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L?onard Eyoum Ngangue:?m?me pour les plus loyaux, il est difficile de maintenir un enthousiasme constant??

Le socio-politiste camerounais d?crypte les scores obtenus par Paul Biya de 2011 ? 2025. Merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, comment interpr?tez-vous les r?sultats ?lectoraux de Paul Biya en 2025, avec 53,66 % contre 77,99 % en 2011 et 71,28 % en 2018?? Ah, les chiffres? ils ont cette capacit? ?trange de raconter des histoires que les mots seuls ne peuvent traduire. Si l?on observe ces trois scrutins, il y a un glissement constant, presque dramatique : on passe d?un sommet ?clatant ? un sommet plus modeste. 77,99 %, c??tait l??poque o? la victoire semblait un tsunami. 71,28 %, en 2018, laissait deviner des remous sous la surface. Et 53,66 % en 2025 ?voque un courant plus tranquille, moins imposant, mais toujours suffisant pour garder la rive. C?est une ?rosion lente mais certaine, reflet ? la fois de la soci?t? et du temps qui passe.  Certains observateurs soulignent que cette baisse pourrait signaler une contestation populaire. Partagez-vous cet avis?? Absolument. Ce score plus ? humain ? que les pr?c?dents n?est pas anodin. Il refl?te un contexte de m?contentement, notamment dans les r?gions anglophones et chez les jeunes urbains. La population camerounaise a chang??: elle est plus jeune, plus connect?e, plus exigeante. Les manifestations post-?lectorales, m?me limit?es, sont le signe d?une soci?t? qui demande plus de transparence et d?inclusion. Si les urnes peuvent parler, elles chuchotent aujourd?hui l? o? autrefois elles hurlaient ? victoire ?. Peut-on parler d?une perte de l?gitimit? pour Paul Biya?? Le mot ? l?gitimit? ? est d?licat. Paul Biya reste majoritaire et ses scores lui assurent une continuit? incontestable du pouvoir. Mais le consensus qui l?entourait autrefois s?amenuise. Le symbole d?un pr?sident ? vie reste puissant, mais la montagne semble s?user ? force de vent et de pluie?: le sommet est toujours l?, mais il est plus fragile qu?avant. C?est une l?gitimit? qui tient par la force des institutions et par la m?moire collective, plut?t que par l?enthousiasme unanime.  Comment expliquer alors que le pr?sident continue de gagner malgr? cette ?rosion?? Plusieurs facteurs. D?abord, le syst?me politique camerounais favorise stabilit? et continuit??: contr?le des institutions, influence m?diatique, ancrage dans les r?gions rurales. Ensuite, le vote urbain ou contestataire reste minoritaire en pourcentage du corps ?lectoral global. Enfin, il y a une dimension symbolique?: Paul Biya incarne un certain ordre, et pour une partie de la population, l?alternance ?voque davantage l?inconnu que l?espoir. Le pr?sident n?a pas seulement une base ?lectorale?: il a un socle historique et institutionnel. Peut-on parler d?une ?volution du paysage politique camerounais??  Oui, ind?niablement. La baisse r?guli?re du score est le t?moin d?une diversification politique. L?opposition gagne du terrain, m?me si elle reste fragment?e. Les jeunes votent diff?remment, les m?dias sociaux influencent l?opinion, et les crises locales deviennent des facteurs de vote. Le paysage politique ne change pas de pr?sident, mais il se transforme dans ses attentes et ses revendications. Il y a une tension subtile entre continuit? et transformation, o? chaque ?lection devient un miroir des ?volutions sociales et culturelles du pays.  Certains analystes ?voquent un ? effet de l?usure du pouvoir ?. Comment le d?finiriez-vous dans ce contexte?? L?usure du pouvoir, c?est ce m?lange de fatigue et de routine qui ronge l?image d?un dirigeant. Paul Biya est au sommet depuis plus de quarante ans. M?me pour les plus loyaux, il est difficile de maintenir un enthousiasme constant. L?usure ne signifie pas la fin, mais elle modifie le rapport entre le pr?sident et son peuple, impose des ajustements et n?cessite une communication renouvel?e. C?est un peu comme un vieux fleuve?: il continue de couler, mais ses rives se modifient avec le temps. La chute des scores a-t-elle une dimension r?gionale?? Oui, et c?est fondamental. Dans les r?gions anglophones, par exemple, la contestation est plus marqu?e. Dans les grandes villes comme Douala et Yaound?, le vote est plus critique, davantage orient? vers l?opposition. Mais dans les campagnes, les r?sultats restent largement favorables au pr?sident. La fracture urbaine-rurale devient donc un facteur d?terminant pour comprendre ces chiffres. Chaque r?gion a son histoire et ses attentes, et l??rosion du score global refl?te la complexit? de ce tableau. Quelles le?ons peut tirer le pouvoir de cette dynamique?? Plusieurs. Il est clair que la communication doit ?tre repens?e, que les politiques publiques doivent r?pondre aux pr?occupations des jeunes et des zones urbaines, et que la transparence devient un imp?ratif. L?histoire montre que l??rosion des scores n?est pas seulement un indicateur de contestation?: c?est un signal pour ajuster, adapter, et anticiper. Ignorer ces signaux serait dangereux. Que peut-on attendre des prochaines ?lections?? Si la tendance se confirme, les scrutins futurs pourraient ?tre plus serr?s et plus disput?s. L?opposition pourrait capitaliser sur l?urbanisation, les r?seaux sociaux et le d?senchantement d?une partie de la population. Mais il faut rappeler que Paul Biya sait naviguer dans la complexit? politique, ajuster ses alliances et pr?server une base fid?le. C?est une danse subtile entre continuit? et concessions, o? chaque mouvement compte. Un dernier mot pour nos lecteurs, qui observent cette chute apparente des scores avec inqui?tude ou fascination??  Les chiffres racontent une histoire, mais ils ne disent pas tout. Derri?re 53,66 %, il y a un pays qui change, des aspirations nouvelles, et une d?mocratie en mutation. Paul Biya reste au pouvoir, oui, mais le paysage autour de lui s?anime et se transforme. Pour paraphraser un po?te?: ? M?me la montagne la plus ancienne sent le vent du temps et voit les nuages passer ?. Il faut lire ces urnes non seulement comme un triomphe ou une d?faite, mais comme le miroir d?une soci?t? en mouvement, o? chaque citoyen devient acteur d?un r?cit encore en ?criture. Propos recueillis par Jean Ren? Meva’a Amougou

