Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Voil? ?a!: les images du Cameroun vers?es dehors

Oui ces images partag?es du Cameroun partout dans le monde sont ce que nous sommes vraiment. Aujourd?hui, nous camerounais incarnons ce que nous avons toujours m?pris? chez les autres Africains? Nous, les Camerounais, nous sommes devenus ce pays africain o? un dictateur sanguinaire, le plus vieux du monde, s?accroche jusqu?a ses 100 ans au pouvoir dans sa tremblote, tandis que les plus jeunes n?arrivent souvent pas ? vivre au-del? de 50 ans? si l?on peut encore appeler cela ? vivre ?. Oui, nous sommes devenus ce pays-l?. Quand on prononcera ? Cameroun ?, ce sera d?sormais le nom d?un pays o? les gendarmes sont devenus des tontons macoutes, tirant ? balles r?elles dans les rues de Douala, Garoua, Bafoussam? O? une tribu traque ou assujettit les autres. O? l??pouse du pr?sident d?un pays pauvre se pavane dans l?extravagance des sacs Louis Vuitton ? 20 millions de francs CFA, pendant qu?on meurt dans les h?pitaux publics faute de pouvoir payer 10 000 francs CFA.Oui, depuis quelques jours nous sommes devenus tout cela aux yeux du monde. Nous sommes devenus cette d?mocratie banani?re o? des vieux noirs aux perruques de vieux blancs prends 15 jours pour tricher. Et d?s qu?un candidat gagne une ?lection contre le pr?sident qui se veut pr?sident a vie, des commandos et des tireurs d??lite viennent arr?ter ses membres et disent au peuple qu?ils commettaient un coup d??tat. Un narratif classique d?un pays digne d?un Far West, qu?ils appellent R?publiques juste pour profiter des institutions invent?es par le g?nie du Blanc et s?accaparer les biens des autres, ce que leurs villages n?auraient jamais permis. Quand les Blancs le disaient dans le film Africa Adioo, je les traitais de racistes : ? Maintenant que le Blanc est parti, l?Afrique Noire est foutue ?, disaient-ils. Et pourtant? c?est exactement ce qu?est devenu le Cameroun : une chose du Blanc, tropicalis?e avec les exc?s, la boulimie et les tares du Noir. Des gens ?go?stes, m?chants, incapables : les vieux prennent tout, laissant leurs enfants exsangues ; le peuple est trait? comme des b?tes, assassin? par ses propres dirigeants ; la corruption est un mot faible, l?argent du pays ne construit rien, il sert ? acheter tout le monde : religieux, imams, chefs traditionnels, dont le r?le est vid? de sa substance. On prie pour le dictateur et sa femme, on les b?nit, on leur donne des pouvoirs traditionnels? Nous sommes devenus ce pays qui n?a rien contre le voleur, le menteur, le fraudeur et le tricheur. Quand on voit ce que le Cameroun est devenu, je me demande qui a donn? au blanc cette monstrueuse id?e de faire de nous une R?publique ? Nous, les Camerounais, qui avons longtemps regard? le reste de l?Afrique avec m?pris, retournons sur nous-m?mes ce regard. Pourquoi n?avons-nous pas vu depuis des d?cennies notre propre descente aux enfers, celle qui pousse chaque jour davantage de jeunes ? fuir le pays sans qu?on ne dise jamais rien ? Aujourd?hui, il n?y a pas un seul pays au monde ou on ne trouve pas un Camerounais? et pour ces jeunes qui fuient, tout est d?sormais ailleurs, sauf le Cameroun. Qu?esp?rions-nous donc ? Que le monde ne nous verrait jamais ? Que Roger Milla et Samuel Eto?o suffiraient ? masquer la r?alit? ? Que le reste du monde continuerait ? chanter nos louanges ? Ces yeux voil?s du monde, qui n?ont jamais su ce qui se passait au Cameroun, un pays invisibilis? depuis les luttes nationalistes? pensez-vous qu?ils ne verraient jamais l?an?antissement du g?nie camerounais ? Voici donc les images du Cameroun, partag?es partout dans le monde. Des images qui sont un miroir de la honte. Et je vous souhaite de ressentir, comme moi, le saisissement d??tre vus. Tom

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Afrique : des dirigeants vieillissants s?accrochent au pouvoir sur un continent jeune

