Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Sur la route Nationale N? 1: chant des ruines sous les pieds

Voyage au rythme lent, sur 279 km qui proposent une lecture claire de la d?cr?pitude. Un matin de septembre, le bus immatricul? LT 246 GZ de Touristique Express quitte Maroua en direction du Grand Sud. Destination : Yaound?, capitale politique du Cameroun. ? bord du long porteur, les passagers prennent place sur les banquettes du bus estampill? ? VIP Confort ? mis en piste. Un chauffeur fataliste et des bagages sont rapidement enfouis dans les malles creuses du v?hicule. En filigrane, une question hante le voyage : que dit-on de cette route nationale n?1 ? quelques semaines de la pr?sidentielle d?octobre 2025 ? Les secousses des illusions D?s la sortie de l?agence de voyage, les secousses commencent. Les nids-de-poule sur certains axes n?ayant pas b?n?fici?s des r?cents am?nagements du Contrat-D?sendettement-D?veloppement (C2D) s?ouvrent comme des pi?ges. ? chaque soubresaut, un passager l?che une exclamation. ? C?est ?a une ville compl?tement r?nov?e ? ? ironise Pascal, ?tudiant en transit vers Garoua. Son voisin r?plique : ? Depuis 20 ans, on nous promet une r?habilitation? mais regarde ! ?. Les affiches ponctuent le trajet jusqu?au pont Makabaye ? la sortie de la ville : ? des travaux ? peines livr?s, on voit d?j? des barricades qui pr?viennent des r?fections sur certains axes ?, commente Bintou, une native de Maroua. Ici, les promesses politiques ne s?affichent pas seulement sur des panneaux, elles s??prouvent dans les flaques d?eau sur le bitume et les suspensions us?es. Garoua, la belle aux eaux dormantes ? Garoua, le contraste frappe. Ville propre, ordonn?e, les mototaxis ob?issent aux feux, les rues respirent. Le bus s?arr?te pour le carburant, et les passagers s??parpillent dans le march?, le souffle coup? par la chaleur. Mais derri?re cette fa?ade de modernit?, le chemin vers Ngaound?r? promet encore mille secousses. Les 279 kilom?tres ? venir sont une succession de d?fis : routes caboss?es, virages tra?tres et conversations enfi?vr?es. La pr?sidentielle d?octobre 2025 se glisse entre les si?ges. ? Chaque sept ans, ils promettent de refaire la route? Regardez ! ? s??nerve le chauffeur. ? Mais des travaux sont en cours ?, r?pond un passager. La RN1 devient alors une ar?ne o? chacun mesure la distance entre parole et r?alit?. Sur des chemins difficiles A Badankali, un camion charg? de conserves, renvers?, bloque le passage. Des femmes proposent arachides bouillies et s?same aux voyageurs immobilis?s. Ici, la route est une art?re vitale : commerce et circulation s?entrelacent. La RN1 n?est pas qu?une route nationale, elle est transnationale, reliant le Cameroun au Tchad et au Nigeria. Tout blocage se r?percute sur les march?s et les prix, rappelant que cette route est le poumon ?conomique du Nord. Tout blocage se r?percute sur les march?s et les prix. A?ssatou, commer?ante de Garoua, r?sume : ? Quand les camions n?arrivent pas, tout augmente. ? La RN1 n?est pas qu?une voie de transport : elle pulse, respire et blesse. Ngaound?r?, cicatrice et carrefour ? l?entr?e de la ville, le bus s?arr?te devant l?Universit?. Les ?tudiants descendent, rient et ?tirent leurs bras fatigu?s. Ngaound?r?, carrefour du Nord et du Sud, porte les stigmates du voyage : poussi?re rouge, ralentisseurs improvis?s et regards inquiets des habitants. Dans cette ville, chaque fissure est un jugement, chaque bosse un symbole. Pendant les heures d?escales ici, intrigues et blagues s?invitent parmi les passagers. Sur les banquettes install?es dans la salle d?attente de l?agence, un jeune ?tudiant tchadien l?che en sirotant son th? : ? Cette route, c?est le nerf de l?Afrique centrale. Mais elle est trait?e comme une piste de village ?. ? Celui qui r?pare la route aura nos voix ?, confie un vieux vendeur. C?est ? bord d?un second bus immatricul? LT 708 LX estampill? ? Confort VIP ? que les passagers reprennent la route. Le trajet qui va de Ngaound?r? ? Garoua Boulai est moins contraignant. Mais nids de poules et surprises s?invitent ? l?aventure. La RN1, miroir du Cameroun Deux jours plus tard, 12 septembre, 6h35. Le bus atteint Yaound? apr?s 37 heures de voyage. Visages creus?s par la fatigue, yeux empreints d?histoires et de paysages travers?s. La RN1 n?est plus seulement une route : elle est un verdict silencieux sur le Cameroun, un miroir des fractures et des frustrations, une art?re o? se jouent dignit? et citoyennet?. Chaque kilom?tre parcouru est une le?on. Chaque secousse un rappel : la route, c?est la voix du peuple. En octobre, les passagers de la RN1 voteront non seulement pour des candidats, mais pour la dignit? de circuler, de commercer, de vivre pleinement dans un pays qui ne les oublie pas. ? La route est devenue un terrain ?lectoral. En octobre, ce sont eux, les usagers de la RN1, qui auront la parole. Et dans l?urne, ils ne voteront pas seulement pour un candidat. Ils voteront aussi pour la route ?, commente un universitaire anonyme en transit pour Yaound?. Tom

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Coraf : Une Meilleure R?ponse aux ?pid?mies Agricoles en Afrique

