Il a ?t? pr?sent? le 21 janvier dernier ? Paris aux hautes autorit?s fran?aises. Il le sera ce 28 janvier 2025 ? Yaound? au Pr?sident Paul Biya. Dits et non-dits de ce rapport.

La visite d?Etat du Pr?sident fran?ais, Fran?ois Hollande, en 2015 ? Yaound?, a permis de marquer un pas significatif dans le processus de r?conciliation entre le Cameroun et la France. La d?classification des archives, une ?tape capitale dans cette ?volution, avait ?t? autoris?e par l?h?te du jour. A la suite de cette visite, une commission franco-camerounaise s?est charg?e de livrer une histoire globale de la guerre de d?colonisation, principalement dans la Sanaga-Maritime et ? l?ouest du pays. Le volet ? Recherche ? de cette commission a proc?d? ? l??tude du r?le et de l’engagement de la France dans la lutte contre les mouvements ind?pendantistes et d’opposition au Cameroun, de 1945 ? 1971. Une histoire m?connue, d?voil?e selon un fil chronologique segment? par quatre sections.
Le rapport, pr?sent? ? partir d?une historiographie riche, est utile ? tous ceux qui ignorent, et ils sont nombreux d?ailleurs, notamment en France, ce triste pass? colonial. Il offre une base solide pour celles et ceux qui souhaitent faire des ?tudes sur les relations entre la France et le Cameroun ou sur l?histoire du Cameroun et plus g?n?ralement sur l?histoire coloniale de la France.
La premi?re section de ce rapport donne des indications sur les premi?res strat?gies de lutte adopt?es par la puissance colonisatrice contre les forces ?mancipatrices du Cameroun de 1916 ? 1955. Elle fait un focus sur la d?fense des int?r?ts fran?ais, le contr?le de la vie politique et les violences subies par les populations camerounaises. Cette section porte de nouveaux regards sur la mani?re dont les Camerounais se sont empar?s des id?es nationalistes, guid?s par les principaux dirigeants de l?Union des populations du Cameroun (UPC) comme Ruben Um Nyob?, F?lix-Roland Moumi?, Abel Kingu? et Ernest Ouandi?. La granularit? des analyses permet de cerner pourquoi les autorit?s fran?aises ne sont pas parvenues ? entraver, malgr? leurs efforts constants, le succ?s croissant de l?Union des Populations du Cameroun (UPC) aupr?s des populations camerounaises. Ce qui les a incit?s ? recourir ? un ensemble de m?thodes ill?gales et violentes pour contrecarrer cette influence.
Les r?v?lations contenues dans ce rapport f?chent de par la cruaut? avec laquelle la France qui se revendique ?tre le pays par excellence des droits humains, un mod?le de d?mocratie dans le monde, a plut?t favoris? le massacre d?individus qui ne se battaient que pour un peu de consid?ration.? C?est vrai qu?il y a eu des ?pisodes extr?mement tourment?s et tragiques m?me. Puisqu?apr?s l?ind?pendance, il y a eu une r?pression en Sanaga-Maritime, au pays Bamil?k?, ??? avait reconnu Hollande lors des ?changes avec les hommes des m?dias ? Yaound?. Un pass? violent qui donne l?impression qu?aujourd?hui, la France au Cameroun n?est pas un alli? de circonstance mais une puissance imp?rialiste essentiellement soucieuse de ses int?r?ts.