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Le Cameroun ? l’?preuve du d?sespoir : une interrogation sur l’avenir imm?diat

En ces heures sombres o? le Cameroun, cette terre de nos anc?tres, est secou? par des convulsions violentes, une angoisse profonde et existentielle m’?treint. Au-del? de l’imm?diatet? des troubles, ce sont les fondements m?mes de la r?silience quotidienne de notre peuple qui sont ?branl?s, me poussant ? une s?rie de r?flexions d?sol?es sur le jour d’apr?s. I. L’asphyxie progressive : La fin des ressources vitalesLa crise actuelle n’est pas seulement une rupture ponctuelle ; c’est un processus d’?puisement qui menace de laisser un vide derri?re lui.L’isolement num?rique : Dans une ?conomie de plus en plus d?mat?rialis?e, que deviendront nos concitoyens lorsque leurs forfaits t?l?phoniques, ce dernier lien avec le monde, l’information et les opportunit?s, arriveront ? expiration ? O? trouveront-ils le capital, ne serait-ce que pour cette recharge vitale, quand les circuits ?conomiques ordinaires sont paralys?s ? Cette question, en apparence anodine, symbolise l’effondrement des r?seaux de communication et d’?change.La menace de la faim : Aujourd’hui, la pr?occupation est dans les marmites. Mais que se passera-t-il demain, lorsque les derni?res r?serves seront consomm?es ? Cette angoisse est celle de la disette qui guette, du retour ? une pr?carit? alimentaire que l’on croyait r?volue. C’est la peur de voir le repas familial, ce ciment social, devenir un luxe inaccessible. II. L’an?antissement des filets de s?curit? ?conomique informelle Le v?ritable drame se joue au niveau de ces millions de Camerounais dont la survie d?pend d’une ?conomie de d?brouillardise et de courage, aujourd’hui m?thodiquement d?mantel?e.Le sacrifice des mamans d?brouillardes : Que dire de ces h?ro?nes anonymes, ces m?res et ces filles qui, bravant les intemp?ries et l’inconfort, installent leurs braises et leurs comptoirs au bord des routes pour braiser du poisson, griller du plantain ou du ma?s ? Elles ne sont pas seulement des commer?antes ; elles sont les piliers ?conomiques de leurs familles, assurant la scolarit? des enfants, les soins de sant? et le loyer. Les voir aujourd’hui priv?es de leur outil de travail ? leurs comptoirs r?duits en cendres, leurs marmites bris?es ?, c’est assister ? la destruction programm?e de la r?silience familiale. Comment, sans capital, sans soutien, pourront-elles se relever ? III. La destruction du capital et l’h?ritage bris? de l’entrepreneur Enfin, au-del? de l’?conomie de subsistance, c’est le tissu entrepreneurial camerounais qui est saign?.La perte d’un patrimoine et d’un avenir : Comment mesurer l’ampleur du d?sastre pour ces compatriotes qui, apr?s des ann?es de labeur et de sacrifices, ont vu leurs boutiques, ateliers et petites entreprises syst?matiquement pill?s, vandalis?s ou r?duits en cendres ? Ils ne perdent pas seulement un stock de marchandises ou un local ; ils voient s’envoler le fruit de toute une vie d’?pargne, l’h?ritage qu’ils comptaient transmettre ? leurs enfants, et l’emploi qu’ils procuraient ? leur communaut?. Leur demander « comment ils vont faire » revient ? leur demander de recommencer ? z?ro, sans moyens, dans un environnement de d?fiance et de peur. Conclusion : Une nation au bord du pr?cipice Ces questions ne sont pas rh?toriques ; elles sont le cri ?touff? d’un peuple confront? ? une r?gression sociale et ?conomique dramatique. La v?ritable inqui?tude n’est pas seulement dans les destructions visibles, mais dans l’effondrement silencieux qui suivra : l’appauvrissement g?n?ralis?, la perte de confiance, et la fracture durable du lien social. Le d?fi, pour le Cameroun de nos anc?tres, ne sera pas seulement de panser ses plaies, mais de retrouver les moyens de sa dignit? et les ressorts de son esp?rance. Dr BITANG Marcel Yves

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Jean-Paul Ngwem: ? quand la marmite est vide, la macro?conomie devient une langue morte ?

