Pr Jacques Fame Ndongo : ?la presse publique est au service de l?Etat ?

Fil conducteur de la le?on inaugurale du Colloque organis? ? l?occasion du 50? anniversaire de ? Cameroon Tribune ?. Sur la chaire, ce 4 juillet 2024 ? Yaound?, le Ministre d?Etat, Ministre de l?Enseignement Sup?rieur et non moins premier coordonnateur de la R?daction du quotidien camerounais ? capitaux publics.

  • Liminaire ???

 Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, en vos rangs, titres et grades respectifs, vous permettrez qu?? l?entame de la Le?on inaugurale, je convoque une citation de Fernand Terrou, ancien professeur ? l?Institut d?Etudes Politiques de Paris et ex-Directeur de l?Institut Fran?ais de Presse (Universit? Paris II), non seulement au regard de l?immense stature scientifique du sus-nomm?, mais aussi en raison de l??pith?te ? politiques ? et du substantif ? presse ? inh?rents aux fonctions qu?il occupa : ? Si je l?che la bride ? la presse, je ne resterai pas  trois mois au pouvoir ?, d?clara Napol?on Bonaparte, au lendemain du 18 Brumaire (N.B. coup d?Etat du 9 novembre 1799, par lequel Bonaparte renversa le r?gime du Directoire). Sous le r?gne de Napol?on, la presse ne fut qu?un service de propagande gouvernementale et les journalistes, des agents du pouvoir, expos?s ? l?arbitraire le plus complet, tandis qu?aux Etats Unis o?, comme l?a ?crit Brissot, la R?volution ne se serait pas faite sans les gazettes, naissait une presse qui finira par l?emporter sur toutes les autres, au moins par son ampleur, et en Angleterre, ? l?abri de la libert? de publication et ? la faveur des progr?s techniques et ?conomiques, la presse prenait son essor ? (La presse P.U.F. Paris. p. 25).

 ? Presse publique, pluralisme politique et r?volution num?rique ?. Telle est la th?matique, fort complexe et d?licate, de la le?on inaugurale que le Directeur G?n?ral de la SOPECAM, Mme Marie Claire Nnana, m?a demand? de d?livrer, ? la faveur du colloque organis? ? l?occasion de la c?l?bration du cinquanti?me anniversaire du quotidien ? Cameroon Tribune ?.

De prime abord, il me fait plaisir de remercier Mme le Directeur G?n?ral de cette entreprise de presse et d??dition pour l?auguste responsabilit? scientifique et professionnelle dont elle a bien voulu me cr?diter, en cette circonstance historique o? l?un des plus prestigieux quotidiens d?Afrique, voire du monde, c?l?bre son ?ge d?or.

Au demeurant, afin de m?acquitter convenablement, autant que faire se peut, de cette mission ? combien d?licate, m?adressant ? un auditoire averti et perspicace s?il en fut, je voudrais articuler ma communication autour de trois axes structurants : l?int?r?t du sujet, la d?finition des concepts op?ratoires, la plus-value induite par la r?volution num?rique.

  1. L?int?r?t du sujet

Le th?me du colloque scientifique qu?organise la Soci?t? de presse et d??ditions du Cameroun est d?une acuit?, d?une pertinence et d?un int?r?t on ne peut plus ?vidents. La citation relative ? Bonaparte prouve, ? suffisance, que depuis plusieurs si?cles, la presse est au c?ur de la probl?matique li?e ? la politique et qu?elle formate les invariants socio-culturels de la civilisation humaine, depuis le 18? si?cle au moins, jusqu?? ce jour.  En effet, la civilisation de l?information qui se consolide sous nos yeux a pour noum?ne la presse au sens large, ce terme f?t-il d?essence informatique, politique, journalistique, ?conomique, culturelle ou soci?tale. La presse, stricto sensu, dans ses trois composantes essentielles (?crite, audio-visuelle, cybern?tique) ne laisse personne indiff?rent ou ? l??cart de son champ de comp?tence.

Nul, aujourd?hui, ne peut se passer de la presse publique ou priv?e, ? l?aune des acceptions que je viens d??num?rer.  La presse formate notre existence, nos comportements, nos sch?mes mentaux, nos choix, nos visions, nos r?ves voire nos fantasmes surtout dans son volet ludique le divertissement). Et, qui plus est, elle est en t?lescopage permanent avec l?homo politicus qui l?encourage, l?utilise, l?accepte, la craint, la manipule, l?oriente, la modifie, la formate, la courtise, en fonction de ses a-priori philosophiques, psychiques, cognitifs, lyriques ou id?ologiques (tout est id?ologique, m?me l?art culinaire). D?o? l?int?r?t ?vident du th?me que nous auscultons aujourd?hui. Et ce, d?autant plus que l??pith?te ? politique ? est accol?e ? ? pluralisme ?, sans oublier cette arl?sienne qu?est   la r?volution num?rique, v?ritable hydre ? sept t?tes que chaque humain se doit de dompter, de maitriser ou de s?duire pour ?viter d??tre phagocyt? par ce ? dinosaure ? (au sens neutre voire m?lioratif du terme.                                 

  • D?finition des concepts op?ratoires

Cette ?tape m?thodologique s?impose de mani?re apodictique, afin d??viter un dialogue de sourds puisque le mot colloque signifie ? parler ensemble ? (cum ? loquare). Et je sais que, pendant que je parle, hic et nunc, vous aussi vous parlez en esprit en disant (mentalement), a-t-il raison ? Est-il en train de p?rorer dans le n?ant ? Est-il p?dant, accessible, hors sujet, v?ridique ou d?phas? ? Je souhaite qu?int?rieurement, chacun se dise : c?est vrai, il a raison, je n?y avais pas pens? ?. Mais, c?est une gageure. Alors, d?finissons les concepts.                                  

2-1- Presse :    chacun sait que ce mot vient de la grande invention de Jean Gutenberg et de ses deux associ?s, Jean Fust et Pierre Schoeffer.  L?utilisation simultan?e de deux ?l?ments (les caract?res mobiles m?talliques faits d?un alliage de plomb, d?antimoine et d??tain d?une part, et de la presse ? imprimer d?autre part, imagin? sur le mod?le des pressoirs ? vis employ?s par les vignerons rh?nans) se situe vers 1450 apr?s J.C.. Elle constitue l??v?nement fondamental qui marque la naissance de l?imprimerie et, donc, de la presse au sens technique, logique et professionnel.

