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Cameroun-Russie : Yaound? ajoute de la vie ? la relation

C?est, apprend-on, pour assurer une coh?rence utile dans la coop?ration avec Moscou. Dynamiter le bloc Russie-Afrique ou faire son proc?s sous l?angle de la concurrence entre grandes puissances, le ministre camerounais des Relations ext?rieures (Minrex) choisit de ne rien piocher dans ces th?mes pour nourrir son discours. Ce 10 novembre ? Sotchi o? il prend part aux travaux de la premi?re ?dition du Forum de partenariat Russie-Afrique, Mbella Mbella s??panche sur ?la d?termination du Cameroun ? renforcer davantage la relation?. Pour le Minrex, cela couvre toute la gamme des actions par lesquelles l?une et l?autre parties peuvent se venir en aide. ?Nous travaillons pour d?finir de nouvelles priorit?s ?conomiques et de partenariat b?n?fique pour les deux pays, notamment dans des domaines comme la s?curit?, l??ducation, l??conomie, la coop?ration humanitaire et la s?curit? de l?information?, explique-t-il. Selon la cellule de communication du Minrex, l?expos? de Mbella Mbella au cours de la pl?ni?re d’ouverture du Forum de partenariat Russie-Afrique, ?assure une coh?rence utile dans la formulation de la coop?ration entre le Cameroun et la Russie sur le plan-politico-diplomatique; ce d?autant plus que le Forum constitue un prolongement des efforts pour consolider les liens strat?giques entre la Russie et les nations africaines ? travers la cr?ation de partenariats?. En ce sens, souligne-t-on au Minrex, ?Yaound? et Moscou sont unis pour une coop?ration efficace au service du d?veloppement, de l?orientation vers les r?sultats, des partenariats inclusifs, la transparence et la redevabilit? mutuelle, surtout lorsqu?on sait qu?il existe un plan d?action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2023-2026?. Bon ? savoirLe Forum de partenariat Russie-Afrique fait suite ? deux Sommets des Chefs d??tats et de Gouvernements, organis?s dans le cadre du Forum de Partenariat Russie-Afrique. Le premier sommet s?est tenu ? Sotchi en octobre 2019, marquant un tournant dans les relations entre la Russie et le continent africain. Le dernier, en juillet 2024 ? Saint-P?tersbourg, a permis de d?finir de nouvelles priorit?s ?conomiques et de partenariat pour les deux parties. Jusqu?ici tr?s op?rationnelle, la coop?ration s?curitaire entre des pays africains et la Russie pr?voit le d?veloppement des ?changes d?informations sur la s?curit? internationale, afin de mieux faire face aux menaces contemporaines telle que le terrorisme, les crimes financiers et sur d?autres menaces impliquant l?utilisation d?armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nucl?aires. Le volet politique pr?voit la tenue annuelle de la Conf?rence parlementaire internationale ?Russie-Afrique?, avec une coop?ration accrue dans le domaine de l?observation ?lectorale mutuelle. Ongoung Zong Bella

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Sur quoi l?Afrique ne doit pas se ?trumper?

L?emportant largement sur sa rivale d?mocrate Kamala Harris, Donald Trump est devenu le 47e pr?sident des ?tats-Unis le 6 novembre 2024. Apr?s avoir quitt? la Maison Blanche dans le chaos, le businessman new-yorkais est parvenu, comme en 2016, ? convaincre les Am?ricains qu?il comprenait leurs difficult?s du quotidien mieux que personne. Ceci pos?, l?analyse ne peut ignorer que, lors de son pr?c?dent mandat, Donald Trump avait trait? plusieurs nations africaines, le Salvador et Ha?ti de ?pays de merde?. Dans les c?nacles panafricains, on en avait fait d?abord des gorges chaudes pour s?apercevoir ensuite que, la plupart du temps, ce qu?avait d?clar? Trump, n??tait qu?une bravade sans port?e. ? la longue, cependant, on s?est rendu compte c??tait une vraie insulte, puisque l?homme n?a jamais fait part de ses remords de mani?re claire. Entre temps, l?on ne manque pas d?identifier les pressions sign?es Trump: r?duction de certains financements et limitation de l’immigration notamment. R??lu, et instruit par l?exp?rience, Trump sera-t-il plus sage ou plus fou par rapport ? la communaut? noire du monde entier? En tout cas, son retour en gr?ce permet d??tre prudent, eu ?gard ? sa vision plus protectionniste et insulaire, proclam?e par ?L’Am?rique d’abord? lors de son premier mandat. Entre autres th?mes qui pr?occupent, il y a la Loi sur la croissance et les possibilit?s ?conomiques en Afrique (Agoa), qui permet aux pays africains ?ligibles d’exporter certains de leurs produits vers les ?tats-Unis sans payer de taxes depuis 2000. Au cours de son administration pr?c?dente, Trump avait d?clar? que le programme ne serait pas renouvel? ? son expiration en 2025. Lors de sa derni?re campagne ?lectorale, il s’est engag? ? mettre en place un droit de douane universel de 10% sur tous les produits fabriqu?s ? l’?tranger. Cette mesure rendrait les produits import?s plus chers, et les exportateurs africains seraient donc susceptibles de vendre moins de leurs produits sur le grand march? am?ricain. Certains craignent ?galement que Trump ne mette fin au Pepfar, une initiative am?ricaine de longue date qui a permis d’injecter des sommes consid?rables dans la lutte contre le VIH en Afrique. L’ann?e derni?re, les l?gislateurs r?publicains se sont fortement oppos?s au Pepfar, all?guant que le programme encourageait les services d’avortement. Le programme a b?n?fici? d’une courte prolongation jusqu’en mars de l’ann?e prochaine, mais M. Trump, connu pour son hostilit? ? l’avortement, pourrait mettre un terme ? ce sursis.Les opinions de Trump sur l’immigration ill?gale sont claires – pendant sa campagne de 2024, il a promis d’expulser un million de personnes qui n’ont pas l’autorisation l?gale d’?tre aux ?tats-Unis. Cela concerne l’Afrique: en 2022, environ 13 000 migrants africains ont ?t? enregistr?s ? la fronti?re entre les ?tats-Unis et le Mexique, selon les donn?es du service des douanes et de la protection des fronti?res des ?tats-Unis. En 2023, ce chiffre avait quadrupl? pour atteindre 58 000. Certains de ces candidats ? l’immigration disent avoir fui la guerre, la pers?cution et la pauvret?. Ce ne serait pas la premi?re fois qu’il mettrait en place une politique anti-immigration spectaculaire. Au cours de son premier mandat, M. Trump a introduit des mesures visant ? r?duire l’immigration en provenance de plusieurs pays africains, dont le Nigeria, l’?rythr?e, le Soudan et la Tanzanie. Ongoung Zong Bella