Un score, une strat?gie. D?cryptage du politologue. 35 % pour Tchiroma, c?est un score historique. Qu?est-ce que cela r?v?le selon vous ? C?est un tremblement de terre politique. Le Cameroun n?a pas l?habitude des surprises ?lectorales, surtout venant d?un homme que beaucoup voyaient comme quelqu?un en panne d?arguments apr?s avoir d?missionn? juste quelques mois avant le scrutin du 12 octobre 2025. Vous parlez de vote ? ventral ? ? Oui ! Les Camerounais n?en peuvent plus des discours sur les taux de croissance ou les autoroutes. Tchiroma a su transformer le d?sespoir collectif en capital ?lectoral. Le peuple a vot? avec son ventre, pas avec les bilans. Quand la marmite est vide, la macro?conomie devient une langue morte. Tchiroma a su parler ce langage oubli? : celui de la faim. Il a fait de la pauvret? un sujet noble et de la mis?re un drapeau. C?est ? la fois tragique et brillant.Comment expliquez-vous son immense succ?s aupr?s de la diaspora ?Il a retourn? la question de la double nationalit? ? son avantage. L? o? certains y voyaient une trahison, il en a fait un symbole d?ouverture. La diaspora s?est reconnue en lui parce qu?il est un pont entre deux mondes : celui du Cameroun des embouteillages et celui des papiers administratifs europ?ens. Pour une fois, les Camerounais de l??tranger ont eu le sentiment que leur voix comptait. Issa Tchiroma a souvent ?t? moqu? pour son style burlesque. Ce ton l?ger a-t-il jou? pour lui ? Absolument. Le Cameroun adore le rire, surtout quand tout va mal. Tchiroma a compris que l?humour est une arme politique redoutable. Il s?est pr?sent? comme un candidat du bon sens, celui qui dit tout haut ce que tout le monde chuchote. Le peuple s?est dit : ? Au moins, lui, il nous comprend ?. C?est de la communication ?motionnelle ? l??tat pur.Peut-on parler d?un vote de rupture ?Oui, mais pas id?ologique. C?est une rupture de patience. Les Camerounais ne veulent plus qu?on leur parle de b?ton, ils veulent du bouillon. Ce vote est une gifle symbolique adress?e au pouvoir central : ? vos routes sont belles, mais nos marmites sont vides ?. 35 %, c?est un bulletin d?humeur national. Comment r?agit le ? syst?me ? ? ce s?isme ? Avec incr?dulit?, comme vous pouvez l?imaginer. On fait semblant de ne pas comprendre, on cherche des causes techniques. Mais le message est clair : il existe un foss? entre la politique officielle et la r?alit? quotidienne. Tchiroma a mis le doigt ou la cuill?re dans la plaie. Et sur le plan sociologique ? Ce score r?v?le un ?lectorat en mutation. Les jeunes, les pr?caires, les citadins d?brouillards, la diaspora : ils ont trouv? en Tchiroma une figure anti-syst?me, mais joyeuse. Il ne promettait pas le paradis, juste de quoi survivre avec dignit?. C?est ce r?alisme qui a s?duit. Certains disent que c?est un vote de la d?rision. Vous ?tes d?accord ? Oui, mais attention : la d?rision n?est pas la b?tise. C?est la sagesse du peuple quand il a tout essay?. Quand on rit du pouvoir, c?est qu?on n?en a plus peur. Le burlesque de Tchiroma, c?est une forme de r?sistance douce. Derni?re question : que reste-t-il apr?s ce s?isme ? Une ?vidence. Le Cameroun n?a pas chang? de pr?sident, mais il a chang? de conversation. On ne parle plus d?inaugurations, on parle de survie. Et ?a, c?est d?j? une r?volution silencieuse. Propos recueillis par JRMA

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Voil? ?a!: les images du Cameroun vers?es dehors

Oui ces images partag?es du Cameroun partout dans le monde sont ce que nous sommes vraiment. Aujourd?hui, nous camerounais incarnons ce que nous avons toujours m?pris? chez les autres Africains? Nous, les Camerounais, nous sommes devenus ce pays africain o? un dictateur sanguinaire, le plus vieux du monde, s?accroche jusqu?a ses 100 ans au pouvoir dans sa tremblote, tandis que les plus jeunes n?arrivent souvent pas ? vivre au-del? de 50 ans? si l?on peut encore appeler cela ? vivre ?. Oui, nous sommes devenus ce pays-l?. Quand on prononcera ? Cameroun ?, ce sera d?sormais le nom d?un pays o? les gendarmes sont devenus des tontons macoutes, tirant ? balles r?elles dans les rues de Douala, Garoua, Bafoussam? O? une tribu traque ou assujettit les autres. O? l??pouse du pr?sident d?un pays pauvre se pavane dans l?extravagance des sacs Louis Vuitton ? 20 millions de francs CFA, pendant qu?on meurt dans les h?pitaux publics faute de pouvoir payer 10 000 francs CFA.Oui, depuis quelques jours nous sommes devenus tout cela aux yeux du monde. Nous sommes devenus cette d?mocratie banani?re o? des vieux noirs aux perruques de vieux blancs prends 15 jours pour tricher. Et d?s qu?un candidat gagne une ?lection contre le pr?sident qui se veut pr?sident a vie, des commandos et des tireurs d??lite viennent arr?ter ses membres et disent au peuple qu?ils commettaient un coup d??tat. Un narratif classique d?un pays digne d?un Far West, qu?ils appellent R?publiques juste pour profiter des institutions invent?es par le g?nie du Blanc et s?accaparer les biens des autres, ce que leurs villages n?auraient jamais permis. Quand les Blancs le disaient dans le film Africa Adioo, je les traitais de racistes : ? Maintenant que le Blanc est parti, l?Afrique Noire est foutue ?, disaient-ils. Et pourtant? c?est exactement ce qu?est devenu le Cameroun : une chose du Blanc, tropicalis?e avec les exc?s, la boulimie et les tares du Noir. Des gens ?go?stes, m?chants, incapables : les vieux prennent tout, laissant leurs enfants exsangues ; le peuple est trait? comme des b?tes, assassin? par ses propres dirigeants ; la corruption est un mot faible, l?argent du pays ne construit rien, il sert ? acheter tout le monde : religieux, imams, chefs traditionnels, dont le r?le est vid? de sa substance. On prie pour le dictateur et sa femme, on les b?nit, on leur donne des pouvoirs traditionnels? Nous sommes devenus ce pays qui n?a rien contre le voleur, le menteur, le fraudeur et le tricheur. Quand on voit ce que le Cameroun est devenu, je me demande qui a donn? au blanc cette monstrueuse id?e de faire de nous une R?publique ? Nous, les Camerounais, qui avons longtemps regard? le reste de l?Afrique avec m?pris, retournons sur nous-m?mes ce regard. Pourquoi n?avons-nous pas vu depuis des d?cennies notre propre descente aux enfers, celle qui pousse chaque jour davantage de jeunes ? fuir le pays sans qu?on ne dise jamais rien ? Aujourd?hui, il n?y a pas un seul pays au monde ou on ne trouve pas un Camerounais? et pour ces jeunes qui fuient, tout est d?sormais ailleurs, sauf le Cameroun. Qu?esp?rions-nous donc ? Que le monde ne nous verrait jamais ? Que Roger Milla et Samuel Eto?o suffiraient ? masquer la r?alit? ? Que le reste du monde continuerait ? chanter nos louanges ? Ces yeux voil?s du monde, qui n?ont jamais su ce qui se passait au Cameroun, un pays invisibilis? depuis les luttes nationalistes? pensez-vous qu?ils ne verraient jamais l?an?antissement du g?nie camerounais ? Voici donc les images du Cameroun, partag?es partout dans le monde. Des images qui sont un miroir de la honte. Et je vous souhaite de ressentir, comme moi, le saisissement d??tre vus. Tom

