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Le billet de la campagne: ? Cameroun, le seul pays o?? ?

? Le Cameroun est le seul pays o? la terre glisse en saison s?che ?. Une phrase peut devenir un rituel quotidien. ? Le Cameroun est le seul pays o?? ? Chaque matin, dans les kiosques ? journaux ou au d?tour des caf?s, elle surgit, suspendue entre le caf? chaud et le regard des passants. ? Le Cameroun est le seul pays o?? ? : des mots qui, ? eux seuls, r?sument le pays, ses paradoxes et ses d?bats, et qui r?sonnent autant dans les discours du palais que dans les meetings de quartier. Au pouvoir, elle est un outil de prestige. On la prononce avec solennit?, comme un mantra, pour vanter les prouesses du gouvernement ou les exploits du pr?sident. ? Le Cameroun est le seul pays o? les routes relient les villages les plus recul?s ?, clame-t-on dans un ton officiel. Ou encore : ? Le Cameroun est le seul pays o? nous avons su pr?server la paix malgr? les crises ?. Et dans les couloirs du pouvoir, chacun r?p?te cette phrase avec la conviction d?un ?cho ininterrompu, comme si l?unicit? du pays se mesurait ? la fr?quence de son invocation. Dans l?opposition, la formule se transforme, se retourne comme un gant. M?me trois mots suffisent ? pointer du doigt les manquements et contradictions : ? Le Cameroun est le seul pays o? des routes annonc?es depuis dix ans restent des r?ves de b?ton ?, ou encore, dans un murmure amer : ? Le Cameroun est le seul pays o? les ?lections se tiennent sans transparence et o? la voix de l?opposition s??teint dans le vacarme du pouvoir ?. La phrase devient un symbole, une fa?on de rappeler aux citoyens que l?exceptionnel peut ?tre aussi synonyme de frustration et d?attente.Dans les rues, elle s?impose comme un refrain familier. Les passants, souvent mi-amus?s, mi-exasp?r?s, se chuchotent la formule, la ponctuent de commentaires ironiques. ? Ebolowa, dans les march?s, on entend : ? Le Cameroun est le seul pays o? m?me les affiches ?lectorales semblent surveiller les opposants ?, et les rires fusent. Dans les salons de coiffure et les caf?s, la phrase vire au mot de passe : elle introduit les conversations sur la vie quotidienne, les promesses non tenues, les espoirs et les regrets. Cette phrase traverse le Cameroun comme une onde invisible. Elle se glisse dans les bulletins d?information, s?accroche aux pancartes des militants, et s?immisce dans les conversations des jeunes et des anciens. Chaque jour, elle rappelle que le pays est unique, mais que cette singularit? peut se lire en plusieurs sens : celui de la fiert? comme celui de l?ironie. Elle est le miroir de notre soci?t?, o? chaque mot compte, o? chaque nuance est scrut?e, et o? la parole publique devient un instrument de s?duction ou de critique. Et pourtant, malgr? sa r?p?tition, la phrase conserve sa puissance. Comme si l?entendre chaque jour, dans des contextes diff?rents, rappelait aux Camerounais que l?exception n?est jamais univoque. Le Cameroun est le seul pays o? trois mots peuvent signifier tout et son contraire, o? la m?me phrase se retrouve sur les l?vres du ministre et du militant, sur les pancartes du pouvoir et celles de l?opposition, et dans le murmure des citoyens attentifs ? chaque mot prononc?. ? force de l?entendre, on finit par l?int?grer ? notre quotidien. Elle devient un guide ironique ou s?rieux selon les moments, un leitmotiv qui traverse les caf?s, les radios, les places publiques et m?me les r?unions de famille. Chaque jour, elle s?impose, comme un ?cho du pays lui-m?me, unique et pluriel, paradoxal et fascinant. Et l?on se surprend ? sourire, ? r?fl?chir, parfois ? se f?cher, devant cette phrase qui, malgr? sa simplicit?, capture l?essence d?un pays o? tout peut sembler possible et impossible ? la fois. Oui, le Cameroun est le seul pays o? une phrase peut vivre sa vie propre, d?passer les intentions de ceux qui la prononcent et s?installer dans l?imaginaire collectif. Et chaque jour, elle revient, inlassable, imposante, famili?re, nous rappelant que dans ce pays, m?me trois mots peuvent tout dire. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Paris et Yaound?: entre rapports diplomatiques et soutien ?lectoral

