Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

Grande interview

C?te d?Ivoire: Didier Drogba, futur Pr?sident de la R?publique

Didier Drogba, n? le 11 mars 1978 ? Abidjan, est bien plus qu?un footballeur : il est une conscience en marche, une voix profonde qui r?sonne bien au-del? des stades, un c?ur vibrant pour l?Afrique. De 2004 ? 2012, puis en 2014-2015, il ?crit l?une des plus grandes ?pop?es de Chelsea FC, en Angleterre, inscrivant 164 buts, dont celui m?morable du 19 mai 2012 en finale de la prestigieuse Ligue des champions, un but ?galisateur et un tir au but d?cisif, offrant ? Chelsea le premier sacre europ?en de son histoire. Capitaine des ?l?phants de C?te d?Ivoire, il a port? les espoirs d?un peuple lors de trois Coupes du Monde : 2006, 2010, 2014, et a ?t? sacr? joueur africain de l?ann?e en 2006. Mais, c?est en octobre 2005 que son aura franchi le cadre du sport : au lendemain d?une qualification historique au mondial, alors que son pays, la C?te d?Ivoire, ?tait coup? en deux, il implore, ? genoux, les bellig?rants ivoiriens de d?poser les armes, un geste rare, qui suspendra un temps la guerre civile. En 2007, il met sur pied la ? Didier Drogba Foundation ?, dont les si?ges sont bas?s ? Abidjan et Londres, d?ployant son influence pour l??ducation, la sant? et l?autonomisation des communaut?s africaines. Depuis sa retraite en 2018, il incarne une figure d?unit?, d’engagement et de paix, et demeure l?un des visages les plus aim?s du continent. Drogba n?est pas simplement un nom : il est une m?moire vivante, une pulsation d?esp?rance, une ?toile qui veille. Dans ses yeux, le feu d?un peuple et la tendresse d?un p?re. Il a marqu? des buts, oui, mais il a surtout marqu? les ?mes. Cette interview n?est pas uniquement une affaire de football. C?est aussi un p?lerinage vers ce que peut devenir un homme lorsqu?il choisit d??couter sa v?rit? profonde. De ce fait, Didier Drogba est bien plus qu?une l?gende : il est une pr?sence, une force douce, une voix int?rieure qui murmure sans bruit. Aujourd?hui, il ne joue plus sur gazon. Il joue pour la paix, la justice et l?amour. Et il se livre, ici, entier, sans d?tour, ni faux fuyant, depuis Londres, en Angleterre o? il est install?. Rencontre ! De l?ombre ? la lumi?re : quelle promesse t?es-tu faite en quittant Abidjan pour la France ? 5 ans ? Quand je suis parti, ? 5 ans, il n’y avait pas de grande promesse philosophique. J’?tais un petit gar?on qui quittait ses parents pour une vie meilleure, un r?ve de gosse. La seule promesse que je me faisais, c’?tait de rendre fier mon p?re et ma m?re, de ne pas les d?cevoir, de travailler dur pour pouvoir un jour les aider. C’?tait une promesse d’enfant, simple et pure. Je n’aurais jamais pu imaginer que ce d?racinement, qui a d’abord ?t? une ?preuve, me donnerait cette double culture, ce regard sur le monde qui m’a non seulement fa?onn?, mais a aussi forg? mon lien ind?fectible avec l’Afrique. Ce d?racinement a fait de moi un pont entre deux mondes. Si tu revoyais, tout de suite, le petit Didier que lui murmurerais-tu aujourd?hui ? Je le prendrais dans mes bras. Je lui dirais de ne jamais douter, de toujours croire en son potentiel. Je lui dirais que le chemin sera long, rempli de sacrifices et de blessures, mais que chaque ?preuve est une le?on. Je lui dirais que de ne jamais oublier d’o? il vient, de garder les pieds nus sur le sol chaud de Yopougon, m?me quand il foulera les pelouses des plus grands stades. Surtout, je lui dirais que son plus grand but ne sera pas de marquer, mais d’aimer et de servir. Que signifie r?ellement « ?tre une l?gende » ? T?es-tu d?j? senti seul