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Nos rues ou avenues ne doivent plus porter les noms de ces criminels

Pour Charles De Gaulle, mort le 9 novembre 1970, de nombreux Fran?ais auront une pens?e aujourd’hui parce qu’ils le consid?rent comme un h?ros, parce qu’ils n?ont pas oubli? le 18 juin 1940 quand il appela, ? partir de Londres, ses compatriotes ? r?sister ? l?occupation de la France par l?Allemagne nazie. Peut-?tre ses proches et les Gaullistes autoproclam?s se rendront-ils ? Colombey-les-deux-?glises pour se recueillir sur sa tombe. Les Africains, eux, ne feront rien pour le g?n?ral de Gaulle. Mon souhait est qu’ils commencent ? d?baptiser, comme l?a fait r?cemment le brave et digne peuple burkinab?, les rues, avenues ou boulevards qui portent encore son nom. Pourquoi ? Parce que le fondateur de la Cinqui?me R?publique a fait trop de mal ? l?Afrique francophone. En effet, le franc CFA qui a ?t? cr?? en 1945, qui est une copie de la monnaie nazie et qui enrichit outrageusement la France, le trait? de coop?ration et de d?fense de 1961 qui est la continuation de la colonisation par d?autres moyens et qui permettait ? la France de disposer ad vitam aeternam de nos ressources naturelles, l?asphyxie et la d?stabilisation de la Guin?e qui avait os? dire non en 1958 ? la communaut? franco-africaine, le soutien au g?n?ral Ojukwu pendant la guerre du Biafra (1967-1970) parce que la France chass?e de l?Alg?rie, voulait exploiter le p?trole de cette partie du Nigeria, l?assassinat des nationalistes camerounais de l?Union des populations du Cameroun (UPC) qui r?clamaient la vraie ind?pendance, l?installation et le maintien des bases militaires fran?aises dans certains pays africains alors que lui, de Gaulle, avait demand? et obtenu que les soldats am?ricains rentrent chez eux apr?s la lib?ration de la France, il est l?auteur de tous ces crimes.Ceux et celles qui ont combattu le syst?me mis en place par le g?n?ral de Gaulle et Jacques Foccart pour appauvrir et dominer les Africains sont nos seuls h?ros et h?ro?nes. J?ai ?t? ? la fois ?mu et ravi quand le capitaine Ibrahim Traor? a longuement parl? de l?un d’entre eux, l?Ivoirien Victor Biaka Boda, ? la jeunesse afriaine venue ? Ouagadougou pour ?changer avec lui. Biaka Boda a ?t? volontairement oubli?. Jamais il ne fut honor? alors qu’il paya le plus lourd tribut ? la lutte ?mancipatrice. Ce n?est pas juste.Lui et d?autres h?ros, je remercie l??ternel de m?avoir donn? la force de leur consacrer, cette ann?e, un ouvrage en fran?ais et en anglais.Nos camps militaires, rues, avenues et boulevards ne doivent plus porter les noms de Leclerc, Faidherbe, Angoulvant, Clozel, Gallieni, Brazza, Mitterrand, Giscard? ? un moment donn?, il faut arr?ter l?ali?nation et la stupidit?. Jean-Claude Dj?r?k?

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Dialogue social au Cameroun : tableau de bord au 12 novembre 2024

D’apr?s le ministre Gr?goire Owona, les indicateurs convergent globalement vers une pente positive. Employeurs, organisations syndicales et experts du Travail et de la S?curit? sociale qui assurent en ch?ur que la reconnaissance publique du dialogue social est ? un v?ritable gain pour le monde du travail au Cameroun??, voil? conforte le ministre Gr?goire Owona dans son r?le de repr?sentant des pouvoirs publics au sein du Comit? de concertation et de suivi des ?changes entre travailleurs, employeurs et gouvernement. R?unie en sa 43e session ordinaire ce 12 novembre 2024 ? Yaound?, cette instance fait toutefois le constat d’une mise en ?uvre suffisamment fructueuse depuis une dizaine d’ann?es. Selon le ministre du Travail et S?curit? sociale (MINTSS), en termes d’avanc?es, la liste affiche notamment « des d?marches constructives au niveau du patronat ayant permis d?aboutir ? un consensus de mise sur pied de nouvelles organisations patronales que sont le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) et l?Union des Producteurs Agro-industriels du Cameroun (UPAC), rel?vement du SMIG, l?am?lioration de la protection du travail et des travailleurs ; le paiement des droits sociaux des soci?t?s d?Etat liquid?es ou restructur?es ; la n?gociation et l?application des conventions collectives ; l?exon?ration ? l?imp?t sur le revenu des personnes physiques (IRPP) ; de l?indemnit? de fin de carri?re et la situation socio?conomique dans les r?gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».Les signes d?avanc?e existent. Toutefois, si beaucoup a d?j? ?t? r?alis?, c?est aussi peu au regard des enjeux du moment. Occasion pour Gr?goire Owona de d?noncer des points de r?sistance qui continuent de polluer cette embellie. Cela s’observe ? travers diverses man?uvres de pr?carisation des employ?s, la cupidit? des employeurs ou encore une relative faiblesse syndicale. A en croire Gr?goire Owona, la marche en avant en mati?re de dialogue social au Cameroun ne devrait plus s’arr?ter. D’o? l’appel lanc? ? l’endroit de tous les acteurs sociaux tous secteurs d’activit?s confondus d’?uvrer quotidiennement pour l’impl?mentation du dialogue social dans le pays. Jean Ren? Meva’a Amougou

