Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

Ramon Yranaja

De nationalit? espagnole, il est le nouveau patron de la BEI (Banque europ?enne d’investissement) en Afrique centrale. Apr?s avoir pass? plusieurs ann?es au sein de l’institution financi?re, il est d?sormais appel? ? coordonner les activit?s de celle-ci dans la sous r?gion. Priorit?s : le d?veloppement du secteur priv? (vu comme ? le moyen le plus efficace de cr?er de bons emplois et de promouvoir un d?veloppement ?conomique durable pour des populations jeunes et en croissance ?, les infrastructures de base et essentielles (dans des secteurs cl?s : ?nergie durable, distribution d??lectricit?, eau et assainissement, transport, TIC), l?action climatique et l?int?gration r?gionale.

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

85 %

Selon les derni?res donn?es environnementales mondiales, c’ est la portion des personnes vivant en Afrique et expos?es aux feux de for?t. Longtemps ?pargn? par les grands incendies d?Australie ou d?Am?rique, le continent devient l??picentre mondial du ph?nom?ne. Du Sahel au bassin du Congo, la combinaison du r?chauffement climatique, de la d?forestation et de la pression agricole alimente des feux souvent d?origine humaine. Chaque ann?e, des millions d?hectares partent en fum?e, aggravant la perte de biodiversit? et les ?missions de CO2. Les experts plaident pour une coop?ration r?gionale urgente afin d?enrayer cette spirale destructrice.

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

L?Afrique doit cesser de qu?mander son ?nergie

Du 31 octobre au 4 novembre 2025, Brazzaville a accueilli la session de fin d?ann?e de l?Organisation des producteurs de p?trole africains (APPO). En apparence, une simple r?union technique. En r?alit?, un tournant d?cisif : celui d?un continent qui cherche ? reprendre la main sur son destin ?nerg?tique. Car le constat est sans appel : alors que les grandes puissances imposent au monde un rythme effr?n? de transition ?nerg?tique, l?Afrique se retrouve une fois de plus somm?e de s?adapter, sans avoir ?t? pr?par?e, ni m?me consult?e. On lui intime de renoncer au p?trole et au gaz, au nom de la lutte contre le r?chauffement climatique, comme si le continent, responsable de moins de 3 % des ?missions mondiales, portait la faute du d?- r?glement plan?taire. Cette injonction, drap?e dans le langage du d?veloppement durable, sonne parfois comme une nouvelle forme de d?pendance. Dans ce contexte, la d?cision de l?APPO de cr?er la Banque africaine de l??nergie (AEB) r?sonne comme un acte de souverainet?. Fruit d?un partenariat entre l?organisation et Afrexim-bank, cette institution bas?e ? Abuja doit financer les projets ?nerg?tiques du continent, des hydrocarbures ? la transition verte. Plus qu?un outil financier, c?est une arme politique, une mani?re pour l?Afrique de dire : ? Nous croyons en notre avenir, et nous le financerons nous m?mes ?. Le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a r?sum? cet ?lan en un appel ? la coh?sion : ? Nous devons inscrire nos travaux dans l?int?r?t collectif de l?APPO, ? court, moyen et long terme ?. Mais la route sera longue. Car derri?re les grandes d?clarations, se cache une r?alit? plus complexe : l?Afrique reste un continent fragment?, souvent en retard sur l?exploitation et la transformation de ses propres ressources. Ses raffineries tournent au ralenti, ses r?seaux ?lectriques sont pr?caires, et ses ?tats demeurent d?pendants des capitaux ext?rieurs pour financer leurs projets strat?giques. Pourtant, la v?rit? est l?, implacable : un continent qui ne contr?le pas son ?nergie ne contr?le pas son avenir. Tant que l?Afrique continuera d?exporter son p?trole brut pour importer du carburant raffin?, elle restera prisonni?re du cycle de la d?pendance. Tant qu?elle se contentera d??tre une r?serve de mati?res premi?res, sans ma?triser la cha?ne de valeur, elle restera vuln?rable aux chocs ext?rieurs. C?est pourquoi la naissance de l?AEB doit marquer le d?but d?une ?re nouvelle ; celle de l?autonomie ?nerg?tique, mais aussi de la responsabilit?. Car l?ind?pendance ?conomique ne se d?cr?te pas, elle se construit. Elle exige rigueur, transparence, discipline. Elle exige que les dirigeants africains se regardent en face et cessent d?invoquer les ? forces ext?rieures ? pour masquer leurs propres faiblesses. ? Brazzaville, l?APPO a r?affirm? une ambition : faire de l??nergie un levier d?int?gration africaine, un moteur de d?veloppement partag?. Le secr?taire g?n?ral de l?organisation, le docteur Omar Farouk Ibrahim, s?en est f?licit? : ? En un peu plus de trois ans, nous avons fait de l?APPO une organisation ?nerg?tique mondiale v?ritablement respect?e ?. Ce m?rite est r?el. Mais il ne sera durable que si l?Afrique se dote du courage d?assumer son propre mod?le ?nerg?tique, loin des dogmes import?s. L?avenir du continent ne se trouve pas dans la d?pendance, mais dans la ma?trise : celle de ses ressources, de ses choix, et de sa parole. Il est temps que l?Afrique cesse de qu?mander son ?nergie. Et qu?elle apprenne, enfin, ? l?affirmer. Jean-Ren? Meva?a Amougou