au sommet ? « ?tre une l?gende », ce n’est pas une question de troph?es ou de millions. C’est l’?cho que tu laisses dans le c?ur des gens. C’est l’h?ritage que tu construis, pas celui que tu laisses. Je me suis souvent senti seul au sommet. Le poids de la responsabilit?, la pression, l’?loignement de la famille? On c?l?bre tes victoires sur le terrain, mais tu es seul face ? tes doutes. Et, c’est dans ces moments de solitude que j’ai compris que la vraie richesse n’?tait pas l’?cho de la gloire, mais la force de mon c?ur. Quel est le r?ve que tu n?as jamais os? r?v?ler ? personne ? Mon r?ve secret, ce n’est pas le football, mais d’avoir un jour un continent africain totalement autonome, o? la paix est la seule r?gle et l’?ducation la seule religion. Je r?ve d’une Afrique qui ne tend plus la main, mais qui se l?ve fi?rement, o? la jeunesse n’a plus besoin de traverser des mers dangereuses pour chercher un avenir. Ce r?ve m’obs?de, car il est le moteur de tout ce que j’entreprends. Tu dis r?ver d?une Afrique debout, autonome et fi?re. Si tu devais choisir trois graines ? semer aujourd?hui pour que ce r?ve devienne r?alit? dans vingt ans, quelles seraient-elles, et comment les prot?gerais-tu de la s?cheresse et des temp?tes de la vie politique et sociale ? Si je ne devais en choisir que trois, je dirais : La graine de l’?ducation de qualit? : non pas une ?ducation qui se limite ? l’apprentissage, mais une ?ducation qui transmet la conscience de soi, de son histoire et de son potentiel. Une ?ducation qui ne forme pas de simples travailleurs, mais des b?tisseurs. La graine de la paix et de la r?conciliation : car sans paix, rien n’est possible. Cette graine se nourrit du dialogue, de l’acceptation de l’autre, de la justice et de la m?moire. Elle doit ?tre prot?g?e en enseignant aux enfants l’importance de l’unit? et du pardon d?s le plus jeune ?ge. La graine de l’esprit d’entreprise et de l’innovation : l’autonomie passe par la capacit? ? cr?er de la richesse soi-m?me. Cette graine doit ?tre arros?e par un accompagnement, un financement ?quitable et des politiques qui encouragent la jeunesse ? oser, ? entreprendre, ? ne pas craindre

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Une banque ? hauteur et ? dimension de cop?s

En tant qu?entreprise citoyenne, Afriland First Bank place la jeunesse au c?ur de ses priorit?s.  Le programme ? Young Graduate Program ? vise ? doter les jeunes dipl?m?s de l?exp?rience professionnelle n?cessaire pour s??panouir dans divers projets et ? contribuer ? la cr?ation d?emplois au Cameroun. Il s?agit d?une campagne de pr?-s?lection gratuite lanc?e par Afriland First Bank. Elle offre aux dipl?m?s de l?enseignement sup?rieur camerounais l?occasion de vivre leur premi?re exp?rience professionnelle au sein d?une grande institution bancaire. Destin? aux titulaires d?un Master 2 et aux ?tudiants en fin de cycle Master dans les fili?res de gestion, Young Graduate Program vise ? former et int?grer les jeunes dans divers m?tiers bancaires, ? travers un parcours de d?couverte et d?apprentissage structur?. En entretenant son profil d?entreprise citoyenne, Afriland First Bank a une pleine confiance au syst?me de formation sup?rieur et parie prioritairement sur la jeunesse qui en est issue. Tout cela a ?t? reconnu en octobre 2024 lorsque Afriland First Bank a re?u le prix de l?institution socialement responsable.  En plus de cultiver et d?encadrer sa proximit? avec les milieux universitaires dans lesquels elle a sign? des conventions de partenariat pour la mise en ?uvre des dispositifs d?inclusion financi?re, Afriland First Bank promeut aussi l?acc?s ? toute une gamme de produits et services financiers pour diverses transactions, paiements, ?pargne, cr?dit? utiles et adapt?s aux besoins de l?Universit?, de son personnel et des ?tudiants. Elle s?investit aussi dans la promotion de la recherche sur les sujets d?ordre ?conomique, sans oublier la participation aux colloques et diverses activit?s socioculturelles organis?es par les institutions universitaires du Cameroun. R.B