Le pr?sident camerounais Paul Biya incarne le ? Big Man ? anachronique qui freine son pays. L?Afrique a un probl?me encore plus s?rieux que les ?tats-Unis : des politiciens vieillissants qui refusent de c?der le pouvoir. Le Cameroun en est un exemple embl?matique. Lundi, le gouvernement a annonc? que le pr?sident Paul Biya, ?g? de 92 ans, a ?t? r??lu pour un nouveau mandat de sept ans. Le qualifier de ? vainqueur ? est g?n?reux, puisque l??lection a presque certainement ?t? truqu?e. Sans surprise, cette annonce a provoqu? des troubles dans un pays de 29 millions d?habitants, o? l??ge m?dian est de 18,9 ans et plus de 70 % de la population a moins de 35 ans. La grande majorit? des Camerounais n??taient m?me pas n?s lorsque Biya a pris le pouvoir en 1982.L?Afrique, le continent le plus jeune, reste domin?e par des hommes ?g?s, coup?s depuis longtemps des sentiments populaires. D?j? le chef d??tat le plus ?g? du monde, Biya approchera les 100 ans s?il termine son huiti?me mandat. Le pr?sident du Togo a 86 ans. Celui du Malawi, 85 ans. Celui de la C?te d?Ivoire, 83 ans. Cette g?rontocratie cr?e une situation explosive qui promet presque assur?ment des conflits futurs. Biya illustre le ? Big Man ? ? l?africaine ? l?ancienne : un dirigeant souvent charismatique et autocratique, qui maintient son pouvoir gr?ce ? un m?lange de client?lisme, de largesses et de brutalit?. Parmi les ? Big Men ? actuels figurent le pr?sident ougandais Yoweri Museveni, 81 ans, candidat ? sa r??lection l?an prochain ; Denis Sassou Nguesso, 81 ans, pr?sident du Congo depuis plus de 40 ans ; et Isaias Afwerki, pr?sident de l??rythr?e, 79 ans, au pouvoir depuis 1993. Un relatif nouveau venu est Emmerson Mnangagwa, pr?sident du Zimbabwe, 83 ans, arriv? au pouvoir en 2017 et qui envisage de se repr?senter en 2028. Comme dans de nombreux pays d?Afrique, les ?lections au Cameroun sont largement des spectacles destin?s ? l?gitimer la mainmise de l?incubent sur le pouvoir. Les victoires de Biya ont toujours ?t? marqu?es par des fraudes g?n?ralis?es, le bourrage d?urnes et l?intimidation des opposants. Le peuple manifeste clairement son d?sir de changement. Biya passe une grande partie de son temps en Suisse, accumulant des dizaines de millions de francs en frais d?h?tel. M?me sa fille de 27 ans, c?l?bre pour son style de vie luxueux affich? sur les r?seaux sociaux, a publi? un mois dernier une vid?o appelant les gens ? ne pas voter pour son p?re, l?accusant de la souffrance nationale. Le principal challenger de Biya, Issa Tchiroma Bakary, a servi dans son gouvernement jusqu?en juin. Mais la commission ?lectorale a interdit au leader de l?opposition le plus populaire, Maurice Kamto, de figurer sur le bulletin. (Kamto a pass? neuf mois en prison apr?s avoir revendiqu? sa victoire lors de l??lection de 2018.) La vraie d?mocratie sert de soupape de s?curit? permettant ? une population jeune d?exprimer son d?sir de changement. L?alternative est qu?elle se tourne vers la violence, voire le terrorisme. Biya a trouv? le moyen de rester au pouvoir, mais les tables actuarielles et la d?mographie du continent rendent le changement in?vitable. Heureusement, les ?lections ? l?gitimes ? sont d?sormais plus nombreuses que les coups d??tat en Afrique. Il existe de plus en plus d?exemples de partis au pouvoir perdant leur majorit? au parlement et de pr?sidents battus acceptant de c?der le pouvoir apr?s le comptage des voix. Les ? Big Men ? livrent leurs derni?res batailles. Source : New York Times

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Crises post-?lectorales: le Grand nord dans la tourmente

Le Grand Nord s?embrase. La contestation s?organise et menace l?ordre ?tabli. Col?re froide, incendies chauds Deux semaines apr?s le processus ?lectoral d?octobre 2025, les villes du septentrion semblent fig?es. Les march?s ferment plus t?t, les ?coles restent silencieuses, et les visages se ferment. Pendant que Yaound? s?enferme dans sa tristesse, le Grand Nord bouillonne. Les villes de Garoua, Maroua, Ngong, Boukoula et Guider ont ?t? secou?es par plusieurs jours de tension. B?timents administratifs incendi?s, domiciles d?alli?s du pouvoir pris pour cibles : la col?re est sortie des discours pour s?attaquer aux symboles. ? Ils sont responsables de la mascarade ?lectorale que nous connaissons, tonne Samuel, habitant de Guider. Nous allons nous attaquer ? leurs int?r?ts. C?est la seule fa?on de rappeler ? ces ?go?stes que l?int?r?t g?n?ral doit primer ?. Ces violences traduisent un basculement : la r?gion, longtemps bastion loyaliste, se d?tache. ? Le Grand Nord sera d?sormais un autre Nord ?, avertit Hamza Aminou, cadre politique local. ? Biya devra se r?inventer pour continuer d?exister ?. La rue n?a plus peur de l?arm?e Les heurts survenus avant le scrutin ont laiss? des traces. Dans plusieurs quartiers de Garoua et Maroua, des jeunes ont os? d?fier les patrouilles, filmer les charges, riposter ? mains nues. ? La peur de l?arm?e a recul? ?, explique un militant des droits humains. ? Ce n?est plus la m?me g?n?ration. Ils savent que mourir dans le silence est pire que mourir debout ?. Cette mutation est lourde de cons?quences : la contestation se d?place d?sormais hors des structures politiques classiques, souvent d?consid?r?es, pour rena?tre dans la rue, les quartiers et les r?seaux sociaux. Une r?sistance diffuse, horizontale, insaisissable mais d?termin?e. Un mandat de trop, une l?gitimit? fissur?e Au sommet de l??tat, la victoire annonc?e a un go?t amer. Les dirigeants savent, en priv?, que le mandat qu?ils entament est celui de trop. ? Ils n?ont plus le soutien de la base ?, confie Mollah, universitaire ? Garoua. ? Ils savent que tout peut basculer si, d?s la premi?re ann?e, rien n?est fait pour redonner espoir aux Camerounais. Il faut descendre du pi?destal et servir, au lieu de r?gner ?. Ce constat, d?sormais partag? jusque dans certains cercles du pouvoir, marque un tournant. L??lection d?octobre 2025 n?a pas seulement confirm? la continuit? du r?gime ; elle a r?v?l? son isolement. Les citoyens, longtemps r?sign?s, ne craignent plus autant la r?pression. Un syst?me ? bout de souffle Le Cameroun sort de cette s?quence ?lectorale ?puis?, fractur?, m?fiant. Les institutions parlent de stabilit?, mais les signes de rupture sont partout. Le sentiment de trahison est profond, et la r?signation pourrait vite c?der la place ? la r?volte. ? La r?sistance se reconfigure?, r?sume un observateur. ? La prochaine vague ne viendra pas des partis, mais des gens ordinaires. Et elle ne demandera pas la r?forme : elle exigera le changement ?. Tom

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Tour d’horizon : Les efforts de Paris pour la paix dans la r?gion des Grands Lacs africains s’enrayent dans un climat de violence et de m?fiance.