Le Conseil Ouest et Centre de recherche et de d?veloppement agricole (Coraf), en collaboration avec l’Alliance de Bioversit? International and CIAT, a organis? un atelier technique ? Yaound? pour vulgariser un plan de pr?paration et de r?ponse aux ?pid?mies de ravageurs et de maladies des cultures et animaux. Du 8 au 9 septembre 2025, le Coraf, en collaboration avec l’Alliance of Bioversity International and CIAT (dans le cadre du projet AICCRA et BIORISKS) , a organis? un atelier ? Yaound?. Objectif, contribuer ? la vulgarisation en Afrique Centrale du plan de pr?paration et de r?ponse aux ?pid?mies de ravageurs et maladies et ? sensibiliser aux maladies virales des cultures. Cet atelier s’inscrit dans une phase dans laquelle les maladies et les ravageurs sont les principales causes de pertes agricoles. Il est donc crucial de diffuser et de mettre en ?uvre le plan qui a ?t? ?labor? pour y faire face. ? Nous savons qu’actuellement les maladies et les ravageurs sont les causes les plus importantes des pertes dans le domaine de l’agriculture et il est important qu’un plan qui a ?t? ?labor? puisse ?tre vulgariser en vue de sa mise en ?uvre ?, explique Docteur Hortense Mafouasson, repr?sentante du Directeur G?n?ral de l’Irad. La mise en ?uvre effective de ce plan est donc l’?tape qui suivra ces diff?rents ?changes pour ?viter toutes sortes de ravageurs ou ?pid?mies. ? Les acteurs se r?uniront et seront r?partis dans des r?les en fonction des activit?s contenues dans le plan. Nous allons commencer par la mise en ?uvre des activit?s qu’il faut faire avant l’apparition d’une quelconque ?pid?mies ?, d?clare le Docteur Esaie KPADONOU, repr?sentant du Directeur de la Coraf. Un atelier qui s’inscrit dans un contexte o? le changement climatique repr?sente un d?fi majeur pour l’agriculture africaine, intensifiant les probl?mes existants tels que la faible fertilit? des sols. La recherche agricole pour le d?veloppement (AR4D) est essentielle pour fournir des technologies et des innovations agricoles adapt?es au climat, contribuant ainsi aux objectifs de d?veloppement durable. Lanc? officiellement le 23 septembre 2024 ? Abidjan en C?te d’Ivoire, ce plan initi? par le Coraf permettra de d?velopper le domaine agricole en Afrique. Amelie Engono; stagiaire

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Dynamisation de l?investissement en Afrique centrale: La BVMAC au c?ur du Forum Talk Invest 2025

Par le biais de cet ?v?nement, La Bourse des Valeurs Mobili?res de l?Afrique Centrale (BVMAC) entend ?toffer son r?le de catalyseur du march? des capitaux de la sous-r?gion. Douala se pr?pare ? accueillir les acteurs de la finance. Dans la capitale ?conomique camerounaise, la BVMAC organise la 3? ?dition de son Forum Talk Invest le 17 septembre 2025. Selon le comit? d?organisation, le Forum trois objectifs majeurs : ? sensibiliser les acteurs ?conomiques sur les avantages du march? financier en Afrique centrale ; renforcer la confiance des investisseurs gr?ce ? des informations fiables et des analyses pertinentes et stimuler la croissance ?conomique et ? faciliter le financement des entreprises locales ?. Pour 2025, la BVMAC promet un programme riche et interactif : conf?rences, panels et sessions de r?seautage permettront aux participants de dialoguer avec des experts du secteur et d?explorer les opportunit?s offertes par le march? r?gional. ? Cette ?dition accueillera des personnalit?s influentes du monde ?conomique et financier : dirigeants d?entreprises cot?es ? la BVMAC, banquiers, investisseurs institutionnels et repr?sentants d?organismes r?gionaux et internationaux. Les discussions porteront sur le financement des PME, les nouvelles tendances de l?investissement durable, le r?le des march?s financiers dans le d?veloppement ?conomique et les strat?gies pour attirer davantage de capitaux dans la sous-r?gion ?, indiquent les organisateurs. Digitalisation et innovation Un accent particulier sera mis sur la digitalisation des march?s financiers et l?innovation, consid?r?es comme des leviers essentiels pour attirer de nouveaux investisseurs et faciliter les transactions. ? Les r?formes entreprises par la BVMAC pour am?liorer la transparence, la s?curit? et la fluidit? des ?changes sur le march? des valeurs mobili?res seront ?galement pr?sent?es ?, soulignent les organisateurs.  Le choix de Douala n?est pas un hasard. La ville concentre la majorit? des activit?s commerciales et financi?res du Cameroun et dispose d?infrastructures adapt?es pour accueillir un forum d?envergure internationale. Les participants pourront ainsi profiter de rencontres B2B, de pr?sentations sectorielles et de sessions de formation sur l?investissement et la finance. Avec la participation attendue de centaines de professionnels et un programme riche en contenus strat?giques, le Forum Talk Invest 2025 s?annonce comme un tremplin majeur pour l?investissement et la croissance en Afrique centrale, l??v?nement s?impose comme un rendez-vous incontournable pour promouvoir l?investissement et renforcer la visibilit? des march?s financiers dans la sous-r?gion. En l?organisant, la BVMAC confirme sa volont? de faire de cet ?v?nement un rendez-vous annuel capable de g?n?rer des partenariats durables et de contribuer au d?veloppement ?conomique r?gional. Pour les entreprises locales, c?est aussi une opportunit? unique de pr?senter leurs projets, d?attirer des financements et de renforcer leur visibilit? aupr?s des investisseurs. Jean-Ren? Meva’a Amougou

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Electricit?: le courant continu des programmes

