Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Forces de d?fense camerounaises

En leur sein, sept nouveaux officiers g?n?raux promus le 15 juillet 2025 par d?crets pr?sidentiels sont d?finitivement entr?s en fonction le 14 ao?t dernier ? Yaound?. Il s?agit des g?n?raux de brigade Raymond Boum Bissoue, Tobie Gabriel Ngolo Ngomba, Fran?ois Pelene, Alexandre Fernand Mveh, Robert Sadjo, Guy Merlin Chembou Zambou et le contre-amiral Hilary Ade Nkwenti. Ils ont re?u leurs attributs au cours d’une c?r?monie pr?sid?e ? la cour d’honneur de la brigade du Quartier g?n?ral, au nom du chef de l??tat, par le ministre d?l?gu? ? la pr?sidence charg? de la D?fense, Joseph Beti Assomo. Peu avant eux, huit autres officiers g?n?raux ont chang? de grade. Ainsi Daniel Elokobi Njock, Mahamat Ahmed, et Hippolyte Ebaka portent d?sormais les insignes r?serv?s aux g?n?raux de division. Jean Calvin Momha et Emmanuel Amougou sont chacun g?n?ral de division a?rienne alors que Joseph Fouda, Jean Mendoua et Pierre Njine Njonkam sont pass?s au grade de vice-amiral. Par la m?me occasion, le g?n?ral de division Saly Mohamadou a pris ses fonctions en qualit? de chef d’?tat-major de l’arm?e de terre alors que le g?n?ral de brigade a?rienne Beno?t Bede Eba Eba a remplac? le g?n?ral Jean Calvin Momha ? l’?tat-major de l’arm?e de l’air.

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Publicit? des ?tablissements: marketing contre recrutement

Les promoteurs d’?tablissement obligent la porte ? porte dans les quartiers aux enseignants en qu?te de travail. Josiane est un jeune produit de l’?cole normale des instituteurs, ENIEG. En attendant un ?ventuel recrutement ? la fonction publique, elle d?cide de ne pas se tourner les pouces. Surtout qu’elle est m?re de deux enfants. Habitant le nouveau quartier Maxwell, dans la commune de Nkolafamba, elle profite de la prolif?ration de nouvelles ?coles pour demander un recrutement. Elle re?oit un coup de fil de la part du promoteur. Il lui demande de passer pour un entretien. Tr?s contente, la jeune enseignante se rend le lendemain au rendez-vous. Plut?t que de passer l’entretien, elle est conduite dans une salle de classe ou elle se retrouve avec d’autres jeunes candidats ? l?enseignement. Le fondateur de l??tablissement leur demande de faire la campagne de promotion m?diatique ? travers les quartiers et villages riverains au complexe scolaire bilingue. ? La veille de l’entretien, j’ai fait des r?visions pour r?pondre aux ?ventuelles questions qui me seraient pos?es toute la nuit. Mais arriv?e ? la salle d’interrogation, je me suis retrouv?e avec un micro pour faire la publicit? de l’?cole ?, explique Josiane. Apr?s cette ?preuve d’une semaine, l’enseignante est s?r d’?tre retenue comme ma?tresse en classe de CE2, ? vu ma mani?re de parler au micro, le fondateur m’a demand?e d’?tre pr?te ? former mes coll?gues. Je pr?sume que c’est la signature du contrat. Il reste ? voir les autres modalit?s, en l?occurrence la signature du contrat et le paiement du salaire?, ajoute la ma?tresse. Au complexe scolaire situ? ? Nkongoa (Mfou), les personnes d?sireuses d’?tre embauch?es arborent des polos aux couleurs de l’?tablissement. Eric, instituteur limog? dans un autre ?tablissement, souhaite ?tre parmi les quatre enseignants ? recruter. Le directeur le nomme chef d’?quipe de la zone carrefour Nkongoa jusqu’? Assock (apr?s Nkoabang). Sa t?che consiste ? coacher les jeunes coll?gues sur le terrain du recrutement de nouveaux ?l?ves pour cette ?cole cr??es voici deux ans. ? Je peux dire que je serai parmi les ?lus, vu mon exp?rience professionnelle ?. Il passe la majeure partie de ses journ?es dans cet ?tablissement pour maximiser ses chances de recrutement. Refus Plut?t timide, Adeline vivant ? Nkolnda jette l’?ponge lorsqu’on lui demande d’?tre agent publicitaire. Elle estime qu’il faut chercher les sp?cialistes du domaine. ? Je viens pour enseigner et non monter dans un car pour danser. Si c’est la condition de recrutement, je rentre chez moi ?, justifie-t-elle. Andr? Gromyko Balla