Une importante conf?rence sur la paix et la stabilit? dans la r?gion des Grands Lacs africains s’est achev?e jeudi ? Paris, avec un focus particulier sur la crise prolong?e dans l’est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC). Malgr? de grands espoirs, la r?union s’est rapidement trouv?e confront?e aux causes profondes d’un conflit vieux de plusieurs d?cennies. Les efforts de m?diation se sont multipli?s, mais les progr?s restent au point mort, les tirs continuant de r?sonner et la m?fiance se r?pandant parmi les principaux acteurs. D?CEPTION LI?E ? LA PARTICIPATION Initialement con?ue comme un sommet de haut niveau, cette conf?rence devait r?unir de hautes personnalit?s politiques et institutionnelles, dont plusieurs chefs d’?tat africains directement impliqu?s dans la crise congolaise. ? Dans toute la r?gion des Grands Lacs, le conflit se propage ? nouveau, infiltrant les communaut?s des deux c?t?s des fronti?res congolaise, rwandaise, burundaise et ougandaise ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res, Jean-No?l Barrot, dans son discours d’ouverture jeudi. Seuls deux dirigeants africains ?taient pr?sents : le pr?sident de la RDC, F?lix Tshisekedi, et Faure Gnassingb?, pr?sident du Conseil des ministres du Togo et m?diateur d?sign? par l’Union africaine pour la crise r?gionale. La plupart des autres pays ?taient repr?sent?s par leurs ministres des Affaires ?trang?res ou des envoy?s sp?ciaux, notamment le Rwanda, autre acteur central, repr?sent? par son ministre des Affaires ?trang?res, Olivier Nduhungirehe. Depuis des d?cennies, l’est de la RDC est l’?picentre de violences r?currentes, aliment?es par un r?seau de conflits locaux et transfrontaliers. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle qui contr?le de vastes portions de territoire dans l’est de la RDC, ce que Kigali r?fute. Le Rwanda, quant ? lui, accuse la RDC de collaborer avec les Forces d?mocratiques de lib?ration du Rwanda (FDRR), un groupe impliqu? dans le g?nocide de 1994. Depuis janvier dernier, le M23, d?sormais membre de la coalition politico-militaire Alliance du fleuve Congo (AFC), s’est empar? de plusieurs villes strat?giques, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, les rebelles ont install? des administrations parall?les, fragilisant davantage l’autorit? de l’?tat et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. ? Il ne s’agit pas seulement d’une crise congolaise, mais d’une crise r?gionale ?, a d?clar? le ministre togolais des Affaires ?trang?res, Robert Dussey, ? Paris. ? C’est un ?chec collectif de la communaut? internationale ? garantir la paix et la dignit? humaine, qui devraient ?tre des droits fondamentaux. ? DES PROMESSES AUDACIEUSES SOUS LE CONTRAIRE Lors de la conf?rence, le pr?sident fran?ais Emmanuel Macron a annonc? la mobilisation de 1,5 milliard d’euros (1,74 milliard de dollars am?ricains) d’aide internationale pour faire face ? l’urgence humanitaire. Il s’est engag? ? fournir de la nourriture et des m?dicaments, ? rouvrir l’a?roport de Goma aux vols humanitaires et ? ?tablir des couloirs humanitaires s?curis?s. Mais cette d?claration audacieuse a rapidement suscit? un certain scepticisme. Dans la province du Nord-Kivu, l’a?roport de Goma reste sous le contr?le des rebelles du M23.qui ont fait de cette ville de plus d’un million d’habitants l’un de leurs principaux bastions dans l’est de la RDC. ? L’a?roport de Goma est entre les mains des autorit?s du M23? On ne peut pas rouvrir un a?roport depuis Paris ?, a d?clar? le Rwandais Nduhungirehe lors de la conf?rence. Quelques heures plus tard, le M23 a r?agi, qualifiant l’annonce de Macron d’? inopportune, d?connect?e des r?alit?s du terrain et faite sans consultation pr?alable ?. Face aux critiques, Barrot a pr?cis? que cette initiative s’inscrivait dans un processus diplomatique en cours. ? Cette conf?rence internationale a permis d’acc?l?rer les discussions sur cette question (la r?ouverture de l’a?roport de Goma), qui se poursuivront sous m?diation qatarie, avec un nouvel ?lan qui commence ici, depuis Paris ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res aux journalistes. La question, selon Barrot, sera abord?e dans le cadre du processus de Doha, canal de communication actif entre Kinshasa et les rebelles sous m?diation qatarie. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a d?clar? que la r?ouverture de l’a?roport de Goma n’aurait lieu ? qu’avec l’autorisation des autorit?s congolaises et exclusivement pour les vols humanitaires de jour ?. Lors d’une visite de correspondants de Xinhua ? l’a?roport de Goma en septembre, des signes d’abandon ?taient manifestes. Les mauvaises herbes avaient envahi le parking, contrastant fortement avec l’activit? intense qui caract?risait autrefois ce carrefour du trafic a?rien national et international. Malgr? un nettoyage limit? effectu? par les Nations Unies en d?but d’ann?e, des fragments d’?quipement militaire jonchaient encore le tarmac. LA M?FIANCE AGITE UN CONTEXTE D?LICAT. Au-del? des promesses d’aide et de corridors s?curis?s, la conf?rence de paix a cherch? ? renforcer les efforts de m?diation en cours. Cependant, la confiance mutuelle entre les parties rivales demeure fragile. Barrot a d?clar? que ? la r?ponse humanitaire ? elle seule ne suffit pas ?. Pourtant, tant sur le terrain que dans les cercles diplomatiques, la m?fiance ne cesse de s’aggraver. ? Les pourparlers de Doha marquent le d?but de la fin politique du M23 ?, a d?clar? le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, lors d’une interview accord?e aux m?dias mercredi. Ses propos ont suscit? une vive r?primande de Benjamin Mbonimpa, l’un des principaux n?gociateurs du M23 aupr?s du gouvernement congolais ? Doha : ? M?me les Qataris, pourtant r?put?s pour leur habilet? ? mener des m?diations complexes, sont stup?faits par le comportement de la d?l?gation congolaise. C’est tout simplement surr?aliste. ? De nouveaux combats ont ?clat? jeudi dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, o? les rebelles du M23 auraient repris le contr?le de la ville strat?gique de Ndete. Selon des sources s?curitaires cit?es par les m?dias locaux, plusieurs personnes ont ?t? tu?es et la situation demeure instable. Le contr?le de Ndete pourrait permettre aux rebelles de progresser plus profond?ment dans la province. Les tensions diplomatiques se sont encore exacerb?es lorsque, ? Paris, le ministre rwandais des Affaires ?trang?res a accus? Kinshasa de ? violations quotidiennes du cessez-le-feu ? par des frappes a?riennes et des attaques de drones contre des positions du