Alors que la France reconna?t pour la premi?re fois sa responsabilit? dans les violences durant la guerre d?ind?pendance camerounaise, les investissements ?conomiques, les nominations diplomatiques et la retenue dans les discours politiques tracent une strat?gie d??quilibre ? quelques mois d??ch?ances ?lectorales sensibles au Cameroun. Une visite marquante ? ?toudi Lors de son audience d’adieu avec le pr?sident Paul Biya le 29 ao?t 2025, l’ambassadeur de France Thierry Marchand exprime une appr?ciation positive du chef de l’?tat camerounais. Il souligne que Paul Biya est ? conscient et inform? de la r?alit? des sujets ? abord?s, et ajoute : ? Je l’ai retrouv? exactement dans le m?me ?tat d’esprit, et avec la m?me attitude ?. Alors que les camerounais doutent de la capacit? de leur Chef d?Etat ? assumer pleinement un nouveau mandat, Marchand pr?cise que le pr?sident camerounais ? tient v?ritablement les r?nes du pays ? et qu’il est ? pr?t ? s’engager dans une campagne pr?sidentielle pour un nouveau mandat ?. Ces d?clarations sont interpr?t?es par certains observateurs comme un soutien fran?ais implicite ? la candidature de Paul Biya pour un huiti?me mandat. Cependant, elles suscitent des critiques, certains y voyant une ing?rence dans les affaires int?rieures du Cameroun. Et pourtant, l?ancien ambassadeur de France au Cameroun a d?clar? : ? la constance et la profondeur de la relation franco-camerounaise doivent ?tre pr?serv?es, dans le respect mutuel et le dialogue sinc?re ?. Selon Lejeune Mbella Mbella, ministre camerounais des Relations Ext?rieures, cette visite s?inscrit dans une d?marche de renforcement des liens traditionnels, sans vouloir ? instrumentaliser la diplomatie ? des fins politiques internes ?. 65 millions d?euros pour la mobilit? urbaine ? Yaound? Alors que Paul Biya, candidat ? sa propre succession est critiqu? pour la gestion calamiteuse des voiries urbaines et interurbaines, un financement de 65 millions d?euros de la France pour des projets routiers ? Yaound? est annonc?. L?Agence Fran?aise de D?veloppement (AFD) justifie ce soutien par la n?cessit? d?am?liorer les infrastructures urbaines, de d?congestionner la circulation et de faciliter le transport des biens et des personnes. Pour l??conomiste camerounais Rodrigue Nana Ngassam, ? ce type d?investissement, au moment o? la population ressent fortement les lacunes des infrastructures, est porteur d?une forte attente, non seulement technique, mais aussi politique : il prouve que la coop?ration reste concr?te ?. Non-ing?rence : posture diplomatique ou strat?gie calcul?e ? Sur les contentieux pr?-?lectoraux, l?opposition camerounais estime avoir ?t? handicap? en toute violation des r?gles d?mocratiques, la France adopte une posture de silence officiel. Un porte-parole du minist?re camerounais des Affaires ?trang?res aurait d?clar? anonymement que Paris ? n?a pas vocation ? interf?rer dans les processus ?lectoraux camerounais ? et souligner son attachement ? au respect de la souverainet? nationale des pays partenaires ?. Diplomatie ou soutien ?lectoral d?guis? ? Le gouvernement camerounais soutient que les interventions de la France (qu?il s?agisse de financements d?infrastructures ou de coop?ration institutionnelle) sont ? b?n?fiques ? pour le d?veloppement national. Comme le rappelle Lejeune Mbella Mbella, ? le fait que les partenariats servent l?int?r?t national ne doit pas ?tre per?us comme des ing?rences ?. Si la reconnaissance historique r?cente par la France de sa responsable dans la r?pression des ind?pendantistes camerounais marque une avanc?e dans la m?moire commune, les prochains mois seront d?terminants quant ? la fa?on dont Paris et Yaound? jugulerons la tension entre coop?ration et souverainet? politique. Le choix du nouvel ambassadeur, la transparence sur l?usage des financements, la responsabilit? dans la gestion d?mocratique des ?lections, tout cela sera scrut? non seulement par les ?lites mais par la soci?t? civile camerounaise. Tom

