Du 31 octobre au 4 novembre 2025, Brazzaville a accueilli la session de fin d?ann?e de l?Organisation des producteurs de p?trole africains (APPO). En apparence, une simple r?union technique. En r?alit?, un tournant d?cisif : celui d?un continent qui cherche ? reprendre la main sur son destin ?nerg?tique. Car le constat est sans appel : alors que les grandes puissances imposent au monde un rythme effr?n? de transition ?nerg?tique, l?Afrique se retrouve une fois de plus somm?e de s?adapter, sans avoir ?t? pr?par?e, ni m?me consult?e. On lui intime de renoncer au p?trole et au gaz, au nom de la lutte contre le r?chauffement climatique, comme si le continent, responsable de moins de 3 % des ?missions mondiales, portait la faute du d?- r?glement plan?taire. Cette injonction, drap?e dans le langage du d?veloppement durable, sonne parfois comme une nouvelle forme de d?pendance. Dans ce contexte, la d?cision de l?APPO de cr?er la Banque africaine de l??nergie (AEB) r?sonne comme un acte de souverainet?. Fruit d?un partenariat entre l?organisation et Afrexim-bank, cette institution bas?e ? Abuja doit financer les projets ?nerg?tiques du continent, des hydrocarbures ? la transition verte. Plus qu?un outil financier, c?est une arme politique, une mani?re pour l?Afrique de dire : ? Nous croyons en notre avenir, et nous le financerons nous m?mes ?. Le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a r?sum? cet ?lan en un appel ? la coh?sion : ? Nous devons inscrire nos travaux dans l?int?r?t collectif de l?APPO, ? court, moyen et long terme ?. Mais la route sera longue. Car derri?re les grandes d?clarations, se cache une r?alit? plus complexe : l?Afrique reste un continent fragment?, souvent en retard sur l?exploitation et la transformation de ses propres ressources. Ses raffineries tournent au ralenti, ses r?seaux ?lectriques sont pr?caires, et ses ?tats demeurent d?pendants des capitaux ext?rieurs pour financer leurs projets strat?giques. Pourtant, la v?rit? est l?, implacable : un continent qui ne contr?le pas son ?nergie ne contr?le pas son avenir. Tant que l?Afrique continuera d?exporter son p?trole brut pour importer du carburant raffin?, elle restera prisonni?re du cycle de la d?pendance. Tant qu?elle se contentera d??tre une r?serve de mati?res premi?res, sans ma?triser la cha?ne de valeur, elle restera vuln?rable aux chocs ext?rieurs. C?est pourquoi la naissance de l?AEB doit marquer le d?but d?une ?re nouvelle ; celle de l?autonomie ?nerg?tique, mais aussi de la responsabilit?. Car l?ind?pendance ?conomique ne se d?cr?te pas, elle se construit. Elle exige rigueur, transparence, discipline. Elle exige que les dirigeants africains se regardent en face et cessent d?invoquer les ? forces ext?rieures ? pour masquer leurs propres faiblesses. ? Brazzaville, l?APPO a r?affirm? une ambition : faire de l??nergie un levier d?int?gration africaine, un moteur de d?veloppement partag?. Le secr?taire g?n?ral de l?organisation, le docteur Omar Farouk Ibrahim, s?en est f?licit? : ? En un peu plus de trois ans, nous avons fait de l?APPO une organisation ?nerg?tique mondiale v?ritablement respect?e ?. Ce m?rite est r?el. Mais il ne sera durable que si l?Afrique se dote du courage d?assumer son propre mod?le ?nerg?tique, loin des dogmes import?s. L?avenir du continent ne se trouve pas dans la d?pendance, mais dans la ma?trise : celle de ses ressources, de ses choix, et de sa parole. Il est temps que l?Afrique cesse de qu?mander son ?nergie. Et qu?elle apprenne, enfin, ? l?affirmer. Jean-Ren? Meva?a Amougou