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Agents de mairie et promoteurs immobiliers, ? couteaux tir?s

Plong?e dans la guerre sans merci que se livrent les deux entit?s Depuis la promulgation en d?cembre 2024 de la loi sur la fiscalit? locale, et partant le paiement de l?imp?t Synth?tique (article 38 al. 2), les agents de mairie ne disposent plus d’assez de marge de man?uvre pour arnaquer les usagers. Les permis de b?tir et les permis d’emplanter restent les seules voies de recours pour ces agents. Ces derniers ne transigent plus. Ils mettent la pression sur les constructeurs ? travers des descentes muscl?es dans les chantiers en d?licatesse avec la loi. Ces descentes int?ress?es leur permettent de s?en mettre plein les poches, au d?triment des caisses communales. Plusieurs stratag?mes sont ?labor?s pour d?jouer les repr?sailles de ces agents communaux v?reux. Soh Mb?, propri?taire d?un chantier ? Mendong II, voit son mat?riel emport? par la mairie de Mfou. Apr?s moultes explications, ces agents communaux stoppent non seulement les travaux, mais exigent de l’argent pour remettre le mat?riel. Ce qu’il refuse. Les agents tr?s remont?s mettent la croix de saint Andr? sur la fa?ade avant de la maison en construction. ? Les gens d?barquent dans le chantier sans se pr?senter et demandent les autorisations de b?tir. Il n’y a ni diplomatie, ni mani?re. Ils portent le mat?riel et vous demandent de les suivre ? Mfou ?, s’?tonne le propri?taire du chantier. ? Nous allons d?sormais travailler ? partir de 15h, quand le service public s’arr?te ?, d?cide Soh. Seuls les weekends seront sans cons?quences pour son mat?riel, notamment les fers, le ciment, les planches? Lass? d’attendre la sortie de son dossier technique, s?same qui conduit ? l’obtention du permis de b?tir, Jacqueline, Camerounaise de la diaspora, d?cide de lancer ses travaux. La strat?gie de travail est originale. Elle consiste ? pr?fabriquer des longrines, y compris les demi-poutres pour la dalle. Pour le montage, il se fait lorsque les techniciens sont s?rs que les agents de la mairie ne r?dent plus avec le camion de la commune. ? Je ne peux pas rentrer sans avoir coul? ma dalle. Quand je viens au Cameroun, j’ai un objectif ? atteindre. Mon dossier technique ne sort pas, car le titre foncier est fait l?objet d?une pr? notation. La mairie ne veut pas comprendre que la faute ne vient pas de nous ?, se justifie-t-elle. Manga adopte une autre approche ? Vian, par Mfou. Pour l’?volution de ses travaux, il place des indics dans les carrefours et les bars. Le modus operandi consiste ? appeler les techniciens du chantier et les pr?venir du d?barquement des agents communaux. ? Cette strat?gie a d?j? permis de sauver le mat?riel du chantier jusqu’? deux reprises?, explique Modeste, le fr?re cadet de Manga. Andr? Gromyko Balla

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Paix et Stabilit? en Afrique centrale : la Copac rend son rapport s?curitaire 2024-2025 et son plan d’action 2025-2026