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C?est au quotidien et dans les actes que nous devons b?tir la paix

Une fois de plus, la paix polarisera l?attention des Ivoiriens, ce 15 novembre 2024. Elle sera invoqu?e par certains dans les mosqu?es, temples et ?glises du pays. D?autres participeront ? des d?bats ici ou l? pour montrer combien elle est pr?cieuse et (se) convaincre que, sans elle, aucun d?veloppement socio-?conomique n?est possible. Quelqu?importantes qu?elles soient, pri?res et r?flexions ne suffiront cependant pas pour qu?advienne la paix durable ? laquelle nous aspirons individuellement et collectivement si nous ne prenons pas conscience en m?me temps que nous avons ? la construire quotidiennement. Une construction qui commence par la d?couverte de tout ce qui est contraire ? la paix.L??vang?liste Jean affirme que les ap?tres avaient verrouill? les portes de la maison o? ils se trouvaient parce qu?ils avaient peur des autorit?s juives apr?s la mort de J?sus (Jn 20, 19-23). Nombreux sont les Ivoiriens qui ont perdu la paix du c?ur et de l??me, qui vivent dans la peur. Ils ont peur que la prochaine ?lection pr?sidentielle ne fasse encore des morts et des bless?s, qu?elle ne d?bouche sur des violences et que les armes tonnent ? nouveau dans le pays. Ils ont peur de sortir et de circuler dans certains quartiers ? cause des microbes qui agressent et tuent impun?ment. Ils ont peur de voyager d?une ville ? une autre ? une certaine heure ? cause des coupeurs de routes. N?ayant pas d?assurance maladie, ils ont peur d?aller ? l?h?pital o? le malade n?est pas soign? tant que ses parents n?ont pas d?pos? la somme n?cessaire sur la table du m?decin ou de l?infirmier. Ceux qui sont en exil ont peur de rentrer parce qu?ils se disent qu?ils pourraient ?tre arr?t?s et jet?s en prison pour avoir critiqu? un jour le r?gime Ouattara.N?a pas non plus la paix l?homme priv? de pain, de toit ou de v?tement, l?homme qui ne peut pas penser et s?exprimer librement, l?homme qui manque de moyens pour scolariser sa prog?niture, l?homme victime de m?pris, d?injustice, d?exploitation, de discrimination ou d?oppression. Autant dire que la paix n?est pas simple absence de guerre. Certes, on ne se tire plus dessus dans notre pays pour le fauteuil pr?sidentiel mais cela ne signifie pas n?cessairement que le pays et ses habitants jouisent de la paix. Celle-ci doit ?tre comprise aussi comme le fruit de la justice et de la s?curit?. Car la paix ne peut exister l? o? les uns accumulent et festoient sans arr?t pendant que d?autres manquent du strict minimum, quand l?h?v?a et la noix de cajou du planteur sont vendus ? un prix d?risoire, lorsqu?une minorit? s?enrichit outrageusement sur le dos de la majorit?, l? o? on refuse de partager avec les d?munis les richesses du pays, l? o? on recourt ? la violence alors que la d?mocratie offre aux citoyens de d?battre ou de dialoguer, l? o? le d?tournement et le gaspillage des deniers publics sont devenus monnaiecourante, etc. C?est en refusant de pactiser avec ces anti-valeurs que nous participerons ? l?av?nement d?une C?te d’Ivoire pacifi?e et r?concili?e.Vouloir la paix, ce n?est donc pas se contenter de prier pour elle, ni de discourir sur elle mais agir d?une mani?re qui honore et respecte les autres.Si nous empruntons cette voie, alors ?le d?sert se changera en verger et la droiture habitera dans le d?sert. Et la justice aura sa demeure dans le verger [car] l’?uvre de la justice est la paix, Et le fruit de la justice, le repos et la s?curit? pour toujours. Et [notre] peuple demeurera dans le s?jour de la paix, dans des habitations s?res, dans des asiles tranquilles? (Isa?e 32, 12-18). Jean-Claude DJEREKE

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Le silence et l?indiff?rence de nos fr?res anglophones