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Tour d’horizon : Les efforts de Paris pour la paix dans la r?gion des Grands Lacs africains s’enrayent dans un climat de violence et de m?fiance.

Une importante conf?rence sur la paix et la stabilit? dans la r?gion des Grands Lacs africains s’est achev?e jeudi ? Paris, avec un focus particulier sur la crise prolong?e dans l’est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC). Malgr? de grands espoirs, la r?union s’est rapidement trouv?e confront?e aux causes profondes d’un conflit vieux de plusieurs d?cennies. Les efforts de m?diation se sont multipli?s, mais les progr?s restent au point mort, les tirs continuant de r?sonner et la m?fiance se r?pandant parmi les principaux acteurs. D?CEPTION LI?E ? LA PARTICIPATION Initialement con?ue comme un sommet de haut niveau, cette conf?rence devait r?unir de hautes personnalit?s politiques et institutionnelles, dont plusieurs chefs d’?tat africains directement impliqu?s dans la crise congolaise. ? Dans toute la r?gion des Grands Lacs, le conflit se propage ? nouveau, infiltrant les communaut?s des deux c?t?s des fronti?res congolaise, rwandaise, burundaise et ougandaise ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res, Jean-No?l Barrot, dans son discours d’ouverture jeudi. Seuls deux dirigeants africains ?taient pr?sents : le pr?sident de la RDC, F?lix Tshisekedi, et Faure Gnassingb?, pr?sident du Conseil des ministres du Togo et m?diateur d?sign? par l’Union africaine pour la crise r?gionale. La plupart des autres pays ?taient repr?sent?s par leurs ministres des Affaires ?trang?res ou des envoy?s sp?ciaux, notamment le Rwanda, autre acteur central, repr?sent? par son ministre des Affaires ?trang?res, Olivier Nduhungirehe. Depuis des d?cennies, l’est de la RDC est l’?picentre de violences r?currentes, aliment?es par un r?seau de conflits locaux et transfrontaliers. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle qui contr?le de vastes portions de territoire dans l’est de la RDC, ce que Kigali r?fute. Le Rwanda, quant ? lui, accuse la RDC de collaborer avec les Forces d?mocratiques de lib?ration du Rwanda (FDRR), un groupe impliqu? dans le g?nocide de 1994. Depuis janvier dernier, le M23, d?sormais membre de la coalition politico-militaire Alliance du fleuve Congo (AFC), s’est empar? de plusieurs villes strat?giques, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, les rebelles ont install? des administrations parall?les, fragilisant davantage l’autorit? de l’?tat et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. ? Il ne s’agit pas seulement d’une crise congolaise, mais d’une crise r?gionale ?, a d?clar? le ministre togolais des Affaires ?trang?res, Robert Dussey, ? Paris. ? C’est un ?chec collectif de la communaut? internationale ? garantir la paix et la dignit? humaine, qui devraient ?tre des droits fondamentaux. ? DES PROMESSES AUDACIEUSES SOUS LE CONTRAIRE Lors de la conf?rence, le pr?sident fran?ais Emmanuel Macron a annonc? la mobilisation de 1,5 milliard d’euros (1,74 milliard de dollars am?ricains) d’aide internationale pour faire face ? l’urgence humanitaire. Il s’est engag? ? fournir de la nourriture et des m?dicaments, ? rouvrir l’a?roport de Goma aux vols humanitaires et ? ?tablir des couloirs humanitaires s?curis?s. Mais cette d?claration audacieuse a rapidement suscit? un certain scepticisme. Dans la province du Nord-Kivu, l’a?roport de Goma reste sous le contr?le des rebelles du M23.qui ont fait de cette ville de plus d’un million d’habitants l’un de leurs principaux bastions dans l’est de la RDC. ? L’a?roport de Goma est entre les mains des autorit?s du M23? On ne peut pas rouvrir un a?roport depuis Paris ?, a d?clar? le Rwandais Nduhungirehe lors de la conf?rence. Quelques heures plus tard, le M23 a r?agi, qualifiant l’annonce de Macron d’? inopportune, d?connect?e des r?alit?s du terrain et faite sans consultation pr?alable ?. Face aux critiques, Barrot a pr?cis? que cette initiative s’inscrivait dans un processus diplomatique en cours. ? Cette conf?rence internationale a permis d’acc?l?rer les discussions sur cette question (la r?ouverture de l’a?roport de Goma), qui se poursuivront sous m?diation qatarie, avec un nouvel ?lan qui commence ici, depuis Paris ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res aux journalistes. La question, selon Barrot, sera abord?e dans le cadre du processus de Doha, canal de communication actif entre Kinshasa et les rebelles sous m?diation qatarie. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a d?clar? que la r?ouverture de l’a?roport de Goma n’aurait lieu ? qu’avec l’autorisation des autorit?s congolaises et exclusivement pour les vols humanitaires de jour ?. Lors d’une visite de correspondants de Xinhua ? l’a?roport de Goma en septembre, des signes d’abandon ?taient manifestes. Les mauvaises herbes avaient envahi le parking, contrastant fortement avec l’activit? intense qui caract?risait autrefois ce carrefour du trafic a?rien national et international. Malgr? un nettoyage limit? effectu? par les Nations Unies en d?but d’ann?e, des fragments d’?quipement militaire jonchaient encore le tarmac. LA M?FIANCE AGITE UN CONTEXTE D?LICAT. Au-del? des promesses d’aide et de corridors s?curis?s, la conf?rence de paix a cherch? ? renforcer les efforts de m?diation en cours. Cependant, la confiance mutuelle entre les parties rivales demeure fragile. Barrot a d?clar? que ? la r?ponse humanitaire ? elle seule ne suffit pas ?. Pourtant, tant sur le terrain que dans les cercles diplomatiques, la m?fiance ne cesse de s’aggraver. ? Les pourparlers de Doha marquent le d?but de la fin politique du M23 ?, a d?clar? le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, lors d’une interview accord?e aux m?dias mercredi. Ses propos ont suscit? une vive r?primande de Benjamin Mbonimpa, l’un des principaux n?gociateurs du M23 aupr?s du gouvernement congolais ? Doha : ? M?me les Qataris, pourtant r?put?s pour leur habilet? ? mener des m?diations complexes, sont stup?faits par le comportement de la d?l?gation congolaise. C’est tout simplement surr?aliste. ? De nouveaux combats ont ?clat? jeudi dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, o? les rebelles du M23 auraient repris le contr?le de la ville strat?gique de Ndete. Selon des sources s?curitaires cit?es par les m?dias locaux, plusieurs personnes ont ?t? tu?es et la situation demeure instable. Le contr?le de Ndete pourrait permettre aux rebelles de progresser plus profond?ment dans la province. Les tensions diplomatiques se sont encore exacerb?es lorsque, ? Paris, le ministre rwandais des Affaires ?trang?res a accus? Kinshasa de ? violations quotidiennes du cessez-le-feu ? par des frappes a?riennes et des attaques de drones contre des positions du

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Le pr?sident de la R?publique d?mocratique du Congo annonce la reprise des pourparlers de paix avec les rebelles du M23 ? Doha.

Les pourparlers de paix entre le gouvernement de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC) et le Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle, reprendront la semaine prochaine ? Doha, au Qatar, a annonc? le pr?sident congolais F?lix Tshisekedi. Selon un communiqu? publi? dimanche soir par la pr?sidence congolaise, M. Tshisekedi a r?affirm? l’engagement de la RDC ? privil?gier les voies politiques et diplomatiques pour mettre fin au conflit dans les provinces de l’Est, tout en pr?servant la souverainet? et l’int?grit? territoriale du pays. Doha est demeur? depuis des mois le seul canal de dialogue op?rationnel entre Kinshasa et le M23. En juillet, Kinshasa et le M23 ont sign? ? Doha une D?claration de principes, feuille de route qui fixait initialement le d?but des n?gociations au plus tard le 8 ao?t et la signature d’un accord de paix avant le 18 ao?t. Ces ?ch?ances n’ont pas ?t? respect?es. Tshisekedi, arriv? dimanche ? Doha pour participer au deuxi?me Sommet mondial pour le d?veloppement social, pr?vu du 4 au 6 novembre, a ?galement salu? l’implication de l’?mir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, dans les ?changes en cours avec le M23. La d?claration ne pr?cisait pas si le pr?sident participerait directement aux prochaines n?gociations avec les rebelles. Apr?s sa r?apparition fin 2021, le M23, d?sormais membre de l’Alliance fluviale du Congo (AFC), un groupe politico-militaire, a ?tendu son contr?le sur plusieurs centres strat?giques de l’est de la RDC, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, des structures administratives parall?les ont ?t? mises en place, affaiblissant davantage les institutions locales et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. Selon les Nations Unies, plus de 2,4 millions de personnes ont ?t? d?plac?es depuis janvier 2025, portant le nombre de personnes d?plac?es ? l’int?rieur du pays ? pr?s de 6 millions. Environ un million de Congolais ont cherch? refuge dans les pays voisins, tandis que 27 millions de personnes sont aujourd’hui menac?es par la famine. KINSHASA, 2 novembre (Xinhua)

