elle incarne un tournant dans la mani?re dont les ?tats africains envisagent leur r?le sur la sc?ne internationale, mettant en avant l?id?e que la s?curit? nationale doit ?tre con?ue et mise en ?uvre selon des priorit?s locales, et non dict?es par des int?r?ts ?trangers. Cette d?cision vient-elle exacerber le sentiment anti-fran?ais en Afrique? Peut-on l?attribuer a un effet boule de neige, apr?s des d?cisions similaires au Niger, au Burkina Faso et au Mali?La d?cision du Tchad de mettre fin ? ses accords militaires avec la France s?inscrit dans un contexte r?gional marqu? par une intensification du sentiment anti-fran?ais. Cependant, elle ne peut ?tre enti?rement r?duite ? un effet domino ou ? une simple r?plique des choix faits par le Niger, le Mali ou le Burkina Faso. Contrairement ? ces pays, le Tchad adopte une position plus pragmatique, ne fermant pas totalement la porte au dialogue avec Paris, ce qui d?montre une diff?rence notable dans les motivations et les modalit?s de cette d?cision. Le sentiment anti-fran?ais en Afrique, aliment? par des perceptions d?ing?rence et des r?sultats mitig?s des interventions militaires fran?aises, a certes jou? un r?le dans la popularit? de telles ruptures. Toutefois, au Tchad, cette d?cision semble davantage relever d?une volont? de r??quilibrer les rapports de force avec un partenaire historique devenu de moins en moins per?u comme indispensable. Cette ?volution correspond aussi ? une tendance plus large o? les puissances africaines, fortes du soutien populaire et de la mont?e d?un nationalisme panafricain, cherchent ? affirmer leur autonomie.Il convient ?galement de noter l?impact de la pr?sence Russe dans l?exacerbation des sentiments anti-fran?ais. La strat?gie russe, notamment ? travers des campagnes d?influence et le d?ploiement de groupes priv?s comme Wagner, exploite les frustrations locales pour promouvoir une alternative aux partenariats traditionnels avec l?Occident. Cependant, au Tchad, la situation est plus nuanc?e. Le pays semble chercher ? diversifier ses alliances sans pour autant adopter une posture ouvertement hostile envers la France, ce qui t?moigne d?une approche mesur?e et strat?gique. Doit-on s?attendre ? une reconfiguration des rapports militaires entre le Tchad et les autres pays d?Afrique centrale qui continuent de coop?rer avec la France?La fin de l?accord militaire entre le Tchad et la France pourrait entra?ner une reconfiguration significative des rapports militaires au sein de l?Afrique centrale. Le Tchad, en s?affranchissant d?un mod?le de partenariat traditionnel avec Paris, ouvre la voie ? une red?finition des alliances r?gionales, qui pourraient privil?gier des approches plus autonomes et coordonn?es. Cela pose toutefois des d?fis complexes, notamment pour les initiatives de s?curit? multilat?rales o? la France joue un r?le important. Dans l?imm?diat, la d?cision tchadienne pourrait provoquer un repositionnement strat?gique de certains pays voisins comme le Cameroun, qui entretiennent des relations ?troites avec Paris. Cela pourrait soit cr?er des tensions, soit inciter ? une r?flexion collective sur la n?cessit? d?une strat?gie r?gionale moins d?pendante des puissances ext?rieures. Le Tchad pourrait ?galement intensifier sa coop?ration bilat?rale avec des pays confront?s ? des d?fis s?curitaires similaires, tels que le Nig?ria dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Par ailleurs, cette dynamique pourrait stimuler le r?le des organisations r?gionales comme la CEEAC ou l?Union africaine dans la gestion des questions de s?curit?. Ces institutions, malgr? leur situation permanente de qu?te d?autonomie, pourraient ?tre appel?es ? jouer un r?le accru dans la coordination des efforts r?gionaux, r?duisant ainsi la d?pendance aux partenariats traditionnels avec des acteurs non africains.La diversification des