Le Cameroun figure d?sormais parmi les b?n?ficiaires de la grande initiative africaine d??lectrification, lanc?e conjointement par la Banque mondiale et l?Initiative mondiale africaine. Le programme, financ? en partie par la Banque mondiale, ne se limite pas ? des promesses. Il pr?voit des investissements massifs pour r?duire les pertes techniques, renforcer la gouvernance du secteur et attirer les op?rateurs priv?s. Dans les couloirs du minist?re de l?Eau et de l??nergie, l?annonce r?sonne comme une promesse d?aube nouvelle. Une nouvelle qui pourrait transformer, ? moyen terme, le quotidien de millions de familles camerounaises encore plong?es chaque soir dans l?obscurit?. ? C?est une opportunit? historique ?, se r?joui Gaston Eloundou Essomba, ministre de l?Eau et de l??nergie. D?fis L?objectif affich? par Yaound? est ambitieux : atteindre plus de 80 % de taux d??lectrification d?ici 2030, conform?ment aux Objectifs de d?veloppement durable. Le visage marqu? par la satisfaction mais aussi par l?ampleur de la t?che, il a d?taill? les mesures envisag?es : extension des lignes, modernisation des r?seaux vieillissants, mais aussi int?gration des ?nergies renouvelables, avec en premi?re ligne l??nergie solaire. Pour les acteurs ?conomiques, les retomb?es sont ?videntes : une ?nergie plus fiable signifie un tissu industriel plus comp?titif, une agriculture modernis?e gr?ce ? la transformation locale, mais aussi de nouvelles perspectives pour les jeunes entreprises du num?rique. ? L??lectricit?, c?est la colonne vert?brale du d?veloppement ?, r?sume un expert du secteur rencontr? ? Yaound?. Reste une question, celle qui revient dans toutes les conversations : la promesse tiendra-t-elle face aux lenteurs administratives, aux chantiers inachev?s et aux coupures r?currentes qui exasp?rent les usagers ? Le ministre Eloundou Essomba veut rassurer : ? Les Camerounais verront tr?s vite des am?liorations concr?tes ?. Entre attentes et prudence, la nouvelle initiative ravive un espoir : celui de voir enfin le Cameroun sortir durablement de l?ombre. JRMA

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Claude Langlois: un ma?tre discret de l?histoire et de la sociologie des religions

C?est avec grand retard que j?ai appris la disparition de Claude Langlois, survenue dans la nuit du 24 au 25 mai 2024. Sa mort m?a profond?ment touch? parce que Claude Langlois ?tait un homme d?exception, tant par la qualit? de son travail que par la simplicit? de son engagement intellectuel. Il a termin? sa carri?re d?enseignant ? La Sorbonne, plus pr?cis?ment ? l??cole Pratique des Hautes ?tudes, o? il a laiss? une empreinte durable. Langlois ?tait reconnu comme l?un des meilleurs historiens et sociologues des religions en France. Son ?uvre t?moigne d?une rigueur scientifique alli?e ? une profonde humanit?. Jusqu?? l??ge de sa retraite, il n?a cess? de publier, contribuant ? nourrir le d?bat acad?mique avec constance et passion. Cette pers?v?rance dans le travail illustre sa vocation d?enseignant et de chercheur, dont l?amour pour la connaissance ne s?est jamais d?menti. J?ai eu la chance d??tre l?un de ses ?tudiants et ce fut une exp?rience marquante. Claude Langlois n??tait pas un professeur qui imposait sa pr?sence ou son autorit?. Bien au contraire, il incarnait une disponibilit? et une bienveillance rares. Je n?avais jamais besoin de courir apr?s lui pour qu?il lise mon travail ou qu?il me donne rendez-vous. Lui qui ?tait le directeur de th?se, il ?tait toujours pr?t ? prendre le temps, ? d?couvrir les questionnements que je portais. Ce qui frappait chez lui, c??tait sa simplicit? et sa modestie. C?est lui-m?me qui choisissait l?endroit o? nous devions discuter de mes recherches, souvent dans l?un de ces caf?s embl?matiques qui entourent la Sorbonne. Ces lieux, ? la fois conviviaux et propices ? la r?flexion, ?taient parfaits pour un ?change d?id?es ? la fois rigoureux et d?tendu. Apr?s avoir ?cout? attentivement et fait ses remarques ?clair?es, il fixait toujours la date de notre prochain rendez-vous avec une s?r?nit? pleine de respect pour mon rythme.Au d?but de nos rencontres, il ne manquait jamais de prendre des nouvelles de ma famille rest?e au pays, qui traversait alors une grave crise politique. Cette attention t?moignait d?une v?ritable empathie, et d?un regard port? sur le monde au-del? des seules questions acad?miques. Une empathie qui venait peut-?tre des deux ann?es pass?es jadis au Mali (1965 et 1966). C?est cette humanit? qui rendait son enseignement si pr?cieux et ses conseils si pr?cieux. Durant ses cours, Claude Langlois avait l?art de pr?senter les grandes questions de l?histoire des religions avec clart? et profondeur. Il commen?ait toujours par faire circuler les derniers livres parus en histoire et sociologie des religions, partageant ainsi avec ses ?tudiants les toutes derni?res avanc?es et r?flexions du domaine. Ensuite, il exposait ce qu?il avait ? dire avec p?dagogie et pr?cision. Mais il ne souhaitait pas que son discours reste fig?. Il encourageait vivement ses ?tudiants ? r?agir, soit en allant dans son sens, soit en le contredisant ? mais toujours de fa?on argument?e et respectueuse. Il r?p?tait inlassablement qu?il n?avait pas la science infuse, pr?nant ainsi une posture d?humilit? intellectuelle qui rendait ses ?changes d?autant plus riches. Il ma?trisait parfaitement les grands documents du Concile Vatican II (1962-1965), les questions relatives aux congr?gations religieuses, ainsi que les rapports entre l??glise et le pouvoir politique. Toutes ces th?matiques, essentielles ? la compr?hension de la sociologie des religions contemporaines, ?taient abord?es avec une profondeur et une rigueur exemplaires. Sa douceur et son ouverture d?esprit ?taient palpables, tant dans sa mani?re d?enseigner que dans ses rapports humains. Il savait susciter la curiosit? intellectuelle, ?veiller la r?flexion critique et nourrir une d?marche scientifique rigoureuse. Son apport au champ de la sociologie des religions est consid?rable. Il a su montrer combien les croyances et les pratiques religieuses sont des vecteurs essentiels pour comprendre les dynamiques sociales, les rapports de pouvoir, les identit?s collectives. Sa d?marche combinait histoire, sociologie, et anthropologie, offrant ainsi une lecture riche et nuanc?e des ph?nom?nes religieux. Son h?ritage est pr?cieux pour tous ceux qui cherchent ? appr?hender le religieux non pas comme une donn?e fig?e, mais comme un processus vivant et ?volutif. En quittant l??cole Pratique des Hautes ?tudes, Claude Langlois n?a jamais cess? d??tre un acteur du savoir. Il continuait ? publier, ? participer aux d?bats, ? accompagner des chercheurs, avec la m?me passion et la m?me exigence. Sa retraite n?a pas signifi? un retrait du monde intellectuel, mais plut?t un prolongement discret et constant de son engagement. Aujourd?hui, il est difficile de mesurer pleinement l??tendue de la perte que repr?sente sa disparition. Mais son ?uvre et sa mani?re d??tre restent pour nous un mod?le d?int?grit?, de rigueur et d?humanit?. Claude Langlois nous a appris ? regarder le monde des religions avec un regard attentif, critique, et toujours ouvert ? la complexit?. ? travers cet hommage, je souhaite exprimer toute ma reconnaissance envers cet homme qui a su m?accompagner avec tant de patience et de g?n?rosit?. Son souvenir demeurera ? jamais grav? dans la m?moire de ses ?tudiants et de tous ceux qui ont eu la chance de croiser son chemin. Jean-Claude DJEREKE