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Une Chine ouverte et innovante pour maintenir l’APEC ? l’avant-garde de l’?conomie mondiale

BEIJING, 1er novembre (Xinhua) — pouss?e de la Chine en faveur d’une plus grande ouverture et d’une collaboration mondiale a ?t? mise en avant lors de la r?union des dirigeants ?conomiques de la Coop?ration ?conomique pour l’Asie- Pacifique (APEC) organis?e en R?publique de Cor?e. Gr?ce ? son engagement constant en faveur d’une ouverture de haut niveau et ? ses solides capacit?s d’innovation, la deuxi?me ?conomie mondiale est bien plac?e pour conduire l’avenir prosp?re de la r?gion Asie-Pacifique et maintenir son r?le de moteur de la croissance ?conomique mondiale.    OUVERTURE ACCRUE Surnomm? le « miracle de l’Asie-Pacifique », la r?gion est devenue un p?le de croissance ?conomique mondiale, un pilier de stabilit? du d?veloppement et un haut lieu de la coop?ration internationale. La Chine a depuis longtemps compris que sa r?ussite ?conomique est ?troitement li?e ? la stabilit? et ? la croissance de l’ensemble de la r?gion. En cons?quence, elle a constamment poursuivi une strat?gie d’ouverture et stimul? l’innovation afin de renforcer sa propre ?conomie, tout en donnant un coup de pouce consid?rable aux autres ?conomies r?gionales.  « Nous devons ?largir progressivement l’ouverture du cadre r?glementaire, d?fendre le syst?me commercial multilat?ral, promouvoir le d?veloppement du circuit ?conomique international, stimuler la r?forme et le d?veloppement par l’ouverture, partager les opportunit?s de d?veloppement et r?aliser un d?veloppement commun avec le reste du monde », selon les propositions sur l’?laboration du 15e Plan quinquennal r?cemment adopt?es lors du quatri?me pl?num du 20e Comit? central du Parti communiste chinois. Au cours des cinq derni?res ann?es, la Chine s’est class?e comme le premier commer?ant mondial de marchandises et le deuxi?me pour les services. Elle a attir? plus de 700 milliards de dollars d’investissements ?trangers, tandis que ses investissements ? l’?tranger ont augment? ? un taux annuel moyen de plus de 5%. Le pays a ?galement raccourci la liste n?gative pour les investissements ?trangers et ?tendu sa politique d’exemption unilat?rale de visa ? davantage de pays.    Au cours des trois premiers trimestres de cette ann?e, les importations et exportations de la Chine avec les autres ?conomies de l’APEC ont augment? de 2% en glissement annuel, atteignant 19.410 milliards de yuans (environ 2.740 milliards de dollars), ce qui repr?sente 57,8% de la valeur totale des importations et exportations du pays, selon les donn?es officielles.  Aujourd’hui, les politiques ?conomiques de la Chine, en particulier sa strat?gie d’ouverture de haut niveau, jouent un r?le crucial dans la stimulation de la croissance et de la prosp?rit? r?gionales. Des efforts tels que l’initiative « Ceinture et Route » (ICR) ont renforc? la connectivit? entre la Chine et les autres ?conomies gr?ce au commerce, ? la logistique et aux infrastructures num?riques. Gr?ce ? des m?canismes de coop?ration tels que l’ICR, le Partenariat ?conomique r?gional global (RCEP) et la version 3.0 de la Zone de libre-?change Chine-ASEAN, les obstacles au commerce dans la r?gion seront r?duits davantage, et la coop?ration s’?tendra ?galement aux industries vertes, num?riques et d’intelligence artificielle (IA) ?mergentes, a d?clar? Liu Jing, ?conomiste en chef pour la Chine ? la banque HSBC. L’ascension de la Chine au rang de puissance ?conomique mondiale a ?t? remarquable, et sa porte sur le monde continuera de s’ouvrir toujours plus largement.    INNOVATION POUR TOUS  La Chine accorde une grande importance ? l’innovation pour d?velopper son ?conomie, et ses prouesses dans les industries de haute technologie telles que l’IA, la robotique et les ?nergies renouvelables l’ont propuls?e ? l’avant-garde des avanc?es technologiques mondiales.   Mais la Chine ne se contente pas de stimuler sa propre ?conomie, elle contribue ?galement ? acc?l?rer la croissance dans toute la r?gion Asie-Pacifique. Comme soulign? lors de la r?union de l’APEC, le pays vise ? « ?liminer collectivement la pauvret? et promouvoir la prosp?rit? partag?e pour tous les peuples de la r?gion Asie-Pacifique » et ? « approfondir la coop?ration sur les technologies open source, tout en construisant un ?cosyst?me ouvert et comp?titif pour l’innovation ».    Selon Mme Liu, un nombre croissant d’entreprises ? capitaux ?trangers ?tablissent des centres de recherche et d?veloppement en Chine, choisissant le pays comme plaque tournante pour la fabrication et l’innovation. Dans le m?me temps, de plus en plus d’entreprises chinoises se d?veloppent ? l’?chelle mondiale, implantant des usines dans des r?gions proches des consommateurs finaux, notamment dans de nombreuses ?conomies de la r?gion Asie-Pacifique.  HSBC a pr?dit que le d?veloppement de la Chine dans les domaines de l’IA et de la robotique aura des retomb?es positives gr?ce ? son r?seau commercial et d’investissement. Les progr?s technologiques et les avantages du march? de la Chine continueront ? fournir de nouveaux moteurs de croissance et ? assurer la stabilit? de la coop?ration r?gionale ; les membres de l’APEC acc?l?reront leur propre transformation verte et leur mise ? niveau num?rique gr?ce ? des collaborations dans les domaines de la cha?ne industrielle, des capitaux et de l’innovation, favorisant ainsi le progr?s de l’ensemble de la r?gion Asie-Pacifique.  L’apprentissage mutuel et la collaboration ont aid? la r?gion Asie-Pacifique ? conserver son statut de centre mondial d’innovation scientifique et technologique, abritant les r?seaux les plus actifs au monde en mati?re de personnes, de finance, de logistique et d’information, ainsi que certaines des cha?nes industrielles les plus importantes, a d?clar? Dai Erbiao, directeur de l’Institut de recherche sur la croissance asiatique. M. Dai estime qu’en tant qu’h?te de la prochaine r?union des dirigeants ?conomiques de l’APEC, la Chine fera progresser la coop?ration r?gionale en encourageant les nouvelles industries dans le domaine de la protection de l’environnement comme moteurs de croissance, en favorisant les progr?s technologiques dans les sciences de la vie et les soins de sant?, en soutenant le d?veloppement sain des secteurs de haute technologie tels que l’IA et en renfor?ant la compr?hension mutuelle entre les membres de l’APEC. Fin