Depuis 2011, ann?e o? le guide libyen Mouammar Kadhafi fut assassin? par les troupes de l?OTAN avec le feu vert de Barack Obama, Maliens, Burkinab? et Nig?riens se d?fendent comme ils peuvent contre des terroristes arm?s par des puissances ?trang?res qui veulent faire main basse sur leurs richesses mini?res. Chaque jour, des militaires et civils sont massacr?s dans les trois pays du Sahel mais jusqu’ici aucun pays de l?Afrique « anglophone » n?a r?agi aussi vigoureusement que le Rwanda o? l?anglais a d?tr?n? le fran?ais depuis 2003.En effet, le pays de Paul Kagam? envoya rapidement des soldats en Centrafrique en 2020 et au Mozambique en 2021. Sauf erreur de ma part, je ne suis pas certain que d’autres pays de l?Afrique « anglophone » aient men? une action similaire.Je n?ai pas encore appris que des marches ou des meetings aient ?t? organis?s ? Monrovia, Abuja, Nairobi, Lusaka, Dar es Salam ou Johannesbourg pour soutenir les Africains « francophones » qui, depuis un certain temps, vivent l?enfer sur terre.Je n?ai pas encore entendu dire que des cotisations ont ?t? lev?es ? Freetown, Kampala ou Harare pour soulager les personnes d?plac?es dans les pays de l?AES.En ao?t dernier, les ambassades de ces trois pays ? Washington avaient organis? une collecte de fonds pour venir en aide aux victimes du terrorisme mais aucun diplomate de l?Afrique anglophone n?avait pris part ? l??v?nement. Peut-on se dire h?ritiers des Julius Nyerere, Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta ou Kenneth Kaunda et avoir un tel comportement? L?Afrique du Sud, qui fut aid?e par les autres pays africains quand elle combattait l?apartheid, peut-elle continuer ? rester indiff?rente au combat men? par Bamako, Ouagadougou et Niamey?En 2011, Jacob Zuma avait piteusement retourn? sa veste ? propos de l??lection pr?sidentielle en C?te d’Ivoire parce que Sarkozy avait promis un si?ge permanent ? l?Afrique du Sud, une promesse qui ne se concr?tisa jamais. J?aimerais tant que lui et les autres Africains anglophones se souviennent de Modibo Ke?ta pour qui la solidarit? n??tait pas un mot creux, qui disait ceci: « Partout o? l?homme africain, l?homme tout court, ?tait asservi, bafou?, notre Parti n?a pas recherch? la criminelle m?diation. C?est r?solument qu?il a port? aide ? nos fr?res opprim?s. »J?aimerais tant qu’ils r??coutent la d?claration de l?Alg?rien Ahmed Ben Bella: « Parall?lement ? l?action du Che [Ernesto Guevara], nous menions une autre action pour le sauvetage de la r?volution arm?e de l?Ouest du Za?re. En accord avec Nyerere, Nasser, Modibo Ke?ta, Nkrumah, Kenyatta et S?kou Tour?, l?Alg?rie apportait sa contribution en envoyant des armes via l??gypte ? travers un v?ritable pont a?rien, tandis que l?Ouganda et le Mali ?taient charg?s de fournir des cadres militaires. C?est au Caire, o? nous ?tions r?unis, que nous avions con?u ce plan de sauvetage et nous commencions ? l?appliquer lorsqu?un appel d?sesp?r? nous fut adress? par les dirigeants de la lutte arm?e. Malheureusement, malgr? nos efforts, notre action intervint trop tard et cette r?volution fut noy?e dans le sang par les assassins de Patrice Lumumba. » O? sont les Wole Soyinka, Ngugi Wa Thiongo et autres Ayi Kwei Armah?Pourquoi sont-ils silencieux? ? quel moment ouvriront-ils la bouche? Doit-on penser que la lutte pour l??mancipation de toute l?Afrique ne les int?resse plus? Si « ?tre homme, c’est conna?tre la honte en face d?une mis?re qui ne semblait pas d?pendre de soi »(Antoine de Saint-Exup?ry), ceux qui se taisent devant les malheurs et souffrances des Maliens, Burkinab? et Nig?riens m?ritent-ils encore de porter ce nom d?homme? Jean-Claude DJEREKE

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Paul Biya, 42 ans apr?s : anthologie d’un myst?re