La Copac, c?est la Coalition des Organisations de la Soci?t? Civile pour la Paix et la pr?vention des conflits en Afrique centrale. Elle a ?t? cr??e en octobre 2019 ? Libreville sur impulsion de la CEEAC (Communaut? Economique des Etats de l?Afrique Centrale) en juillet 2017, soutenue par l?Union Europ?enne, et l?UNOCA (Bureau r?gional des Nations Unies pour l’Afrique centrale). Sa vision porte sur l’?mergence d’une Afrique centrale pacifique et stable o? les communaut?s construisent le progr?s ?conomique, social, politique et culturel. A Libreville, le 12 ao?t dernier, le Copac a soumis son rapport s?curitaire 2024-2025 aux autorit?s de la CEEAC, ainsi qu?? des partenaires techniques et financiers ?tatiques et non ?tatiques. En tant que dispositif d’appui aux diff?rentes initiatives de pr?vention et de r?solution pacifique de conflits, ledit rapport couvre 7 pays sur les 11 regroup?s au sein de la CEEAC. Le document formule sept recommandations majeures : ? Renforcer les actions de r?ponse face aux d?fis de paix et de s?curit? not?s dans les 11 Etats membres ; renforcer les Organisations de la soci?t? civile dans l?alerte pr?coce ? la base du fait de leur proximit? aux communaut?s ; faciliter le m?canisme de remont?e des donn?es d?alerte pr?coce du syst?me NEWRS sur la s?curit? humaine de la Copac au MARAC ; renforcer la collaboration entre la Copac et la CEEAC, UNOCA et les autres partenaires nationaux, r?gionaux et internationaux ; soutenir financi?rement le plan d?action 2025 ? 2026 de la Copac pour des actions de paix et de s?curit? humaine ; renforcer les capacit?s institutionnelles et organisationnelles des coalitions pays de la Copac ; renforcer le m?canisme de capitalisation p?riodique des efforts de la COPAC au chantier paix et s?curit?. Pr?sentant le rapport s?curitaire, le pr?sident du Copac a soulign? la n?cessit? de recrutement de Moniteurs et d?analystes additionnels pour la couverture du Tchad, de Sao Tom?, de la RCA et de la Guin?e ?quatoriale, pays non encore pris en compte par le syst?me NEWRS.? Le pr?sident r?gional de la Copac M.Mabala Kasongo Robert et la vice-pr?sidente r?gional, Jeanne Danielle Nlate, ont expos? le rapport th?matique de la Copac sur la probl?matique de la circulation des biens et des personnes, vue sous le prisme des enjeux et d?fis pour la paix et la s?curit? en Afrique centrale. Ils ont ?galement communiqu? le plan d’action 2025-2026 de la Copac structur? autour de 4 axes strat?giques, subdivis? en 9 objectifs, en 19 r?sultats attendus et en 32 activit?s portant sur les ?lections, les effets du changement climatique, les agendas femmes ? jeunes ? paix et s?curit?, les conflits communautaires, les VBG et le d?veloppement organisationnel de la coordination r?gionale et des coalitions pays de la Copac. Bobo Ousmanou

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Gestion d?actifs financiers en Afrique centrale :?Harvest Asset Management leader en 2024

Au 31 d?cembre 2024, apprend-on de sources cr?dibles, le total d?actifs sous gestion est de 959,03 milliards FCFA. Un chiffre en augmentation par rapport aux 635,9 milliards FCFA au 31 d?cembre 2023. Dans le d?tail, Harvest Asset Management tr?ne en t?te dans la zone Cemac avec un total de 345,9 milliards FCFA, soit 36,08% de parts du march?.? Fond?e en 2017, avec un capital de 1 milliard FCFA, largement sup?rieur aux 300 millions FCFA exig?s par la r?glementation Cemac, l?entreprise dirig?e par Marc Kamgaing, son Administrateur directeur g?n?ral (ADG), est suivie par Elite Capital Asset Management S.A avec 181,7 milliards de Fcfa d?actifs sous gestion, soit 18,95% du march?. Attijari Securities Central Africa Asset Management (Asca) est class?e troisi?me avec 100,9 milliards de Fcfa, repr?sentant 10,53% des parts du march?. Le top 5 est compl?t? respectivement par Corridor Asset Management et Africa Bright Asset Management avec chacune, 69,6 milliards de Fcfa d?actifs sous contr?le et 7,26% des parts de march?. Soci?t? G?n?rale Capital Asset Management Central Africa vient en sixi?me position avec 47,3 milliards FCFA d?actifs sous gestion, soit 4,94% des parts de march?. EDC Asset Management Cemac d?Ecobank est class?e 7?me avec 45,2 milliards FCFA d?actifs (4,72% du march?), L?Archer Capital Asset Management est 8?me avec 30,1 milliards FCFA d?actifs sous gestion (3,15% du march?), Digi Capital Asset Management, 9?me avec 26,7 milliards FCFA sous gestion (2,79% des parts) et Emrald Securities Services Asset Management est 10?me avec 13,4 milliards de Fcfa sous gestion (1,40% du march?). D?apr?s nos sources, le classement se termine respectivement par Kori Asset Management, 11?me avec 13,03 milliards FCFA sous gestion (1,36%), Enko Capital Central Africa, 12?me avec 11,4 milliards FCFA sous gestion (1,19%), Makeda Asset Management, 13?me avec 1,7 milliard FCFA sous gestion (0,19%) et enfin, Financia Asset Management, 16?me avec 1,7 milliard FCFA sous gestion et contr?lant 0,18% des parts de march?. B.O