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Un Libanais maire en C?te d?Ivoire ? Une id?e s?duisante, mais frein?e par quatre r?alit?s

L??lection de Zohran Mamdani, Am?ricain d?origine indienne, ? la t?te de la mairie de New York continue de susciter des d?bats ? travers le monde. Inspir?s par cet exemple, certains Libanais vivant en C?te d?Ivoire ont exprim? le souhait qu?un des leurs puisse, un jour, devenir maire, d?put?, voire ministre dans notre pays d?accueil. Pourquoi pas ?, pourrait-on dire, car la C?te d?Ivoire a toujours ?t? un pays ouvert, hospitalier, g?n?reux ? l??gard des ?trangers. Peu de nations au monde ont accueilli autant d??trangers que la n?tre, et peu leur ont offert autant d?opportunit?s ?conomiques et sociales. Pourtant, un tel r?ve para?t difficile ? concr?tiser aujourd?hui, et cela pour quatre raisons principales qui tiennent moins ? la loi qu?? la m?moire collective et aux rapports humains. Ces raisons ne rel?vent pas de la haine ni du rejet, mais d?une s?rie de comportements, d?attitudes et d?histoires qui ont nourri la m?fiance. La premi?re raison est morale. Les Libanais sont souvent per?us, en Afrique de l?Ouest, ? travers le prisme de ce que subissent les Africains subsahariens au Liban. Les reportages, les t?moignages et les enqu?tes d?ONG ont r?v?l? les traitements inhumains inflig?s ? de nombreux travailleurs africains, en particulier des femmes venues du Ghana, du Nig?ria, d??thiopie, du S?n?gal ou de Sierra Leone. Les images d?Africaines battues, priv?es de salaire, retenues contre leur gr?, parfois pouss?es au suicide, ont profond?ment choqu? les consciences africaines. Ces pratiques, largement document?es, sont li?es au syst?me dit de la kafala, qui donne ? l?employeur un quasi-pouvoir de propri?t? sur le travailleur. M?me si tous les Libanais n?y participent pas et que certains d?noncent eux-m?mes ces abus, le symbole reste violent: comment comprendre que ceux dont les compatriotes maltraitent des Africains au Moyen-Orient puissent aujourd?hui pr?tendre les diriger politiquement en Afrique ? Ce pass? r?cent cr?e une blessure de confiance. Il faut la reconna?tre et la soigner avant d?esp?rer b?tir une fraternit? civique solide. Les conditions de travail en C?te d?Ivoire: une injustice prolong?e Le deuxi?me obstacle tient aux conditions de travail impos?es, dans certains cas, aux employ?s ivoiriens par des employeurs d?origine libanaise. Beaucoup se plaignent de salaires tr?s bas, d?horaires ?puisants, de l?absence de contrats en bonne et due forme, ou du non-respect des cong?s et des droits sociaux. Ces pratiques, bien que non g?n?ralis?es, ternissent l?image d?une communaut? souvent prosp?re et ?conomiquement influente.Le ressentiment social se nourrit de cette impression d?exploitation. Dans une soci?t? o? la pauvret? reste ?lev?e, voir des ?trangers s?enrichir tout en payant mal leurs employ?s cr?e une fracture morale et politique. On ne peut pr?tendre ? la direction d?une commune ou d?une circonscription si une partie importante de la population vous per?oit comme injuste ou insensible ? la souffrance des travailleurs. Troisi?me critique: la corruption. De nombreux Ivoiriens accusent certains op?rateurs ?conomiques ?trangers ? parmi lesquels des Libanais ? de corrompre des agents de l?administration, des collecteurs d?imp?ts, voire