Apr?s cette date, le substantif ? presse ? a acquis une notori?t? exponentielle en commen?ant par l??dition des livres, puis des journaux, avec des proc?d?s toujours plus modernes : typographie, h?liogravure, offset etc.

Aujourd?hui, le vocable ? presse ? est devenu polys?mique. Il d?signe aussi bien la presse ?crite, la presse parl?e, la presse t?l?vis?e que la presse cybern?tique. D?aucuns lui pr?f?rent un terme plus snob, issu du latin : medium, media. Le neutre pluriel a fini par devenir un nominatif singulier qui s?accorde au pluriel en gardant un ? s ?, ce qui constitue un barbarisme grammatical.

2-2- ? Publique ?                             

Et quid de l?adjectif qualificatif ? publique ? ? Presse publique s?oppose ? presse priv?e dans notre imaginaire collectif manich?en, voire dans les r?f?rences juridiques, ?conomiques, normatives. Mais, la diff?rence entre les deux syntagmes nominaux n?est pas aussi claire qu?il n?y parait. En effet, toute presse est publique, puisqu?elle s?adresse ? un public (lecteurs, auditeurs, t?l?spectateurs, cybernautes ?). Sans public, la presse n?existe plus. Elle n?existe que parce qu?il y a un public, c?est-?-dire le consommateur du message ?mis par l?organe de presse. Toute presse est donc publique par destination, voire par essence. Du reste, le sch?ma ?l?mentaire de la communication, bien connu de tous, implique, a minima, un ?metteur, un code commun, un message, un r?cepteur. Le r?cepteur (ou les r?cepteurs, de plus en plus nombreux aujourd?hui, avec la presse cybern?tique), c?est l?autre appellation du public, qui accepte le produit (la marchandise), le rejette ou reste indiff?rent.

Or, donc, comme dirait L?opold Sedar Senghor, malgr? le monos?misme (unit? de sens) de l??pith?te ? publique ?, il existe une diff?rence essentielle, d?ordre ?conomique. Certes, la presse publique ou priv?e s?adresse, l?une et l?autre, ? un ou ? des publics. Mais, les deux entit?s sont ?conomiquement diff?rentes : la presse publique est une presse ? capitaux publics (l?Etat, totalement ou majoritairement). Quant ? la presse priv?e, elle est une presse ? capitaux priv?s (un ou plusieurs actionnaires qui peuvent ?tre soit des personnes physiques, soit des personnes morales). Mais, il existe une presse hybride, au plan ?conomique, c?est la presse qui participe de l?? ?conomie mixte ?. Ce fut le cas, de l?ain?e de la SOPECAM, ? savoir la Soci?t? Camerounaise de Publications, Soci?t? anonyme, cr??e le 15 mars 1974 ? 16h au si?ge de la SNI. Son capital social ?tait de 30 millions de F CFA. Il ?tait divis? en 3000 actions de 10 000F CFA chacune. Huit personnes y avait souscrit (7 500 000F furent vers?s s?ance tenante). Par l?interm?diaire de la SNI (Soci?t? Nationale d?Investissement), l?Etat prit une participation majoritaire avec 69,93 % d?actions (20 950 000F). Un tiers environ fut souscrit par deux principaux partenaires ?trangers : la Soci?t? France Edition et Publications (SFEP) et la Soci?t? Camerounaise de presse et d??ditions. Cinq personnes physiques, dont trois repr?sentants de la SNI et deux repr?sentants de la SFEP (Soci?t? France Editions et Publications et (Soci?t? Camerounaise de Presse et d?Editions) prirent aussi des parts.

La SNI et deux repr?sentants de la SFEP (Soci?t? France Editions et Publications) et de la SCPE (Soci?t? Camerounaise de Presse et d?Editions) avaient acquis, ? titre symbolique une action chacune.

Mais, cette exp?rience ne fut pas couronn?e de succ?s au plan financier. La cr?ation de la Soci?t? Camerounaise de Publications et d??ditions (SOPECAM), ?ditrice de Cameroon Tribune, le 18 juillet 1977, par l?ancien Pr?sident de la R?publique, M. Ahmadou Ahidjo, consacra le monopole ?tatique du capital de cet ?tablissement public ? caract?re industriel et commercial dont les ressources ? proviennent du capital social, de la vente de ses produits et services, de ses biens propres, des subventions de l?Etat, des emprunts, des dons et legs ? (article 32, titre 3 du d?cret sus-vis?).

Au plan s?mantique, je voudrais insister sur la p?riphrase ? subventions de l?Etat ?, en ce qui concerne la SOPECAM. Il s?agit, d?une Soci?t? financ?e principalement par l?Etat, bien qu?il y ait des revenus endog?nes (biens propres, vente des biens produits et services) et exog?nes (dons, legs).

Il me semble ?galement n?cessaire de pr?ciser que le concept ? service public ? est ambivalent. Il peut vouloir dire que le service est public (dans cette hypoth?se, une ?cole dite priv?e ? confessionnelle ou la?que ? est aussi publique car, a priori, elle a une mission socio-culturelle d??ducation et de formation de tout citoyen, sans distinction (en principe) d?appartenance religieuse, philosophique, ethnique, g?ographique ou soci?tale. La p?riphrase ? service public ? peut aussi signifier que le service propos? n?a aucune restriction absolue s?agissant du consommateur du produit qui est le bien immat?riel appel? ? savoir ? ou, parfois, ? savoir-faire ?. L??pith?te ? public ? induit, dans ce cas de figure, une plus grande ouverture ? tous les courants de pens?e, par-del? le paradigme ? p?cuniaire ?. Mutatis mutandis, la presse de service public a plus de contraintes soci?tales que la presse de service ? priv? ? (bien que cette derri?re cat?gorie rel?ve d?un barbarisme s?mantique).

Nous retenons donc que le v?ritable distinguo scientifique entre la presse publique et la presse priv?e r?side dans la nature du capital financier, foncier, logistique etc. qui rel?vent, en principe, de l?Etat et non du gouvernement comme d?aucuns ont tendance ? le subodorer. L?Etat est diff?rent du gouvernement, m?me si le gouvernement est au service de l?Etat (le gouvernement est constitu? de ministres et le mot ministre vient du latin ? minister ? = serviteur, et le lex?me minist?re vient de ? ministerium ? = service). Le gouvernement sert l?Etat. L?inverse n?est pas n?cessairement vrai ? travers le monde.

La presse publique est donc au service de l?Etat (c?est-?-dire de tous les publics, car les capitaux viennent principalement de l?Etat qui est constitu? de tous les citoyens, sans exclusive).