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Afrique : des dirigeants vieillissants s?accrochent au pouvoir sur un continent jeune

Le pr?sident camerounais Paul Biya incarne le ? Big Man ? anachronique qui freine son pays. L?Afrique a un probl?me encore plus s?rieux que les ?tats-Unis : des politiciens vieillissants qui refusent de c?der le pouvoir. Le Cameroun en est un exemple embl?matique. Lundi, le gouvernement a annonc? que le pr?sident Paul Biya, ?g? de 92 ans, a ?t? r??lu pour un nouveau mandat de sept ans. Le qualifier de ? vainqueur ? est g?n?reux, puisque l??lection a presque certainement ?t? truqu?e. Sans surprise, cette annonce a provoqu? des troubles dans un pays de 29 millions d?habitants, o? l??ge m?dian est de 18,9 ans et plus de 70 % de la population a moins de 35 ans. La grande majorit? des Camerounais n??taient m?me pas n?s lorsque Biya a pris le pouvoir en 1982.L?Afrique, le continent le plus jeune, reste domin?e par des hommes ?g?s, coup?s depuis longtemps des sentiments populaires. D?j? le chef d??tat le plus ?g? du monde, Biya approchera les 100 ans s?il termine son huiti?me mandat. Le pr?sident du Togo a 86 ans. Celui du Malawi, 85 ans. Celui de la C?te d?Ivoire, 83 ans. Cette g?rontocratie cr?e une situation explosive qui promet presque assur?ment des conflits futurs. Biya illustre le ? Big Man ? ? l?africaine ? l?ancienne : un dirigeant souvent charismatique et autocratique, qui maintient son pouvoir gr?ce ? un m?lange de client?lisme, de largesses et de brutalit?. Parmi les ? Big Men ? actuels figurent le pr?sident ougandais Yoweri Museveni, 81 ans, candidat ? sa r??lection l?an prochain ; Denis Sassou Nguesso, 81 ans, pr?sident du Congo depuis plus de 40 ans ; et Isaias Afwerki, pr?sident de l??rythr?e, 79 ans, au pouvoir depuis 1993. Un relatif nouveau venu est Emmerson Mnangagwa, pr?sident du Zimbabwe, 83 ans, arriv? au pouvoir en 2017 et qui envisage de se repr?senter en 2028. Comme dans de nombreux pays d?Afrique, les ?lections au Cameroun sont largement des spectacles destin?s ? l?gitimer la mainmise de l?incubent sur le pouvoir. Les victoires de Biya ont toujours ?t? marqu?es par des fraudes g?n?ralis?es, le bourrage d?urnes et l?intimidation des opposants. Le peuple manifeste clairement son d?sir de changement. Biya passe une grande partie de son temps en Suisse, accumulant des dizaines de millions de francs en frais d?h?tel. M?me sa fille de 27 ans, c?l?bre pour son style de vie luxueux affich? sur les r?seaux sociaux, a publi? un mois dernier une vid?o appelant les gens ? ne pas voter pour son p?re, l?accusant de la souffrance nationale. Le principal challenger de Biya, Issa Tchiroma Bakary, a servi dans son gouvernement jusqu?en juin. Mais la commission ?lectorale a interdit au leader de l?opposition le plus populaire, Maurice Kamto, de figurer sur le bulletin. (Kamto a pass? neuf mois en prison apr?s avoir revendiqu? sa victoire lors de l??lection de 2018.) La vraie d?mocratie sert de soupape de s?curit? permettant ? une population jeune d?exprimer son d?sir de changement. L?alternative est qu?elle se tourne vers la violence, voire le terrorisme. Biya a trouv? le moyen de rester au pouvoir, mais les tables actuarielles et la d?mographie du continent rendent le changement in?vitable. Heureusement, les ?lections ? l?gitimes ? sont d?sormais plus nombreuses que les coups d??tat en Afrique. Il existe de plus en plus d?exemples de partis au pouvoir perdant leur majorit? au parlement et de pr?sidents battus acceptant de c?der le pouvoir apr?s le comptage des voix. Les ? Big Men ? livrent leurs derni?res batailles. Source : New York Times

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Crises post-?lectorales: le Grand nord dans la tourmente

Le Grand Nord s?embrase. La contestation s?organise et menace l?ordre ?tabli. Col?re froide, incendies chauds Deux semaines apr?s le processus ?lectoral d?octobre 2025, les villes du septentrion semblent fig?es. Les march?s ferment plus t?t, les ?coles restent silencieuses, et les visages se ferment. Pendant que Yaound? s?enferme dans sa tristesse, le Grand Nord bouillonne. Les villes de Garoua, Maroua, Ngong, Boukoula et Guider ont ?t? secou?es par plusieurs jours de tension. B?timents administratifs incendi?s, domiciles d?alli?s du pouvoir pris pour cibles : la col?re est sortie des discours pour s?attaquer aux symboles. ? Ils sont responsables de la mascarade ?lectorale que nous connaissons, tonne Samuel, habitant de Guider. Nous allons nous attaquer ? leurs int?r?ts. C?est la seule fa?on de rappeler ? ces ?go?stes que l?int?r?t g?n?ral doit primer ?. Ces violences traduisent un basculement : la r?gion, longtemps bastion loyaliste, se d?tache. ? Le Grand Nord sera d?sormais un autre Nord ?, avertit Hamza Aminou, cadre politique local. ? Biya devra se r?inventer pour continuer d?exister ?. La rue n?a plus peur de l?arm?e Les heurts survenus avant le scrutin ont laiss? des traces. Dans plusieurs quartiers de Garoua et Maroua, des jeunes ont os? d?fier les patrouilles, filmer les charges, riposter ? mains nues. ? La peur de l?arm?e a recul? ?, explique un militant des droits humains. ? Ce n?est plus la m?me g?n?ration. Ils savent que mourir dans le silence est pire que mourir debout ?. Cette mutation est lourde de cons?quences : la contestation se d?place d?sormais hors des structures politiques classiques, souvent d?consid?r?es, pour rena?tre dans la rue, les quartiers et les r?seaux sociaux. Une r?sistance diffuse, horizontale, insaisissable mais d?termin?e. Un mandat de trop, une l?gitimit? fissur?e Au sommet de l??tat, la victoire annonc?e a un go?t amer. Les dirigeants savent, en priv?, que le mandat qu?ils entament est celui de trop. ? Ils n?ont plus le soutien de la base ?, confie Mollah, universitaire ? Garoua. ? Ils savent que tout peut basculer si, d?s la premi?re ann?e, rien n?est fait pour redonner espoir aux Camerounais. Il faut descendre du pi?destal et servir, au lieu de r?gner ?. Ce constat, d?sormais partag? jusque dans certains cercles du pouvoir, marque un tournant. L??lection d?octobre 2025 n?a pas seulement confirm? la continuit? du r?gime ; elle a r?v?l? son isolement. Les citoyens, longtemps r?sign?s, ne craignent plus autant la r?pression. Un syst?me ? bout de souffle Le Cameroun sort de cette s?quence ?lectorale ?puis?, fractur?, m?fiant. Les institutions parlent de stabilit?, mais les signes de rupture sont partout. Le sentiment de trahison est profond, et la r?signation pourrait vite c?der la place ? la r?volte. ? La r?sistance se reconfigure?, r?sume un observateur. ? La prochaine vague ne viendra pas des partis, mais des gens ordinaires. Et elle ne demandera pas la r?forme : elle exigera le changement ?. Tom