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86,31% au Nord-Ouest et 68,79% au Sud-Ouest?: Paul Biya vainqueur sur les terres de la col?re

Pendant que les canons grondent dans les collines du Nord-Ouest et les for?ts du Sud-Ouest, les bulletins, eux, murmurent la victoire du chef. 86,31% au Nord-Ouest et 68,79% au Sud-Ouest? Dans les r?gions anglophones du Cameroun, o? les balles parlent plus fort que les bulletins de vote, Paul Biya a remport? une victoire confortable. L? o? l??tat peine ? circuler, les urnes, elles, ont trouv? le chemin du bureau de vote. Miracle logistique ou magie politique ? Certains ironisent : ? m?me les fant?mes auraient vot? Biya ? ; ? l? o? le fracas des armes a remplac? les discours, son triomphe semble avoir surv?cu aux balles. Car l? o? les ?lecteurs se cachent dans les for?ts, les r?sultats, eux, surgissent avec la pr?cision d?un d?compte c?leste ?, s?amuse un habitant de Bamenda, faussement candide. ? D?bat ? Pour le sociologue ?lectoral Jonas Ngu, enseignant ? l?Universit? de Douala, il n?y a pourtant rien d??tonnant : ? Au Cameroun, l??lection n?est pas un choix, c?est une liturgie. On la c?l?bre m?me quand on n?y croit plus. ? Traduction : on prie pour la d?mocratie, et le miracle se produit, invariablement, ? l?avantage du m?me fid?le. Le sociologue Gladys Nfor, sp?cialiste des comportements ?lectoraux, parle d?un ? vote de d?l?gation ? : ? Dans les zones de conflit, explique-t-elle, la peur et la fatigue civique font que les citoyens laissent l??tat voter pour eux. Ce n?est pas de la fraude dans l?esprit des habitants, c?est une r?signation organis?e. On laisse faire, parce qu?on veut avant tout survivre. Les scores du RDPC dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont une mani?re de rappeler que l?autorit? de Yaound? est intacte, m?me dans les zones o? elle ne s?exerce plus?. Les observateurs internationaux ont bien not? la faible participation. Mais l?absence de votants n?a jamais emp?ch? la pr?sence de r?sultats. Dans un sourire crisp?, un diplomate en poste ? Yaound? glisse : ? Ici, l?administration vote pour le peuple. C?est plus rapide et surtout plus s?r. ? L?humour diplomatique a parfois des accents de lucidit?. Les experts en communication politique, eux, parlent d?? ing?nierie du consensus ?. Une machine invisible, huil?e par la peur, la fid?lit? administrative et un soup?on de cr?ativit? statistique. Ce moteur discret, dont le r?gime garde jalousement les plans, garantit que tout fonctionne, m?me quand plus rien ne marche. Paul Biya, 92 ans, reste le grand ma?tre de cette m?canique du pouvoir. Pr?sent sans ?tre vu, entendu sans parler, il r?gne comme un ?cho dans les collines brumeuses du Nord-Ouest. ? C?est un prodige d?ubiquit? politique ?, ironise un chercheur du Centre d??tudes politiques africaines. ? Il gouverne sans bouger, et gagne sans campagne. ? ce niveau, ce n?est plus de la politique, c?est de la m?taphysique. ? Les partisans du chef, eux, y voient la preuve d?un attachement ind?fectible. Les sceptiques, celle d?un syst?me ?lectoral en pilotage automatique. Et pendant que les uns c?l?brent la victoire au champagne administratif, les autres comptent leurs morts dans le silence des collines. Ongoung Zong Bella

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Pillages au nom du ? changement ?: quand l?apr?s-?lection devient la haute saison des bandits