des forces de l?ordre, afin d??chapper ? leurs obligations fiscales ou de r?gler des litiges ? leur avantage. M?me si ces pratiques ne concernent pas tous les entrepreneurs, elles alimentent le sentiment que la loi ne s?applique pas de la m?me mani?re ? tous. Dans l?esprit du citoyen, le pouvoir ?conomique se confond alors avec l?impunit?. Or, pour pr?tendre ? des responsabilit?s politiques, il faut ?tre au-dessus de tout soup?on. Tant que ce climat de m?fiance persistera, les ambitions politiques des ressortissants libanais resteront limit?es, quel que soit leur m?rite individuel. Le repli communautaire: obstacle ? la confiance Le quatri?me frein est sociologique. Les Libanais, en C?te d?Ivoire, forment une communaut? soud?e, mais souvent ferm?e. Ils vivent entre eux, se marient entre eux, se fr?quentent majoritairement entre eux. Ce choix de pr?server leur identit? culturelle et religieuse est compr?hensible ; toutefois, il renforce l?id?e d?un repli communautaire, d?une distance sociale qui emp?che la v?ritable int?gration. Dans l?imaginaire populaire, cette s?paration volontaire se traduit par une suspicion : ?Ils ne veulent pas vivre avec nous, mais ils veulent nous diriger.? Or, la politique repose avant tout sur le lien social, la proximit? et la confiance. Tant que les barri?res symboliques ne tomberont pas, la conqu?te du c?ur ?lectoral ivoirien sera difficile. Un dialogue de v?rit? pour d?passer la m?fiance Ces quatre raisons n?ont pas vocation ? nourrir la haine, mais ? rappeler une v?rit?: la confiance politique ne se d?cr?te pas, elle se m?rite. Si un jour un Libanais souhaite se pr?senter ? une fonction publique en C?te d?Ivoire, il devra incarner une autre mani?re d??tre, un rapport nouveau aux citoyens, fond? sur la justice, le respect et la transparence. Il faudra aussi que la communaut? libanaise, dans son ensemble, s?engage dans un processus de r?conciliation symbolique avec l?Afrique subsaharienne. Cela passe par la condamnation claire des mauvais traitements inflig?s aux Africains au Liban, par des gestes de solidarit? envers ces victimes et par un effort visible pour am?liorer les conditions de travail de leurs employ?s ici. Il ne s?agit pas de repentance, mais de responsabilit?. De leur c?t?, les Ivoiriens doivent ?viter la tentation de la g?n?ralisation. Tous les Libanais ne sont pas coupables des abus constat?s. Beaucoup vivent paisiblement, respectent la loi, paient leurs imp?ts et participent au d?veloppement du pays. Reconna?tre ces diff?rences, c?est aussi une marque de maturit?. La politique, miroir de la justice sociale Un Libanais maire en C?te d?Ivoire ? L?id?e n?est pas impensable. Elle pourrait m?me symboliser une nouvelle ?tape de notre ouverture. Mais cette ouverture exige d?abord la v?rit?, la justice et la r?ciprocit?. L?Afrique ne peut pas tendre la main ? ceux qui la m?prisent ailleurs, ni confier le pouvoir local ? ceux qui exploitent ses enfants sur place. Les Libanais de C?te d?Ivoire ont, pour beaucoup, contribu? ? la vitalit? ?conomique du pays. ? eux maintenant de montrer, par des actes, qu?ils partagent nos valeurs de respect et d??galit?. Alors, peut-?tre, un jour, les Ivoiriens verront en eux non plus des ?trangers fortun?s, mais des compatriotes de c?ur, capables de servir la cit? avec loyaut? et humanit?. Car la vraie