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USA?Cameroun: entre ?lections et lutte antiterroriste

La semaine pass?e, Yaound? a vu d?filer deux visiteurs de poids : l?ambassadeur am?ricain et le chef de l?Africom, le commandement militaire am?ricain pour l?Afrique. Ces rencontres avec Paul Biya montrent que Washington revient sur le devant de la sc?ne camerounaise. Mais ce retour soul?ve une question centrale : les ?tats-Unis veulent-ils aider ? consolider la d?mocratie camerounaise ou privil?gient-ils avant tout la s?curit? r?gionale ? La s?curit? avant tout Depuis plus d?une d?cennie, le Cameroun est confront? aux attaques de Boko Haram et de ses factions dans le bassin du Lac Tchad. Pour les ?tats-Unis, ce dossier est prioritaire. La visite du g?n?ral Michael Langley ? Yaound? n?a laiss? aucun doute : Washington consid?re le Cameroun comme un partenaire militaire incontournable. ? Les ?tats-Unis ne peuvent pas se permettre de voir vaciller un ?tat pivot de la stabilit? r?gionale ?, rappelle le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini. En clair : l?enjeu s?curitaire prime sur le reste. Des financements qui reviennent Apr?s une p?riode de froid diplomatique et la suspension de certains programmes, Washington a annonc? le retour de financements, notamment pour la sant? et les infrastructures. Ces appuis rappellent que les ?tats-Unis ne veulent pas se couper totalement d?un pays strat?gique. Pour l?universitaire Jean Hassane, ? il s?agit d?une diplomatie d??quilibre : maintenir l?influence am?ricaine sans donner l?impression d?un soutien aveugle au r?gime ?. Les financements sont donc un signal de rapprochement, mais ils restent encadr?s. Silence sur les querelles ?lectorales Mais un sujet reste d?licat : la gestion des contentieux pr?-?lectoraux au Cameroun. Alors que la soci?t? civile et l?opposition d?nonce des irr?gularit?s, les officiels am?ricains se montrent tr?s discrets. Interrog? sur le sujet, l?ambassadeur am?ricain a r?sum? la position de Washington : ? Le choix des Camerounais appartient aux Camerounais eux-m?mes ?. Autrement dit, pas d?ing?rence. Une neutralit? qui peut ?tre per?ue comme un signe de respect? ou comme un calcul pour ne pas froisser un r?gime encore solidement install?. Entre urnes et kalachnikovs Le dilemme est clair : les ?tats-Unis veulent ? la fois appara?tre comme des partenaires de la d?mocratie et d?fendre leurs int?r?ts strat?giques. Mais en donnant la priorit? ? la lutte antiterroriste, ils prennent le risque d??tre accus?s de double discours. Cette tension entre urnes et kalachnikovs n?est pas propre au Cameroun : elle traverse toute la politique africaine de Washington. Mais ici, elle prend une r?sonance particuli?re, dans un pays o? la question de la succession pr?sidentielle reste ouverte. Tant que ce flou persistera, la relation USA?Cameroun restera faite d??quilibres fragiles, o? la s?curit? l?emporte sur la d?mocratie. Tom.