Entre profusion de rumeurs et inflation de d?mentis, le pr?sident de la R?publique, Paul Biya, a regagn? Yaound?, repris son travail au Palais de l?Unit? et ferm? une longue, intrigante et d?testable parenth?se de d?bats sans concession sur un pouvoir qu?il exerce depuis le 06 novembre 1982. Dans l?environnement de la c?l?bration de ses 42 ans de magistrature supr?me, beaucoup, dans le pays et au-del?, feignent de d?couvrir cet homme d??tat hors du commun, qui a pourtant montr? tant de constance et de coh?rence dans un style tout ? fait propre ? lui. Ce texte invite ? une lecture actualis?e de trois invariables de ce ?code Biya? qu?on a peut-?tre tort de consid?rer au premier degr?: l?absence, la distance et le silence. Entrons par une lapalissade: 42 ans de bail au pouvoir est une gageure. Le chef de l??tat lui-m?me ramasse ce record de long?vit? en une de ces formules dont il a le secret: ?ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut?. Comme plusieurs autres du m?me registre, qui font grand ?cho dans l?histoire politique camerounaise, la p?pite linguistique intervient le 03 juillet 2015 au Palais de l?Unit? ? Yaound?, lors d?une conf?rence de presse conjointe tenue avec Fran?ois Hollande, le Pr?sident francais de cette ?poque. Car depuis, notons-le au passage, la France a connu deux autres Pr?sidents (Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron), et jusqu?? cinq (Jacques Chirac et Fran?ois Mitterrand compl?tant la liste) dans l?intervalle qui correspond ? la somme des mandats successifs de Paul Biya. Sur le champ et de tous horizons, les observateurs, chercheurs, commentateurs et autres influen?eurs se perdent en conjectures ? propos de l??nigme la plus tenace du Cameroun. En attendant que les historiens, avec le recul, d?couvrent la grille d?explication la plus juste, osons une hypoth?se qui reposerait simplement sur une gestion ? bas bruit. Pr?sence discr?te, pouvoir secretPlaignons la presse qui s?est encore fourvoy?e autour de la sempiternelle interrogation dont elle barre inlassablement ses premi?res pages depuis toujours: O? est donc pass? Paul Biya? Des semaines durant, elle y a laiss? ses plumes de fiabilit? et de cr?dibilit?. ? la d?charge de ceux qui font profession de donner l?information ? Dieu sait combien et qui ils sont aujourd?hui – admettons que le sujet est insaisissable. Les sorties du chef de l?Etat, officielles ou priv?es, comme d?ailleurs ses retours, sa participation ou non ? des sommets internationaux, ses actes majeurs et hauts faits de gestion, tout est conduit dans le plus grand secret, invariablement entour? d?un imp?n?trable myst?re. Ce myst?re dont le G?n?ral De Gaulle disait qu?il est l?essence m?me du pouvoir. S?agissant de Paul Biya, cette approche des affaires publiques semble avoir ?t? moul?e dans des ateliers sp?ciaux. Bien s?r, on pense ? ses passages successifs aux s?minaires catholiques d?Akono et d?Ed?a ; puis aux ?tudes sup?rieures, de science politique notamment. On pense aussi ? la vingtaine d?ann?es de structuration ? l?ombre de son pr?d?cesseur Ahmadou Ahidjo qui se d?finissait lui-m?me comme ?un homme discret, certains diront secret?. Mais est-ce suffisant pour comprendre la pr?sence volontairement discr?te de Paul Biya? Oui, si l?on consid?re son apparente absence comme un levier de gestion de son pouvoir. Arr?tons-nous ? d?autres signes distinctifs de ce Cameroun, sur la sc?ne diplomatique par exemple: d?marche feutr?e, parole mesur?e, non-ing?rence, non-alignement, positions en retrait, autant d?options qui, en r?alit?, traduisent l?attachement chatouilleux du Pr?sident ? la sacralit? de la souverainet? du Cameroun.? l?aune des r?sultats, force est de reconna?tre que le pays ne fait pas pi?tre figure. Bien au contraire, on convoquerait volontiers deux illustrations pour en donner la preuve. D?abord l?affaire Bakassi, qui englobe la r?trocession au Cameroun de la p?ninsule ?ponyme et le r?glement d?finitif de la fronti?re terrestre(1680 Km) et maritime avec le Nig?ria. L?heureux aboutissement de ce dossier br?lant est, soulignons-le en gras, l?une des victoires diplomatico-judiciaires les plus retentissantes de l?histoire du Cameroun. Elle aura consacr? une d?marche pertinente et pers?v?rante, jamais exub?rante, mais toujours patiente. Le tout, gr?ce ? une habilet? man?uvri?re admirable dont l?auteur de ces lignes est un modeste et n?anmoins attentif t?moin. Ensuite, il y a la plus actuelle accession de l?ancien Premier ministre Philemon Yang ? la pr?sidence de la 79?me Assembl?e g?n?rale des Nations unies. Qu?un compatriote, discr?tionnairement choisi par le Pr?sident Biya tr?ne ainsi ? la tribune du plus grand c?nacle diplomatique mondial, d?montre aux sceptiques qu?on peut ?tre performant et avoir le triomphe modeste. Dans une autre perspective, il faut relever, de la part du pr?sident de la R?publique, une primaut? marqu?e pour la ma?trise des affaires int?rieures, ce pays ?tant, de mani?re incomparable, r?put? pour ?tre aussi h?t?rog?ne que complexe.Donc, il ne faut surtout pas confondre absence et indolence. ?Paul Biya, c?est comme le vent. On ne le voit pas, mais on le sent?, explique un aparatchick qui pratique le Pr?sident depuis 50 ans. Le fait est tellement pr?gnant dans l??cosyst?me dirigeant que, par une esp?ce de r?flexe pavlovien, tous les responsables publics croient toujours devoir en r?f?rer ? la ?haute hi?rarchie?, y compris dans leurs d?clarations et actes les plus ordinaires. S?il lui arrive d??tre physiquement absent de la m?diasph?re de longues semaines durant, le chef de l??tat est bel et bien omnipr?sent dans tous les esprits. Il y a l?, par ces temps de surexposition de ses homologues ? travers le monde, une vraie curiosit? m?diatique, politique, voire ontologique? ?il d?aigle du pouvoir?La distance est la deuxi?me hypoth?se d?explication de la long?vit? pr?sidentielle. Paul Biya conna?t bien ses compatriotes et leur propension ? se faire valoir. Il n?est pas loin de penser que sans cette distance, nombre d?entre eux s?en iraient r?pandre autour d?eux de vraies fausses confidences sur le mode: ?l?autre jour, le Pr?sident m?a dit?? ; cela, convenons-en, aurait pour effet de d?valoriser la parole pr?sidentielle et d?en d?mystifier l?illustre auteur. On notera aussi que les m?mes compatriotes, et pas des moindres, ont souvent montr? en maintes occasions qu?ils sont plus port?s ? d?fendre leurs int?r?ts familiaux, tribaux et r?gionaux que des causes r?ellement nationales. Perception

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Renaissance du cacao camerounais : entre succ?s et fragilit?