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Gestion des fr?quences : l?Afrique centrale met le paquet sur la coop?ration transfrontali?re

Lors de la r?union de leurs ministres en charge des T?l?communications tenue ? Bangui le 12 mars dernier, les pays de la communaut? ?conomique et mon?taire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) s??taient fix? un d?lai de trois mois pour finaliser la mise en ?uvre du projet d?itin?rance communautaire. Le processus est en marche. D?apr?s l?Autorit? de r?gulation des postes et des communications ?lectroniques du Congo (ARPCE), du 5 au 7 ao?t 2025, le Congo et l?Angola se sont r?unis pour harmoniser l?usage des fr?quences ? leurs fronti?res communes. A en croire la m?me source, le Gabon et le Cameroun ont sign? le 4 ao?t dernier, un accord similaire. L?ARPCE a ?galement conclu des partenariats avec la RDC en 2021 et avec le Gabon en 2023. Des discussions sont actuellement en cours avec le Cameroun. D?autres initiatives r?centes confirment cette volont? r?gionale, comme la r?union bilat?rale entre le Tchad et le Cameroun en juin dernier ou l?annonce, en ao?t 2024, d?un accord tripartite r?unissant le Cameroun, le Gabon et la Guin?e ?quatoriale.  Rappelons que les protocoles d?accord bilat?raux pour la mise en ?uvre du free roaming ont ?t? sign?s d?s 2021 ? Yaound?. Les pays signataires sont le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la R?publique centrafricaine, le Congo et la Guin?e Equatoriale. En avril 2024, l’Assembl?e des r?gulateurs des t?l?communications de l’Afrique centrale (ARTAC) a r?v?l? que seules deux connexions avaient ?t? ?tablies sur les 213 pr?vues. Ces liaisons concernent MTN Cameroon et MTN Congo d’une part, ainsi qu?Airtel Gabon et Orange Cameroun d’autre part. B.O.

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Comm?moration de l?ind?pendance : mois d?ao?t festif en zone Cemac

11 ao?t, 13 ao?t, 15 ao?t et 17 ao?t. Les dates se succ?dent et affichent respectivement leur importance dans l?histoire de la R?publique Centrafricaine (RCA), du Tchad, du Congo-Brazzaville et du Gabon.  Quatre pays de la Cemac qui se souviennent chacun de la proclamation de son ind?pendance. Au Tchad, Mahamat Idriss D?by s?est adress? ? la Nation le 10 ao?t 2025. Dans son message, le chef de l?Etat tchadien a mis l?accent sur la ? moralisation de la vie publique ? et les d?fis s?curitaires de son pays.  En RCA o? c??tait la 65e ?dition, la journ?e du 13 ao?t 2025 a ?t? marqu?e par une parade militaire sous la direction du pr?sident centrafricain, Faustin-Archange Touad?ra. Ce dernier a plac? la c?l?bration de cette ann?e ? sous le signe de la paix, du r?tablissement de la coh?sion sociale, du patriotisme, de l?unit? nationale, de l?engagement de chaque citoyen ? d?fendre l?int?grit? territoriale et la libre circulation des personnes et des biens, gage indispensable d?une souverainet? pleine et active ?. Au Congo-Brazzaville, la 65e ?dition de la f?te de l?ind?pendance avait pour th?me : ? Mobilis?s dans la paix, ensemble, poursuivons la marche vers le d?veloppement ?. Dans un message ? ses compatriotes, le pr?sident congolais, Denis Sassou N’guesso a lanc? ? un appel ? la vivification du panafricanisme fond? sur l?int?gration des ?tats ?.  Au Gabon, le Comit? Gabon Ind?pendance (Comit? national des f?tes de l?ind?pendance) en charge des pr?paratifs et de l?organisation de cet ?v?nement annonce plusieurs activit?s afin de magnifier ce moment marquant l?accession du Gabon ? la souverainet? internationale.  B.O.

