A travers sa campagne de lutte, dont le 20 janvier 2025 marque l?ouverture, le maire de la ville, Luc Messi Atangana souhaite assainir le cadre de vie et assurer une meilleure fluidit? routi?re dans la capitale. Dans les rangs des vendeurs ambulants, le projet chauffe d?j? des gorges.

Ils font partie du quotidien de Yaound?. De par leur omnipr?sence sur la voie publique, ils imposent ? la ville leurs silhouettes. On les voit d?ambuler sur les terre-pleins, portant sur la t?te des pyramides de friandises ou les bras charg?s de chaussures, de produits de beaut?, d?habits ou d?articles ?lectroniques. Quand les voitures sont ? l?arr?t, ils se pressent aux porti?res pour proposer leurs marchandises aux passagers. Tout un microcosme de vendeurs ambulants auquel le maire de Yaound?, Luc Messi Atangana, entend mettre fin. Son communiqu? dat? du 10 janvier 2025 stipule ?qu?? compter du 20 janvier 2025, la vente des marchandises dans les brouettes, les porte-tout, les ?tals portables, sera strictement interdite dans les rues?. Selon de bonnes sources contact?es ? la Communaut? urbaine de Yaound? (CUY), cette mesure est motiv?e, par la volont? ?d?assainir le cadre de vie des populations, d?assurer davantage la s?curit? des personnes et des biens, ainsi qu?une meilleure fluidit? routi?re, afin de redonner ? la capitale sa r?putation de ville qui offre une meilleure qualit? de vie ? ses populations et aux visiteurs?.
Cibles
Pour atteindre son objectif, Luc Messi Atangana porte ? bout de bras une action publique forte dans des sites o? pullulent vendeurs ? la sauvette et autres commer?ants ambulants (Mokolo, Elig-Effa, Village des Jeunes ? Etetak, Carrefour MEEC, Carrefour Nkolbisson, March? Central, March? Etoudi, Zone de March? Ekounou, March? Nsam (route principale), Terminus Mimboman, Mimboman Sapeurs, Emombo Paroisse et March? Essos). D?ores et d?j?, dans ces zones, l?ambition du maire de Yaound? connait son lot de pol?miques. Choqu?es par l?annonce faite par les autorit?s municipales, les visages des personnes vis?es ferment leurs visages et embuent leurs les yeux. Les uns et les autres se disent ?tr?s d??us? par cette d?cision. ?Ce 20 janvier et les jours suivants d?termineront notre avenir ? jamais?, confie Jo?l E. En posture de l?un des fondateurs et des meneurs du collectif des vendeurs ambulants du March? central de Yaound?, ce vendeur de chaussures dit ?ne pas fuir?. Au bout de ses l?vres, une exigence: ?qu?une loi interdisant la vente ? la sauvette et le commerce ambulant dans les rues de Yaound? soit adopt?e?. ?Il ne suffit pas de faire de la communication au nom de l?embellissement de la ville et de durcir la r?pression pour amener les populations ? abandonner ces activit?s. Socialement, ce n?est pas tenable! Ne serait-il pas temps d?encourager plut?t ces femmes qui se battent pour s?autonomiser et faire vivre leurs familles Il faut des dispositifs pour les amener vers l??conomie formelle?, propose Emilienne K., vendeuse ambulante de v?tements pour dames au march? d?Ekounou
Pour K?vin, jeune marchand d?accessoires pour t?l?phones portables, l?annonce de la mairie de Yaound? est un coup de pression de plus. ?On lutte d?j? contre la vie dure; on vient encore avec ?a pour nous appauvrir??, s?emporte-t-il. Pour la fin, il d?montre que les sources d?angoisse de nombreux praticiens de l?activit? commerciale itin?rante ne sont pas n?cessairement l? o? on les imagine. ?On ne fait le proc?s de personne. Mais, on sait d?j? que ceux qui vont ?tre envoy?s sur le terrain pour nous chasser de la rue feront ce qu?ils font souvent, c?est-?-dire s?enrichir avec nos ?conomies?.
Jean-Ren? Meva?a Amougou