Nouveau passeport burkinab?: quelles le?ons?

?Au Burkina, la mention ?Cedeao? dispara?t des passeports?. Dans sa version num?rique du 4 septembre 2024, Jeune Afrique en fait un grand titre.

Selon le magazine panafricain, ?le pays des Hommes int?gres ?met son passeport ?lectronique de nouvelle g?n?ration sur lequel ne figure plus le sigle de la Communaut? ?conomique des ?tats de l?Afrique de l?Ouest?. A plus d?un titre, cette actualit? est ? la fois signifiante et embl?matique. De par les enjeux et dynamiques qui l?animent, cette actualit? pr?sente une Cedeao au sein de laquelle se joue un ensemble de tensions, reflets d?une situation g?opolitique p?nible en Afrique de l?Ouest.
En nous inspirant du sch?ma de crise expos? en juillet dernier par Omar Alieu Touray, le pr?sident de la Commission de la Cedeao, il apparait vite que les liens que tisse ?le nouveau passeport burkinab?, et au centre desquels (ou par rapport auxquels) il se situe, le renvoient ? la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l?Ouest. ?Les citoyens de ces pays (membres de l?Alliance des ?tats du Sahel) pourraient ne plus ?tre en mesure de r?sider ou de cr?er librement des entreprises dans le cadre des facilit?s mises en place par la Cedeao?, avait en effet d?clar? Omar Alieu Touray. Ce dernier avait m?me ajout? que le retrait du Niger, du Burkina et du Mali affecterait ?les conditions de voyage et d?immigration des citoyens de ces trois pays, car ils auront d?sormais ? mener des d?marches en vue de l?obtention d?un visa avant de voyager dans la sous-r?gion?. Autrement dit, la naissance de l?AES est ce qui est venu introduire une discontinuit?, comme une d?chirure dans la trame paisible et r?guli?re des choses en Afrique de l?Ouest.

Pour certains, c?est la d?sagr?gation de l?int?gration des peuples de cette partie du continent africain. Pour d?autres, cette int?gration est compromise significativement et les moyens de la faire avancer n?apparaissent plus clairement. Pour d?autres encore, ?le nouveau passeport burkinab?? pr?cipite la totalit? de l?espace ouest-africain dans le d?sarroi, et risque m?me d?enclencher un engrenage irr?sistible dans un espace-temps o? vont se lier et se d?lier plusieurs ?go?smes.

Ainsi donc, mener une r?flexion sur l?exp?rience en cours dans la Cedeao conduit ? poser la probl?matique incontournable du niveau d?int?gration des peuples africains. Au-del? du cadre juridique qui pose les principes de la libert? de circulation des personnes, la dynamique qui accompagne ce processus se caract?rise par une diversit? d?approches, diversit? qui peut s?expliquer par les contraintes multiples de l?environnement socio?conomique de chaque r?gion concern?e, d?une part, mais aussi par les moyens de contournement des obstacles qui entravent la libre circulation des personnes dans ces organisations, d?autre part. C?est que, partout en Afrique, des pesanteurs politiques et institutionnelles persistent dans un environnement de m?fiance crois?e. Elles sont essentiellement le fait de la ?non-op?rationnalisation? des dispositions des actes juridiques de ces organisations communautaires; car les ?tats engag?s dans le processus d?int?gration r?gionale restent encore des entit?s souveraines ayant une comp?tence exclusive sur leur territoire en mati?re de l?gislation et de r?glementation sur les mouvements des personnes et des biens. Et c?est bien ? ce niveau qu?il faut agir!

Jean-Ren? Meva?a Amougou

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