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B-First: le tome mod?le d?accompagnement et de soutien de l??ducation au Cameroun

Pleins feux sur un gadget qui porte l?engagement d?Afriland First Bank envers l?inclusion sociale et la formation de la jeunesse du pays. Quelqu?un avait vite compris : ? Chez Afriland First Bank, la langue joue un r?le crucial dans la constitution de l?identit? de produits. Elle entretient un r?le privil?gi? avec la culture, qu?il s?agisse de la culture savante ou de la culture courante ?. ? B-First ? permet, une fois encore, d?observer ce double fonctionnement. ? Sur le plan phon?tique, le lettre B qui peut ?tre entendue comme Bourse d?excellence, fait ?galement r?f?rence au mot ?be? qui signifie ? ?tre ? en anglais. Le mot First, mantra de la First Bank, ?voque l?id?e d?excellence, de leadership et de qu?te de la performance, valeurs fondamentales qui guident la First Bank dans toutes ses actions. Le choix du mot ? First ? ?tablit ?galement un lien direct avec l?appellation m?me de la banque, Afriland First Bank. Cette association permet de renforcer la reconnaissance du projet aupr?s du public cible et de souligner l?engagement de notre banque envers l??ducation, l?inclusion sociale et la formation de la jeunesse. L?utilisation du ?B? en lieu et place du ?be? dans ?B-First? constitue une astuce cr?ative qui permet d?int?grer subtilement le mot ?B ank? dans le nom du projet ?, explique un responsable de l?institution financi?re. D?apr?s cette derni?re, ce qui constitue le ressort ultime de l?identit? de B-First, c?est de ? devenir un v?ritable symbole de r?ussite et d?excellence dans les milieux scolaire, acad?mique, universitaire et m?me entrepreneurial ?. Objectifs C?est donc ? partir de ce corpus que la Banque a fix? les six objectifs du programme B-FIRST : ? Promouvoir la culture de l?excellence et de l??quit? aupr?s des jeunes camerounais en r?compensant les meilleurs ?l?ves et ?tudiants ; soutenir les ?tablissements en leur fournissant du mat?riel didactique, des fournitures scolaires, des bourses d??tudes et des opportunit?s de stages ; contribuer ? l?am?lioration des r?sultats scolaires au Cameroun en inculquant aux ?l?ves l?esprit First, la comp?titivit? scolaire ; participer ? la formation des ressources humaines de qualit? ; construire les talents de demain pour b?tir notre nation et participer au progr?s social ?. Actions Ce qui pr?c?de impose un arr?t sur les actions qu?Afriland First Bank entend mener dans le cadre de son programme B-FIRST. Elles se d?clinent notamment en : ? ? R?compenses aux meilleurs ?l?ves (la First Bank soutiendra les meilleurs ?l?ves des ?coles s?lectionn?es en leur offrant des r?compenses telles que des fournitures scolaires, des bourses d??tudes et du mat?riel informatique) ;  ? Dons de mat?riel scolaire (l?entreprise identifiera les ?tablissements les plus d?favoris?s pour leur fournir du mat?riel didactique essentiel, contribuant ainsi ? am?liorer les conditions d?apprentissage et ? r?duire les in?galit?s) ;  ? Programme de bourses d??tudes (First Bank mettra en place un programme de bourses d??tudes ? destination des 50 meilleurs titulaires du Baccalaur?at et du GCE A level du