Ces cinq derni?res ann?es, le cacao camerounais a connu une v?ritable renaissance, marqu?e par une embellie spectaculaire qui en fait aujourd’hui une r?f?rence incontournable sur le march? international. Le prix de cette pr?cieuse mati?re premi?re a atteint des sommets in?gal?s, tandis que sa qualit?, autrefois ?clips?e par celle des grandes nations cacaoti?res, a su conqu?rir les palais les plus exigeants. Cette r?surgence, loin d??tre le fruit du hasard, est le r?sultat d’une strat?gie minutieusement orchestr?e et d’un engagement sans faille de tous les acteurs du secteur, avec, en t?te de file, le ministre du Commerce, dont l’impulsion visionnaire et la politique ?nergique ont permis de hisser le cacao camerounais vers de nouveaux horizons. Il serait injuste de ne pas saluer l’ing?niosit? et la d?termination du Ministre du Commerce, Luc Magloire MBARGA ATANGANA, qui a su, par des r?formes audacieuses et une diplomatie commerciale subtile, placer le Cameroun dans une dynamique de production cacaoy?re de plus en plus comp?titive. Le cacao, v?ritable or noir du pays, a b?n?fici? d’un soutien sans pr?c?dent, avec des initiatives visant ? am?liorer la qualit? des f?ves, renforcer les infrastructures agricoles, et diversifier les fili?res de transformation locale. Ainsi, le pays a vu se multiplier les partenariats strat?giques avec les grandes entreprises de chocolat et les acteurs du secteur financier, renfor?ant ainsi la position du Cameroun en tant qu’acteur majeur sur le march? mondial. Cet essor remarquable, cependant, ne doit pas occulter les d?fis auxquels se trouve confront? le secteur. Si le prix du cacao grimpe en fl?che et que la qualit? est aujourd?hui reconnue ? l??chelle internationale, il est imp?ratif de garder ? l?esprit qu?il ne s?agit que d?une ?tape dans un processus bien plus vaste et complexe. En effet, la tentation serait grande de s’endormir sur ces lauriers et de consid?rer cette ascension comme un acquis d?finitif. Or, il convient de se rappeler que la fragilit? du march? mondial, expos? aux al?as ?conomiques, climatiques et g?opolitiques, demeure un facteur de risque majeur pour les producteurs. L’une des priorit?s des prochaines ann?es devrait r?sider dans la consolidation de cette position pr?caire et dans la mise en place de m?canismes solides pour assurer une p?rennit? ? long terme. Le march? mondial du cacao ?tant soumis ? des fluctuations r?guli?res, le Cameroun devrait diversifier davantage ses d?bouch?s, encourager l’innovation dans la transformation locale et assurer une r?mun?ration juste et ?quitable pour ses producteurs. La qualit?, tant recherch?e par les consommateurs europ?ens et internationaux, doit continuer ? ?tre le fer de lance de la strat?gie camerounaise, mais elle ne suffira pas ? elle seule ? garantir la stabilit? du secteur si des mesures structurelles ne sont pas prises pour en s?curiser la rentabilit?. Il est ?galement important de ne pas perdre de vue l?inclusion des producteurs, notamment les petits exploitants et les n?o-cacaoculteurs, dont l?engouement pour la culture du cacao conna?t une croissance exponentielle. Ces derniers, bien que s?duits par la rentabilit? apparente de la fili?re, risquent de se retrouver pris au pi?ge d?un march? qui, ? force de sp?culations et de tensions sur les prix, peut s?av?rer instable. Le d?fi sera de les accompagner dans une d?marche de professionnalisation, de les former aux meilleures pratiques agricoles et de leur offrir un acc?s facilit? aux financements pour s?curiser leur investissement ? long terme. En outre, la durabilit?, aujourd?hui incontournable dans les grandes tendances du march? mondial, doit absolument ?tre au c?ur de cette strat?gie de croissance. Les d?fis ?cologiques, li?s ? la d?forestation, ? l’?puisement des sols ou encore aux d?r?glements climatiques, doivent ?tre anticip?s et int?gr?s dans une d?marche de production ?co-responsable. La mise en place de certifications et de pratiques agricoles durables pourrait ainsi offrir au cacao camerounais un atout suppl?mentaire face ? une concurrence internationale de plus en plus exigeante sur les normes environnementales. Au total, si le cacao camerounais vit une ascension fulgurante, cette r?ussite pourrait se transformer en un mirage si des efforts continus ne sont pas d?ploy?s pour garantir une r?gulation efficace du march?, une stabilit? des prix et une valorisation accrue de la cha?ne de valeur locale. Les producteurs, les n?o-cacaoculteurs et tous les acteurs du secteur doivent redoubler de vigilance, d?innovation et de solidarit? pour que cette success story ne devienne pas une ?piphanie ?ph?m?re, mais bien un mod?le durable et prosp?re pour les g?n?rations futures. Le r?le du gouvernement et des partenaires priv?s, guid?s par une vision claire et pragmatique, reste d?terminant pour sceller la place du Cameroun comme l’un des leaders du march? cacaoyer mondial. Face ? l’Atlantique, le 13 novembre 2024 MOI

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6 novembre 1982 ? 6 novembre 2024 : Paul Biya, ? force de livres

