La Circulaire préparatoire au budget de l’Eta pour l’exercice 2027 vient d’être publiée ; avec 14 semaines de retard. Ce qui entrainera des retards en cascade dans le processus d’élaboration des documents budgétaires.

C’est la cohue au ministère des Finances, au ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire et parmi les autres les acteurs de la chaîne budgétaire. Le 12 octobre 2026, le président de la République, Paul Biya, a signé la Circulaire relative à la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2027. Conformément à l’alinéa 2 de l’article 28 du décret du 31 mai 2019 fixant Calendrier budgétaire de l’Etat, « la Circulaire présidentielle sur la préparation du budget de l’Etat est diffusée au plus tard le 25 juin de l’année N. » Le texte présidentiel est donc hors délai. Jusqu’à 14 semaines de retard. Tout de même moins criard que pour le budget 2025 dont la circulaire a été signée le 23 octobre 2024. On retient que le pays vise une croissance économique d’au moins 3,6% du PIB en 2027. Légèrement mieux que les 3,3% attendus en 2026.
A présent, chacun sait ce qu’il a à faire en vue de l’amélioration des conditions de vie de la population. Mais, c’est le temps qui semble trop juste pour un travail approfondi. Car il n’y a pas que la présidence de la République qui a pris du retard dans l’exécution de sa tâche. Le gouvernement n’est pas en reste.
Le Document de cadrage macro-économique et de cadrage budgétaire le 4 juillet 2026 en vue de la tenue, deux jours plus tard, du Débat d’orientation budgétaire. Soit deux semaines après la date limite du 20 juin. Les conférences élargies de programmation et de la performance associée qui devaient être organisées au plus tard le 31 juillet, ont commencé le 1er septembre 2026. Les consultations publiques organisées pour recueillir les avis des parties prenantes, notamment les acteurs économiques, sur les mesures fiscales et non fiscales nouvelles à introduire dans le projet de loi de finances de l’année N+1, se sont tenues du 25 au 28 août 2026. Soit plus de deux semaines après la date limite du 15 juillet.
Toutes choses qui entrainent de facto le retard dans l’actualisation du cadrage macroéconomique et budgétaire (15 août) et la notification par le Premier ministre, des plafonds de crédits pour l’exercice N+1 (20 août) et les conférences budgétaires (du 1er au 20 septembre) ; la finalisation et l’adoption du l’avant-projet de loi de finances et des documents et annexes en conseil de cabinet (dernier jeudi de septembre) ; le dépôt du projet de loi de finances et des documents et annexes au Parlement au plus tard le 15 octobre.
Explication de la direction générale du budget du ministère des Finance face à ces retards : « l’insuffisance des délais alloués aux ministères sectoriels pour soumettre leurs contributions, la faiblesse constatée dans la qualité et la disponibilité des documents budgétaires, et le dysfonctionnement du système informatique PROBMIS sont autant de maux qui continuent de fragiliser la robustesse et l’efficacité de cette procédure vitale. » Un atelier organisé en avril 2026 à Ebolowa, région du Sud Cameroun, visait à y remédier. Il avait alors été recommandée de proposer de dates butoirs précises que les structures en charge de la préparation du budget devront impérativement respecter, ceci dans le but de réduire les retards par rapport aux délais réglementaires établis. Peine perdue.
Philippe Nsoa