pays, leur permettant ainsi de poursuivre leurs ?tudes sup?rieures) ; ? Offres de stages (l?entreprise offrira des stages acad?miques et professionnels aux ?tudiants, favorisant ainsi l?insertion professionnelle et renfor?ant les liens avec les ?tablissements d?enseignement sup?rieur) ;  ? Campagnes de sensibilisation (First Bank m?nera des campagnes de sensibilisation pour promouvoir l?importance de l??ducation aupr?s des ?l?ves, des communaut?s locales et du grand public) ;  ? Partenariats scolaires (l?entreprise d?veloppera des partenariats avec les ?coles pour mettre en place des projets ?ducatifs innovants, tels que des ateliers de formation, des clubs scolaires et des conf?rences professionnelles) ;  ? Young Graduate Program (la First Bank poursuivra son programme de Young Graduate pour recruter les jeunes dipl?m?s de nos universit?s et ?coles afin de leur donner l?opportunit? d?embrasser une riche carri?re professionnelle dans ses rangs). D?roulement 1-M?thodologie pour les prix d?excellence  Selon la Banque, ? la s?lection des ?coles b?n?ficiaires du programme B-FIRST dans le secondaire s?appuie sur le fichier de l?OBC et GCE Board pour sortir les meilleurs ?tablissements. La s?lection tient compte du taux de r?ussite de l??tablissement au Baccalaur?at et ou GCE A-level de la densit? de scolarisation dans la zone ?.  Le tout sur la base de quelques crit?res :  ? Faire partie de la liste des cinquante meilleurs ?tablissements de la r?gion  ? Enregistrer un score minimal de 50% de succ?s au Baccalaur?at ou au GCE A-level ; ? Les ?tablissements primaires sont exclus de cette premi?re cuv?e ; ? 50 ?l?ves seront prim?s dans chaque ?tablissement retenu, ceci pour assurer un prix pour chaque premier de classe. Pour ce qui est du choix des ?l?ves, l?hypoth?se retenue est de primer les meilleurs ?l?ves de chaque classe pour un effectif de cinquante ?l?ves donc 50 paquets minimums par ?tablissements. 2-M?thodologie pour la bourse  Pour ce qui est de la bourse, la First Bank organisera un concours en ligne ouvert aux nouveaux ouvert aux titulaires du Baccalaur?at et du GCE A level des sessions 2024 et 2025 ayant obtenu au minimum la mention Assez Bien ou le grade 2B. Ce concours permettra de s?lectionner 50 laur?ats devant b?n?ficier de la bourse B-First. Les 50 laur?ats du concours feront partie du programme et b?n?ficieront d?une aide financi?re pour couvrir une partie de leurs frais de scolarit? dans l?universit? de leur choix.  Organisation du concours  Les ?preuves seront mises en ligne sur le site internet de la Banque. Les r?sultats de l??valuation seront transmis aux postulants par le m?me canal.  Principales ?tapes de la s?lection pour la bourse  Appel ? candidatures : Diffusion d?un appel ? candidatures aupr?s des ?coles publiques et priv?es du Cameroun et dans la presse. ?valuation des candidatures ; ?valuation par voie du test mis en ligne. Bon ? savoir : l??valuation des candidats pr?s?lectionn?s s?effectue via une plateforme num?rique h?berg?e sur le site internet d?Afriland First Bank. Les ?preuves en ligne ?valuent les candidats selon des crit?res de performance acad?mique rigoureux, garantissant la s?lection des 50 meilleurs profils nationaux. ; publication des candidats s?lectionn?s par les canaux retenus par la Banque ; envoi des correspondances d?information aux ?coles d?appartenance du talent sur l?enr?lement de leurs anciens ?l?ves comme pupilles d?Afriland first Bank ; envoi des

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Cyrille Maka Njoh: ? C?est un d?bat sur le rapport entre souverainet?, int?gration sous r?gionale et ouverture aux ?trangers?