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Quand l?ONU se trompe de sujet

Le repr?sentant sp?cial du secr?taire g?n?ral de l?ONU pour l?Afrique de l?Ouest et le Sahel, le Mozambicain Leonardo Santos Sim?o, a adress? hier une lettre de f?licitations ? Simone Ehivet pour ? sa participation constructive et sa conduite patriotique exemplaire pendant l??lection pr?sidentielle d?octobre ?. * ? premi?re vue, le geste semble courtois, diplomatique, presque anodin. Mais, en r?alit?, ce genre de courrier ne m?rite qu?un seul sort: ?tre d?chir? et jet? ? la poubelle. Pourquoi ? Parce que ce n?est pas cela le sujet. Le v?ritable sujet, celui que Sim?o se garde bien d??voquer, c?est que le processus ?lectoral ivoirien a ?t? profond?ment vici?. Fichier ?lectoral truff? de doublons, commission ?lectorale ind?pendante outrageusement d?s?quilibr?e, climat d?intimidation g?n?ralis? : tout a concouru ? ?loigner les ?lecteurs et ? discr?diter le scrutin. Dans plusieurs localit?s, le vote n?a m?me pas pu se tenir, et pourtant, comme par magie, les autorit?s ont annonc? un taux de participation sup?rieur ? 50 %. Simone Ehivet, candidate et t?moin direct de ces irr?gularit?s, les a d?nonc?es publiquement. Qu?un repr?sentant onusien, cens? incarner la neutralit? et la rigueur, fasse l?impasse totale sur ces faits graves pour se contenter de f?liciter la ? participation ? d?une femme injustement marginalis?e, c?est non seulement ind?cent, mais insultant pour la v?rit?. Cette lettre est le symbole d?une hypocrisie internationale devenue coutumi?re : celle qui pr?f?re saluer la forme et ignorer le fond, f?liciter la patience plut?t que d?fendre la justice. Une ONU aveugle ou complice ? Je ne sais pas quel accueil Simone Ehivet r?servera ? ce courrier. Pour ma part, je pense que nous devrions apprendre ? ignorer tout ce qui vient de l?ONU ? ses d?l?gations, ses rapports, ses lettres de complaisance. Car cette organisation, qui se pr?tend gardienne de la paix mondiale, n?a jamais su r?soudre valablement un seul des probl?mes pos?s ? la conscience de l?homme par le colonialisme, comme le rappelait Frantz Fanon. Depuis sa cr?ation, l?Organisation des Nations unies s?est r?guli?rement align?e sur les puissances dominantes, l?gitimant des guerres injustes et des interventions ?trang?res destructrices. Fanon l?avait d?j? d?nonc? dans « Afrique Action » du 20 f?vrier 1961 : ? Chaque fois qu?elle est intervenue, c??tait pour venir concr?tement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. ? Rien n?a chang?. Les mots de Fanon r?sonnent aujourd?hui avec la m?me force qu?hier, tant l?ONU continue de se montrer partiale, inefficace et soumise aux int?r?ts des grandes puissances. Comment penser, un seul instant, que cette organisation, qui a install? Alassane Ouattara au pouvoir en 2011 avec l?appui des ?tats-Unis, de la France, de l?Union europ?enne et de la CEDEAO, puisse aujourd?hui le sanctionner ou m?me le contredire ? L?ONU ne critique jamais ses cr?atures. Elle ne d?savoue jamais ses choix, m?me lorsqu?ils plongent des nations enti?res dans le d?sordre et la division. D?s lors, la lettre de f?licitations adress?e ? Simone Ehivet n?est qu?un simulacre de diplomatie, un texte creux destin? ? entretenir l?illusion d?un dialogue inclusif, tout en ?vitant soigneusement d?aborder