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Pr?sidentielle du 12 octobre: urnes, diaspora et regards ?trangers

? quelques semaines du 12 octobre, le Cameroun s?appr?te ? voter dans un contexte international tr?s observ?. Entre mobilisation de la diaspora, influence diplomatique et enjeux g?opolitiques, cette ?lection d?passe largement les fronti?res du pays. Un scrutin sous haute surveillance Pour la premi?re fois, la pr?sidentielle camerounaise attire l?attention du monde entier. Le gouvernement a ouvert la p?riode d?accr?ditation pour les observateurs ?trangers, notamment ceux de l?Union africaine. Le ministre des Relations ext?rieures, Lejeune Mbella Mbella, a insist? sur le respect des conventions internationales et la protection des missions diplomatiques. Ces mesures montrent que Yaound? souhaite donner une image de transparence et rassurer ses partenaires internationaux. Les observateurs seront l? pour suivre le d?roulement du vote et veiller ? la r?gularit? du processus. La diaspora, un acteur cl? La diaspora camerounaise p?se de plus en plus dans le d?bat politique. Des Camerounais vivant en Europe, en Afrique de l?Ouest ou en Am?rique participent activement au scrutin. Ils relaient des informations sur les r?seaux sociaux, organisent des p?titions, des collectes de fonds et des campagnes de sensibilisation. ? La diaspora est devenue un acteur politique incontournable ?, note le politologue Mathias Eric Owona Nguini. ? Elle peut amplifier les mobilisations locales et attirer l?attention internationale sur le scrutin ?.Certaines communaut?s ? l??tranger, pr?parent activement le vote, illustrant leur r?le croissant dans la vie politique camerounaise. Pressions et enjeux internationaux Au-del? du vote, des puissances ?trang?res observent et parfois interpellent le gouvernement camerounais. La France, par exemple, a r?cemment reconnu son r?le historique dans la guerre contre les ind?pendantistes camerounais, un geste qui p?se sur le contexte diplomatique. D?autres pays suivent de pr?s la pr?sidentielle, pr?occup?s par la gouvernance et le respect des droits humains.Le 12 octobre sera plus qu?une ?lection pr?sidentielle. Entre urnes, diaspora mobilis?e et diplomatie internationale, chaque acteur (sur place ou ? l??tranger) contribuera ? la mani?re dont ce scrutin sera per?u au Cameroun et dans le monde. La pr?sidentielle se joue autant dans les bureaux de vote que sur les r?seaux, dans les ambassades et sur la sc?ne internationale. TOM

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Marie-Claude Harvey

R?cemment nomm?e Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, a pr?sent? ses lettres de cr?ance ? Yaound? au ministre des Relations ext?rieures, Lejeune Mbella Mbella, le 16 septembre 2025. Sa mission s?annonce exigeante : consolider un partenariat bilat?ral d?j? solide, l?adapter aux enjeux multilat?raux r?gionaux et favoriser la coop?ration dans des secteurs cl?s comme le d?veloppement durable, l??ducation et la s?curit?. La diplomate devra ?galement naviguer dans un contexte g?opolitique complexe, o? ?quilibre et dialogue seront essentiels pour renforcer la pr?sence canadienne et soutenir les projets conjoints.

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8,1 millions

Selon une ?tude de l’Institut Health Effect (IHE) publi?e le 23 septembre 2025, dans le monde en 2021, c?est le nombre de d?c?s pr?matur?s survenus du fait de la pollution de l?air. Pour IHE, cela repr?sente plus d’un d?c?s sur huit dans le monde. Plus de 700 000 de ces d?c?s concernaient des enfants de moins de cinq ans. ? Gaz d??chappement des voitures. Fum?e d?usine. Fum?e des feux de for?t. Il y a de fortes chances que, o? que vous viviez sur Terre, vous soyez expos? ? une forme de pollution atmosph?rique presque tous les jours. Les cons?quences de cette pollution peuvent ?tre d?bilitantes, voire mortelles ?, alerte IHE.