L??conomiste camerounais estime qu?il revient ? l?Etat souverain le droit d??tablir les modes d?acc?s aux m?tiers nomm?s ? petits ?, de concevoir les r?gles d?arbitrage entre int?r?ts ou objectifs oppos?s des ?trangers. Le gouvernement gabonais vient d?interdire aux ressortissants ?trangers d?exercer dans plusieurs secteurs d?activit?s qualifi?s de ? petits m?tiers ?. Que vous inspire cette actualit? ? Pour vous r?pondre, je partirai de l?intention officielle des autorit?s gabonaises qui est de favoriser l?insertion professionnelle des locaux. Maintenant, sont-ils vraiment si ? petits ? ces nombreux m?tiers qui occupent les ?trangers au Gabon ? Ce sont des activit?s marginales, des activit?s sans lieu fixe, ni services et infrastructures ? disposition, sans possibilit? d’obtention de cr?dits ou de facilit?s ; mais qui repr?sentent une partie fortement consid?rable de l’?conomie de nos pays en Afrique centrale. ? n?en pas douter, il y a dans l??nonciation de la ? petitesse ? des m?tiers les dimensions r?elles d?activit?s non d?clar?es ou non reconnues par les instances ?tatiques ou internationales, qui se r?alisent sans protection sociale ou juridique pour les travailleurs, g?n?rent de faibles revenus et s?op?rent dans la plus grande pr?carit?. L?-dedans, il y a un ensemble de choses qui renvoient ? des repr?sentations diffuses de la d?brouille, de la subsistance, de la pauvret?, de l?informalit? ou m?me de l?ill?galit?. Ces petits m?tiers ne naissent pas seulement comme cons?quence des exigences de survivance et comme r?sultat de l’inventivit? des ?trangers, mais surtout comme expression d’une bonne aptitude ? saisir les besoins de l’usage. En toile de fond, ce qui a ?t? d?cid? au Gabon renvoie ? une probl?matique plus large qui touche de nombreux pays de la Cemac : comment concilier souverainet? ?conomique, int?gration sous r?gionale et ouverture aux ?trangers dans une sous-r?gion en qu?te de croissance. Qu?en pensez-vous ? En fait, contrairement ? une id?e trop r?pandue le lib?ralisme ne s?oppose pas ? l?intervention. Le lib?ralisme ne saurait ?tre assimil? au laissez?faire et ? la croyance en l?harmonie naturelle des int?r?ts individuels. C?est un d?bat sur le rapport entre souverainet?, int?gration sous r?gionale et ouverture aux ?trangers. Celui-ci trouve un ?cho dans l?affrontement entre deux conceptions du lib?ralisme. D?un c?t?, toute intervention est prohib?e au b?n?fice d?une g?n?ralisation des relations concurrentielles de march? et/ou de la mise en place d?une ou de plusieurs autorit?s ind?pendantes ayant pour fonction de pallier les imperfections de march?. De l?autre c?t?, le lib?ralisme est impensable sans une intervention publique qui m?le in?vitablement r?gle et choix discr?tionnaire, et, de quelque mani?re, ?conomie et politique. Suivant cette seconde conception, il ne suffit pas d?imposer la mise en ?uvre de r?gles d?int?gration sous r?gionale pr?sum?es optimales pour que l?architecture dessin?e par les Etats soit indiscut?e. Par ailleurs, il faut reconna?tre que la conciliation de la souverainet? ?conomique, l?int?gration sous r?gionale et l?ouverture aux ?trangers n?a pas d?autre vertu que d??clairer les arbitrages, n?cessairement et justement politiques, entre des objectifs voire entre des int?r?ts oppos?s ou divergents. Nier que les Etats ont chacun leurs lois en mati?re d?emplois pour les ?trangers sont, non seulement absurde, mais ne peut que les exacerber et conduire ? des situations extr?mes. Il revient ? l?Etat souverain le droit d??tablir les modes d?acc?s ? ces m?tiers nomm?s ? petits ?, de concevoir les r?gles d?arbitrage entre int?r?ts ou objectifs oppos?s des ?trangers. Vous convenez avec nous qu?aucun mod?le robuste n?enseigne, sous des hypoth?ses raisonnables, que r?duire ou interdire l?acc?s des ?trangers ? quelques petits m?tiers, c?est r?soudre ipso facto celui du ch?mage des locaux. Que r?pondez-vous ? ceux qui pensent comme nous ? C?est vrai. Aucun mod?le robuste n?enseigne que r?duire le nombre d??trangers sur le march? du travail dans un pays assure une relance de l?emploi