La situation des personnes priv?es de libert? a fait l?objet d?une observation de la Mission multidimensionnelle int?gr?e des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca) et du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l?homme (HCDH) sur la p?riode de janvier ? d?cembre 2023. Au terme de 572 visites de surveillances dans les prisons de la Centrafrique, l?organe pr?sente son rapport sur les droits de l?Homme ce 18 juillet 2024. Celui-ci fait mention des arrestations et d?tentions arbitraires et ill?gales, de tortures et mauvais traitements, la malnutrition parmi les d?tenus et de la faiblesse des services de sant?. Ici, garde-?-vue disproportionn?e et absence d?encadrement se disputent l?estrade. Et pour en donner un aper?u, Minusca et HCDH mettent des mots sur: ?la garde-?-vue ?tant par nature pr?vue pour une courte dur?e, le gouvernement ne pr?voit pas de budget alimentaire en ce sens?; apprend-on.
Tout commence dans le rapport par une pr?sentation g?n?rale de l?environnement carc?ral dans le pays. Ce sont des lieux, apprend-on, ?surpeupl?s, avec un acc?s limit? ? la nourriture, ? l?eau, ? l?assainissement et aux soins de sant? de base?. Toutes choses qui y favorisent la transmission de maladie. Le service s?y bute par ailleurs ? l?insuffisance et l?absent?isme du personnel judiciaire. ?En d?cembre 2023, le taux de pr?sence est de 71% ? Bangui et a recul? ? 49,1% en province, avec un taux d?absence injustifi? de 24,5%. L?absent?isme constat? est notamment d? ? l?ins?curit? dans certaines localit?s o? le personnel est d?ploy?, leurs conditions de travail difficiles, le manque de transport et les lacunes structurelles qui contrecarrent les processus de contr?le, de suivi et de responsabilit??, lit-on.
Bien plus, le rapport d?crit la tendance de l?arm?e et des forces de s?curit? ? proc?der ? des privations de libert? sans conformit? avec les exigences de la loi. La Minusca et le CHDH ont recens? 1500 victimes et quelques 1749 personnes attendant en prison d??tre jug?s, depuis plus de six mois pour certains. ?Cela suscite des inqui?tudes. Plusieurs ordres de d?tention ayant ?t? d?livr?s sans examen ad?quat quant ? la n?cessit? et ? la proportionnalit? de la d?tention de l?individu par rapport ? l?infraction pr?sum?e?, soulignent lesdites institutions. Elles appellent ? un respect de la constitution et ? la censure des entorses ? la loi.
Louise Nsana