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Ports africains : quand la mar?e basse devient promesse

La mer n?a pas toujours le m?me tempo. Selon la CNUCED, 2025 sera marqu? par un ralentissement in?dit : le commerce maritime mondial n?avancera que de 0,5 %. Une brise faible sur les radars des grandes puissances, mais une houle lourde pour les rivages africains. Car dans un monde o? pr?s de 80 % des ?changes transitent par voie maritime, chaque fr?missement du commerce mondial se r?percute jusqu?aux quais de Douala, Kribi, Lagos, Tema, Abidjan ou Mombasa. Ce coup de frein doit r?sonner comme un ?lectrochoc. L?Afrique ne peut plus se contenter de ses infrastructures vieillissantes, de ses terminaux satur?s et de ses proc?dures administratives interminables. La v?ritable bataille ne se jouera plus seulement sur la capacit? d?accueil mais sur la comp?titivit?. Chaque conteneur, chaque escale, chaque flux logistique sera convoit?. Ceux qui sauront offrir rapidit?, fluidit? et s?curit? remporteront la mise. Les autres resteront ? quai, spectateurs d?une mondialisation qui s??crit sans eux. Or le constat est s?v?re : goulets d??tranglement, corruption end?mique, lenteurs chroniques? trop souvent, les ports africains symbolisent les retards structurels du continent. Derri?re ces obstacles se cache pourtant un potentiel immense. Car un port n?est pas qu?un simple point de d?barquement : c?est une porte d?entr?e vers les march?s int?rieurs, une plateforme d?int?gration r?gionale, un levier strat?gique pour attirer investissements et industries. Dans ce contexte, le ralentissement mondial peut paradoxalement se transformer en chance. Une chance d?acc?l?rer la modernisation, d?investir enfin dans l?automatisation des terminaux, la digitalisation des proc?dures, la fluidit? des corridors multimodaux reliant routes, rails et plateformes logistiques int?rieures. Bref, une chance de passer du bricolage au strat?gique. Les exemples ne manquent pas. L? o? certains ports africains ont engag? de vraies r?formes ? ? Durban, ? Tanger Med, ou dans le hub ?mergent de Kribi ? les r?sultats sont visibles : d?lais r?duits, co?ts ma?tris?s, flux s?curis?s. L? o? rien n?a ?t? entrepris, l?immobilisme se paie cash : cargaisons bloqu?es, armateurs frustr?s, ?conomies ?touff?es. La question n?est donc plus technique. Elle est ?minemment politique. L?Afrique a les moyens financiers, humains et technologiques d?op?rer cette mue. Les partenaires internationaux sont pr?ts ? cofinancer. Les investisseurs priv?s attendent des signaux clairs. Ce qui manque encore trop souvent, c?est la volont? politique de r?duire les rentes, de couper court aux pratiques opaques et de parier sur l?avenir plut?t que sur la survie au jour le jour. Car moderniser un port, c?est bien plus qu?un chantier d?infrastructures. C?est un acte de souverainet?. C?est affirmer que le continent refuse de rester un maillon p?riph?rique, condamn? ? subir les fluctuations impos?es ailleurs. C?est aussi redonner de l?air ? ses ?conomies nationales, offrir ? ses jeunes entrepreneurs des d?bouch?s ?largis, et renforcer une int?gration r?gionale trop souvent r?duite ? des slogans. La mer, en 2025, sera moins g?n?reuse. Mais elle continuera de battre les rivages africains, r?guli?re et exigeante. Aux dirigeants de transformer ce souffle ralenti en opportunit?. ? eux de prouver que les ports africains ne seront plus des goulets d??tranglement mais les portes ouvertes d?une prosp?rit? partag?e. Le ralentissement n?est pas une fatalit?. Il peut ?tre le point de d?part d?une nouvelle histoire : celle d?une Afrique qui, enfin, prend la barre de sa destin?e maritime. Jean-Ren? Meva’a Amougou

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Le temps presse?