La deuxi?me section s?ouvre sur le point de bascule que constitue le ? moment 1955 ? dans la lutte men?e contre le mouvement ind?pendantiste et qui a abouti ? sa disparition de la sc?ne politique l?gale. L?UPC a bascul? dans le maquis par sa branche arm?e. Le rapport montre la mani?re dont les autorit?s, au premier rang desquelles Roland Pr?, ont milit? via divers r?seaux politiques au sein du gouvernement fran?ais d?Edgar Faure, et notamment du ministre de la France d?Outre-mer, Pierre-Henri Teitgen, pour obtenir la dissolution de l?UPC, de la Jeunesse D?mocratique du Cameroun (JDC) et de l?Union d?mocratique des femmes camerounaises (Udefec). Cette section 2 propose de nouvelles analyses sur la r?pression judiciaire contre les militants up?cistes. Elle d?taille les proc?d?s d?organisation et de contr?le social dont les populations de la Sanaga-Maritime ont ?t? victimes, en amont des op?rations militaires stricto sensu.
La troisi?me section mentionne que les autorit?s fran?aises ?taient plac?es au c?ur du processus de transition politique camerounaise de 1958 ? 1964, ce qui a constitu? un tournant d?cisif dans la construction du nouvel Etat. Certains acteurs fran?ais ont accompagn? la r?daction de la Constitution du Cameroun promulgu?e en mars 1960 et modifi?e en 1961 avec la cr?ation d?une R?publique f?d?rale. Ils ont favoris? l?installation d?un r?gime pr?sidentiel fort qui, malgr? la lev?e de l?interdiction de l?UPC en f?vrier 1960, a continu? ? r?primer ses militants et ses leaders ? qui, ? la diff?rence de la plupart des acteurs du champ politique camerounais, avaient refus? de se ? rallier ? au parti ? unifi? ?, puis ? unique ?, qu?Ahidjo imposait alors.
La quatri?me section de ce rapport pr?cise la corr?lation qui existe entre l?interd?pendance et l??mancipation du jeune Etat. Elle insiste sur la reconfiguration, entre 1965 et 1971, des relations d?interd?pendance entre la France et le Cameroun, ici per?ues au prisme des enjeux politiques, diplomatiques et militaires li?s ? la continuit? de la r?pression des mouvements dits d?opposition au r?gime du pr?sident Ahidjo. Cette section se concentre d?abord sur l??volution de la coop?ration militaire, qui a conduit ? la cr?ation de l?Assistance militaire technique (AMT) en 1965. Le personnel de l?AMT a jou? un r?le crucial dans la formation des cadres subalternes et sup?rieurs dans les ?coles militaires du Cameroun.
TOM
Cameroun
Les v?ritables enjeux de la derni?re ligne droite des inscriptions sur les listes ?lectorales
A la cl?ture des listes ?lectorales, le militant qui ne se serait pas inscrit aura commis une faute politique. Le non-inscrit ne sera d?aucune utilit? pour son parti puisque sa voix ne comptera pas lors des prochains scrutins.
Selon la loi ?lectorale Camerounaise, le processus ?lectoral ob?it ? plusieurs ?tapes bien ?tablies allant de l?inscription sur les listes ?lectorales au contentieux post-?lectoral. Une liste ?lectorale est un ?tat reproduisant l?identit? de toutes les personnes physiques ayant le droit de voter. Au Cameroun, l?autorit? comp?tente pour l??laboration des listes ?lectorales est Elections Cameroon (ELECAM). L?attribution de cette pr?rogative r?galienne ? une commission ?lectorale ou ? une institution ?quivalente r?pond ? une volont? de transparence et de neutralit?. Au cours de l?ann?e ?coul?e, c?est le 31 aout 2024 que ces inscriptions ont ?t? cl?tur?es. D?apr?s les chiffres d?Elecam, annonc?s le 3 septembre 2024, 755 085 nouveaux ?lecteurs ont ?t? enregistr?s, portant le total des inscrits ? 8 111 960 ?lecteurs.