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Compte aussi la mani?re de donner

Martin et Lucie, qui s??taient mari?s ? l??glise une semaine avant, avaient d?cid? de se promener ? pied dans leur quartier. Apr?s 5 minutes de marche, ils voient un gar?on manchot et portant des guenilles. Le gar?on mendiait. ?Je vais donner quelque chose au petit. ?a pourra l?aider ?, dit Martin. Son ?pouse r?pondit que c??tait une bonne id?e. Martin se dirigea alors vers le gar?on et lui jeta un billet de 10.000 fcfa sans le regarder ni lui dire un petit mot. Le gar?on refusa de ramasser le billet. Quand Martin s?en rendit compte, il revint sur ses pas et jeta cette fois-ci un billet de 20.000 f. toujours sans parler au gar?on. Celui-ci eut la m?me r?action que pour le premier billet. ?Quel est le probl?me de ce malheureux gar?on? Je lui donne de l?argent et il refuse de le prendre. Ch?rie, tu y comprends quelque chose???Laisse-moi essayer. Je vais utiliser une autre approche?, r?pondit Lucie. Arriv?e pr?s de l?enfant, Lucie s?accroupit, salua le gar?on, demanda son nom, ?changea quelques mots avec lui avant de lui remettre le billet de 20.000 francs. Martin, qui suivait la sc?ne de loin, vit que le gar?on avait pris l?argent et qu?il souriait. Quand Lucie le rejoignit, il lui dit ceci:? Aujourd?hui, tu m?as enseign? quelque chose: il ne suffit pas de donner. Compte aussi la mani?re de donner. Donner en injuriant, donner en maugr?ant ou donner sans regarder la personne ? qui on donne, ce n?est pas donner. Bref, on peut donner sans respecter la personne ? qui on veut faire du bien. Or un mendiant reste un homme qui m?rite respect et consid?ration. Merci pour la le?on, Lucie. Tu portes bien ton pr?nom qui vient du mot latin ?lux? et qui signifie ?lumi?re?. Merci de m?avoir ?clair?.? Jean-Claude Dj?r?k?

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Le r?gime transforme les temples du savoir en casernes politiques