Un journal partisan (appartenant ? un Parti, ? une Eglise, ? une Association etc) ethnique, scientifique, corporative? s?adresse ? un public, certes, mais ce public est par essence, restreint ou, parfois, ?litiste voire herm?tique.

Les missions assign?es ? ce qu?il est convenu d?appeler ? presse publique ? sont donc plus larges, plus contraignantes, plus complexes, plus d?licates, plus difficiles ? assumer, surtout dans un contexte de pluralisme politique o? les publics sont, fondamentalement, ?clat?s par chapelle politique, voire id?ologique, dans une ar?ne o? des gladiateurs des temps modernes s?affrontent, parfois de mani?re f?roce, ? qui mieux mieux, bien que ? pluralisme politique ? ne signifie gu?re combat physique, moral ou trivial ; Il s?agit d?une bataille d?id?es (programmes, vision, strat?gie pour une bonne gestion de la Cit?).

2-3- Pluralisme politique

Cet archilex?me est bien connu de tous. Il comprend deux lex?mes :

2-3-1 Pluralisme o? l?on retrouve le mot ? pluriel ? (? la fois adjectif qualificatif et nom commun, masculin singulier, venant de ? pluralis ?)

2-3-2 Politique (du grec ? politikos ? = qui concerne la Cit?, voire l?Etat, pr?cise Le Larousse).

Le pluralisme politique concerne donc la forme la plus lib?rale de la d?mocratie (demos = peuple ; kratos = pouvoir, en grec). C?est le r?gime politique dans lequel le peuple exerce sa souverainet? lui-m?me. Il peut d?l?guer ce pouvoir ? des citoyens ?lus au suffrage universel direct ou indirect ou exceptionnellement, l?exercer directement, lorsque la collectivit? concern?e est tr?s r?duite (cas des soci?t?s ac?phales, ce qui est une vue de l?esprit, chaque communaut? ayant toujours un chef = caput = t?te. Or, le mot ? ac?phale ? = a privatif et k?phal? = t?te en grec) signifie ? sans t?te ?.

En dehors de quelques pays, la plupart des Etats, ? travers le monde, ont adopt? le r?gime du pluralisme politique (?lections libres transparentes, conform?ment aux lois et r?glements librement adopt?s par chaque Etat). C?est la r?sultante d?un long et parfois p?nible cheminement, depuis la Pr?histoire, jusqu?? nos jours, en passant par des p?riodes d?autocratie (pouvoir personnel), de ploutocratie (? plo?tos ? = richesse, kratos = puissance c?est le pouvoir des riches), d?oligarchie (? oligos ? peu nombreux, et ? arkh? ? = commandement, en grec. C?est un pouvoir d?tenu par un petit nombre de citoyens).

En principe, dans un r?gime fonctionnant avec un r?gime de pluralisme politique, la presse est plus libre et les opinions ?mises ne sont pas censur?es. La seule censure qui vaille est celle qui concerne la ligne ?ditoriale d?finie, en r?alit?, par celle ou celui qui d?tient la majorit? ou la totalit? des capitaux. Pour la presse dite, mutatis mutandis, publique, c?est l?Etat qui d?tient la majorit? ou la totalit? des capitaux. Et l?Etat, avec une majuscule, c?est dit le Larousse, selon le droit ? 1- l?entit? politique constitu?e d?un territoire d?limit? par des fronti?res, d?une population et d?un pouvoir institutionnalis? ?. 2- ? l?ensemble des pouvoirs publics ?.

L?Etat est diff?rent du gouvernement qui est (1/- Action de diriger politiquement un pays. 2/- Forme politique qui r?git un Etat, 3/- Organe qui d?tient le pouvoir ex?cutif dans un Etat).

L?Etat appartient au m?me champ notionnel, et lexico-s?mantique que la Nation, qui est un concept plus g?n?ral et plus souple.

 Consultons encore le Larousse, ? propos de la Nation :

  1. Grande communaut? humaine, le plus souvent install?e sur un m?me territoire, et qui poss?de une unit? historique, linguistique, culturelle, ?conomique plus ou moins forte??.
  2. Communaut? politique distincte des individus qui la composent et titulaire de la souverainet?.

Dans les temps anciens, Cameroon Tribune avait un para-texte (fiche signal?tique) en premi?re page, au-dessus du titre qui n?avait pas encore graphiquement mut?, ? la faveur de l?introduction de la quadrichromie induite par l?acquisition des rotatives ultra-modernes par la Sopecam, les unes plus futuristes que les autres. La rotative actuelle est l?une des plus sophistiqu?es d?Afrique. Je n?ose pas dire plus. Qu??tait donc ce para-texte des temps anciens ? ? Grand quotidien national d?informations ?. Aujourd?hui, il a ?t? remplac? par ? rien. Cela signifie, lorsqu?on d?code le texte, qu?il y a un g?notexte (texte crypt? ou cach?) qui est le suivant : ? quotidien d?informations g?n?rales ?. Mais, d?duction tr?s importante, ce journal est au service du public c?est-?-dire, de tous, pour tous et par tous (C.Q.F.D).

Mais, l?Etat n?est pas ac?phale. Il a un chef d?Etat qui est le chef de l?ex?cutif, qui nomme le chef du gouvernement et les membres du gouvernement (ministres = serviteurs de l?Etat), qui nomme aux emplois civils et militaires (constitution) qui garantit l?ind?pendance de la magistrature et qui respecte la s?paration des pouvoirs jadis codifi?e par Charles de Secondat, baron de la Br?de et de Montesquieu (1689-1755).

