Développement du capital humain : la FOTRAC 2026 créé une passerelle pour la jeunesse

Entre amélioration de la mobilité estudiantine, entrepreneuriat-jeunes et opportunités de la ZLÉCAF, la cérémonie d’ouverture a fait de la jeunesse et du capital humain le fil conducteur des discours officiels.

C’est peu dire que la jeunesse a occupé le devant de la scène, vendredi soir, lors de l’ouverture de la 17e édition de la Foire transfrontalière annuelle d’Afrique centrale (FOTRAC), qui se tient pour la première fois hors de la zone des Trois Frontières, au cœur de Yaoundé. Devant un parterre d’ambassadeurs, de chefs traditionnels et d’opérateurs économiques venus de toute la sous-région, les différents intervenants ont, tour à tour, présenté les jeunes non plus comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme les véritables artisans de l’intégration régionale.

Prenant la parole au nom de la Jeunesse solidaire de la CEMAC, le président de la coordination nationale-Cameroun de la Jeunesse solidaire de la CEMAC, a rappelé que «la jeunesse ne représente plus seulement une catégorie démographique. Elle est la principale force de transformation économique de notre région, porteuse d’idées, d’innovation, de créativité et d’énergie. Il nous appartient de lui offrir les outils, les compétences et les opportunités nécessaires pour créer des entreprises compétitives, générer des emplois et participer pleinement au développement de notre espace communautaire». La suite de son propos a mis au goût du jour une série de propositions concrètes en faveur des jeunes. Notamment : la création d’une plateforme numérique de promotion des jeunes entrepreneurs, ainsi que d’un système de référencement des universités de la sous-région pour faciliter la mobilité académique. Il a par ailleurs appelé au renforcement des partenariats avec les chambres de commerce et les bailleurs de fonds, ainsi qu’à la promotion des secteurs porteurs que sont l’agriculture, le numérique, le tourisme ou encore l’industrie culturelle.

Un chantier continental aussi
Ce plaidoyer a trouvé un écho dans l’intervention de la présidente du Réseau des femmes actives d’Afrique centrale (REFAC), Danielle Nlate, qui a exhorté les jeunes à «venir apprendre, venir entreprendre, venir voir les alternatives». L’esprit de sa lettre est ainsi dévoilé. La jeunesse est conviée à saisir désormais toutes les passerelles de la FOTRAC pour des débouchés économiques dans un contexte de social qui reste marqué par l’ampleur du chômage. La FOTRAC 2026 balise ainsi la voie qui doit conduire les femmes et les jeunes sur le marché continental de la ZLECAF (la Zone de libre-échange continentale africaine) ; selon des missions assumées par Danielle Nlate au Comité de la ZLECAF pour le Protocole relatif aux femmes et aux jeunes dans le commerce. Lequel vise à intégrer ces catégories sociales dans les chaines de valeur continentales et à leur permettre de passer de l’informel vers le secteur formel.

Le vice-président de la Commission de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo, élargit le débat à la notion de capital humain, clé de voûte de la transformation structurelle de la sous-région. Il dégage une réalité qui renvoie à la richesse du capital humain de la sous-région; suffisante pour constituer le troisième marché mondial, avec l’ambition de devenir le premier à l’horizon 2050. « Vous avez vu aujourd’hui des enfants nous interpeller au sujet des industries culturelles notamment. Cela signifie que l’Afrique dispose de beaucoup de choses, et c’est ici, et pas ailleurs, c’est ici même à Yaoundé qu’on en a davantage pris conscience. Donc l’appel de Yaoundé ne sera pas vain, j’en suis sûr. C’est un nouveau paradigme, et c’est en cela que la Commission se sent confortée. Elle qui accompagne le Fotrac depuis le début se sent confortée aujourd’hui, car les préoccupations du FOTRAC rejoignent pleinement celles de la CEMAC. Imaginez des enfants dont les parents cotisent parfois 5 à 6 millions pour traverser la mer, et qui parfois n’y arrivent même pas. Alors qu’avec ces 5 à 6 millions, en se mettant ensemble, ils peuvent faire des merveilles : ils ont l’innovation, ils ont la vigueur, ils ont l’intelligence. C’est à Yaoundé qu’on est venu nous le rappeler davantage. Et c’est en cela que Yaoundé, pour moi, est quelque chose d’innovant », souligne-t-il. Pour l’heure, la condition des jeunes restent des problématiques aux niveaux national et régional.

Louise Nsana

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