En C?te d?Ivoire, l?universit?, lieu sacr? de la pens?e, du d?bat et de la formation de l??lite nationale, est en train de subir une profonde transformation. Non pas une ?volution acad?mique, non pas une r?forme de fond tourn?e vers l?excellence, mais une d?rive politique grave, orchestr?e par le r?gime d?Alassane Ouattara et son ministre de l?Enseignement sup?rieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara. La derni?re trouvaille de ce pr?tendu ministre consiste ? installer des forces parall?les et irr?guli?res sur les campus universitaires. Des groupes suppos?ment charg?s de la ? s?curit? ?, mais qui, dans les faits, servent ? surveiller, intimider et r?primer les ?tudiants. Ces milices, form?es en marge des structures officielles, sont financ?es sur fonds publics. Autrement dit : l?argent du contribuable est utilis? non pas pour ?lever le niveau de l?enseignement sup?rieur, mais pour museler la jeunesse ivoirienne. Quand le ministre tente d?acheter la conscience des ?tudiants Le nom d?Adama Diawara ne fait pas l?unanimit? dans les cercles acad?miques, et pour cause. D?j?, le 14 septembre 2023, il s’?tait illustr? dans un scandale de corruption morale. ? l??poque, les ?tudiants de l??cole pr?paratoire aux sciences de la sant? (EPSS) s?opposaient ? la suppression du tronc commun en m?decine, mesure controvers?e et incompr?hensible, qui risquait d?appauvrir la formation m?dicale ivoirienne. Face ? la r?sistance des ?tudiants, le ministre n?avait rien trouv? de mieux que de proposer des billets de banque pour tenter de les faire taire. Mais, preuve que tout n?est pas perdu, ces ?tudiants avaient refus? cet acte de corruption manifeste. Ils avaient dit niet ? une tentative de marchandage politique. Ce refus avait mis en lumi?re l’ind?cence du r?gime et le manque de l?gitimit? morale d?un ministre qui, dans tout pays normal, aurait d? pr?senter sa d?mission imm?diate. Seulement voil?: depuis avril 2011, la C?te d?Ivoire n?est plus un pays normal. Ce pays est tomb? dans une logique o? l??thique, l?int?grit?, la responsabilit? ne sont plus les piliers de la vie publique. Vers une dictature acad?mique ? En installant ces forces de s?curit? informelles dans les universit?s, le pouvoir franchit une ligne rouge. Les franchises universitaires, qui garantissent l?autonomie des institutions et la libert? d?expression acad?mique, sont pi?tin?es. L?universit? devient un espace sous surveillance, non plus un lieu de libert? intellectuelle, mais une zone militaris?e au service d?un r?gime autoritaire. Le pr?texte est toujours le m?me: assurer la s?curit? des biens et des personnes. Mais, en r?alit?, ce que craint le r?gime, ce n?est pas l?ins?curit?, c?est la voix libre et critique des ?tudiants. Ce sont eux, historiquement, qui ont toujours ?t? ? la pointe des contestations. Ce sont eux qui, dans les ann?es 1990, ont contribu? ? la chute du parti unique. Ce sont eux qui, demain, pourraient devenir les fers de lance d?un soul?vement populaire.En muselant l?universit?, le r?gime Ouattara cherche donc ? tuer dans l??uf toute contestation possible. C?est une strat?gie de contr?le total de la soci?t?, de l?espace public, des institutions, et m?me de la pens?e. Une d?rive qui s?inscrit dans un syst?me plus large Cette d?rive universitaire n?est que la face visible d?un iceberg bien plus inqui?tant: la transformation progressive de l??tat ivoirien en instrument de r?pression au service d?int?r?ts priv?s et ?trangers. Le r?gime ne gouverne plus pour les Ivoiriens, mais pour se maintenir co?te que co?te au pouvoir. Le d?part du PDCI du RHDP, autrefois principal alli? du pouvoir, a r?v?l? au grand jour les fractures internes de ce r?gime. Le climat politique est d?l?t?re, marqu? par l?exclusion de figures majeures de l?opposition, la mainmise sur les m?dias publics, l?instrumentalisation de la justice, et l?utilisation abusive des forces de l?ordre contre les manifestations pacifiques.Aujourd?hui, m?me les pays voisins s?inqui?tent de la situation en C?te d?Ivoire. Le r?gime Ouattara, per?u comme inflexible, autocratique et d?connect? du peuple, est vu comme un facteur d?instabilit? pour l?ensemble de la sous-r?gion. Le vent de rejet des r?gimes autoritaires qui souffle sur l?Afrique de l?Ouest n??pargnera pas Abidjan. Le peuple se r?veille Le 9 ao?t 2025 restera une date charni?re. Ce jour-l?, des milliers d?Ivoiriens ont r?pondu ? l?appel du PPA-CI et du PDCI pour d?noncer la d?rive dictatoriale du r?gime. ? Yopougon, ? Abobo, ? Bouak?, ? Daloa, le peuple a march?, non plus par peur, mais par dignit?. C?est la preuve que l?inertie n?est plus une option. Comme le disait Machiavel, ? La meilleure forteresse des tyrans, c?est l?inertie des peuples. ? Mais cette forteresse commence ? se fissurer. La population ne veut plus d?un pouvoir qui traque les ?tudiants, qui exclut les opposants, qui r?gne par la peur, et surtout, qui fait de la C?te d?Ivoire une terre d?ali?nation politique.Aujourd?hui, les Ivoiriens sont ?trangers dans leur propre pays. Ils voient leurs institutions d?voy?es, leurs droits bafou?s, leur jeunesse maltrait?e. L?heure est venue de dire stop. Conclusion Ce qui se joue aujourd?hui dans les universit?s ivoiriennes d?passe le simple cadre de l?enseignement sup?rieur. Il s?agit d?un combat pour la souverainet? nationale, pour la d?mocratie, pour la justice, pour la dignit? humaine.Les universit?s ne doivent pas devenir des casernes. Les ?tudiants ne doivent pas ?tre trait?s comme des ennemis de l??tat. Les ministres ne doivent pas acheter le silence par des billets de banque. Et le peuple ne doit plus tol?rer un pouvoir qui le m?prise.Si la C?te d?Ivoire veut retrouver sa normalit?, elle doit commencer par purger son syst?me des pratiques autoritaires. Le retour ? l??thique, ? la transparence, ? la responsabilit? publique est une urgence. Le r?veil du peuple, amorc? le 9 ao?t 2025, doit se poursuivre. Car un peuple qui se tait devient complice. Jean-Claude DJEREKE

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