Ce journal d?informations g?n?rales ob?it donc ? des prescriptions inh?rentes ? cette cat?gorie de journaux : respect de la d?ontologie journalistique, respect des normes constitutives de l?information (v?rit?, objectivit?, int?r?t et actualit?), respect des r?gles esth?tiques et graphiques les plus attractives, respect des quatre missions classiques assign?es par la profession ? tout organe de presse d?int?r?t g?n?ral : 1/- Information : collecte, mise en forme et diffusion de toute nouvelle pr?alablement recoup?e et v?rifi?e, conform?ment aux principes de base du journalisme (critique des sources et respect de la loi du mort kilom?trique) et aux principes d?ontologiques connus de tous. 2/- Education : ne diffuser que des informations qui ob?issent ? une ?chelle des valeurs r?publicaines et qui permettent au lectorat d??tre cr?dit? d?une plus-value cognitive et ?thique. Exemples : ?viter des articles qui attisent la haine, la division, la d?sagr?gation de l?Etat ou qui exhibent les m?urs d?prav?es, qui diffusent des ? secrets d?Etat ?, des ? secrets d?fense ?, qui portent atteinte ? la vie priv?e, qui font le pan?gyrique de la r?bellion, de la s?cession, qui enveniment les rapports entre l?Etat et les Nations amies. Privil?gier toute information qui magnifie le vivre-ensemble dans un monde fraternel et solidaire. 3/- Reliance sociale : (rapprochement des lecteurs, auditeurs, t?l?spectateurs, internautes gr?ce ? des textes ? connotation sociale et psychologique etc.) 4/- Divertissement (exemples : mots crois?s, bandes dessin?es, dessins anim?s pour la t?l?vision, etc).

Apr?s avoir ainsi d?fini les concepts op?ratoires nous pouvons examiner la relation entre la presse publique, dans un contexte de pluralisme politique et la r?volution num?rique.

  • La plus-value induite par la r?volution num?rique

3-1 Le choc des id?es

Point n?est besoin de revenir sur les notions d?j? explicit?es, sinon pour souligner que dans un contexte de pluralisme politique, la presse a l?obligation de respecter les r?gles du jeu d?mocratique. Les opinions ?tant multiples et parfois contradictoires, elles doivent, toutes, s?exprimer ? travers les divers supports publics, pour autant qu?elles (les opinions) respectent scrupuleusement les lois et r?glements de la R?publique (?? res publica = ce qui est public ?).

Ces opinions contradictoires s?expriment, notamment, ? travers les d?bats ? armes ?gales, les tribunes libres, les interviews etc, sans injures, sans outrages, sans diffamation, sans atteinte ? l?ordre public et au vivre-ensemble. C?est le sens de la belle et c?l?bre sentence de S.E. Paul BIYA : ? Ne nous battons pas. DEBATTONS !?  Un d?bat r?publicain. Un d?bat sain. Un d?bat constructif car, nous le savons tous, du choc des id?es, jaillit la Lumi?re.

Ce d?bat r?publicain attire le lectorat, les auditeurs, les t?l?spectateurs et les ? followers ?, ce qui maximise le nombre d?annonceurs, cr?dibilise l?organe de presse, informe et ?duque l?opinion publique qui n?a besoin ni du d?nigrement syst?matique et abject, ni de la flagornerie ubuesque. Comme disait Moli?re : ? la parfaite raison fuit toute extr?mit? et veut que l?on soit sage avec sobri?t? ? (le Misanthrope).

3-2- Une triple r?volution

Le num?rique catalyse et acc?l?re la convergence de tous les modes de communication sur les autoroutes de l?information et particuli?rement sur l?Internet. Sur le march? des images et des contenus se greffe d?sormais celui des tuyaux et des services. Hier centr? sur l?industrie des m?dias, le secteur de la presse est plus que jamais au confluent des passerelles et des synergies d?int?gration entre entrepreneurs et secteurs jusque-l? cloisonn?s: (a) les ?diteurs de presse, de livres, de jeux, de bandes dessin?es et de musique ; (b) les producteurs de films et programmes audiovisuels ; (c) les fabricants de mat?riels num?riques (t?l?phones, smartphones, logiciels, d?codeurs, tablettes, ordinateurs, etc.) ; (d) les r?seaux sociaux (facebook, instagram, X, youtube, tiktok, etc.) ; (e) les diffuseurs, c?blo-op?rateurs,  op?rateurs de t?l?coms, de satellites et de bouquets TV & divertissement. Sur ce vaste march?, les protagonistes recherchent des alliances pour d?finir les standards, amortir les co?ts de d?veloppement, atteindre la taille critique et int?grer en amont les savoir-faire permettant d?offrir la gamme de produits la plus large. Tout change donc ; le cadre r?glementaire de la presse reposait sur la diff?rence entre les divers supports, l??re num?rique implique leur convergence. L?espace de diffusion ?tait un bien rare, la compression et la convergence num?rique en font une ressource in?puisable. D?sormais, dans ce vaste march? en int?gration, le but de chaque acteur est d??tre en mesure d?avoir une maitrise combin?e des images, des donn?es, du son et du contr?le des r?seaux.

Le secteur de la presse vit ainsi non pas une ?volution, mais une r?volution sans pr?c?dent. Cette r?volution ?volue au rythme de trois facteurs combin?s : (1) la r?volution des nouvelles technologies, en particulier celle d?Internet, qui fait ?merger un monde du temps r?el (temps z?ro) et de l?ubiquit? (distance z?ro) ; (2) la r?volution des m?urs de plus en plus orient?s vers les exigences d?une consommation nomade et instantan?e o? chacun a plus d?un ?cran ? sa disposition et est en mesure d?acc?der, ? tout moment et en tout lieu, ? l?information qui l?int?resse ;  (3) la r?volution de l?int?gration des contenus, des services et des r?seaux d?information. La presse publique (papier, audiovisuelle, cybern?tique) publique et priv?e a essay? de s?adapter ? cette m?tamorphose multidimensionnelle, en mettant dans un premier temps, sur le Net et les r?seaux sociaux, une information de qualit? variable, mais ? acc?s libre. Au fil du temps, pour la viabilit? ?conomique et la fiabilit? de la presse, il est important de mieux g?rer cette migration vers le num?rique en n?gociant une cohabitation d?licate entre contenu payant et contenu gratuit.

  • L??re du changement et de la convergence des mod?les ?conomiques de la presse publique et de la presse priv?e.