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Tour d’horizon : Les efforts de Paris pour la paix dans la r?gion des Grands Lacs africains s’enrayent dans un climat de violence et de m?fiance.

Une importante conf?rence sur la paix et la stabilit? dans la r?gion des Grands Lacs africains s’est achev?e jeudi ? Paris, avec un focus particulier sur la crise prolong?e dans l’est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC). Malgr? de grands espoirs, la r?union s’est rapidement trouv?e confront?e aux causes profondes d’un conflit vieux de plusieurs d?cennies. Les efforts de m?diation se sont multipli?s, mais les progr?s restent au point mort, les tirs continuant de r?sonner et la m?fiance se r?pandant parmi les principaux acteurs. D?CEPTION LI?E ? LA PARTICIPATION Initialement con?ue comme un sommet de haut niveau, cette conf?rence devait r?unir de hautes personnalit?s politiques et institutionnelles, dont plusieurs chefs d’?tat africains directement impliqu?s dans la crise congolaise. ? Dans toute la r?gion des Grands Lacs, le conflit se propage ? nouveau, infiltrant les communaut?s des deux c?t?s des fronti?res congolaise, rwandaise, burundaise et ougandaise ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res, Jean-No?l Barrot, dans son discours d’ouverture jeudi. Seuls deux dirigeants africains ?taient pr?sents : le pr?sident de la RDC, F?lix Tshisekedi, et Faure Gnassingb?, pr?sident du Conseil des ministres du Togo et m?diateur d?sign? par l’Union africaine pour la crise r?gionale. La plupart des autres pays ?taient repr?sent?s par leurs ministres des Affaires ?trang?res ou des envoy?s sp?ciaux, notamment le Rwanda, autre acteur central, repr?sent? par son ministre des Affaires ?trang?res, Olivier Nduhungirehe. Depuis des d?cennies, l’est de la RDC est l’?picentre de violences r?currentes, aliment?es par un r?seau de conflits locaux et transfrontaliers. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle qui contr?le de vastes portions de territoire dans l’est de la RDC, ce que Kigali r?fute. Le Rwanda, quant ? lui, accuse la RDC de collaborer avec les Forces d?mocratiques de lib?ration du Rwanda (FDRR), un groupe impliqu? dans le g?nocide de 1994. Depuis janvier dernier, le M23, d?sormais membre de la coalition politico-militaire Alliance du fleuve Congo (AFC), s’est empar? de plusieurs villes strat?giques, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, les rebelles ont install? des administrations parall?les, fragilisant davantage l’autorit? de l’?tat et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. ? Il ne s’agit pas seulement d’une crise congolaise, mais d’une crise r?gionale ?, a d?clar? le ministre togolais des Affaires ?trang?res, Robert Dussey, ? Paris. ? C’est un ?chec collectif de la communaut? internationale ? garantir la paix et la dignit? humaine, qui devraient ?tre des droits fondamentaux. ? DES PROMESSES AUDACIEUSES SOUS LE CONTRAIRE Lors de la conf?rence, le pr?sident fran?ais Emmanuel Macron a annonc? la mobilisation de 1,5 milliard d’euros (1,74 milliard de dollars am?ricains) d’aide internationale pour faire face ? l’urgence humanitaire. Il s’est engag? ? fournir de la nourriture et des m?dicaments, ? rouvrir l’a?roport de Goma aux vols humanitaires et ? ?tablir des couloirs humanitaires s?curis?s. Mais cette d?claration audacieuse a rapidement suscit? un certain scepticisme. Dans la province du Nord-Kivu, l’a?roport de Goma reste sous le contr?le des rebelles du M23.qui ont fait de cette ville de plus d’un million d’habitants l’un de leurs principaux bastions dans l’est de la RDC. ? L’a?roport de Goma est entre les mains des autorit?s du M23? On ne peut pas rouvrir un a?roport depuis Paris ?, a d?clar? le Rwandais Nduhungirehe lors de la conf?rence. Quelques heures plus tard, le M23 a r?agi, qualifiant l’annonce de Macron d’? inopportune, d?connect?e des r?alit?s du terrain et faite sans consultation pr?alable ?. Face aux critiques, Barrot a pr?cis? que cette initiative s’inscrivait dans un processus diplomatique en cours. ? Cette conf?rence internationale a permis d’acc?l?rer les discussions sur cette question (la r?ouverture de l’a?roport de Goma), qui se poursuivront sous m?diation qatarie, avec un nouvel ?lan qui commence ici, depuis Paris ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res aux journalistes. La question, selon Barrot, sera abord?e dans le cadre du processus de Doha, canal de communication actif entre Kinshasa et les rebelles sous m?diation qatarie. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a d?clar? que la r?ouverture de l’a?roport de Goma n’aurait lieu ? qu’avec l’autorisation des autorit?s congolaises et exclusivement pour les vols humanitaires de jour ?. Lors d’une visite de correspondants de Xinhua ? l’a?roport de Goma en septembre, des signes d’abandon ?taient manifestes. Les mauvaises herbes avaient envahi le parking, contrastant fortement avec l’activit? intense qui caract?risait autrefois ce carrefour du trafic a?rien national et international. Malgr? un nettoyage limit? effectu? par les Nations Unies en d?but d’ann?e, des fragments d’?quipement militaire jonchaient encore le tarmac. LA M?FIANCE AGITE UN CONTEXTE D?LICAT. Au-del? des promesses d’aide et de corridors s?curis?s, la conf?rence de paix a cherch? ? renforcer les efforts de m?diation en cours. Cependant, la confiance mutuelle entre les parties rivales demeure fragile. Barrot a d?clar? que ? la r?ponse humanitaire ? elle seule ne suffit pas ?. Pourtant, tant sur le terrain que dans les cercles diplomatiques, la m?fiance ne cesse de s’aggraver. ? Les pourparlers de Doha marquent le d?but de la fin politique du M23 ?, a d?clar? le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, lors d’une interview accord?e aux m?dias mercredi. Ses propos ont suscit? une vive r?primande de Benjamin Mbonimpa, l’un des principaux n?gociateurs du M23 aupr?s du gouvernement congolais ? Doha : ? M?me les Qataris, pourtant r?put?s pour leur habilet? ? mener des m?diations complexes, sont stup?faits par le comportement de la d?l?gation congolaise. C’est tout simplement surr?aliste. ? De nouveaux combats ont ?clat? jeudi dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, o? les rebelles du M23 auraient repris le contr?le de la ville strat?gique de Ndete. Selon des sources s?curitaires cit?es par les m?dias locaux, plusieurs personnes ont ?t? tu?es et la situation demeure instable. Le contr?le de Ndete pourrait permettre aux rebelles de progresser plus profond?ment dans la province. Les tensions diplomatiques se sont encore exacerb?es lorsque, ? Paris, le ministre rwandais des Affaires ?trang?res a accus? Kinshasa de ? violations quotidiennes du cessez-le-feu ? par des frappes a?riennes et des attaques de drones contre des positions du