Sous la plume de ceux qui ont explor? dans les pentes de l?esprit et du parcours du pr?sident de la R?publique, on d?couvre une construction th?orique o? se succ?dent admiration et coups de gueule. Commen?ons par visiter rapidement ce qu??crit Fanny Pigeaud. ?Lorsqu?il est arriv? en 1982 ? la t?te du Cameroun, pays riche en ressources naturelles et humaines, Paul Biya repr?sentait pour ses concitoyens l’espoir d’une ?re nouvelle?. Dans son ouvrage (Au Cameroun de Paul Biya, Karthala, 2011), la journaliste fran?aise se charge de s?interroger: ?Pourquoi les espoirs de 1982 ont-ils peu ? peu laiss? place au profond d?sarroi exprim? en 2008? Comment le pays est-il devenu l’un des plus corrompus du monde? A quoi tient la long?vit? politique de Paul Biya?? En lisant Eug?ne Daniel Abega dans Paul Biya, la marche vers les sommets, Parcours d’un homme d’exception d?j? dans l’histoire, Edilivre, 2018, la tentation est grande d??tendre ces questions ? tout ce qui construit le personnage, ? travers la mise en sc?ne d?une apparition, d?une r?v?lation, au fort retentissement ?motionnel. ?Ses grandes enjamb?es au sommet de l’?tat portent ? coup s?r l’empreinte de la sagesse et surtout de la sagacit? d’un fauve politique, ? sortir son pays des griffes du sous-d?veloppement. L’homme du 6 novembre 1982 est l’homme de la situation. Paul Biya rassure quant ? cette marche vers les sommets, ici ou ailleurs, au pr?sent comme au futur. La grande ?uvre atemporelle de Paul Biya traverse le temps?, ?crit Eug?ne Daniel Abega. ?Panth?onisation?Afin de d?signer le ?grand homme? et donc de l??riger en mod?le, Michel Roger Emvana propose Paul Biya, les secrets du pouvoir, paru en ao?t 2005 aux ?ditions Karthala. L?ouvrage est pr?fac? par le Pr Gervais Mendo Ze. Ce dernier ?crit: ?Jaillissant, ? la surprise g?n?rale, de la succession d’Ahmadou Ahidjo, le pr?sident Paul Biya a brav? un parcours de turbulences que peu d’acteurs politiques contemporains peuvent s’autoriser: retournement spectaculaire de la parole de son pr?d?cesseur, deux tentatives de coup d’Etat, une crise ?conomique f?roce, la d?sob?issance civile, la violence de la rue, une opposition insurrectionnelle appelant ? la guerre civile arm?e, les trahisons des fid?les, les annonces de d?c?s, le tir group? de la presse depuis une quinzaine d’ann?es, les man?uvres des partisans et des adversaires qui parfois deviennent des ennemis. Depuis 1982, Paul Biya a travers? ces ?preuves ? la surprise g?n?rale, confondant les sceptiques et renaissant, comme l’animal de la l?gende, chaque jour du n?ant o? certains l’avaient trop vite barricad??.Mis au service de cette ?panth?onisation?, le portrait de Paul Biya cesse d??tre seulement un divertissement mondain ou un ornement descriptif. Il apparait comme un instrument efficace de savoir, permettant de progresser dans la connaissance de l?homme, de son caract?re, de ses m?urs. L?, on tombe d?abord sur Paul Biya ou l’incarnation de la rigueur: essai biographique sur le deuxi?me pr?sident de la R?publique unie du Cameroun, de Jean Fouman-Akame, Florent- Eily Etoga et Jacques Fame Ndongo (Sopecam, 1983); Sacerdoce politique et stabilit? des syst?mes: le paradigme Paul Biya, (NENA/ Presses universitaires de Yaound?, 2016) de Boniface Fontem Nkobena; La pens?e politique de Paul Biya (Edi-Action, 2004 ) de Jean Fran?ois Mebenga; La pens?e politique de Paul Biya de Bernard Amougou (2013, Harmattan Cameroun, pr?fac? par Jacques Fame Ndongo); Les Silences de Paul Biya (2019) de Fran?ois Marc Modzom; Le ph?nom?ne Paul Biya. Essai de s?miotique arithm?tique, publi? en 2019 et ?crit par le Pr. Jacques Fame Ndongo; L’art oratoire chez Paul Biya ? l??re du multipartisme au Cameroun: Discours, mises en sc?ne argumentatives et relation au pouvoir, (2021) de Cl?bert Agenor Njimeni Njiotang. Puis, on se souvient successivement de Paul Biya, la couronne de la politique africaine. De l?initiative ? la r?f?rence, (2021) de Jean Jacques Ngono Neme; et de Paul Biya, architecte de la r?volution agricole incompris de Ndam Aliyou (2024). L?un apr?s l?autre, ces ouvrages tracent une double ligne: r?pondre au go?t d?un public de plus en plus avide des images r?v?lant l?intimit? de Paul Biya. En cultivant l?illusion de proximit?, leurs auteurs donnent au chef de l?Etat un bon moyen pour se faire admirer et aimer. Chez Boniface Fontem Nkobena par exemple, on peut lire des traces de cette pratique qui pr?sente Paul Biya comme l?un des dirigeants africains ? avoir r?ussi ? diriger un pays dans la stabilit?, dans une Afrique en proie aux tourments et ? l’instabilit? depuis le vent de changement qui a souffl? dans les ann?es 1960 consacrant la vague des ind?pendances des pays de ce continent. L’auteur s’int?resse aux enseignements que la r?ussite av?r?e du Pr?sident Biya peut prodiguer ? d’autres pays, le cas ?ch?ant, afin de les sortir des eaux tumultueuses de l’ins?curit? et de l’instabilit? pour les mener vers les rivages plus calmes de la paix et de la stabilit?. Chez Fran?ois Marc Modzom, le ?silence? de Paul Biya est analys? ? la fois comme posture et signature de pouvoir. R?vulsionEntre temps, cette axiologie de la visibilit? commence ? r?vulser certains. En 2014, Dieunedort Essom? publie chez l?Harmattan C?te d’Ivoire, Paul Biya, Le pouvoir en clan. Selon l?auteur, le Cameroun fait face ? la long?vit? au pouvoir d’un seul clan dirigeant. Le pouvoir est exerc? de fa?on absolue par une seule classe politique qui ne montre aucun signe d’alternance. Il relate la vie politique au Cameroun, la volont? et la soif du peuple musel? qui aspire ? une d?mocratie vraie et r?elle. Les coups bas, les complots, les d?nigrements, les intimidations et les assassinats, y compris m?me dans le clan dirigeant, ne sont pas omis. On trouve des th?mes identiques dans Paul Biya: Chroniques de la Fin,vn (E?ditions du Schabel, 2021). Pour Fridolin Nke, l?auteur, ?notre pays vit actuellement des moments terribles. Et le mot n?est pas assez fort, pour traduire les d?rives et les horreurs que nous affrontons au quotidien. Ce n?est pas seulement le tribalisme qui traumatise, mais aussi le pillage, le vol, le go?t que certains prennent ? pi?tiner leurs semblables, ? les ?gorger, ? r?pandre la peur, ? bafouer la vie. La guerre de tous

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Mme C?cile Akame Mfoumou?: ? Aucun d?entre nous dans cette salle, aussi puissant soit-il, ne peut r?pondre seul aux crises humanitaires actuelles et ? venir ?