La presse contribue de mani?re essentielle ? l?information des citoyens et ? la diffusion des courants de pens?es et d?opinions plurielles. Elle permet une mise en perspective des ?v?nements, une confrontation des analyses et aboutit ainsi ? la construction d?une v?ritable conscience culturelle et politique. C?est la raison pour laquelle l??tat s?attache, de longue date, ? soutenir le secteur. Ce soutien s?op?re ? travers la subvention de la presse publique et l?aide ? la presse priv?e. Mais, classiquement la presse trouve son ?quilibre ?conomique gr?ce ? deux sources principales de revenus : la vente d?espaces publicitaires aux annonceurs et la vente d?exemplaires de journaux aux consommateurs.  Le march? de la presse est ainsi un march? ? demande double. En effet, la demande sur le march? des annonceurs d?pend de la taille de la demande sur le march? des consommateurs de presse (lecteurs, auditeurs et t?l?spectateurs) et celle du consommateur de presse d?pend de la taille de la demande sur le march? publicitaire. En effet, plus l?audience d?un organe de presse est ?lev?e, plus les annonceurs seront pr?ts ? payer pour un espace publicitaire, car l?impact du message y sera plus important. Du c?t? du consommateur, plus l?organe de presse est financ? par la publicit?, plus il a les moyens de proposer au consommateur une offre attractive (dans le respect de l??thique et de la d?ontologie de la presse).  La migration vers le num?rique remet en cause ce mod?le ?conomique classique de la presse bas? la vente d?espaces publicitaires aux annonceurs et la vente d?exemplaires de journaux aux consommateurs d?autant que de nouveaux acteurs apparaissent, tels les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et les sites internet g?n?ralistes ou plus sp?cialis?s, qui viennent capter la valeur en amont.

Ce contexte impose donc un profond travail de m?tamorphose co-permicienne du secteur de la presse. Concernant l?information elle-m?me, la dur?e de vie moyenne d?un scoop correspond d?sormais au temps n?cessaire pour qu?il soit partag? sur tous les r?seaux sociaux, c?est-?-dire quelques secondes. De fait, le scoop n?existe plus et, pour le journaliste d?aujourd?hui, la question n?est donc plus de savoir s?il ?crit pour le papier ou pour le digital. Dor?navant, les journalistes produiront un contenu qui sera ensuite ?dit?, sous diverses formes, par d?autres professionnels venus du digital, capables de cr?er la valeur pour le num?rique. Pour ?tre en mesure de cr?er de la valeur pour le num?rique, il faut s?assurer que ce qui est mis en ligne gratuitement touche une audience qualifi?e suffisante pour qu?on puisse obtenir, en retour, de la publicit? de la part des annonceurs potentiels. Si, ensuite, on veut faire payer l?acc?s aux contenus en ligne, il faut offrir au lecteur une exp?rience captivante et extraordinairement diff?rente de celle qu?il vit quand il obtient gratuitement un contenu banalis?.

Le premier d?fi de la transformation digitale de la presse est donc de repenser les r?dactions pour qu?elles travaillent sur une approche, tr?s diff?rente, de l?information, d?sormais devenue instantan?e et qui n?cessite des arbitrages toute la journ?e entre ce qui fait du sens en ?tant gratuit et ce qui peut ?tre mon?tis?. La deuxi?me transformation induite par la r?volution num?rique est que la presse s?adresse, non plus ? des lecteurs, auditeurs et t?l?spectateurs, mais ? des consommateurs ? fid?liser, ? qui on doit apporter non seulement un contenu d?informations g?n?rales et locales, mais ?galement un contenu, sous une forme ou sous une autre, qui lui dispense d?aller chercher ailleurs les informations et les services gratuits ou payants qui lui sont utiles. Pour survivre ?conomiquement,les entreprises de presse sont contraintes de s?aligner sur les meilleures pratiques du marketing digital et en se mettant en phase avec les habitudes d?usagers rod?s aux achats en ligne. Ce que l?on vend d?sormais aux annonceurs, ce sont des cibles tr?s sp?cifiques sur lesquelles l?on peut garantir, au plus offrant, un retour sur investissement mesurable, non plus sur une seule publication mais sur un ensemble de journaux et supports, afin de cr?er un maximum de valeur sur les plateformes digitales de l?entreprise, en mon?tisant le nombre de visiteurs uniques et, de mani?re beaucoup plus significative, le nombre de pages que chacun consulte et le temps qu?il y passe, en plus des abonnements classiques.  Ce nouveau paradigme offre ? la presse publique, jusque-l? tributaire en grande partie des subventions publiques, de nouvelles sources de revenus susceptibles de faire converger ? terme les mod?les ?conomiques de la presse publique et de la presse priv?e.   

  • L??re du transm?dia et de la vente des contenus digitaux.

Le transm?dia dans la presse consiste pour un organe de presse (?crite, audiovisuelle, cybern?tique), dans le but de cr?er un maximum de valeur, ? d?cliner son contenu principal sur diff?rents m?dia, plateformes de diffusion et agr?gateurs d?actualit?. Le d?veloppement narratif prend ainsi une nouvelle envergure en jouant avec les avantages de chaque m?dia. Le public peut ainsi utiliser diff?rentes entr?es, dont en particulier les applications mobiles, pour int?grer l?histoire. C?est ainsi que m?me la presse ?crite s?est saisie des podcasts (fichiers audios diffus?s sur le web) et des vid?os destin?s ? ?tre ?cout?s aussi bien chez soi qu’au bureau ou dans les transports, pour suivre les tendances et les ?volutions de la soci?t?. Le transm?dia appara?t d?s lors comme une technique permettant un quadruple int?r?t :

  • Augmenter le potentiel de son march? et l?enrichir?;
  • Cr?er des nouvelles opportunit?s publicitaires?;
  • Capter des consommateurs sp?cifiques ? travers des contenus contextualis?s et personnalis?s?;?
  • Enrichir l?exp?rience des consommateurs.

A l??re du transm?dia, pour le journaliste d?aujourd?hui, la question n?est donc plus de savoir s?il ?crit pour le papier, la radio, la t?l? ou pour le digital. Un contenu produit par la r?daction d?un organe de presse ?crite, audiovisuelle ou cybern?tique est dor?navant ?dit? et diffus? sous divers formats et formes num?riques au public dont les modes de consommation de l?information migrent de plus en plus vers l?internet et les r?seaux sociaux.  C?est ainsi par exemple que de nombreux groupes de presse ?crite, en s?appuyant sur leur position forte et leur notori?t? sur le papier sont devenus transm?dia et disposent aujourd?hui de plusieurs supports (t?l?vision, radio, tablettes, smartphones et papier) ? travers lesquels ils d?clinent leurs contenus papiers principaux ? des cibles diff?rentes (L??quipe, Le figaro, etc.). Pour survivre, les groupes de presse sont d?sormais pr?sents sur l?ensemble des supports. Ces nouveaux fondamentaux num?riques conduisent ? un emboitement du march? de la presse avec le march? des contenus num?riques. Cette transformation induit un changement radical : la culture de la presse traditionnellement centr?e sur l?audience et les abonn?s est en mutation vers une culture centr?e sur la vente de contenus ? partir des plateformes digitales (applications mobiles, sites internet, r?seaux sociaux), ce qui est un m?tier fondamentalement diff?rent. Sur mobile par exemple, les vid?os g?n?rent une partie importante de l?audience et, de ce fait, les annonceurs sont pr?ts ? payer plus cher pour leur diffusion. Les groupes de presse sont ainsi emmen?s ? se doter de moyens vid?o. Les journalistes deviennent plurim?dias pour ?tre capables, y compris avec un smartphone, de r?aliser des audios et vid?os et de travailler ensuite avec YouTube, TikTok, Facebook, Google, etc., dans le but de cr?er des flux plus attractifs sur leurs contenus principaux.