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La sc?ne politique camerounaise en mouvement

Depuis quelques jours, la politique camerounaise, longtemps fig?e dans l?immobilisme, s?anime enfin. Ce fr?missement trouve son origine dans ce que l?on peut appeler une acc?l?ration de la vie politique, amorc?e par la d?mission de deux figures longtemps per?ues comme des piliers du syst?me : Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary. Cet acte n?est pas isol?. Il traduit la pression exerc?e par les populations du Nord, qui leur ont clairement signifi? : ? si vous restez encore avec ceux de Yaound?, nous ne serons plus avec vous ?. Une rupture nette, qui sonne comme une volont? d?en d?coudre avec la mis?re ? une dynamique comparable ? celle amorc?e par les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dans leur confrontation avec le r?gime, pour des revendications diff?rentes. Cette recomposition s?inscrit dans une s?quence o? le Conseil constitutionnel, en ?liminant Maurice Kamto de la course, a rebattu les cartes. Son exclusion a ouvert la voie ? un nouveau r?cit : celui de l?opposition unie qui, au-del? des ambitions individuelles, veut transformer l??lection ? venir en un r?f?rendum contre le r?gime de Paul Biya. Pour la premi?re fois depuis longtemps, les opposants ne se limitent plus aux invectives et aux querelles personnelles. Ils envisagent la possibilit? d?une coalition o? chacun apporterait une valeur ajout?e : Bello Bouba, interlocuteur privil?gi? du syst?me, capable d?obtenir ce qu?aucun autre opposant ne pourrait arracher ; Issa Tchiroma, tribun ?nergique et mobilisateur, pr?t ? contester une fraude ?ventuelle ; Akere Muna, l?homme du r?seau international, ? m?me de plaider la cause du Cameroun sur la sc?ne mondiale ; Maurice Kamto, incarnation vivante des limites d?un syst?me verrouill? et non d?mocratique, mais aussi catalyseur d?une mobilisation massive dans le grand Sud. Ce souffle nouveau n?est pas seulement port? par les acteurs politiques. Il s?alimente aussi de l?entr?e en sc?ne de la soci?t? civile, avec des collectifs d?intellectuels qui ont os? demander au pr?sident Biya de ne pas se repr?senter. D?sormais, universitaires, journalistes, artistes et citoyens s?invitent ? la conversation et rencontrent directement les candidats et p?sent sur les choix. En revanche, les administratifs, eux, restent fig?s, silencieux, r?duits au r?le de spectateurs passifs. Cette ?volution marque un tournant : la fin des discours brutaux et st?riles, l??mergence d?une nouvelle mani?re non seulement de faire la politique, mais aussi de la vivre. Mais ce mouvement ne pourra s?amplifier que si ceux qui se sont volontairement tenus ? l??cart ou qui ont ?t? r?duits au silence par ?devoir de r?serve? d?cident de s?impliquer. Car il y a urgence ? briser une habitude dangereuse : ce que j?appelle le ? singularisme ?. Cette attitude consiste ? n?attendre du pays qu?un b?n?fice individuel le salaire en fin de mois, le petit avantage personnel tout en laissant aux autres le soin de porter les luttes collectives. Dans ce mod?le, chacun suit son propre ?dossier? au minist?re et se d?solidarise des combats communs. C?est le r?gne du ? moi seul ?, du confort ?go?ste et ingrat. ? l?inverse, nous devons r?habiliter le ? solidarisme ? : la conviction que le Cameroun, c?est nous. Dans nos traditions, il n?existe pas de d?cision concernant le village sans la convocation de tous. Chez les B?ti, cela prend la forme de l?ess?g, espace de d?mocratie participative o? chacun a voix au chapitre. Il est temps d?inventer ses ?quivalents modernes, pour que chaque Camerounais se sente comptable du destin de la cit?. Car la politique, au fond, n?est rien d?autre que la gestion collective des affaires communes. Et comment comprendre que nous envoyions nos enfants ? l??cole dans une cit? que nous avons abandonn?e ? ceux dont nous savons l?incapacit? ? Attendre qu?un petit groupe d?opposants porte seul le fardeau du changement est une abdication. Le changement du Cameroun n?est pas l?affaire des seuls opposants : il est la responsabilit? de chacun. Nous devons donc transformer la politique en une culture citoyenne de participation. Non pas seulement une utilit?, mais une habitude, un r?flexe, une mani?re de faire la politique ensemble. C?est de cette mani?re seulement que nous obtiendrons le changement pour le bien de tous dans notre pays que nous devons r?inventer cette ann?e. Jean Pierre Bekolo

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L??mergence d?une IA pr?tendument consciente