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La RDC se dit en « alerte maximale » face ? une « maladie inconnue » meurtri?re

d?mocratique du Congo (RDC) est en « alerte maximale » face ? l’?mergence d’une maladie inconnue qui a tu? plus de 70 personnes, a annonc? jeudi le ministre de la Sant? publique, Roger Kamba. Les r?sultats pour d?terminer cette maladie myst?rieuse sont attendus ce vendredi ou samedi, selon la direction du Centre africain de contr?le et de pr?vention des maladies (CDC Afrique). ALERTE MAXIMALE Cette maladie « d’origine encore inconnue » rapport?e dans la zone de Panzi dans la province du Kwango (sud-ouest), qui a ?t? d?crite comme une « ?pid?mie », a affect? 382 personnes depuis octobre 2024, lesquelles ont pr?sent? des sympt?mes qui « ressemblent ? la grippe », a-t-il indiqu?. Selon lui, quelque 40 % des cas concernent des enfants. Le ministre a ?galement soulign? que 61% des enfants dans la province du Kwango souffrent de malnutrition, ce qui pourrait aggraver les effets de cette maladie. Soixante et onze d?c?s ont d?j? ?t? rapport?s, ? savoir 27 morts dans des structures de soins et 44 autres dans les communaut?s, a pr?cis? M. Kamba, ajoutant qu’environ 300 personnes avaient gu?ri. « Nous sommes en alerte maximale. Nous consid?rons que c’est un niveau d’?pid?mie que nous devons surveiller de mani?re maximale », a assur? M. Kamba. « Nous ne savons pas si nous avons affaire ? une maladie virale ou une maladie bact?rienne », a expliqu? Dieudonn? Mwamba, directeur g?n?ral de l’Institut national de sant? publique de RDC lors d’un point de presse en ligne du CDC Afrique. RESULTATS ATTENDUS « Nous ne connaissons m?me pas le mode de transmission », a relev? jeudi Jean Kaseya, directeur du CDC Afrique, lors du point de presse en ligne, notant que les r?sultats pour confirmer les caract?ristiques de cette maladie sont attendus ce vendredi ou samedi. Des ?quipes d’intervention sp?cialis?e ont ?t? envoy?es sur le terrain pour identifier la nature de cette maladie, selon lui. « On attend toujours les premiers r?sultats » pour d?terminer la cause et les traitements. « On est plus ou moins dans l’affirmation que c’est respiratoire », a ajout? le ministre. Selon lui, sur base de cette hypoth?se, l’?mergence de cette maladie co?ncide avec la grippe saisonni?re qui commence d’octobre ? mars avec un pic en d?cembre. Roger Kamba a ?galement cit? l’hypoth?se de la COVID-19, dont le taux de mortalit? est moins ?lev? que celui signal? dans le Kwango. « Les taux de mortalit? observ?s, autour de 7,8%, ne correspondent pas au profil de la COVID-19, mais nous restons prudents dans nos analyses », a-t-il pr?cis?. « Ce sont des hypoth?ses en attendant des r?sultats des pr?l?vements », dont les op?rations ont ?t? emp?ch?es par les mauvaises conditions m?dicales et logistiques sur le terrain, a reconnu le ministre. « Nous avons re?u, en fin de semaine derni?re, une alerte de sant? publique en provenance de la zone de sant? de Panzi, situ?e ? environ 417 km de Kenge, dans une r?gion recul?e avec des routes impraticables, surtout en cette saison des pluies », a-t-il expliqu?. Cependant, selon le ministre provincial de la Sant?, Apollinaire Yumba, cit? jeudi par les m?dias locaux, 131 d?c?s ont ?t? enregistr?s depuis le 10 novembre « ? ce jour ». M. Kamba a ni? tout « combat de chiffres ». « Il y a beaucoup de chiffres qui ont ?t? annonc?s ? plusieurs reprises. Nous ne nous sommes pas pr?cipit?s ? les communiquer parce que nous ne pouvons pas communiquer sur les rumeurs », a-t-il insist?. Xinhua

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