Dans ce nouveau march?, les groupe de presse sont en concurrence avec de nouveaux acteurs qui qui diffusent gratuitement une information substituable ? celle des m?dias traditionnels. Les portails diffusent des d?p?ches d?agences de presse qui entrent en concurrence frontale avec les articles classiques relatant les faits, notamment dans les quotidiens. Face aux articles d?investigation des m?dias traditionnels, certains sites, se sont fait une sp?cialit? de r?v?ler des scoops en ?tant peu regardants sur leur provenance.? Enfin, concernant les analyses et les ?ditoriaux, plusieurs sites personnels ou de blogs sont cr??s pour donner une tribune aux individus souhaitant donner leur avis et le partager avec les Internautes. Dans cet environnement, le pari pour les sites de presse est de promouvoir le mod?le de diffusion d?une information de qualit? irr?prochable, clairement diff?renci?e dans l?esprit des consommateurs. Toutes les informations ?tant d?sormais accessibles en ?tant au m?me niveau, le signal de qualit? envoy? au consommateur peut le fid?liser et l?inciter ? d?laisser d?autres publications de qualit? moindre. La strat?gie de l?offrir gratuitement, au moins partiellement, fournit au consommateur une sorte de signal d?information sur la qualit? de ce bien. Face ? la concurrence d?acteurs dont le mod?le ?conomique repose sur l?audience de masse (pour certains gr?ce aux fake news), les sites de presse traditionnels sont tenus ? la diff?renciation pour exister aupr?s de leurs lecteurs et de leurs annonceurs. ? cette fin, leur souci premier doit ?tre celui de garantir une qualit? irr?prochable de leurs productions, ce qui requiert une responsabilisation accrue de leurs r?dactions.

  • L??re du marketing digital pour attirer de nouveaux clients et g?n?rer le trafic sur les produits ?ditoriaux

Le march? de contenus et de la publicit? en ligne, qui repose sur la vente et l?abonnement aux produits num?riques d?une part et d?autre sur  la mon?tisation du trafic web (nombre de visiteurs, nombre de pages que chacun consulte, temps que chacun passe), est d?sormais largement sup?rieur au march? de contenus et de la publicit? sur les m?dias traditionnels. La rentabilit? ?conomique de la presse repose donc d?sormais, en plus de la qualit? de ses produits ?ditoriaux, sur l?appropriation des meilleures techniques de marketing digital pour g?n?rer le trafic sur l?ensemble des plateformes digitales. Ainsi, le marketing, pratique peu g?n?ralis?e dans le monde de la presse, est devenu un ?l?ment essentiel de la vie de la presse. Dor?navant, la presse est appel?e ? mettre en place un marketing client et un marketing produit, sachant que si l?on d?veloppe un produit, c?est pour le vendre en r?ponse ? un besoin client.

La presse est d?sormais contrainte ? observer et s?approprier les meilleures pratiques des g?ants de l??conomie du web, dont en particulier celles des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Leurs dispositifs de marketing les plus ?prouv?s permettent au client potentiel de go?ter au produit ? travers des offres gratuites, de faire ses listes de pr?f?rence, sachant qu?au terme de cette p?riode d?essai, s?il ne pose aucun acte d?achat (abonnement), il perd l?acc?s ? ces offres. Le r?le du marketing digital dans la presse est donc de rendre l?acte d?achat des produits de presse g?n?rateur de plaisir pour le consommateur. Le marketing digital se substitue ainsi ? la gestion traditionnelle des abonnements et/ou de suivi de l?audience qui est devenue inad?quate pour le suivi et la fid?lisation personnalis?s des consommateurs et des annonceurs. Le marketing digital en presse poursuit donc trois objectifs compl?mentaires : (1) attirer et fid?liser les clients potentiels ? travers des tunnels d?exp?riences positives d?bouchant sur des actes d?achat (abonnements), (2) g?n?rer et accroitre le trafic sur les sites et les plateformes en ligne et, (3) attirer et fid?liser les annonceurs. 

D?sormais, pour se diff?rencier de la concurrence, les nouveaux d?fis ? relever par les entreprises de presse se rapportent notamment ? : (i) la personnalisation des offres aux consommateurs et aux annonceurs, (ii) l?anticipation des futures tendances de consommation et d?usages, (iii) l?affirmation de sa pr?sence sur les r?seaux sociaux et, (iv) l?augmentation de sa visibilit? sur les moteurs de recherche. Pour relever ces d?fis, les entreprises de presse vont de plus en plus proc?der ? une diversification des m?tiers de la presse et recourir aux outils ?mergents d?intelligence artificielle, pour l?analyse des habitudes et des pr?f?rences de consommation, pour se montrer r?actif face ? l?actualit?, pour attirer de nouveaux annonceurs, pour diversifier les offres et pour r?pondre aux attentes des publics cibles.

  • L??re de la transformation et la diversification des m?tiers de la presse

La transformation digitale de la presse induit donc naturellement une transformation digitale des m?tiers traditionnels de la presse, donc en particulier le m?tier de journaliste, dont les outils et environnements de travail se num?risent d?avantage, et surtout l??mergence de m?tiers num?riques de la presse (Journalisme 2.0) qui sont li?s ? la transformation digitale de la presse. On peut en citer quelques-uns qui sont devenus incontournables :