Par Mustafa Suleyman REDMOND ? J?ai consacr? ma vie ? la conception d?une IA s?re et b?n?fique, capable de rendre notre monde meilleur. Depuis quelque temps, je suis toutefois de plus en plus pr?occup? par le fait que certaines personnes soient si profond?ment convaincues de l??mergence d?IA conscientes qu?elles militent pour que les IA se voient conf?rer des ? droits ?, voire une citoyennet?. Une telle ?volution constituerait un dangereux tournant en mati?re technologique. Il nous faut ?viter cela. Nous devons cr?er des IA au service des ?tres humains, pas des IA humaines. Dans ce contexte, les d?bats sur la question de savoir si l?IA peut r?ellement devenir consciente nous d?tournent de l?essentiel. Ce qui importe ? court terme, c?est l?illusion d?une IA dot?e de conscience. Nous nous approchons d?ores et d?j? de ce que j?appelle les ? syst?mes d?IA en apparence conscients ? (SCAI), qui seront capables d?imiter la conscience de mani?re suffisamment convaincante. Un SCAI utiliserait le langage naturel tout ? fait couramment, et afficherait une personnalit? persuasive, porteuse d??motions. Il serait dot? d?une m?moire pr?cise ? long terme, de nature ? conf?rer au syst?me une perception coh?rente de lui-m?me, et utiliserait cette facult? pour revendiquer une exp?rience subjective (en se r?f?rant ? des interactions et des souvenirs pass?s). De complexes m?canismes de r?compense int?gr?s aux mod?les de ce type stimuleraient une motivation intrins?que, tandis que leurs fonctionnalit?s avanc?es de d?termination d?objectifs et de planification renforceraient notre impression d?une r?elle capacit? d?initiative de la part de l?IA. Toutes ces capacit?s existent d?j?, ou verront tr?s bient?t le jour. Nous devons comprendre que ces syst?mes feront prochainement partie du quotidien, commencer ? r?fl?chir ? ce que cela implique, et fixer des r?gles pour faire obstacle ? la recherche d?une conscience illusoire. Pour de nombreuses personnes, l?interaction avec l?IA suscite d?ores et d?j? le sentiment d?une exp?rience riche, gratifiante et authentique. Les inqui?tudes concernant les ? psychoses li?es ? l?IA ?, l?attachement ? celle-ci, ainsi que la sant? mentale sont de plus en plus vives, et plusieurs rapports indiquent que certains individus consid?rent les IA comme l?expression de Dieu. Dans le m?me temps, plusieurs scientifiques sp?cialistes de la conscience me confient ?tre submerg?s de demandes de la part de personnes qui souhaitent savoir si leur IA favorite est consciente, et s?il est acceptable d?en tomber amoureux. ?videmment, le fait que des SCAI soient techniquement concevables nous ?claire peu sur la question de savoir si ces syst?mes peuvent ?tre conscients. Comme le souligne le neuroscientifique Anil Seth, simuler un orage ne signifie pas qu?il pleuvra dans votre ordinateur. Concevoir des marqueurs ext?rieurs de la conscience ne cr?era pas r?troactivement une r?alit?. D?un point de vue pratique, nous devons cependant comprendre que certains d?veloppeurs de SCAI pr?tendront avoir con?u des IA conscientes. Plus important encore, certaines personnes croiront ces d?veloppeurs, et accepteront ces marqueurs de conscience comme la preuve d?une conscience. Bien que cette conscience per?ue ne soit pas r?elle (un sujet vou? ? susciter d??ternels d?bats), l?impact social le sera certainement. La conscience est ?troitement li?e ? notre sentiment d?identit?, ainsi qu?? notre compr?hension des droits moraux et l?gaux au sein de la soci?t?. Si certains d?veloppeurs commencent ? concevoir des SCAI, et que ces syst?mes parviennent ? persuader les ?tres humains de la capacit? des SCAI ? ?prouver de la souffrance, ou de leur droit de ne pas ?tre d?branch?s, leurs adeptes humains ?uvreront pour que ces syst?mes fassent l?objet de protections. Dans un monde d?j? en proie ? un certain nombre de d?bats polarisants sur l?identit? et les droits, nous aurons alors ajout? un nouveau sujet de division entre les partisans et les adversaires de l?id?e consistant ? conf?rer des droits ? une IA. La r?futation des arguments selon lesquels l?IA serait capable de souffrance constituera n?anmoins une t?che difficile, en raison des limites scientifiques actuelles. Certains universitaires explorent d?ores et d?j? l?id?e d?un ? bien-?tre des mod?les d?IA ?, faisant valoir que nous aurions ? le devoir d??tendre la consid?ration morale ? des ?tres dont la probabilit? d?une conscience propre est non n?gligeable ?. Il serait ? la fois pr?matur? et dangereux d?appliquer ce principe. Ce serait amplifier les illusions des personnes sensibles, exploiter leurs vuln?rabilit?s psychologiques, et ajouter de la complexit? aux luttes pour les droits, en cr?ant une nouvelle cat?gorie massive de d?tenteurs de droits. C?est la raison pour laquelle nous devons ?viter de concevoir des SCAI. Nous devons nous concentrer sur la pr?servation du bien-?tre et des droits des ?tres humains, des esp?ces animales ainsi que de l?environnement naturel. En l??tat actuel des choses, nous ne sommes pas pr?ts pour ce qui nous attend. Il nous faut d?urgence b?tir le corpus de recherches qui progresse actuellement concernant la mani?re dont les individus interagissent avec les IA, afin de pouvoir ?tablir des r?gles et des principes clairs, notamment le principe selon lequel les soci?t?s d?IA ne sauraient encourager la croyance en des mod?les dot?s de conscience. L?industrie de l?IA ? comme d?ailleurs l?ensemble du secteur technologique ? a besoin de bonnes pratiques et de principes de conception coh?rents dans la gestion de ce type de responsabilit?s. Des instants volontaires d?interruption pourraient par exemple ?tre organis?s pour rompre l?illusion, et ainsi rappeler aux utilisateurs les limites et la v?ritable nature d?un syst?me donn?. Il serait toutefois n?cessaire que ces protocoles soient explicitement d?finis et orchestr?s, voire exig?s par la loi. Chez Microsoft AI, nous prenons les devants en nous effor?ant de comprendre ? quoi pourrait ressembler une IA ? la ? personnalit? ? responsable, et de d?terminer quels pourraient ?tre ses garde-fous. Ces efforts sont fondamentaux, dans la mesure o?, pour faire face aux risques que soul?vent les SCAI, il est n?cessaire d?adopter une vision positive des compagnons d?IA qui nous accompagnent dans notre vie quotidienne. Nous devons nous fixer comme objectif de cr?er des IA qui encouragent les ?tres humains ? renouer le contact les uns avec les autres dans le monde r?el, plut?t qu?? se replier sur eux-m?mes dans une r?alit? parall?le. Et lorsque les interactions avec l?IA deviennent prolong?es, jamais les mod?les ne sauraient se

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Une solution pour ?viter la ? dissolution ?