des jeunes. Par contre, il existe un mod?le robuste qui enseigne que restructurer ou d?manteler les niches fiscales ?parses g?n?re des ressources et permet de promouvoir l?investissement et l?emploi ? moyen et long terme. En fait, il faut parfois, sinon souvent, appliquer certaines mesures garantir l?investissement courant et l?emploi futur. Des mesures fortes sont parfois in?vitables, sinon n?cessaires, surtout dans des ?conomies ? combien fragiles comme celles de la Cemac. Il ne suffit donc pas d?imposer la mise en ?uvre de r?gles ou d?institutions pr?sum?es optimales dont l?architecture serait dessin?e par les ?conomistes. Il faut reconna?tre que l?analyse ?conomique n?a pas d?autre vertu que d??clairer les arbitrages, n?cessairement et justement politiques, entre des objectifs voire entre des int?r?ts oppos?s ou divergents. Et que faut-il faire dans ce cas, s?agissant particuli?rement de la Cemac ? Je pense que la mise en ?uvre de cadres de r?glementation migratoire fond?s sur les besoins du march? du travail peut ?tre b?n?fique aux Etats. Le suivi attentif des indicateurs du march? du travail, combin? ? la mise en place de m?canismes de consultation, en particulier aupr?s du secteur priv?, peut constituer un appui suppl?mentaire aux syst?mes de gestion des migrations. Tirer le meilleur parti de l?impact de l?immigration sur l??conomie. Les pays de destination devraient envisager des interventions politiques visant ? : favoriser l?employabilit? des immigr?s, par exemple au moyen d?un r?seau ?largi de services priv?s d?emploi ou de formation, et de possibilit?s d?apprentissage tout au long de la vie afin de perfectionner leurs comp?tences ; encourager leur investissement en levant les obstacles ? l?investissement et ? la cr?ation d?entreprises ; et maximiser la contribution fiscale des immigr?s en soutenant la croissance du secteur formel ou en ?largissant l?assiette fiscale et les contributions du secteur informel. Propos recueillis par R?my Biniou

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Manifester n?est pas un crime

Depuis quelque temps, une formule devenue virale est syst?matiquement servie ? ceux qui choisissent de battre le pav? contre le r?gime Ouattara : ? Ils envoient les enfants des autres ? l?abattoir pendant que leurs propres enfants sont au chaud. ? Cette phrase, souvent utilis?e par des ministres ou des journalistes proches du pouvoir, vise ? discr?diter les mouvements de contestation populaire en insinuant une manipulation des masses par une ?lite hypocrite. Mais cette critique, en apparence frapp?e du bon sens, est en r?alit? fallacieuse, injuste et profond?ment malhonn?te. Elle r?v?le davantage le m?pris de certains pour les aspirations l?gitimes du peuple que leur attachement ? une v?rit? ou ? la justice. Il est donc temps de remettre les pendules ? l?heure. Une lecture s?lective de l?histoire r?cente Ceux qui se permettent de lancer cette accusation ont visiblement la m?moire courte ? ou tr?s s?lective. Car, si l?on jette un ?il sur l?histoire politique r?cente de la C?te d?Ivoire, il est ?vident que certains leaders de l?opposition ont toujours ?t? en premi?re ligne lorsqu?il s?agissait de marcher contre l?injustice ou l?arbitraire. Le pr?sident Laurent Gbagbo, qu?on l?aime ou non, a souvent ?t? vu dans la rue avec sa famille. Sa femme Simone Gbagbo, figure de la lutte syndicale et politique, ?tait constamment ? ses c?t?s dans les combats de rue. Michel Gbagbo, leur fils, a lui aussi ?t? emprisonn? pour ses engagements, preuve qu?il n?a pas ?t? tenu ? l??cart du feu. Quant ? Pascal Affi N?Guessan, il n?a jamais attendu que le peuple aille seul au front. Lors des grandes manifestations, il ?tait toujours pr?sent, au milieu des militants, assumant pleinement son r?le de leader engag?.Que dire, dans le m?me temps, du camp pr?sidentiel ? Qui, honn?tement, peut affirmer avoir vu un seul enfant d?Alassane Ouattara participer ? une marche du RDR ou du RHDP ? Aucun. Et cela n?a jamais ?t? exig? non plus. Ce n?est pas l? que le b?t blesse. Le probl?me, c?est l?utilisation constante