  • Le traffic manager (responsable gestion du trafic web) a pour mission d’optimiser tous les leviers d?acquisition de trafic sur le web (r?f?rencement, partenariats…) afin de donner de la visibilit? aux sites et plateformes en ligne, de g?n?rer le maximum de trafic et de chiffre d?affaires.
  • Le journaliste plurim?dia est capable de travailler sur tous les types de supports et de m?dias (presse ?crite, t?l?vision, radio, web, r?seaux sociaux) et d’?crire des articles pour la presse ou le web, de r?aliser des interviews vid?o, des infographies, des sons, etc.
  • Le journaliste/r?dacteur web doit transmettre une information fiable et pr?cise?comme tous les journalistes, tout en prenant en compte les sp?cificit?s du num?rique et notamment l?optimisation du r?f?rencement dans les moteurs de recherche (technique d??criture adapt? pour le web afin que l?article soit le plus vu et lu possible) qui ne doit rien enlever ? la fluidit?, la qualit?, l?int?r?t et le sens du contenu.
  • Le data journaliste (journaliste des donn?es) exploite des donn?es, publiques ou non, afin de les rendre intelligibles pour les lecteurs. Contrairement ? de nombreux journalistes, il n??crit pas d?articles mais r?dige des analyses et propose une visualisation diff?rente de l?information. Le journalisme de donn?es consiste ? collecter des donn?es et les analyser?pour en faire ressortir des informations, puis les traduire graphiquement pour les expliquer.
  • Le journaliste front page editor joue un r?le important pour chaque lecteur de contenus sur internet. Il est charg? de la coh?rence de la page d?accueil du site.?Il s’agit donc d’un r?le majeur pour captiver le lecteur, accro?tre la visibilit? et l?audience du site et mettre en avant des articles, dossiers, enqu?tes, images, vid?os?. Il optimise la pr?sence du site sur les moteurs de recherche, en agissant sur cette m?me page d?accueil, en modifiant les titres, les chapeaux, les photos, les sujets mis en avant?
  • Le journaliste fact checker (journaliste de v?rification) part des informations qui circulent sur les r?seaux sociaux et m?dias et les traite pour d?terminer si elles sont vraies ou fausse. C?est ainsi par exemple que lorsqu’une vid?o faisant le tour de la plan?te semble douteuse, le journaliste fact-checker va ainsi scruter l?image et enqu?ter pour d?terminer o? et quand la sc?ne a-t-elle vraiment ?t? tourn?e, qui en est vraiment l?auteur, quelle histoire raconte vraiment la sc?ne, etc?
  • Le community manager (animateur de communaut?s virtuelles) est devenu incontournable dans le monde des m?dias?et une v?ritable sp?cialit? en mati?re de journalisme web. Le community manager a pour r?le d?animer et d?velopper les r?seaux sociaux pour son m?dia. Il g?re la relation directe et favorise les interactions avec le public/la communaut?.
  • Le data analyst (analyste des donn?es) cr?e, administre, analyse le big data, autrement dit les donn?es g?n?r?s par l?activit? de l?entreprise, afin de favoriser son fonctionnement et son d?veloppement.
  • Le responsable open data? (responsable des donn?es brutes)? organise de mani?re optimale les donn?es pour faciliter la recherche d?informations. Le journaliste d’aujourd’hui souffre du nombre gigantesque de data (donn?es/informations) qu’il re?oit en continu. Il passe de plus en plus de temps ? la v?rifier, ? la canaliser. Le responsable open-data Il est consid?r? comme le responsable technique (entretien, normalisation) et juridique de fichiers de donn?es.

Dans les entreprises de presse, les ?quipes de r?daction (constitu?es autour des m?tiers traditionnels de la presse) et les ?quipes digitales (constitu?s autour des nouveaux m?tiers num?riques de presse) travaillent d?sormais de mani?re coll?giale, au sein des ?quipes de travail fonctionnelles transversales, avec pour objectif de rendre l?acte d?achat des contenus g?n?rateur de plaisir pour le consommateur et de fid?lisation des clients.

  • Les contenus ?ditoriaux digitaux de qualit? et le trafic web comme nouvelles sources de revenus pour la presse

Les technologies num?riques, coupl?es ? une diffusion ? la demande, suppriment tous les imp?ratifs de taille ou de style inh?rents aux anciens m?dias. Les contraintes de maquette pesant sur les textes imprim?s et les contraintes de temps limitant les dur?es des s?quences audio ou vid?o disparaissent sur le web. Journaux, radios et t?l?visions ne peuvent se limiter ? publier sur le web des contenus pr?vus initialement pour d?autres supports. Un article transmm?dia est une combinaison de textes, de photographies, de clips vid?o et audio, de graphiques et d?interactivit? pr?sent?e sur un site web d?une mani?re non-lin?aire (l?utilisateur reste ma?tre de la navigation ; la lecture sur internet est une lecture hypertexte qui se fait en cliquant directement sur les mots, images ou vid?os recherch?s) et dans laquelle l?information fournie par chaque m?dia est compl?mentaire et non pas redondante. C?est ainsi qu?un journal t?l?vis? en ligne n?est pas compatible avec ces imp?ratifs.  Les nouveaux m?dias exigent une nouvelle forme de narration qui propose un univers ? part enti?re, immersif et participatif (narration transm?diatique), qui ne d?coule d?aucun ancien m?dia particulier. Ces transformations vers de nouvelles formes de r?cit vont pousser les entreprises de presse ? red?finir leur r?le et leurs mod?les d?affaires. Le secret est d?sormais de produire des contenus ?ditoriaux qui attirent et rassemblent les gens et leur donnent en m?me temps quelque chose ? faire dans le but d?intensifier l?engagement des audiences. La presse est ainsi en mesure d?optimiser son march? de vente qui est un march? biface, constitu? en amont des annonceurs ? qui on vend les audiences et en aval des consommateurs ? qui on vend les produits ?ditoriaux.