les sujets qui f?chent. Derri?re les formules polies et les louanges protocolaires, c?est le silence sur les irr?gularit?s, le d?ni des violences, et l?oubli volontaire de la souffrance des ?lecteurs. L?amn?sie morale de Leonardo Sim?o Ce qui rend la situation encore plus affligeante, c?est qu?elle ?mane d?un homme qui devrait conna?tre le prix de la libert?. Leonardo Santos Sim?o est Mozambicain. Son pays, le Mozambique, a conquis son ind?pendance au terme d?une longue lutte arm?e men?e par la FRELIMO et incarn?e par Samora Machel, figure embl?matique du combat anticolonial africain. Machel, comme Am?lcar Cabral ou Agostinho Neto, croyait ? une Afrique digne, debout, lib?r?e de la tutelle des puissances ?trang?res. Comment donc comprendre qu?un fils de cette histoire glorieuse, h?ritier d?un peuple qui s?est lib?r? dans le sang et la dignit?, puisse aujourd?hui se mettre ? la remorque d?une organisation partisane et inefficace ? Comment un Africain conscient du prix de la souverainet? peut-il se contenter d?un r?le de messager docile, au service d?une ONU qui n?a jamais d?fendu v?ritablement la cause africaine ? En choisissant de f?liciter Simone Ehivet sans mentionner les injustices qu?elle a subies, Sim?o trahit la m?moire de son propre peuple. Il trahit aussi l?esprit de Samora Machel, qui disait: ? La solidarit? ne signifie pas applaudir l?injustice, mais la d?noncer, m?me quand elle vient de nos amis. ? Il aurait pu utiliser sa position pour attirer l?attention du monde sur les dysfonctionnements du processus ?lectoral ivoirien, pour exiger des r?formes, pour encourager une vraie r?conciliation. Au lieu de cela, il a pr?f?r? la voie facile de la diplomatie creuse. Notre vrai probl?me: la na?vet? Au fond, le probl?me n?est peut-?tre pas l?ONU elle-m?me. Le v?ritable probl?me, c?est notre propre na?vet?, notre immaturit? politique, notre incapacit? ? comprendre que personne ne viendra d?fendre nos int?r?ts ? notre place. Nous continuons ? attendre des solutions de l?ext?rieur, ? esp?rer une parole salvatrice des chancelleries occidentales, ? croire que les institutions internationales se soucient r?ellement de la d?mocratie en Afrique. C?est une illusion dangereuse. L?histoire r?cente est pourtant claire: chaque fois que ces organisations sont intervenues sur le continent, elles l?ont fait pour d?fendre les int?r?ts des puissances dominantes, jamais ceux des peuples. Que ce soit en Libye, en C?te d?Ivoire, en R?publique d?mocratique du Congo ou ailleurs, les cons?quences de leurs ? interventions humanitaires ? ont toujours ?t? le chaos, la division et la perte de souverainet?. Nous devons donc apprendre ? reprendre notre destin en main, ? b?tir nos propres institutions de r?gulation, nos propres m?canismes d?observation ?lectorale, nos propres mod?les de gouvernance. Tant que nous continuerons ? attendre la b?n?diction ou la d?sapprobation de l?ONU, de la CEDEAO ou de l?Union europ?enne, nous resterons des peuples sous tutelle. Se lib?rer de l?illusion La lettre de Leonardo Sim?o ? Simone Ehivet n?est pas un geste anodin. C?est le symbole d?un syst?me international qui feint de promouvoir la d?mocratie tout en prot?geant les r?gimes dociles. C?est aussi le miroir de notre propre faiblesse: celle d?esp?rer encore une reconnaissance venue d?ailleurs.

