81e Assemblée générale de l’ONU : balle au centre pour une réforme de l’ONU

Antonio Guterres a mis le sujet sur la table mardi, à l’ouverture du débat général. A l’en croire, cette mesure figure au chapitre des conditions à remplir pour rétablir la crédibilité en l’appareil onusien.

Le Secrétaire général sortant de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, sortant dresse le constat d’un monde où les fractures se sont transformées en véritables gouffres. Ses mots pour en parler réfèrent à des guerres qui s’éternisent, le droit international piétiné, les inégalités qui s’aggravent et la confiance qui s’érode. Toutes choses qui font le descriptif d’une gouvernance mondiale à la croisée des chemins ; et qui tendent au final vers la revendication décennale africaine d’une Onu plus représentative. « Nos institutions et nos systèmes de gouvernance mondiale sont toujours le reflet des réalités du pouvoir et des intérêts d’une époque largement révolue. Pour qu’un avenir en réseau se concrétise, il importe que les super puissances, en particulier, se rendent compte que leur puissance n’est pas si super que ça. Un monde multipolaire en réseau peut créer les conditions permettant de régler les problèmes mondiaux de manière plus équilibrée, plus représentative», déclare-t-il.

Le mal est bien là. L’organisation planétaire ne se renouvelle plus tandis que le monde change. En la matière, le Conseil de sécurité fait figure de proue. L’organe suprême du maintien de la paix reste figé dans son architecture de l’après-guerre mondiale. C’est ce que dénonce la position africaine depuis le Consensus d’Ezulwini de 2005. Pour elle, le continent noir, fort de sa population de 1,4 milliard d’habitants, est un contributeur majeur aux opérations de maintien de la paix. Sauf, qu’il est toujours privé de siège permanent au Conseil de sécurité. Antonio Guterres le reconnait sans détour. Il en a qualifié mardi d’ « injuste » et d’ « indéfendable » l’absence de représentation permanente africaine. « Nous devons également reformer le Conseil de sécurité pour qu’il soit le reflet du monde contemporain et qu’il ait la légitimité et l’efficacité requise face aux difficultés de notre époque», souligne-t-il.

Une convergence de circonstance
La voix de l’Afrique se fait entendre. D’autres soutiens s’étaient déjà manifestés pour une présence africaine au Conseil de sécurité. C’est le cas du président français Emmanuel Macron, qui s’est exprimé sur la question le 12 mai dernier, lors du sommet Africa Forwad. Cette convergence ne suffit cependant pas à masquer la lenteur des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil, Celles-ci sont enlisées depuis des années dans les rivalités entre membres permanents. Mais le contexte a changé avec la crise actuelle du multilatéralisme. « Un système qui ne peut ni faire respecter ses propres résolutions ni refléter les équilibres démographiques et économiques actuels peine à convaincre de sa capacité à gérer les crises de demain », martèle le secrétaire général de l’ONU. Sur ce point également, les priorités africaines rejoignent le diagnostic onusien sur ce point aussi: allègement de la dette, accès à des financements climatiques justes, réforme des banques multilatérales de développement. Antonion Guterres a repris toutes ces revendications à son compte mardi, à New York.

Louise Nsana

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