L?Afrique centrale est ? la crois?e des chemins. Alors qu?un quart du commerce mondial s?effectue aujourd?hui en ligne, la sous-r?gion peine encore ? tirer pleinement parti du e-commerce. La rencontre de Douala, qui a r?uni pendant deux jours acteurs du secteur priv?, r?gulateurs et responsables de plateformes en ligne, a mis en lumi?re un imp?ratif : agir vite pour ne pas rester ? la tra?ne. ? Le e-commerce n?est plus un ph?nom?ne marginal ?, souligne Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du march? commun de la CEEAC. ? Il est indispensable d??laborer des politiques adapt?es, de mettre en ?uvre des strat?gies concr?tes et de cr?er un cadre r?glementaire harmonis?. ? L?objectif est clair : permettre ? chaque ?tat de d?velopper sa strat?gie nationale sans entrer en conflit avec celles de ses voisins, et favoriser une int?gration ?conomique r?gionale coh?rente. Plusieurs ?tats disposent d?j? de politiques nationales du commerce ?lectronique. Mais sans harmonisation, ces initiatives risquent de se heurter et de freiner l??mergence d?un march? r?gional unifi?. La rencontre du 23 septembre 2025 ? Douala visait cr?er cette convergence, en r?pertoriant les pr?occupations de tous les acteurs et en ?tablissant un cadre commun qui guidera les futures d?cisions au niveau communautaire. L?enjeu d?passe les aspects techniques : il s?agit de garantir ? l?Afrique centrale une place cr?dible sur le march? num?rique mondial. Le message est sans ?quivoque : pour ne pas rater le train du e-commerce, la sous-r?gion doit agir rapidement, coordonner ses efforts et investir dans les infrastructures num?riques. L?Afrique centrale a les moyens de transformer le commerce ?lectronique en moteur de croissance et d?int?gration. Mais le temps presse : l?opportunit? est r?elle, et l?inaction serait co?teuse. Le futur ?conomique de la sous-r?gion se construit d?s aujourd?hui, dans ces concertations inclusives et strat?giques. D?o? le pr?sent zoom. JRMA

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Afrique centrale : le num?rique s?impose et transforme le quotidien

Dans la sous-r?gion, le digital n?est plus une promesse : il devient une r?alit? qui touche chaque jour davantage de citoyens. Etat des lieux. Selon Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du march? commun de l?organisation, ? le taux de p?n?tration des abonn?s mobiles est pass? de 18 % ? 42 % entre le d?but de la derni?re d?cennie et 2019, et il devrait atteindre 46 % d?ici 2025 ?. Une progression spectaculaire qui illustre l?acc?l?ration des technologies de communication dans la sous-r?gion. L?acc?s ? Internet mobile suit la m?me trajectoire. De 52 millions d?utilisateurs en 2020, le chiffre devrait grimper ? 86 millions d?ici 2025, soit plus d?un tiers de la population. Cette croissance ouvre un terrain fertile pour le commerce ?lectronique et les services digitaux. ? Les smartphones deviennent des passerelles vers des services financiers, ?ducatifs et commerciaux jusque-l? inaccessibles ? beaucoup ?, souligne Dr Sylvie Mbarga, experte en ?conomie num?rique ? Yaound?. Pour les start-up locales, cette r?volution num?rique est une aubaine. ? Nous pouvons d?sormais atteindre des clients dans des zones semi-urbaines et rurales, ce qui ?tait impossible il y a cinq ans ?, explique Alain Tchatchoua, dirigeant d?une plateforme de livraison de produits alimentaires ? Douala. L?inclusion num?rique, jusque-l? un concept, commence ? se traduire en opportunit?s ?conomiques tangibles. Mais la route est encore sem?e d?obstacles. Les infrastructures restent in?gales selon les pays et les zones, et le co?t des donn?es mobiles freine l?acc?s pour de nombreux citoyens. ? On parle de boom num?rique, mais il faut rendre ces services abordables pour que la transition soit v?ritablement inclusive ?, temp?re Fatou Ngoma, consultante congolaise en politiques publiques. Elle insiste ?galement sur la formation aux comp?tences digitales pour pr?parer la population ? tirer pleinement profit de cette r?volution. Les gouvernements ne restent pas inactifs. La CEEAC encourage la cr?ation de plateformes r?gionales de commerce ?lectronique et de solutions de paiement mobile s?curis?es. L?objectif : construire un march? unique num?rique, o? les biens et services circulent librement et o? les citoyens peuvent profiter des avantages du digital. Au-del? de l??conomie, le num?rique transforme d?autres secteurs : ?ducation, sant?, agriculture. Les plateformes d?apprentissage en ligne se multiplient, les consultations m?dicales ? distance se d?veloppent, et les outils connect?s permettent aux agriculteurs de mieux g?rer leurs cultures. ? Cette transition num?rique n?est pas seulement ?conomique, elle change la vie des gens ?, observe Marie-Claude Essola, sociologue camerounaise sp?cialis?e dans les nouvelles technologies. La CEEAC est donc ? un tournant. Entre promesses de croissance, d?fis d?infrastructure et enjeux d?inclusion, le num?rique devient un levier strat?gique de d?veloppement r?gional. Si les efforts se poursuivent pour rendre les services accessibles ? tous, l?Afrique centrale pourrait voir na?tre un march? digital dynamique et int?gr?, capable de transformer durablement son ?conomie et sa soci?t?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Se mettre en bonne intelligence avec le contexte