Sport

La RDC lancera une campagne nationale de vaccination contre la rougeole et la rub?ole

La R?publique d?mocratique du Congo (RDC) lancera ? la fin de ce mois une vaste campagne nationale de vaccination contre la rougeole et la rub?ole, couvrant presque toutes les provinces du pays, a annonc? mercredi ? Kinshasa le ministre de la Sant?, Roger Kamba. « ?a n’a aucun sens de dire qu’on va vacciner tout le monde d’un coup », a d?clar? M. Kamba lors d’un point de presse. « M?me dans les zones qui ne sont pas encore vaccin?es, d?s lors qu’un certain nombre de zones le sont, on peut d?j? avancer. Pour ces deux maladies, la rougeole et la rub?ole, on va vacciner quasiment toutes les provinces. On va introduire le vaccin ? la fin de ce mois-ci. Mais on ne va pas le faire d’embl?e, on va le faire par blocs. » Le premier bloc, at-il pr?cis?, commencea par la r?gion du Grand Katanga, la province du Bas-U?l?, la province du Haut-U?l? et la province de l’Ituri. Selon le ministre, la campagne vise ? vacciner plus de 30 millions d’enfants ? travers le pays. Evoquant la situation dans les zones occup?es par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), M. Kamba a reconnu qu’il s’agit d’un d?fi. Le ministre a confirm? des n?gociations avec le Comit? international de la Croix-Rouge (CICR) afin de cr?er des couloirs humanitaires. « Il ya des n?gociations qui doivent ?tre faites avec les personnes qui occupent certaines parties de notre pays, pour pouvoir permettre effectivement qu’on puisse vacciner nos petits-enfants », a reconnu le ministre. M. Kamba a soulign? que le nombre de cas de maladies est souvent plus ?lev? dans ces zones occup?es par les rebelles, ce qui d?montre la n?cessit? non seulement de lib?rer ces territoires, mais aussi de permettre l’acc?s humanitaire pour les programmes de sant? publique. Abordant la situation de l’?pid?mie d’Ebola d?clar?e en septembre dans la province du Kasa?, il a assur? que celle-ci est d?sormais ma?tris?e. « Donc on est quasiment certain que pour l’instant, on est plut?t en contr?le d’Ebola. » KINSHASA, 5 novembre (Xinhua)

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

Cameroun : Paul Biya pr?te serment pour un nouveau mandat pr?sidentiel

Le pr?sident camerounais Paul Biya, r??lu au terme de la pr?sidentielle le 12 octobre, a pr?t? serment jeudi ? l’Assembl?e nationale du pays, ? Yaound?, capitale camerounaise, en pr?sence des membres du Parlement, du Conseil constitutionnel et de la Cour supr?me. Dans son discours de prestation, Paul Biya a appel? ? l’union sacr?e pour « jeter les bases d’un avenir encore plus promesse de notre cher et beau pays ». Le chef de l’Etat a promis de ne m?nager aucun effort pour ?tre digne de la confiance plac?e en lui. Il s’est engag? ? accorder au cours de son septennat une attention particuli?re aux jeunes et aux femmes, annon?ant notamment la relance des concours administratifs, ainsi qu’un programme sp?cial de cr?ation d’emplois pour les jeunes avec l’appui des institutions bancaires locales. M. Biya a ?t? condamn? aux violences post?lectorales et aux actes de d?sob?issance civile qui ont entra?n? des pertes en vies humaines et des destructions de biens, promettant que des mesures efficaces seront prises pour r?tablir l’ordre. « L’ordre r?gnera », a-t-il affirm?. Avec cette allocution, Paul Biya, 92 ans, entre en fonction et entame son 8e mandat ? la t?te du Cameroun. YAOUND?, 6 novembre (Xinhua)

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

Gabon : reprise normale du trafic ferroviaire apr?s le d?raillement d’un train min?ralier

Le trafic ferroviaire reprend normalement au Gabon apr?s le d?raillement d’un train min?ralier survenu mardi dernier, a annonc? jeudi la Soci?t? d’exploitation du Transgabonais (SETRAG) dans un communiqu? parvenu ? Xinhua. Selon la SETRAG, les travaux de r?habilitation men?s sur le tron?on endommag? au point kilom?trique 107 (PK 107), entre les gares d’Oyan et de Mbel, ont permis de r?tablir la circulation sur l’ensemble du r?seau. L’incident avait provoqu? d’importants d?g?ts mat?riels apr?s la sortie de voie de neuf wagons. « Le train voyageur a quitt? cet apr?s-midi la gare d’Owendo ? destination de Franceville, dans la province du Haut-Ogoou?, ? 17H (heure locale) », pr?cise le communiqu?. Le Gabon dispose d’une ligne ferroviaire unique d?pendant de Libreville ? Franceville sur une distance d’environ 700 kilom?tres. LIBREVILLE, 6 novembre (Xinhua)

