La petite annonce pourrait s’intituler ?opposition recherche candidat unique?. Sur le papier, les propositions sont all?chantes, porteuses d?un projet commun.

Seulement, le profil est rare. Il s?agit l? d?un constat ancien: au-del? du poncif sur ?l?int?r?t sup?rieur du pays?, chacun s’accroche ? son programme et peu de forces politiques semblent pr?tes ? trouver des compromis. En effet, tout se passe comme si les ambitions des uns et des autres ne peuvent susciter, de la part des partis dits de l?opposition, qu?un comportement syst?matique, radical et st?rile. On pourrait presque soutenir qu?au sein de de l?enceinte de ces formations politiques, l?on se bat moins contre un pouvoir bien en place que contre les ?camarades? et, au-del?, contre soi-m?me. Personne ne cherche ? assouplir le carcan dans lequel il est enserr?, en gommant les aspects les plus excessifs de son ?go. On ajoutera que voil? qui facilite l?abaissement du seuil requis pour constituer une coalition. Il en r?sulte une situation assez in?dite o? l?opposition est dispers?e dans son r?le. On peine ainsi ? identifier le chef de l?opposition et de sp?cifier les limites organisationnelles et temporelles de ce r?le.
Au Cameroun, en cette veille de la pr?sidentielle, l?opposition se ment ? elle-m?me comme ?tant capable de pr?parer et d?incarner l?alternance. Elle se ment ? elle-m?me d?agir de mani?re pos?e et constructive. De mani?re plus g?n?rale, le bilan para?t bien d?cevant et le renouveau de l?opposition politique camerounaise bien modeste, non seulement parce qu?elle refuse de jouer le jeu, mais aussi parce qu?elle sait que ses tentatives de s?unir n?ont aucune chance d??tre adopt?es. Il semble donc essentiel de se pencher sur les outils et strat?gies mis en place aux diff?rents niveaux afin de d?terminer si ce n?est pas l?opposition camerounaise qui construit son ?chec, parce que chaque ?curie politique oscille entre volont? d?autonomie et d?sir d?alliance avec des formations plus importantes. On assiste ainsi, dans l?opposition actuelle, ? des prises de position diverses: radicalement autonomiste, ambigu? ou ouverte ? la discussion. Comme par le pass?, l?opposition politique camerounaise est ?parpill?e alors qu?elle sait pertinemment que seule la coop?ration pourrait l?avantager. Elle est min?e par des querelles d?ego et de personnalit?s inutiles qui occasionnent des sentiments d?hostilit? et de la comp?tition malsaine entre ses diff?rents membres. Et avec ce que l?on observe, on dira qu?elle ne s?active plus bruyamment que lors de l??lection pr?sidentielle et, par cons?quent, elle a tendance ? se focaliser sur des questions symboliques ou secondaires plut?t que de s?int?resser aux questions essentielles ou de r?gler ses querelles ? l?avance et ? distance des enjeux ?lectoraux.
A l??vidence, une telle d?marche entra?ne, chez nos ?opposants?, des alt?rations psychologiques qui se traduisent par des illusions de grandeur et des attitudes narcissiques et irresponsables. Ces illusions constituent un syndrome d?hubris politique, qui fait que ces dirigeants estiment savoir toujours mieux que les autres et jugent que les r?gles de la coalition ne sauraient s?appliquer ? eux. Cet ?tat des choses comporte de s?rieuses implications pour la qualit? de notre d?mocratie. Pour ces diff?rentes raisons, il manque ? l?opposition camerounaise une force politique structurante; personne ne dispose de la capacit? d’entra?nement n?cessaire et tous les partis de cette opposition sont toujours l? ? jouer le coup d’apr?s.
Jean-Ren? Meva?a Amougou