Alors que le commerce ?lectronique transforme l??conomie mondiale, l?Afrique centrale cherche ? ne pas rester ? la tra?ne. Pour tirer pleinement parti de ce potentiel, la sous-r?gion doit activer plusieurs leviers essentiels, selon experts et autorit?s communautaires. ? L?investissement dans les infrastructures num?riques est aujourd?hui un imp?ratif. Sans r?seau fiable et rapide, il sera difficile de soutenir la croissance des plateformes en ligne ?, souligne Jean-Marc Biloa, sp?cialiste en ?conomie num?rique. Dans la m?me veine, les experts recommandent de simplifier la fiscalit? et les proc?dures douani?res pour le commerce en ligne, afin de r?duire les co?ts et faciliter les transactions transfrontali?res. Parall?lement, le d?veloppement des comp?tences num?riques figure au c?ur des priorit?s. ? Former la jeunesse aux outils du num?rique, c?est pr?parer l??conomie de demain ?, affirme Marie-Louise Ekoua, consultante en technologies de l?information. Plusieurs programmes de formation sont envisag?s pour renforcer l?employabilit? et encourager l?entrepreneuriat digital. Le cadre r?glementaire constitue ?galement un enjeu majeur. La cr?ation d?une r?glementation harmonis?e au niveau de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) pourrait offrir un environnement stable et s?curis? pour les investisseurs et les plateformes locales. ? Le potentiel du commerce ?lectronique en Afrique centrale est immense, mais il doit s?accompagner d?un cadre r?glementaire clair et d?infrastructures fiables pour que les entreprises locales puissent pleinement en b?n?ficier. Une politique r?gionale coh?rente permettra de stimuler l??conomie tout en prot?geant les consommateurs. Il est crucial que les PME locales soient accompagn?es dans leur transformation digitale. Cela passe par des formations cibl?es et des plateformes de paiement s?curis?es, qui garantissent confiance et fluidit? dans les transactions en ligne ?, ajoute Jacob Kotcho Bongkwaha. ? En offrant des solutions adapt?es aux besoins des consommateurs et des entreprises locales, la r?gion pourrait diversifier ses revenus et stimuler l??conomie, tout en r?duisant la d?pendance aux march?s traditionnels ?, postule Jacqueline Adiaba-Nkemb?, sp?cialiste en r?gulation financi?re en zone CEMAC. Avec ces mesures, dit-elle, l?Afrique centrale pourrait progressivement consolider son ?cosyst?me num?rique et g?n?rer de nouvelles opportunit?s ?conomiques. Les efforts conjoints des gouvernements, des entreprises et des acteurs de la soci?t? civile seront d?terminants pour transformer ce potentiel en croissance tangible. JRMA

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