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

Tensions post-?lectorales: Ebuma-Adam et Man-Assa se barricadent

? quelques kilom?tres de Yaound?, dans les quartiers d?Ebuma-Adam et de Man- Assa, la rumeur d??meutes a transform? des jeunes ordinaires en v?ritables sentinelles. Jour et nuit, ils filtrent les entr?es, fouillent les passants et rassurent les habitants, prouvant que parfois, la solidarit? et le courage naissent au c?ur de la peur. M?me si Yaound? et ses environs respirent un calme relatif compar? au reste du pays, la vigilance reste de mise. ? Ebuma-Adam, un paisible hameau du village Nkongoa (Mfou), les habitants ont choisi de ne pas se laisser surprendre. Ici, on ne plaisante pas avec la s?curit? : deux ?quipes de jeunes se relaient jour et nuit pour filtrer les all?es et venues. Impossible de p?n?trer dans le quartier sans passer au crible, un peu comme dans un a?roport miniature, mais sans les annonces de d?part. Cette mobilisation fait suite ? la psychose qui a secou? le village le mardi 28 octobre. Vers 16 heures, une rumeur s?est propag?e ? la vitesse de la fibre optique : ? Fermez, fermez, fermez, ils arrivent ! ? Bouclage de commerces et portes claqu?es au rythme du tumulte, les habitants se sont pr?cipit?s pour se mettre ? l?abri. Face ? cette panique, Stanley, Jules et une vingtaine d?autres jeunes ont d?cid? de prendre les choses en main. Leur mission : emp?cher les armes blanches ou l?tales de circuler. S?bastien, technicien en b?timent, en fera l?exp?rience. Fouill? pendant quelques minutes, il d?couvre que les comit?s locaux ne plaisantent pas. ? On ne laisse pas entrer les ?meutiers ?, r?sume Djou, l?un des jeunes en charge. M?me un simple moto taximan, originaire du Tchad, doit fournir une explication digne d?un interrogatoire de cin?ma avant de franchir le seuil. ? On ne permettra pas que des vandales entrent chez nous ?, affirme Djou, avec la gravit? d?un capitaine de brigade et l?humour discret du voisin qui vous surveille ? travers la fen?tre. ? 18 heures, la rel?ve prend le relais jusqu?? minuit. Ces b?n?voles de la s?curit? sont devenus le rempart du quartier, assurant un calme relatif jusqu?au retour de la s?r?nit?. Seydou et Iris, deux commer?ants, t?moignent de leur soulagement. Iris rouvre enfin son snack-bar apr?s six jours de fermeture : ? C?est gr?ce au comit? de vigilance que j?ouvre. J?ai trop peur, mais ils me donnent la force ?, confie-t-elle, un m?lange d?inqui?tude et de reconnaissance dans la voix. Quant aux jeunes veilleurs, ils ne comptent pas sur un salaire classique. Leur r?mun?ration prend la forme de whiskys en sachet, de bi?res, de repas, et parfois de quelques billets g?n?reusement offerts par les habitants fortun?s. Hubert, l?un des agents, r?sume leur engagement : ? Gr?ce ? ce travail, je peux nourrir mon enfant et ma petite amie. Le travail ?loigne le vice, l?ennui et le besoin. Je me sens utile. ? Un h?ros du quotidien, arm? non pas d??p?e, mais de vigilance et de courage. ? 800 m?tres de l?, Man-Assa suit le m?me chemin. Le comit? de vigilance, jadis en sommeil, reprend du service. Les commer?ants, inquiets des ? casses ? et des opportunistes, se pr?parent ? toute ?ventualit?. ? Comme il y a des casses, les bandits du quartier risquent de profiter pour voler et agresser ?, explique Ariel, commer?ant au carrefour. La peur, ici, se transforme en organisation et en solidarit?. Dans ces ruelles de l?ombre, des citoyens ordinaires deviennent des gardiens d?ordinaire, rappelant que parfois, la s?curit? se construit ? la force des bras, du courage et? d?un zeste de d?brouillardise. Andr? Gromyko Balla

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

R?unions en ligne: peur et suspicion dans la cit?