Le 2 janvier 2025, la derni?re vague des inscriptions sur les listes ?lectorales a ?t? ouverte. Il faut rappeler que trois ?lections cruciales seront organis?es en 2025 dont la pr?sidentielle, les l?gislatives et les municipales. Un engouement particulier anime la classe politique camerounaise, en particulier les jeunes qui repr?sentaient d?j? 64,88% de nouveaux inscrits en 2024. Ces derniers mois, les inscriptions sur les listes ?lectorales connaissent un essor remarquable, port?es, dans les grosses agglom?rations camerounaises, par des initiatives politiques et citoyennes particuli?res. Le Rassemblement D?mocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, tout comme l?opposition, incarn?e par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), m?nent des campagnes actives sur toute l??tendue du territoire national pour emmener les populations ? s?inscrire sur les listes ?lectorales. On constate une forte activit? des responsables des unit?s politiques locales du RDPC qui s??vertuent ? inscrire le maximum possible de leurs potentiels ?lecteurs.
Le scrutin pr?sidentiel d?octobre 2025 pourra se tenir dans un contexte politique tendu sous la pr?sidence de Paul Biya. Dans son adresse ? la communaut? nationale en cette fin de l?ann?e 2024, il a pr?venu ses concitoyens des d?rives susceptibles d?entraver le bon d?roulement du scrutin. Alors que le d?bat sur sa long?vit? se renouvelle ? chaque scrutin, nombre d?acteurs de la sc?ne politique camerounaise ont annonc? leur d?termination ? le chasser du pouvoir. Paul Biya, ?g? de 91 ans, est consid?r? comme le dirigeant ?lu en exercice le plus vieux du monde.
La derni?re ligne droite des inscriptions sur les listes ?lectorales est tr?s bien enclench?e par Elecam. Les retomb?es de cette op?ration sont multiples. Ils sont tout d?abord essentiels pour garantir une repr?sentation politique ad?quate et renforcer la d?mocratie camerounaise. Ces enjeux sont ?normes pour un pays dont le nombre d?inscrits, lors des pr?c?dentes campagnes, a toujours ?t? en d?phasage avec les donn?es d?mographiques produit par le Recensement G?n?ral de la Population (RGP) de 2005
Il faut avouer que les inscriptions ouvertes le 02 janvier dernier repr?sentent l?ultime opportunit? qui s?offre aux militants retardataires, pour s?inscrire sur la listes ?lectorales. A la cl?ture des listes ?lectorales, le militant qui ne se serait pas inscrit aura commis une faute politique. Le non-inscrit ne sera d?aucune utilit? pour son parti puisque sa voix ne comptera pas lors de ces scrutins. Il aura commis du tort ? son organisation partisane parce qu?il l?aurait d?pouill? d?une opportunit?, celle d?accroitre son suffrage. Pour les potentiels candidats ? une candidature, ils seront purement et simplement in?ligible. Ceux qui aspirent ? des responsabilit?s politiques futures devraient donc s?ex?cuter ? honorer cette premi?re formalit?. La non inscription d?un militant engag? pourrait aussi traduire son refus ? ?tre le candidat de son parti et de pouvoir le repr?senter au sein des organes de gestion politique de l?Etat.
Il y?a donc, pour le citoyen lambda et le militant, un imp?rieux devoir ? ne pas rater ce dernier train des inscriptions sur les listes ?lectorales. Les exp?riences ?lectorales pr?c?dentes ont parfois d?montr? que le jeu ?lectoral ?tait d?j? pli? d?s la phase des inscriptions sur les listes. Le parti qui a toujours inscrit le plus de militants a, in?luctablement, remport? le vote. Dans cet exercice, l?opposition camerounaise a presque toujours ?t? absente. Elle rentre g?n?ralement dans le jeu ?lectoral lorsque les d?s sont pip?s bien ? l?avance. La bataille des inscriptions sur les listes ?lectorales est, depuis le d?but de l??re multipartite, toujours remport?e par le parti au pouvoir. Ce qui garantit ? Biya une longueur d?avance sur ses adversaires.
La d?mocratie ne s?exprime pas toujours dans la rue et sur les plateaux de t?l?vision. C?est dans les urnes qu?elle s?exprime le mieux. Et c?est d?j? maintenant que les pr?sidentielles se jouent.