La pr?sidente de la Croix-Rouge Camerounaise plaide pour le renforcement de la coop?ration et la collaboration entre les Etats et organismes humanitaires ? travers le monde. Voici en int?gralit? sa d?claration faite du haut de la tribune de la 34e Conf?rence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge tenue du 28 au 31 octobre 2024 ? Gen?ve.  Monsieur le Pr?sident de la Commission, Madame la Pr?sidente de la Conf?rence internationale, Excellences, Mesdames et Messieurs, Distingu?(e)s D?l?gu?(e)s, Ma d?l?gation se r?jouit de l?opportunit? unique qui lui est donn?e de contribuer au d?bat sur le respect des principes fondamentaux du Droit International Humanitaire.  Ma D?l?gation remercie ?galement le Mouvement pour la documentation relative au th?me sous rubrique. Monsieur le Pr?sident de la Commission,  Cette Conf?rence, regroupant les ?tats parties aux Conventions de Gen?ve, les Soci?t?s nationales de Croix-Rouge et Croissant-Rouge, le Comit? international de la Croix-Rouge et la F?d?ration internationale des Soci?t?s de Croix-Rouge et Croissant-Rouge, nous oblige ? une r?flexion sur la port?e, le sens et les b?n?fices mutuels r?sultant des Principes fondamentaux du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge comme cadre d?action en vue d?une r?ponse humanitaire efficace. Elle constitue ?galement une opportunit? pour nous tous de nous engager dans un dialogue s?rieux sur les enjeux humanitaires actuels. Mesdames et Messieurs, Les Principes fondamentaux du mouvement, loin d?un id?alisme d?mesur?, constituent la fondation m?me de l?activit? humanitaire, tant ils r?gulent, r?glementent et orientent les cadres de l?action du Mouvement. Proclam?s en 1965 et r?it?r?s ? diverses occasions, ces principes continuent d?inspirer de nombreuses organisations non gouvernementales ? vocation humanitaires. Leur diffusion et leur appropriation illustrent, avec force, leur caract?re pratique et pragmatique, face notamment aux d?fis humanitaires qui nous interpellent. Fonctionnels par essence, ils repr?sentent l?incarnation de l?esprit d?humanit? qui devrait nous unir. L?action humanitaire neutre, impartiale et ind?pendante est essentielle pour r?pondre aux besoins des personnes et populations touch?es par des situations d?urgence ou de crise, telles que les conflits arm?s, la violence ou les catastrophes qu?elles soient naturelles ou du fait des hommes. La mise en ?uvre de ces Principes permet une r?ponse efficace, aussi bien pour la protection que pour l?assistance, prioritaire pour les plus vuln?rables. De mani?re cruciale, elle permet d?assurer l?acc?s et la s?curit? dans les environnements ? risque. Enfin, les Principes fondamentaux donnent ?galement un cadre pertinent et pr?visible pour les partenariats et la diplomatie humanitaire des composantes du Mouvement. Mesdames et Messieurs, Le Cameroun, en conformit? avec ses engagements internationaux, et conscient de leur r?le cardinal, a fait du respect des principes du Mouvement International de la Croix-Rouge une n?cessit? absolue, et met tout en ?uvre pour leur respect.   Au Cameroun, de nombreuses Organisations Non Gouvernementales ? vocation humanitaires se d?ploient au quotidien, sans aucune entrave et, bien souvent, en synergie ?troite avec l?Etat. ? cet ?gard, je suis fier de souligner que la Croix-Rouge Camerounaise, reconnue d?utilit? publique, b?n?ficie du soutien constant du Gouvernement. Ce soutien multiforme lui permet de mener ? bien sa mission humanitaire sur toute l??tendue du territoire national. Dans le m?me ordre d?id?es, des concertations r?guli?res sont organis?es entre les structures ?tatiques, les Organisations ? vocation humanitaire en vue de renforcer la collaboration, de r?pondre de mani?re efficace et concert?e aux nouveaux d?fis, dans le strict respect de l?ind?pendance, de la neutralit? et de la souverainet? de l?Etat. Par ailleurs, le Comit? Internationale de Croix-Rouge travaille en ?troite collaboration avec l?Etat du Cameroun pour la diffusion du Droit International Humanitaire. Ainsi le CICR et la Croix Rouge Camerounaise, dans une approche de collaboration sinc?re et suivie, accompagnent l?Etat dans le cadre du renforcement des capacit?s de ses personnels civils et militaires en mati?re humanitaire. En outre, les modules de Droit International Humanitaire sont int?gr?s dans les programmes d?enseignement sup?rieurs au Cameroun, ainsi que dans les cursus des diverses ?coles des Forces de d?fense et de s?curit?.  C?est fort de cette exp?rience positive que le Cameroun souhaite voir se d?velopper une relation plus forte, innovative et proactive entre ?tats et Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, aussi bien dans la r?ponse aux urgences qu?? celle aux crises chroniques ou moins m?diatis?es. Mesdames et Messieurs,  Dans un monde ou les crises et catastrophes humanitaires se succ?dent, ou les conflits arm?s continuent de faire de nombreuses victimes, il est vital pour les ?tats et le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de travailler ensemble, de concert avec tous les partenaires, pour r?aliser les buts communs de l?humanit?. Aucun d?entre nous dans cette salle, aussi puissant soit-il, ne peut r?pondre seul aux crises humanitaires actuelles et ? venir. En particulier, les organisations humanitaires, ? l?instar de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, doivent pouvoir compter sur le soutien des ?tats dans l?accomplissement de leurs mandats. Les Soci?t?s nationales en particulier, en tant qu?auxiliaires des pouvoirs publics dans le domaine humanitaire, doivent pouvoir collaborer avec les autorit?s nationales, dans le respect de leurs sp?cificit?s et, singuli?rement, dans le respect de l?adh?sion de Soci?t?s nationales aux Principes fondamentaux du Mouvement. Mesdames et Messieurs, Le respect des Principes fondamentaux a pour cons?quence b?n?fique d?assurer l?acc?s des populations touch?es ? une protection et une assistance humanitaire. ? son tour, cet acc?s signifie la capacit? pour le Mouvement de soulager les souffrances, de prot?ger la vie et la dignit? humaine. C?est la raison pour laquelle ma d?l?gation accueille favorablement et soutien l?appel lanc? ? la communaut? des ?tats au d?but de la pr?sente Commission, par les Pr?sidentes du Comit? International de la Croix-Rouge et de la F?d?ration Internationale des Soci?t?s nationales de Croix-Rouge et Croissant-Rouge respectivement. Pour conclure, ma d?l?gation tiens ? r?affirmer l?importance et la pertinence des Principes fondamentaux d?Humanit?, de Neutralit?, d?Impartialit? et d?Ind?pendance, comme source d?inspiration de toutes r?ponses humanitaires. Ces Principes doivent ?tre consid?r?s comme des biens publics de l?Humanit?, qui doivent tous nous inspirer en vue d?une meilleure r?ponse humanitaire aux besoins des populations les plus vuln?rables. Je vous remercie.

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