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Tour d’horizon : Les efforts de Paris pour la paix dans la r?gion des Grands Lacs africains s’enrayent dans un climat de violence et de m?fiance.

Une importante conf?rence sur la paix et la stabilit? dans la r?gion des Grands Lacs africains s’est achev?e jeudi ? Paris, avec un focus particulier sur la crise prolong?e dans l’est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC). Malgr? de grands espoirs, la r?union s’est rapidement trouv?e confront?e aux causes profondes d’un conflit vieux de plusieurs d?cennies. Les efforts de m?diation se sont multipli?s, mais les progr?s restent au point mort, les tirs continuant de r?sonner et la m?fiance se r?pandant parmi les principaux acteurs. D?CEPTION LI?E ? LA PARTICIPATION Initialement con?ue comme un sommet de haut niveau, cette conf?rence devait r?unir de hautes personnalit?s politiques et institutionnelles, dont plusieurs chefs d’?tat africains directement impliqu?s dans la crise congolaise. ? Dans toute la r?gion des Grands Lacs, le conflit se propage ? nouveau, infiltrant les communaut?s des deux c?t?s des fronti?res congolaise, rwandaise, burundaise et ougandaise ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res, Jean-No?l Barrot, dans son discours d’ouverture jeudi. Seuls deux dirigeants africains ?taient pr?sents : le pr?sident de la RDC, F?lix Tshisekedi, et Faure Gnassingb?, pr?sident du Conseil des ministres du Togo et m?diateur d?sign? par l’Union africaine pour la crise r?gionale. La plupart des autres pays ?taient repr?sent?s par leurs ministres des Affaires ?trang?res ou des envoy?s sp?ciaux, notamment le Rwanda, autre acteur central, repr?sent? par son ministre des Affaires ?trang?res, Olivier Nduhungirehe. Depuis des d?cennies, l’est de la RDC est l’?picentre de violences r?currentes, aliment?es par un r?seau de conflits locaux et transfrontaliers. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle qui contr?le de vastes portions de territoire dans l’est de la RDC, ce que Kigali r?fute. Le Rwanda, quant ? lui, accuse la RDC de collaborer avec les Forces d?mocratiques de lib?ration du Rwanda (FDRR), un groupe impliqu? dans le g?nocide de 1994. Depuis janvier dernier, le M23, d?sormais membre de la coalition politico-militaire Alliance du fleuve Congo (AFC), s’est empar? de plusieurs villes strat?giques, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, les rebelles ont install? des administrations parall?les, fragilisant davantage l’autorit? de l’?tat et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. ? Il ne s’agit pas seulement d’une crise congolaise, mais d’une crise r?gionale ?, a d?clar? le ministre togolais des Affaires ?trang?res, Robert Dussey, ? Paris. ? C’est un ?chec collectif de la communaut? internationale ? garantir la paix et la dignit? humaine, qui devraient ?tre des droits fondamentaux. ? DES PROMESSES AUDACIEUSES SOUS LE CONTRAIRE Lors de la conf?rence, le pr?sident fran?ais Emmanuel Macron a annonc? la mobilisation de 1,5 milliard d’euros (1,74 milliard de dollars am?ricains) d’aide internationale pour faire face ? l’urgence humanitaire. Il s’est engag? ? fournir de la nourriture et des m?dicaments, ? rouvrir l’a?roport de Goma aux vols humanitaires et ? ?tablir des couloirs humanitaires s?curis?s. Mais cette d?claration audacieuse a rapidement suscit? un certain scepticisme. Dans la province du Nord-Kivu, l’a?roport de Goma reste sous le contr?le des rebelles du M23.qui ont fait de cette ville de plus d’un million d’habitants l’un de leurs principaux bastions dans l’est de la RDC. ? L’a?roport de Goma est entre les mains des autorit?s du M23? On ne peut pas rouvrir un a?roport depuis Paris ?, a d?clar? le Rwandais Nduhungirehe lors de la conf?rence. Quelques heures plus tard, le M23 a r?agi, qualifiant l’annonce de Macron d’? inopportune, d?connect?e des r?alit?s du terrain et faite sans consultation pr?alable ?. Face aux critiques, Barrot a pr?cis? que cette initiative s’inscrivait dans un processus diplomatique en cours. ? Cette conf?rence internationale a permis d’acc?l?rer les discussions sur cette question (la r?ouverture de l’a?roport de Goma), qui se poursuivront sous m?diation qatarie, avec un nouvel ?lan qui commence ici, depuis Paris ?, a d?clar? le ministre fran?ais des Affaires ?trang?res aux journalistes. La question, selon Barrot, sera abord?e dans le cadre du processus de Doha, canal de communication actif entre Kinshasa et les rebelles sous m?diation qatarie. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a d?clar? que la r?ouverture de l’a?roport de Goma n’aurait lieu ? qu’avec l’autorisation des autorit?s congolaises et exclusivement pour les vols humanitaires de jour ?. Lors d’une visite de correspondants de Xinhua ? l’a?roport de Goma en septembre, des signes d’abandon ?taient manifestes. Les mauvaises herbes avaient envahi le parking, contrastant fortement avec l’activit? intense qui caract?risait autrefois ce carrefour du trafic a?rien national et international. Malgr? un nettoyage limit? effectu? par les Nations Unies en d?but d’ann?e, des fragments d’?quipement militaire jonchaient encore le tarmac. LA M?FIANCE AGITE UN CONTEXTE D?LICAT. Au-del? des promesses d’aide et de corridors s?curis?s, la conf?rence de paix a cherch? ? renforcer les efforts de m?diation en cours. Cependant, la confiance mutuelle entre les parties rivales demeure fragile. Barrot a d?clar? que ? la r?ponse humanitaire ? elle seule ne suffit pas ?. Pourtant, tant sur le terrain que dans les cercles diplomatiques, la m?fiance ne cesse de s’aggraver. ? Les pourparlers de Doha marquent le d?but de la fin politique du M23 ?, a d?clar? le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, lors d’une interview accord?e aux m?dias mercredi. Ses propos ont suscit? une vive r?primande de Benjamin Mbonimpa, l’un des principaux n?gociateurs du M23 aupr?s du gouvernement congolais ? Doha : ? M?me les Qataris, pourtant r?put?s pour leur habilet? ? mener des m?diations complexes, sont stup?faits par le comportement de la d?l?gation congolaise. C’est tout simplement surr?aliste. ? De nouveaux combats ont ?clat? jeudi dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, o? les rebelles du M23 auraient repris le contr?le de la ville strat?gique de Ndete. Selon des sources s?curitaires cit?es par les m?dias locaux, plusieurs personnes ont ?t? tu?es et la situation demeure instable. Le contr?le de Ndete pourrait permettre aux rebelles de progresser plus profond?ment dans la province. Les tensions diplomatiques se sont encore exacerb?es lorsque, ? Paris, le ministre rwandais des Affaires ?trang?res a accus? Kinshasa de ? violations quotidiennes du cessez-le-feu ? par des frappes a?riennes et des attaques de drones contre des positions du