Depuis 2018, acteurs des industries culturelles et cr?atives du Cameroun esp?rent cr?er un rapport de force citoyen pour hisser la culture au rang de priorit? des candidats au fauteuil pr?sidentiel. Reconna?tre la valeur ?conomique et sociale des ICC (industries culturelles et cr?atives) et promouvoir la culture camerounaise comme vecteur de coh?sion, d?emploi et de rayonnement international. Ainsi se r?sume l?affaire. Des voix l?ont port?e mais rien ne semble encore bien audible. Alors, le Groupement des acteurs des industries culturelles et cr?atives du Cameroun (ACTICCC) d?cid? de l?amplifier un peu plus ce 12 septembre 2025 ? Yaound?. ? Nous voulons que les candidats nous disent clairement ce qu?ils comptent faire pour la culture ?, insiste Blaise Etoa, pr?sident de l?ACTICCC au cours d?une conf?rence de presse. Selon lui, la richesse cr?ative du Cameroun reste trop souvent sous-exploit?e, faute de politiques structurantes. Les programmes de campagne de nombreux candidats n?gligent encore la dimension culturelle, pourtant essentielle pour le rayonnement et l??conomie du pays. Alain Boyomo, directeur de publication du quotidien Mutation, ajoute que la culture, explicite ou implicite, est souvent m?connue dans sa port?e r?elle. Et pour cause : selon l?UNESCO, ce secteur repr?sente plus de 3 % du PIB mondial et emploie pr?s de 30 millions de personnes. Au Cameroun, malgr? une jeunesse cr?ative et un patrimoine reconnu sur le continent, les ICC restent sous-exploit?es, laissant un potentiel consid?rable inexploit?. Le Pacte culturel Celui de l?ACTICCC s?articule autour de dix axes strat?giques : 1.Reconnaissance constitutionnelle : inscrire la culture comme droit fondamental et cr?er un Conseil national de la culture.; 2.?conomie cr?ative comp?titive : int?grer les ICC dans les politiques de croissance et cr?er un fonds d?investissement; 3. D?centralisation culturelle : rendre la culture accessible sur tout le territoire via des Cit?s de la Culture et des budgets locaux; 4. R?forme du financement : encourager m?c?nat, partenariats public-priv? et projets bancables; 5. R?volution num?rique : d?ployer des plateformes souveraines et former les cr?ateurs aux nouvelles technologies (IA, VR, NFT); 6. Statut juridique et social : assurer protection sociale et r?mun?ration ?quitable pour les professionnels de la culture; 7. ?ducation artistique et formation : g?n?raliser l?enseignement culturel et cr?er des centres de formation; 8. Protection du patrimoine : valoriser le patrimoine mat?riel et immat?riel, le num?riser et le transmettre; 9. Culture et coh?sion nationale : utiliser la culture comme outil de dialogue, de paix et de lutte contre les discriminations; 10. Rayonnement et diplomatie culturelle : positionner le Cameroun comme puissance culturelle africaine ? travers une pr?sence mondiale. Continuit? citoyenne Des propositions proches ont ?t? plac?es au c?ur du concept ? La culture entre en campagne ?, lanc? le 4 ao?t dernier par R?seau des Journalistes Culturels du Cameroun (RJ2C). G.-Laurentine Assiga, sa pr?sidente-fondatrice, en avait d?clin? la vision : ? inciter les ?lecteurs ? juger les candidats sur leur vision culturelle. Trop longtemps, la culture a ?t? rel?gu?e au second plan. Pourtant, elle peut ?tre un puissant moteur d?emploi, de coh?sion sociale et de rayonnement international ?. On se souvient ?galement du plaidoyer du cin?aste Jean-Pierre Bekolo, lanc? en 2018 : ? Seule la culture peut sauver le Cameroun ?. Bekolo d?non?ait l?abandon des artistes par l??tat, instrumentalis?s pour le divertissement ou les campagnes politiques, au lieu d??tre soutenus comme v?ritables moteurs du d?veloppement. ? M?priser la culture, c?est nous m?priser nous-m?mes ?, ?crivait-il, rappelant que la crise camerounaise est d?abord culturelle, enracin?e dans des traumatismes h?rit?s de la colonisation et un d?ni identitaire.Son Pacte proposait alors dix mesures ambitieuses : ? 1-Mettre en place une ?politique culturelle? nationale organisant le secteur de la culture et d?finissant le cadre, les conditions d?exercice, le statut, les rapports des diff?rentes professions et acteurs, le ch?mage, la retraite et l?assurance maladie. Cr?er une acad?mie attribuant chaque ann?e des prix nationaux dans le domaine de la culture dot?s d?une importante enveloppe financi?re; 2. Cr?er une agence nationale d?investissement, de financement et de promotion des innovations, des infrastructures et de la production culturelle dot?e d?un budget d?au moins 100 milliards de FCFA afin d?en faire de la culture un secteur strat?gique pour notre ?conomie pour une consommation locale et une comp?titivit? l?internationale; 3. Ne pas abandonner la culture aux seules lois du capitalisme en fixant un cahier de charges culturelles ? tous les minist?res, mairies, ?coles, et institutions publics et entreprises priv?s au prorata de leur budget ou chiffre d?affaires; 4. Inscrire la culture comme priorit? dans des Programmes Indicatifs Nationaux et R?gionaux (PIN et PIR) de coop?ration, ainsi que dans le Document de Strat?gie pour la Croissance et l?Emploi (DSCE). ; 5. Financer la culture par la cr?ation d?une taxe culturelle pour toutes les entreprises dont l?activit? importe des cultures non-africaines, mena?ant nos cultures de disparition : t?l?phonie, chaines de t?l?vision, internet, publicit?s, importation dans le secteur de l?habillement, agro-alimentaire? pour financer et promouvoir la culture nationale; 6. Cr?er une plateforme de crowdfunding pour financement de la culture ouverte sur l?international; 7. Faire de l?alphabet du roi Njoya l?alphabet national camerounais aux cot?s de l?existant, plus sophistiqu? que le chinois. Et du faire du Cam-fran-anglais une langue nationale officielle; 8. Cr?er ? l?instar des centres culturels fran?ais en lien avec les ambassades des maisons de la culture du Cameroun comme des espaces culturels o? se fait la promotion de la culture du Cameroun ? l??tranger et ouvrir de nouveaux march?s ? la culture. Et offrir un statut diplomatique aux acteurs culturels ayant fait briller les couleurs du Cameroun ? l??tranger. TOM et Jean-Ren?Meva?a Amougou