de cet argument pour d?l?gitimer les actions populaires et semer la peur. Manifester n?est pas un service ? rendre ? un politicien. La r?alit?, c?est que les Ivoiriens ne descendent pas dans la rue parce que tel ou tel leader leur en a donn? l?ordre. Ils le font, d?abord et avant tout, parce qu?ils estiment que leur vie ne s?am?liore pas. Parce qu?ils ressentent dans leur chair les cons?quences des choix politiques d?un r?gime qu?ils jugent injuste, sourd, ou arrogant. Parce qu?ils n?ont plus d?autre levier que la rue pour se faire entendre. On ne manifeste pas pour faire plaisir ? Gbagbo, ? Affi, ? Soro ou ? Tidjane Thiam. On manifeste pour soi-m?me, pour son avenir, pour ses enfants, pour sa dignit?. C?est une d?cision intime, personnelle, politique certes, mais fond?e sur un v?cu, une souffrance, une col?re, une aspiration. Si certains estiment qu?Alassane Ouattara a fait un travail remarquable, qu?il a transform? le pays, qu?il a redonn? ? la C?te d?Ivoire son ?clat, qu?ils restent donc chez eux. Personne ne les oblige ? manifester. Mais qu?ils laissent ceux qui ont une autre lecture de la situation exercer leur droit. Car il s?agit bien d?un droit, reconnu par la Constitution ivoirienne, comme par tous les instruments internationaux auxquels notre pays a souscrit. Le vrai probl?me n?est donc pas dans la pr?sence ou l?absence des enfants des leaders politiques dans la rue. Il est dans la r?ponse disproportionn?e des autorit?s face aux manifestations. Il est dans le recours syst?matique ? la force, aux arrestations arbitraires, aux intimidations. Il est dans l?incapacit? du pouvoir actuel ? supporter la moindre contradiction sans brandir les matraques ou remplir les ge?les. Or, toute d?mocratie v?ritable suppose l?existence d?un espace de libert? pour les opinions divergentes, pour les critiques, pour la col?re populaire. Manifester, ce n?est pas attaquer la R?publique, c?est en faire vivre les principes fondamentaux. Les grands hommes d??tat ne sont pas ceux qui ?touffent les protestations, mais ceux qui savent les entendre, les canaliser et y r?pondre avec intelligence. Refuser ? un peuple le droit de manifester, c?est lui refuser la parole. Et, lorsqu?on prive un peuple de la parole, il finit toujours par prendre les armes ? ce que personne ne souhaite. La manifestation pacifique est donc une soupape d?mocratique. Emp?cher cette respiration revient ? ?touffer la nation. Ce qu?il faut vraiment dire aux Ivoiriens Plut?t que de leur r?p?ter sans cesse qu?ils sont manipul?s, infantilis?s ou utilis?s, il serait temps de faire confiance ? la maturit? politique des Ivoiriens. Ce peuple a suffisamment souffert, suffisamment appris, suffisamment perdu pour savoir ce qu?il fait. Quand un homme ou une femme d?cide de marcher, malgr? les risques, ce n?est pas par na?vet?, mais par conviction. Ce que nous devrions dire aux Ivoiriens, ce n?est pas : ? ne sortez pas, vous allez vous faire tuer ?. Ce devrait ?tre : ? sortez, mais restez pacifiques. Soyez nombreux, soyez organis?s, soyez vigilants. ? Et surtout : ?exigez que vos droits soient respect?s.? Voil? le discours qu?un gouvernement respectueux de son peuple devrait tenir. Pas celui de la peur, de la division ou du m?pris. Conclusion : la rue n?est pas une trahison En d?finitive, vouloir d?courager les manifestations en brandissant l?absence des enfants de leaders, c?est d?tourner le regard des vraies causes de la col?re sociale. Ce n?est pas une strat?gie politique, c?est une diversion. Ce que les Ivoiriens demandent, c?est d??tre entendus, pas jug?s.Marcher n?est ni un crime, ni une preuve de manipulation. C?est une d?marche citoyenne, courageuse, essentielle dans un pays o? les canaux de dialogue sont souvent verrouill?s. Tant que des injustices persisteront, tant que les libert?s seront bafou?es, tant que le pouvoir refusera de se remettre en question, les gens descendront dans la rue ? avec ou sans les enfants de leurs leaders. Et ce droit, personne n?a le droit de le leur contester. Jean-Claude DJEREKE

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