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Le pr?sident de la R?publique d?mocratique du Congo annonce la reprise des pourparlers de paix avec les rebelles du M23 ? Doha.

Les pourparlers de paix entre le gouvernement de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC) et le Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle, reprendront la semaine prochaine ? Doha, au Qatar, a annonc? le pr?sident congolais F?lix Tshisekedi. Selon un communiqu? publi? dimanche soir par la pr?sidence congolaise, M. Tshisekedi a r?affirm? l’engagement de la RDC ? privil?gier les voies politiques et diplomatiques pour mettre fin au conflit dans les provinces de l’Est, tout en pr?servant la souverainet? et l’int?grit? territoriale du pays. Doha est demeur? depuis des mois le seul canal de dialogue op?rationnel entre Kinshasa et le M23. En juillet, Kinshasa et le M23 ont sign? ? Doha une D?claration de principes, feuille de route qui fixait initialement le d?but des n?gociations au plus tard le 8 ao?t et la signature d’un accord de paix avant le 18 ao?t. Ces ?ch?ances n’ont pas ?t? respect?es. Tshisekedi, arriv? dimanche ? Doha pour participer au deuxi?me Sommet mondial pour le d?veloppement social, pr?vu du 4 au 6 novembre, a ?galement salu? l’implication de l’?mir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, dans les ?changes en cours avec le M23. La d?claration ne pr?cisait pas si le pr?sident participerait directement aux prochaines n?gociations avec les rebelles. Apr?s sa r?apparition fin 2021, le M23, d?sormais membre de l’Alliance fluviale du Congo (AFC), un groupe politico-militaire, a ?tendu son contr?le sur plusieurs centres strat?giques de l’est de la RDC, dont Goma et Bukavu. Dans ces zones, des structures administratives parall?les ont ?t? mises en place, affaiblissant davantage les institutions locales et aggravant une situation humanitaire d?j? catastrophique. Selon les Nations Unies, plus de 2,4 millions de personnes ont ?t? d?plac?es depuis janvier 2025, portant le nombre de personnes d?plac?es ? l’int?rieur du pays ? pr?s de 6 millions. Environ un million de Congolais ont cherch? refuge dans les pays voisins, tandis que 27 millions de personnes sont aujourd’hui menac?es par la famine. KINSHASA, 2 novembre (Xinhua)

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Une Chine ouverte et innovante pour maintenir l’APEC ? l’avant-garde de l’?conomie mondiale