Pendant que certains citoyens appr?cient les r?sultats de l??lection pr?sidentielle du 12 octobre dernier, d?autres comptent leur butin avec un professionnalisme d?concertant. ? Douala, capitale ?conomique du pays, le spectacle est saisissant : ?tals vid?s, v?hicules abandonn?s sur les grands axes, et commer?ants interloqu?s qui d?couvrent, au r?veil, que leurs biens ont voyag? sans ticket de retour. ? C?est devenu une routine, un calendrier parall?le ?, ironise un vendeur de poisson dans le quartier Bonab?ri, en v?rifiant que son t?l?phone et son portefeuille sont toujours ? port?e de main. Partout dans la ville, le sc?nario se r?p?te avec la r?gularit? d?un service postal. Dans les march?s et les ruelles, des barrages improvis?s permettent ? de petits malins de transformer une nuit ordinaire en chasse au tr?sor express. Vols ? main arm?e, extorsions et pillages de magasins se succ?dent, laissant derri?re eux un parfum de chaos ma?tris?. ? On pourrait presque parler de strat?gie, si ce n??tait pas nos poches qui trinquent ?, souffle un automobiliste, qui a vu son v?hicule forc? sur la route de Maroua. ? Garoua, dans le Grand Nord, les habitants t?moignent d?une m?me sc?ne : la s?curit? semble rythm?e par un agenda invisible. Ici, un ?tal est vid? en une heure ; l?, une boutique est forc?e pendant la nuit. Les autorit?s locales, elles, se contentent de patrouilles sporadiques et de communiqu?s officiels alternant vigilance et silence. ? On nous promet des interventions, mais on s?habitue vite ? la routine ?, d?plore une commer?ante. D?brouillardise Face ? cette situation, la d?brouillardise devient un art de vivre. Les citoyens organisent des rondes de voisinage, cr?ent des groupes WhatsApp de veille et multiplient les conseils de prudence. Le ? do it yourself ? s?curitaire s?impose comme une ?vidence, tandis que la d?mocratie semble parfois se conjuguer avec l?art de survivre. Dans les quartiers de Douala, le mot d?ordre est clair : compter sur soi-m?me, toujours. Pour certains, l?apr?s-?lection reste un moment de r?jouissance politique. Pour d?autres, il s?apparente ? une ?preuve de vigilance et d?ing?niosit? face ? des assauts r?guliers. Entre espoir civique et cynisme du quotidien, le Cameroun observe, en silence ou en murmures, la r?p?tition d?un sc?nario qui m?le pouvoir, hasard et opportunisme bien organis?. Les citoyens, quant ? eux, savent que demain pourrait recommencer? et que la seule certitude est celle de se prot?ger. Ongoung Zong Bella

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Mobile Money: 3,5 milliards FCFA envol?s dans la brume num?rique

Entre chiffres alarmants et le?ons humaines, le mobile money offre un miroir du temps : ? l??re du tout-connect?, la vigilance devient un art, et le num?rique, un territoire o? prosp?rit? et prudence doivent marcher de conserve. Le d?cor est connu : Un SMS trop convaincant, une voix trop aimable, un transfert trop facile? et soudain, le compte fond comme neige au Sahel. Derri?re ces gestes anodins, le num?rique r?v?le ses griffes : selon Cameroon Business Today, plus de 10 000 r?clamations pour fraude ont ?t? enregistr?es en quelques mois, dont 4 000 confirm?es. R?sultat : 2 000 comptes bloqu?s, quelques escrocs priv?s de leur ? business model ? ? et surtout, 3,5 milliards FCFA envol?s dans la brume digitale. Derri?re les chiffres froids se cachent des drames intimes. Un boutiquier de Douala d?couvre que sa recette s?est ?vapor?e comme une pluie de saison s?che, une m?re de Yaound? se retrouve sans les frais de scolarit? de son fils, un jeune entrepreneur comprend que la modernit? a aussi ses pr?dateurs. L?argent mobile, jadis symbole d?inclusion et de progr?s, expose d?sormais la fragilit? des utilisateurs. Pr?caution Face ? ce d?sastre, MTN a choisi la p?dagogie plut?t que la r?pression. ? Nous disposons d?une certification GSMA, gage d?exigence et de rigueur ?, explique Alain Nono, directeur de MTN Mobile Money. Sa voix, pos?e, presque professorale, transforme l?entreprise en ?ducatrice num?rique. ? Notre objectif est de faire de chaque utilisateur un citoyen lucide du cybermonde, conscient des risques et capable de s?en prot?ger ?, poursuit-il. Pour les experts, la prudence est devenue une discipline quotidienne. Le professeur Emmanuel Ngomo, sp?cialiste en cybers?curit?, rappelle : ? La vuln?rabilit? des comptes Mobile Money n?est pas une fatalit?. Elle refl?te la n?cessit? d?une culture digitale qui d?passe la technique : vigilance et anticipation sont les premi?res monnaies de l??re num?rique. ? La s?curit? ne se limite plus ? un code PIN ou un mot de passe, elle exige un ?tat d?esprit sto?cien : se m?fier pour mieux vivre. Dans ce royaume sans fronti?res qu?est le mobile money, l?argent circule plus vite que les routes ne se r?parent. Chaque utilisateur est d?sormais un vigile de sa propre richesse. Le Cameroun d?couvre, ? ses d?pens, que la v?ritable fortune ne se mesure plus au solde affich? sur l??cran, mais ? la lucidit? et ? la prudence de celui qui consulte son compte. Ainsi, entre chiffres alarmants et le?ons humaines, le mobile money offre un miroir du temps : ? l??re du tout-connect?, la vigilance devient un art, et le num?rique, un territoire o? prosp?rit? et prudence doivent marcher de conserve. Bobo Ousmanou

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