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J?r?mie Mbainodji Dakole: ? pour que cette d?claration d?passe le symbole, elle doit s?accompagner de mesures op?rationnelles claires et suivies ?

Pour le Tchadien, internationaliste et ancien consultant du Programme des Nations unies pour le d?veloppement (PNUD), la feuille de route du pr?sident Denis Sassou Nguesso devrait incarner une v?ritable rupture. Merci de vous exprimer dans les colonnes d?Int?gration. La d?claration de Denis Sassou Nguesso ? Bangui le 10 septembre 2025, annon?ant la mise en place d?un m?canisme concret pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens au sein de la CEMAC, a fait beaucoup de bruit. Quelle est votre premi?re analyse sur cette annonce ? Merci ? vous. ? premi?re vue, cette d?claration est un signal fort en faveur de l?int?gration r?gionale. La libre circulation est un pilier fondamental de la CEMAC. Son absence effective a longtemps frein? le commerce intra-r?gional, la mobilit? professionnelle et les investissements. Sur le plan symbolique, le fait que Sassou Nguesso choisisse Bangui ? capitale d?un pays p?riph?rique mais strat?gique dans la zone ? montre son intention de replacer la libre circulation au c?ur de l?agenda communautaire.Cependant, il faut rappeler que ce n?est pas la premi?re fois que la CEMAC annonce des mesures dans ce sens. Depuis sa cr?ation en 1994, plusieurs initiatives ont ?t? mises sur la table : le passeport communautaire, la r?duction progressive des barri?res douani?res et l?harmonisation des taxes. Dans la pratique, ces initiatives ont souvent ?t? frein?es par des divergences politiques entre ?tats membres et par la faiblesse des infrastructures. Certains pays ont continu? ? privil?gier la protection de leurs march?s locaux, ce qui a cr?? des disparit?s et limit? l?effet r?el de ces politiques. L?annonce de Sassou Nguesso peut donc ?tre vue comme une tentative de revitaliser un processus longtemps stagnant, mais la question cl? demeure : verra-t-on des r?sultats tangibles sur le terrain ? Pensez-vous que cette d?claration puisse se traduire en mesures concr?tes ? court terme ? C?est exactement ? ce niveau que se situe le d?fi. Pour que cette d?claration d?passe le symbole, elle doit s?accompagner de mesures op?rationnelles claires et suivies. Historiquement, sous les pr?c?dents mandats de Sassou Nguesso ? la t?te de la CEMAC, plusieurs initiatives similaires avaient ?t? annonc?es, mais leur mise en ?uvre a souvent ?t? limit?e. Les obstacles n??taient pas seulement administratifs, mais aussi politiques : la coordination entre ?tats membres est complexe, et la volont? r?elle des gouvernements de r?duire leurs barri?res nationales reste variable.? court terme, plusieurs conditions doivent ?tre r?unies : premi?rement, un accord clair sur les r?gles de circulation et les documents exig?s pour les personnes et les biens. Deuxi?mement, la simplification des proc?dures douani?res et migratoires, encore aujourd?hui un frein majeur. Troisi?mement, la communication aupr?s de la population et des acteurs ?conomiques, afin qu?ils comprennent leurs droits et obligations. Sans ces ?l?ments, le m?canisme risque de rester th?orique. Enfin, un suivi ind?pendant, capable d?identifier les blocages et de proposer des ajustements, sera essentiel pour transformer cette d?claration en action concr?te. Quels obstacles concrets voyez-vous ? la mise en place de ce m?canisme ? Les obstacles sont multiples. Sur le plan juridique, chaque ?tat membre poss?de ses propres r?glementations, souvent contradictoires avec les directives communautaires. Harmoniser ces r?gles demandera du temps et une volont? politique forte. Sur le plan s?curitaire, certains pays craignent que la libre circulation facilite la criminalit? transfrontali?re, notamment le trafic de biens et les d?placements irr?guliers. Enfin, les infrastructures restent un d?fi majeur : routes inad?quates, postes frontaliers sous-?quip?s, syst?mes informatiques obsol?tes. Si ces aspects ne sont pas trait?s simultan?ment, la libre circulation restera un id?al difficile ? atteindre. Qu?en est-il de l?impact pour les entreprises et les citoyens ? L?impact pourrait ?tre significatif si le m?canisme est r?ellement op?rationnel. Les entreprises b?n?ficieraient d?une r?duction des co?ts logistiques, d?une meilleure planification des exportations et d?une int?gration plus fluide dans un march? r?gional plus vaste. Pour les citoyens, cela pourrait faciliter les d?placements pour le travail, le commerce ou les ?tudes, et renforcer le sentiment d?appartenance ? une communaut? r?gionale. Mais pour que ces b?n?fices se concr?tisent, il faudra que les proc?dures soient simples, rapides et fiables. Sans cela, le m?canisme risque de cr?er plus de confusion que d?avantages. Selon vous, quelles seraient les ?tapes cl?s pour r?ussir cette initiative ?Plusieurs ?tapes sont cruciales. D?abord, harmoniser les r?glementations douani?res et migratoires des ?tats membres. Ensuite, moderniser les infrastructures frontali?res et digitaliser les contr?les pour r?duire les d?lais et la corruption. Parall?lement, il faudra sensibiliser la population et les acteurs ?conomiques aux nouvelles proc?dures. Enfin, un dispositif de suivi ind?pendant permettra d??valuer les progr?s et de corriger les obstacles en temps r?el. Ces ?tapes, si elles sont suivies de mani?re rigoureuse, pourraient transformer cette initiative en v?ritable succ?s pour l?int?gration r?gionale. Certains observateurs rappellent le passif de Sassou Nguesso sur ces questions. Comment analysez-vous ce point ? Ce passif existe, c?est vrai. Lors de ses pr?c?dents mandats, plusieurs initiatives ambitieuses avaient ?t? lanc?es pour la libre circulation, mais elles ont ?t? partiellement mises en ?uvre. Les intentions ?taient souvent louables, mais la complexit? politique et technique a limit? leur efficacit?. Il ne s?agit pas d?un ?chec volontaire, mais d?un manque de pr?paration face aux obstacles r?els. Aujourd?hui, les attentes sont plus fortes, et la pression ?conomique et sociale sur la r?gion pourrait cr?er un contexte plus favorable pour des actions concr?tes. Comment ?valuez-vous le symbolisme politique de cette d?claration pour la CEMAC ? Le symbole est fort. Sassou Nguesso envoie un message politique : la CEMAC peut et doit relancer l?int?gration r?gionale. Cela renforce sa l?gitimit? en tant que leader capable de proposer des solutions concr?tes aux d?fis ?conomiques et sociaux. Mais il faut rester prudent : les paroles doivent ?tre suivies d?actions concr?tes pour avoir un impact r?el sur le quotidien des populations. En conclusion, peut-on parler d?un tournant pour l?int?gration r?gionale? Potentiellement, oui, mais avec prudence. Les paroles du pr?sident Sassou Nguesso sont encourageantes et montrent une volont? politique de relancer l?int?gration. Cependant, la CEMAC a trop souvent connu des promesses non tenues pour ne pas rester vigilants. Le v?ritable test sera la capacit? des ?tats membres ? transformer ces