BEIJING, 1er novembre (Xinhua) — pouss?e de la Chine en faveur d’une plus grande ouverture et d’une collaboration mondiale a ?t? mise en avant lors de la r?union des dirigeants ?conomiques de la Coop?ration ?conomique pour l’Asie- Pacifique (APEC) organis?e en R?publique de Cor?e. Gr?ce ? son engagement constant en faveur d’une ouverture de haut niveau et ? ses solides capacit?s d’innovation, la deuxi?me ?conomie mondiale est bien plac?e pour conduire l’avenir prosp?re de la r?gion Asie-Pacifique et maintenir son r?le de moteur de la croissance ?conomique mondiale.    OUVERTURE ACCRUE Surnomm? le « miracle de l’Asie-Pacifique », la r?gion est devenue un p?le de croissance ?conomique mondiale, un pilier de stabilit? du d?veloppement et un haut lieu de la coop?ration internationale. La Chine a depuis longtemps compris que sa r?ussite ?conomique est ?troitement li?e ? la stabilit? et ? la croissance de l’ensemble de la r?gion. En cons?quence, elle a constamment poursuivi une strat?gie d’ouverture et stimul? l’innovation afin de renforcer sa propre ?conomie, tout en donnant un coup de pouce consid?rable aux autres ?conomies r?gionales.  « Nous devons ?largir progressivement l’ouverture du cadre r?glementaire, d?fendre le syst?me commercial multilat?ral, promouvoir le d?veloppement du circuit ?conomique international, stimuler la r?forme et le d?veloppement par l’ouverture, partager les opportunit?s de d?veloppement et r?aliser un d?veloppement commun avec le reste du monde », selon les propositions sur l’?laboration du 15e Plan quinquennal r?cemment adopt?es lors du quatri?me pl?num du 20e Comit? central du Parti communiste chinois. Au cours des cinq derni?res ann?es, la Chine s’est class?e comme le premier commer?ant mondial de marchandises et le deuxi?me pour les services. Elle a attir? plus de 700 milliards de dollars d’investissements ?trangers, tandis que ses investissements ? l’?tranger ont augment? ? un taux annuel moyen de plus de 5%. Le pays a ?galement raccourci la liste n?gative pour les investissements ?trangers et ?tendu sa politique d’exemption unilat?rale de visa ? davantage de pays.    Au cours des trois premiers trimestres de cette ann?e, les importations et exportations de la Chine avec les autres ?conomies de l’APEC ont augment? de 2% en glissement annuel, atteignant 19.410 milliards de yuans (environ 2.740 milliards de dollars), ce qui repr?sente 57,8% de la valeur totale des importations et exportations du pays, selon les donn?es officielles.  Aujourd’hui, les politiques ?conomiques de la Chine, en particulier sa strat?gie d’ouverture de haut niveau, jouent un r?le crucial dans la stimulation de la croissance et de la prosp?rit? r?gionales. Des efforts tels que l’initiative « Ceinture et Route » (ICR) ont renforc? la connectivit? entre la Chine et les autres ?conomies gr?ce au commerce, ? la logistique et aux infrastructures num?riques. Gr?ce ? des m?canismes de coop?ration tels que l’ICR, le Partenariat ?conomique r?gional global (RCEP) et la version 3.0 de la Zone de libre-?change Chine-ASEAN, les obstacles au commerce dans la r?gion seront r?duits davantage, et la coop?ration s’?tendra ?galement aux industries vertes, num?riques et d’intelligence artificielle (IA) ?mergentes, a d?clar? Liu Jing, ?conomiste en chef pour la Chine ? la banque HSBC. L’ascension de la Chine au rang de puissance ?conomique mondiale a ?t? remarquable, et sa porte sur le monde continuera de s’ouvrir toujours plus largement.    INNOVATION POUR TOUS  La Chine accorde une grande importance ? l’innovation pour d?velopper son ?conomie, et ses prouesses dans les industries de haute technologie telles que l’IA, la robotique et les ?nergies renouvelables l’ont propuls?e ? l’avant-garde des avanc?es technologiques mondiales.   Mais la Chine ne se contente pas de stimuler sa propre ?conomie, elle contribue ?galement ? acc?l?rer la croissance dans toute la r?gion Asie-Pacifique. Comme soulign? lors de la r?union de l’APEC, le pays vise ? « ?liminer collectivement la pauvret? et promouvoir la prosp?rit? partag?e pour tous les peuples de la r?gion Asie-Pacifique » et ? « approfondir la coop?ration sur les technologies open source, tout en construisant un ?cosyst?me ouvert et comp?titif pour l’innovation ».    Selon Mme Liu, un nombre croissant d’entreprises ? capitaux ?trangers ?tablissent des centres de recherche et d?veloppement en Chine, choisissant le pays comme plaque tournante pour la fabrication et l’innovation. Dans le m?me temps, de plus en plus d’entreprises chinoises se d?veloppent ? l’?chelle mondiale, implantant des usines dans des r?gions proches des consommateurs finaux, notamment dans de nombreuses ?conomies de la r?gion Asie-Pacifique.  HSBC a pr?dit que le d?veloppement de la Chine dans les domaines de l’IA et de la robotique aura des retomb?es positives gr?ce ? son r?seau commercial et d’investissement. Les progr?s technologiques et les avantages du march? de la Chine continueront ? fournir de nouveaux moteurs de croissance et ? assurer la stabilit? de la coop?ration r?gionale ; les membres de l’APEC acc?l?reront leur propre transformation verte et leur mise ? niveau num?rique gr?ce ? des collaborations dans les domaines de la cha?ne industrielle, des capitaux et de l’innovation, favorisant ainsi le progr?s de l’ensemble de la r?gion Asie-Pacifique.  L’apprentissage mutuel et la collaboration ont aid? la r?gion Asie-Pacifique ? conserver son statut de centre mondial d’innovation scientifique et technologique, abritant les r?seaux les plus actifs au monde en mati?re de personnes, de finance, de logistique et d’information, ainsi que certaines des cha?nes industrielles les plus importantes, a d?clar? Dai Erbiao, directeur de l’Institut de recherche sur la croissance asiatique. M. Dai estime qu’en tant qu’h?te de la prochaine r?union des dirigeants ?conomiques de l’APEC, la Chine fera progresser la coop?ration r?gionale en encourageant les nouvelles industries dans le domaine de la protection de l’environnement comme moteurs de croissance, en favorisant les progr?s technologiques dans les sciences de la vie et les soins de sant?, en soutenant le d?veloppement sain des secteurs de haute technologie tels que l’IA et en renfor?ant la compr?hension mutuelle entre les membres de l’APEC. Fin

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