La plus grande industrie de fabrication des médicaments essentiels et des dispositifs médicaux en Afrique centrale connait de nombreux couacs qui freinent l’implémentation de la politique de l’import-substitution.

Le Premier Ministre Chef du Gouvernement Joseph Dion Nguté est descendu le 13 octobre dernier pour visiter et toucher du doigt les avancées du chantier de construction de l’industrie de fabrication des médicaments essentiels et des dispositifs médicaux à Meyo (Yaoundé 4). Il s’agit de la plus grande industrie pharmaceutique de l’Afrique centrale. Un projet intégrateur qui doit après réalisation, garantir la souveraineté sanitaire du Cameroun et répondre efficacement à la politique de l’import-substitution. La satisfaction du Premier ministre et Chef du gouvernement Joseph Dion Nguté est à demi-teinte. Les travaux n’avancent pas au rythme escompté. Ce qui a favorisé la posture critique du Chef du gouvernement contre les fonctionnaires qui torpillent le projet. « Il n’est pas normal que certains fonctionnaires, pour des raisons que j’ignore posent des actes qui ralentissent le projet. On m’a signalé qu’il y a des équipements qui sont en souffrance à la douane », s’indigne Joseph Dion Nguté.
Idriss Confiance Mbe, promoteur de ladite industrie, dresse le tableau des manquements à l’origine du retard des travaux. Il évoque les lourdeurs administratives, blocage au niveau de la douane, difficultés de raccordement en eau, en électricité, et en fibre optique. Selon le promoteur, chaque semaine de retard repousse la production et la création des emplois. Face aux goulots d’étranglement qui ralentissent, le PM exhorte tous les membres du gouvernement à contribuer pour que le projet soit inauguré dans les brefs délais. « J’appelle à la responsabilité de tous ceux qui sont concernés par ce projet. Que ce soit le ministère de la Santé Publique, le ministère de l’Eau et de l’Energie, le ministère des Finances avec la douane en particulier, le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières. Nous devons tout faire pour accélérer nos projets ». Il a en outre laisser entendre qu’il va demander aux services qui suivent ce projet le jour « d’organiser une séance de travail avec tous ceux qui sont concernés, pour voir ce qu’il faut faire pour que les choses marchent encore plus vite, par ce que le président de la République Son Excellence Paul Biya a misé sur la santé des Camerounais. Cette usine qui va satisfaire les besoins nationaux ainsi que la Couverture santé universelle va mettre le Cameroun le Cameroun à un niveau extrêmement élevé en Afrique pour les questions de santé ».
Enjeux
Lancée, le 3 octobre 2025, l’industrie pharmaceutique, poursuit l’enjeu de produire localement les médicaments de qualité, à moins de 30% du prix des importations. L’indépendance sanitaire, réduction de la forte dépendance aux importations qui représentent plus de 90% des besoins de la sous-région. « Ce n’est pas juste une usine, c’est de la souveraineté. Arrêter de dépenser pour l’achat des médicaments à l’étranger et rendre les médicaments accessibles », explique Idriss Confiance Mbe. A la vérité, le besoin est prégnant. Il part du constat que pendant la période de Covid-19, le Cameroun avait des difficultés de s’approvisionner en médicaments essentiels. Il s’agit pour le Cameroun avec les promoteurs du projet de sécuriser l’approvisionnement des hôpitaux en médicaments essentiels, les rendre accessible dans toutes les officines, et lutter contre les faux médicaments. C’est un projet d’import-substitution voulu par le gouvernement pour faire du Cameroun une référence pharmaceutique en Afrique centrale. L’enjeu est aussi l’employabilité. Le projet va créer 800 postes qualifiés dès la phase pilote, avec plus de 3000 emplois directs à terme, en plus de milliers d’emplois indirects dans la logistique et la distribution.
Olivier Mbessité