A titre d?illustration th?orique, si nous essayons de plonger le magazine people Nyanga de Sopecam dans l?univers de la narration transm?diatique, intuitivement on voit se r?v?ler un ?norme potentiel en termes d?audience web, aupr?s des jeunes notamment (les ? digital natives ?). Deux cent mille (200 000) abonn?s ? 100 F CFA, ce qui est tr?s loin d??tre une ambition commerciale ?lev?e, rapportent un revenu abonnement de 20 millions F CFA par num?ro. Un million d?abonn?s ? 25 F CFA rapportent un revenu abonnement de 25 millions F CFA par num?ro, mais dans ce cas de figure, on dispose d?un million de visiteurs uniques ? fid?liser par des offres personnalis?s et d?autres produits d?riv?s (gratuits ou semi-payants) du magazine lui-m?me ou du groupe de presse, dans le but d?augmenter le nombre de pages que chacun consulte et le temps qu?il y passe.  Le magazine Nyanga disposerait ainsi en plus des abonnements, pour son march? en amont des annonceurs potentiels d?un produit commercial dont les caract?ristiques sont les suivantes : ? une audience internet de un million de visiteurs uniques, dont chacun consulte en moyenne X pages web et passe un temps moyen de Y minutes par jour; cette audience ?tant susceptible selon le besoin de l?annonceur d??tre segment?e suivant les caract?ristiques socio?conomiques et/ou les pr?f?rences des visiteurs uniques.? (NB : l?intelligence artificielle permet aujourd?hui d?analyser les habitudes et les pr?f?rences des internautes, et donc de faire une segmentation de la cible, une s?lection de leurs centres d’int?r?t, un ciblage plus important et une personnalisation des contenus ?ditoriaux et des publicit?s). Il ne revient ensuite qu?? la force de vente du magazine d?optimiser les revenus financiers susceptibles d??tre g?n?r?s par ce produit aupr?s des annonceurs. Si un visiteur unique est vendu ? un annonceur donn? ? 25 centimes F CFA par jour pour un certain type de publicit? digitale, ce seul contrat g?n?re un revenu de 250 000 F CFA par jour. Plus l?audience internet est ?lev?e, plus le prix de vente en ligne devient faible, plus le journal est accessible ? un plus grand nombre, plus les revenus permettant d?am?liorer la qualit? des contenus ?ditoriaux augmentent. Ainsi, la vente des publicit?s aux annonceurs en amont soutient la production des contenus ?ditoriaux de qualit? pour les consommateurs en aval ; les contenus ?ditoriaux de qualit? eux-m?mes d?veloppent le trafic web qui est le produit vendu aux annonceurs en amont. Notons que par souci de simplicit? et d?intelligibilit?, nous avons fait le choix de faire abstractions des techniques de publicit? utilis?es dans la presse en ligne (fen?tres pop-up, info-bulles, banni?res web, liens sponsoris?s, etc.).                

  • L?adaptabilit? des comp?tences et la qualit? de l?information comme gages de survie de la presse

L?adaptabilit? et la mise ? niveau de ses comp?tences pour un journaliste de l??re du num?rique est obligatoire, afin de pouvoir cibler un plus grand nombre de lecteurs et afin de pouvoir proposer des contenus de qualit? ; c?est le meilleur moyen de faire face ? des propositions de contenus venant de personnes ext?rieures aux codes du journalisme. Cela est ?galement le meilleur moyen de lutter contre un nouveau risque de notre ?poque : les fakes news. Plus que jamais les journalistes ont la responsabilit? d??crire, de le faire correctement, et que le r?sultat soit juste, car plus que par le pass?, dans un contexte o? le citoyen fait de moins en moins confiance aux institutions, c?est la confiance qu?a le lecteur aux journalistes qui fait la puissance de la marque de presse.

Les journalistes sont d?sormais appel?s ? comprendre et ? adh?rer ? de nouvelles strat?gies de cr?ation de valeur, notamment par le digital, ce qui n??tait pas leur pr?occupation premi?re quand la presse ?tait plus riche. Ils doivent donc se familiariser avec les nouvelles ?critures, puisque le digital met ? disposition du journaliste quantit? de moyens dont il ne pouvait disposer jusque-l?. Ces nouvelles ?critures transm?dia combinent et int?grent les outils de narration (textes, hypertextes, sons, images, vid?os), les outils de g?n?ration et d?optimisation du trafic web (navigation, r?f?rencement, personnalisation, flux RSS, etc.) et les outils de e-commerce (paiement en 1 clic). 

  • La digitalisation comme nouvelle source de revenus pour la presse publique

A l??re num?rique, les citoyens sont de plus en plus sur internet et dans les r?seaux sociaux. L??conomie de l?internet est bas?e sur la mon?tisation de la data (donn?es/informations) que les entreprises poss?dent ou g?n?rent par leur activit? et du trafic web qu?elles sont susceptibles de g?n?rer sur leurs diff?rentes plateformes digitales. Le big data que poss?de l?entreprise de presse publique est destin? ? ?tre transform?e en de contenus ?ditoriaux qui sont con?us comme des aimants qui attirent et fid?lisent les consommateurs potentiels que sont les internautes, de mani?re ? g?n?rer un abondant trafic mon?tisable sur ses diff?rentes plateformes digitales.  La survie de la presse publique est tributaire de ce changement de culture paradigmatique qu?impose l??re num?rique ? la presse.

  • Epilogue?

Au terme de cette le?on inaugurale, il importe de retenir une id?e simple mais fondamentale : la question n?est plus, aujourd?hui, de savoir si entre presse publique ou priv?e et pouvoir politique pluriel il y a inf?odation, antagonisme, relation collaborative, incestueuse, torrentielle, conflictuelle, servile ou terreur amoureuse. La seule question qui vaille la peine d??tre pos?e est la suivante : le journaliste est-il pr?t ? faire le saut qualitatif et apparemment terrifiant quoique fascinant vers le num?rique total ?

Est-il pr?t ? d?passer le clivage surann? (du moins potentiellement) entre

  1. Homo scribens (l?homme qui ?crit) / presse ?crite?;
  2. Homo loquens (l?homme qui parle) / presse radiophonique?;
  3. Homo imago (l?homme – image) / presse t?l?vis?e pour devenir un homo ??digitalis????

Je sais que, dans la salle, la majorit? des journalistes r?pondra ? OUI ? ? Mais, nous n?avons pas de financement pour le recyclage des journalistes, les salaires des nouveaux journalistes digitaux et l?achat des ?quipements.

Sachez qu?en dehors des efforts multidimensionnels que fournissent les Etats ? travers le monde, chaque organe de presse doit chercher ses ressources endog?nes pour transformer de mani?re radicale l?esprit et la finalit? de l??quipe r?dactionnelle qui doit devenir, absolument, une entreprise scripto-audio-visio-digitale. Il s?agit d?un vouloir-faire, d?un savoir-faire, d?un pouvoir-faire au confluent de la volont? du savoir et du pouvoir m?diatiques. Avec, comme ?picentre, la V?rit?. Celle-ci n?est ni ? gauche, ni ? droite, ni au centre pour utiliser des termes li?s au jargon politique. Comme, Dieu, elle EST.

Souvenez-vous de la phrase apodictique de Yahv? : ? je suis celui qui est ?. Comme disaient les Latins, ? Veritas se ipsa defendet ? (la v?rit? se d?fend d?elle-m?me).

D?fendez-vous, vous vous-m?mes, dans le Bien, le Beau et le Vrai.

Et, comme le soleil d?Afrique, illuminez le monde, par votre ?tince lance. Je vous remercie de votre bienveillante attention.

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