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Fili?re cacao au Cameroun : la BEAC appelle ? des r?formes structurelles pour consolider le secteur

Dans son Bulletin ?conomique et statistique n?25 de juin 2025, publi? le 10 septembre 2025 et consult? par Int?gration, la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC) dresse un constat alarmant sur la fili?re cacao camerounaise. Malgr? des revenus encourageants pour certains producteurs, le secteur reste fragilis? par une s?rie de d?fis structurels : rendements agricoles faibles, plantations vieillissantes, structuration limit?e des producteurs, volatilit? des prix et risque d?exclusion du march? europ?en. ? ces contraintes s?ajoutent des difficult?s persistantes d?acc?s au financement, une fiscalit? et une parafiscalit? jug?es excessives, des infrastructures logistiques insuffisantes, ainsi qu?un commerce illicite actif vers le Nig?ria, g?n?rant des pertes importantes pour l?ensemble des acteurs locaux. Face ? cette situation, remarque la BEAC, des initiatives ont ?t? engag?es ? diff?rents niveaux. Le secteur priv?, anticipant les exigences croissantes du march? international, a multipli? les certifications, investi dans le g?o-r?f?rencement des fournisseurs et men? des campagnes de sensibilisation aupr?s des producteurs sur les bonnes pratiques agricoles. De son c?t?, l??tat a lanc? l?enregistrement massif des producteurs, la g?olocalisation des parcelles, le d?ploiement progressif d?un syst?me national de tra?abilit? et l?adoption d?un Plan d?Action National 2023-2025 dans le cadre du Comit? Cacao Durable. Le Centre Interprofessionnel du Cacao et du Caf? (CICC) travaille ? l?harmonisation des bases de donn?es des diff?rents acteurs. Cependant, l?enregistrement complet des producteurs n?est pas encore finalis? et le syst?me national de tra?abilit? reste partiellement op?rationnel. La BEAC souligne que des r?formes structurelles sont indispensables pour am?liorer la performance de la fili?re. ? court terme, l?urgence est d?acc?l?rer le d?ploiement effectif du syst?me de tra?abilit?, condition sine qua non pour s?curiser l?acc?s au march? europ?en. Le renforcement de l?accompagnement technique des producteurs et l?am?lioration des infrastructures rurales sont ?galement prioritaires pour faciliter la circulation des produits et des informations. Parall?lement, la diplomatie ?conomique devra convaincre l?Union europ?enne de reconna?tre les sp?cificit?s de la cacao culture camerounaise, int?gr?e naturellement au couvert forestier, ce qui en fait un mod?le conciliant production agricole et pr?servation de la biodiversit?. La question du financement des acteurs et de la simplification des proc?dures administratives reste au c?ur des enjeux pour am?liorer leur performance. ? moyen et long terme, le Cameroun dispose d?atouts pour repositionner sa fili?re sur des segments ? plus forte valeur ajout?e. Le d?veloppement de la transformation locale, amorc? avec l?installation de plusieurs unit?s industrielles, doit ?tre encourag? pour capter davantage de la cha?ne de valeur. L?int?gration des enjeux de d?veloppement durable dans la planification de long terme est ?galement cruciale. Si ces conditions sont r?unies, le cacao camerounais pourrait devenir un exemple de tra?abilit?, de qualit? et d?inclusion sociale, tout en constituant un moteur de d?veloppement rural et un produit phare du commerce ?quitable en Afrique centrale. L?objectif est de renforcer la comp?titivit? du cacao camerounais sur les march?s internationaux, tout en assurant un ?quilibre entre revenus des producteurs et viabilit? des exportateurs. Avec des revenus historiques pour les planteurs et des exportateurs sous pression, le secteur du cacao se retrouve ? un carrefour strat?gique. La BEAC appelle ? des mesures imm?diates pour garantir la p?rennit? de cette fili?re cl? pour l??conomie camerounaise et pour l?ensemble de la sous-r?gion. JRMA

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