Entre tensions post-?lectorales et querelles autour des boissons et des fonds, les associations locales de Yaound? transforment chaque r?union en v?ritable champ de bataille. Prudence, suspicions et votes houleux : bienvenue dans le th??tre impitoyable des petites man?uvres? version quartier. ? Yaound?, dans le paisible monde des associations locales, 2025 restera marqu? par une tension digne d?un thriller politique? mais version r?unions de quartier. Madame Abanda, charg?e de la r?union du samedi 1er novembre 2025, a propos? un compromis jug? ? prudence moderne ? : organiser la rencontre en ligne. Son argument ? Le climat de tension qui r?gne dans le pays, et le risque suppos? de se d?placer depuis Odza ou Simbock vers Nkolmesseng. ? Le dehors est dangereux , insiste-t-elle, prudente. ? cela, les membres ont r?pliqu? comme des critiques gastronomiques face ? un plat ti?de : ? Faux ! Yaound? est s?curis?e ?. Certains vont m?me plus loin, insinuant que Madame Abanda aurait des comptes ? cacher. ? Elle est la tr?sori?re et c?est la derni?re r?union avant la cassation de d?cembre. Renvoyer la r?union compliquera la suite. Elle a peut-?tre utilis? l?argent et ne veut pas qu?on d?couvre la supercherie ?, murmure un membre dans un message priv?. Hortense, autre figure du groupe, ajoute sa touche ?pic?e : ? C?est une fuite en avant. Re?ois-nous comme d?habitude et distribue la boisson ! ? Une phrase qui fait mouche et enflamme le groupe WhatsApp, transformant l?application en v?ritable agora digitale. Pour trancher cette bataille digne d?un conseil de guerre, un vote est organis?. R?sultat : le camp du pr?sentiel l?emporte. ? Il ne faut pas c?der ? la peur ?, r?sume Nina, en s?adressant ? sa s?ur Christine, qui doit recevoir la r?union du dimanche 2 novembre. Christine, prudente, h?site : reporter ou non ? Elle penche pour le 9 novembre afin de laisser retomber la tension. Nina, ironique, sugg?re une solution interm?diaire : avancer la r?union et finir avant 17h. ? Il faut faire les choses correctement, sinon les gens penseront que tu ne veux pas d?penser de l?argent en les recevant ?, lance-t-elle, rappelant subtilement ? sa s?ur que l?hospitalit? locale se mesure aussi au contenu de la ration distribu?e. Pendant ce temps, ? Tropicana (Yaound? 4), la sc?ne se r?p?te, mais avec une teinte de d?solation. Apr?s leur march?, les membres de l?association de Marie Louise d?cident collectivement de boycotter la r?union pr?vue le 9 novembre. La peur a parl? : le climat d?l?t?re les pousse ? rester chez eux, prudent mais frustrant pour la tr?sori?re en chef. ? Je suis ? plus de 60 000 FCFA de d?penses, j?aurais gard? mon argent et fait autre chose ?, se plaint-elle, visiblement vex?e. La situation est d?autant plus piquante qu?elle devait recevoir la ration des membres, respect du r?glement oblige. ? Comment r?cup?rer mes 50 % ? On ne remet cet argent que lorsque la r?union a lieu ?, regrette-t-elle, entre col?re et consternation. ? travers Yaound?, le paysage post-?lectoral transforme donc de simples r?unions en enjeux quasi diplomatiques, o? les comptes, les rations et la peur s?entrelacent dans un ballet aussi s?rieux que ridicule. Les habitants oscillent entre prudence et suspicion, tandis que les applications de messagerie deviennent tribunaux et conseils ? la fois. Et si la prochaine r?union se faisait vraiment en ligne, avec un petit ap?ro virtuel pour apaiser les esprits ? Rien n?est moins s?r, mais l?humour reste la meilleure arme pour survivre aux tensions? et aux et aux rations manquantes. Andr? Gromyko Balla

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut