Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

bloc d'article

A Nanga-Eboko: le CENEEMA d?tonne par son avant-gardisme

Dans son ambition d?arracher l?antenne CENEEMA (Centre national d’?tudes et d’exp?rimentation du machinisme agricole) de Nanga-Eboko de l?oubli, Andr?e Caroline M?lanie Ekotto Minkouna, directrice g?n?rale de l??tablissement public ? caract?re technique et scientifique pose des mots et ?voque des souvenirs. Le tout dans une dynamique qui traverse les g?n?rations et qui a comme seul objectif celui de partager une histoire qui n?a pas vocation ? s?arr?ter dans le d?partement de la Haute-Sanaga. ?C?r?monie de r?ception et de mise en op?rationnalisation de la dotation sp?ciale du chef de l?Etat, son excellence Paul Biya, d??quipements agropastoraux de l?antenne r?gionale sp?cialis?e de m?canisation agricole de Nanga-Eboko coupl?e ? l?installation des responsables de ladite antenne ?. En lisant un tel programme, l?h?sitation que l?on pourrait avoir viendrait certainement de la capacit? des organisateurs ? tenir le coup. Dur ? imaginer. Mais il faut bien ?couter Andr?e Caroline M?lanie Ekotto Minkouna dans son ambition d?arracher l?antenne CENEEMA de Nanga-Eboko de l?oubli. ? Cette antenne que nous c?l?brons aujourd?hui faut-il le rappeler, autrefois appel?e Station de M?canisation Agricole de Nanga-Eboko, tr?s florissante dans les ann?es 1975 ? 1985, a ?t? ferm?e du fait de la crise ?conomique des ann?es 1990 au m?me titre que les stations de Garoua et de Bambui. Elle a ?t? r?habilit?e et fortement ?quip?e gr?ce ? un projet de coop?ration entre les gouvernements chinois et camerounais (CATAC) de 2007 ? 2017, dont les actifs n?ont malheureusement pas pu ?tre consolid?s, faute de financement alternatif. Redevenue op?rationnelle depuis juin 2021 gr?ce ? la nouvelle ?quipe dirigeante et avec l?accompagnement de Monsieur le Pr?fet de la Haute-Sanaga, elle a pu r?aliser ? ce jour et malgr? la modestie de ses ?quipements, une performance de 110 hectares de superficies d?frich?es et plus de 475 hectares de superficies m?canis?es ?, vante la directrice g?n?rale du CENEEMA. La dame dont l?intention tend manifestement ? l?ex?g?se ne s?arr?te pas l?. Elle pr?cise que la c?r?monie de ce 21 ao?t 2025 ? Nanga-Eboko consiste, d?une part, en la r?ception et la mise en op?rationnalisation d??quipements agropastoraux ? cette antenne sp?cialis?e du CENEEMA, et d?autre part, elle est coupl?e au lancement officiel de la campagne de m?canisation agricole pour les bassins de production du Centre et ? l?installation des responsables nouvellement d?sign?s. Bien accroch?e au s?quen?age du programme, Andr?e Caroline M?lanie Ekotto Minkouna se pla?t de fournir des d?tails sur la ? dotation sp?ciale du chef de L?Etat. L?on apprend qu?il s?agit d?un important lot d?engins constitu? d??quipements de d?frichement et d?am?nagement ; d??quipements et mat?riels agricoles ; d??quipements de maintenance et d?entretien. Avec de tels engins, il revient ? la directrice g?n?rale du CENEEMA d??laborer des projections. ? L?action du CENEEMA, dit-elle, contribuera de mani?re ind?niable ? la mise en ?uvre du Programme int?gr? d?import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), afin d?assurer une v?ritable s?curit? alimentaire dans la sous-r?gion?. PerformanceAndr?e Caroline M?lanie Ekotto Minkouna ?largit encore son propos en personnifiant justement l??tablissement public dont elle a la charge. ? Dans le volet de l?exp?rimentation, le CENEEMA a proc?d? entre autres dans cette Antenne, ? l?am?nagement des parcelles d?exp?rimentation pour les activit?s de recherche et test des ?quipements de production du ma?s et du riz ainsi qu?? la mise en place des unit?s exp?rimentales en fonction des traitements d?finis dans chaque protocole d?essai de production m?canis?e du ma?s et du riz. Concernant la recherche, le CENEEMA a proc?d? ? Nanga-Eboko ? l??laboration du protocole de recherche et au test des ?quipements de production du ma?s, du riz et du bl?. Sur le plan infrastructurel, l?Antenne a connu un d?but de r?habilitation du b?timent administratif et des dortoirs ainsi que la construction de la cl?ture de s?curisation du site. Dans les prochains jours, les travaux reprendront et le laboratoire de tests et d?essais sera ?quip?. Ledit laboratoire permettra d??valuer la robustesse des machines et ?quipements agricoles import?s ou fabriqu?s localement ?, d?clare-t-elle devant un impressionnant parterre d?invit?s. Sans d?tour, la directrice g?n?rale du CENEEMA indique que ses paroles diffusent un ?tat d?esprit port? par des hommes nouveaux. ? Pour satisfaire cette haute exigence qui nous engage, nous aurons recours ? des ressources humaines de qualit?. C?est ce qui justifie l?une des dorsales majeures de la c?r?monie qui nous r?unit en ces lieu et jour, et qui indubitablement, va marquer la vie de cette antenne ?. Pour m?moire, le Pr?sident de la R?publique a proc?d? par d?cret N?2019/038 du 29 janvier 2019 ? la r?forme du CENEEMA, lui donnant ainsi le statut d??tablissement public ? caract?re technique et scientifique, dot? de la personnalit? juridique et de l?autonomie financi?re. C?est pourquoi ? ce jour, douze (12) antennes et une vingtaine de pools de m?canisation agricole ont ?t? cr??s par le conseil d?administration du CENEEMA. Il ne serait pas superf?tatoire de pr?ciser que ces unit?s op?rationnelles du CENEEMA sont r?parties en trois entit?s, ? savoir les antennes de m?canisation agricole ? comp?tence r?gionale, les antennes de m?canisation agricole sp?cialis?e, et les pools de m?canisation agricole. Aude Andela Ondoua (Stagiaire)

bloc d'article

Gabon : ? L?enfer, c?est les autres ?

Prenant comme fil rouge l?octroi prioritaire des places au March? Isaac de Lambar?n? (inaugur? en grande pompe le 11 ao?t 2025 par le pr?sident Brice Clotaire Oligui Nguema) aux nationaux, quelques Gabonais prennent des ?trangers ? partie. En donnant le sens des choses, l?influenceuse gabonaise Tata Bertille et l?activiste ?ric Otsetse ont trouv? les mots et les cat?gories pour les dire. ? Toutes les Gabonaises doivent d?abord avoir les places ici avant vous. Vous avez des places et elles, elles n?ont pas de places. ?a ne va m?me pas exister. Moi, je vais tout le temps chez vous faire les courses au B?nin. Je n?ai jamais vu une femme gabonaise assise au B?nin avoir une place ou un box. ?a n?existe pas !? a partag? Tata Bertille sur de nombreuses plateformes num?riques. A en croire un ressortissant camerounais t?moin des faits, ? l?affaire a pris une autre tournure quelques heures apr?s, allant jusqu?? ?voquer une possible invasion du Gabon par des Camerounais, Centrafricains et Equato-guin?ens ?. ? Tous les ?trangers ayant acquis des places au March? Isaac de Lambar?n? ont ?t? somm?s de les lib?rer sous peine d?expulsion du territoire gabonais. ? Ce sont des gros bras qui le disaient au march? ?, rapporte le Camerounais. Interpel? par plusieurs communaut?s ?trang?res, le d?l?gu? sp?cial de Lambar?n?, Auguste Roger Bibaye Itandas. Selon des sources bien inform?es, l?ambiance de chasse ? l?homme a quelque peu d?cru dans la ville situ?e dans le sud-est de Libreville. Aux derni?res nouvelles, Mariam Chabi Talata (vice-pr?sidente du B?nin) s?est entretenue, vendredi 22 ao?t 2025, avec Michel Onanga Ndiaye (ministre gabonais des Affaires ?trang?res et de la Coop?ration, charg? de l?Int?gration et de la Diaspora) ? Yokohama, au Japon. A en croire la presse gabonaise, Michel Onanga Ndiaye a, ? cette occasion, r?affirm? la souverainet? du Gabon dans l’exercice de certaines activit?s commerciales r?serv?es exclusivement aux nationaux, tout en r?affirmant que le gouvernement reste attach? au principe de la protection des droits des ?trangers r?sidant sur son sol, et que ce genre de d?cision ont ?t? prises dans de nombreux pays africains et bien au-del?. Au-del? de la pol?mique imm?diate, l?affaire soul?ve des questions plus larges sur la place des ?trangers dans l??conomie gabonaise. Plusieurs voix s??l?vent pour revendiquer une ? pr?f?rence nationale ? dans l?attribution des ?tals financ?s par des fonds publics. Cette revendication s?appuie sur l?argument que les investissements publics doivent d?abord profiter aux citoyens gabonais, tout en pr?cisant ne pas vouloir exclure les ?trangers, mais garantir une ? ?quit? sociale et ?conomique ?. R?my Biniou

bloc d'article

Pand?mie du Coronavirus: l?ger r?v?le les petits mensonges et les demi-v?rit?s

Au terme d?un livre enqu?te qu?il publie dans la Collection savoir des ?ditions Les fous du livre, le journaliste revient sur les manipulations, a priori, pr?jug?s et non-dits ayant ?maill? la temp?te qui a failli emporter le monde en 2019 et 2020. Le dernier de L?ger Ntiga est volumineux de 230 pages et s?annonce d?s la couverture o? l?on voit sur fond noir, des photos de cinq des dirigeants du monde d?aujourd?hui et de l??poque. Regardant tous chacun dans sa direction, ils ont pour noms Donald Trump, le pr?sident des Etats-Unis d?Am?rique ; Xi Jin Ping, pr?sident de la Chine, Emmanuel Macron, pr?sident de France, ; Andry Nirina Rajoelina, pr?sident de la R?publique de Madagascar et Vladimir Poutine, pr?sident de Russie. Au centre de tout ce beau monde, le mena?ant virus du Covid-19. Il n??chappe donc pas ? l?auteur que la crise sanitaire de 2019 et 2020?, ?tait aussi et surtout g?opolitique sinon g?ostrat?gique. D?ailleurs, il cite ? ce propos l?ouvrage du g?o politologue fran?ais Pascal Boniface dans ? G?opolitique du Coronavirus ?. Une entr?e dans l?ouvrage permet de constater qu?il se subdivise en 13 tableaux. Des entit?s ? la fois autonomes et coordonn?es par le m?me fil conducteur de ? on ne nous a pas tout dit ? du Pr Didier Raoult. Ainsi, nous avons Wuhan en Chine, La dissimulation depuis le berceau ; De l??pid?mie ? la pand?mie, Des doutes aux certitudes n?gatives ; La mort frappe, Des c?l?brit?s dans la confusion ; Traitements et vaccins, Dans la discorde et la division ; Le pire pour l?Afrique, Toujours et encore des pr?jug?s ; The Lancet, Un incubateur de la manipulation ; La chloroquine, La mol?cule de tous les malentendus ; Communication, Les messages brouill?s de l?Oms ; Crise ?conomique, Une bombe au milieu du chao ; Protection, Le masque de toutes les d?sillusions ; Etats-Unis, Les dieux sont nus ; Scandales, Le temps des affaires et l??re du soup?on ; G?opolitique, Une arme de destruction massive. Dessus des Grands A ces diff?rents tableaux, il faut ajouter une conclusion et l?avant-propos que signe l?auteur, l?introduction produite par la directrice de la maison d??dition, Marie Bertille Mawem. Et surtout la pr?face de Fran?ois Bingono Bingono. Achev? le 10 f?vrier 2021, et intitul? ? Quand les dessous des Grands se d?voilent aux Petits ?, le texte de cet anthropologue et homme de radio ? la retraite, c?l?bre les produits de la nature (?corces, racines, feuilles?), qui sont s?rums et vaccins. ? L?excellente historiographie de la pand?mie ? Covid-19 du reporter-auteur L?ger Ntiga s?inscrit dans le sillage : la petitesse des ma?tres du monde dont on en d?couvre de sinistres projets. Le titre de Ntiga ? valeur de m?tonymie croissante timide est le suivant est le suivant : Des petits mensonges aux demi-v?rit?s. Il s?agit d?une d?marche digne de la ma?eutique, et ? travers laquelle, sur la base des faits et des dires par les auteurs de leurs propos, tout lecteur, par herm?neutique, c?est-?-dire par d?cryptage personnel, aboutit ? une ou des conclusions des plus absurdes : le sempiternel combat manich?en entre le Bien et le Mal ; les forts et les faibles ; les riches et les pauvres ; les ath?es et les croyants ?, ?crit Fran?ois Bingono Bingono. Le livre de L?ger Ntiga met donc bout ? bout des faits, chiffres, r?alit?s, actes, jeux, enjeux?, et antijeux autour d?une temp?te qui a souffl? sur la plan?te, provoquant des millions de morts de nombreux autres d?sastres. Dans un d?senchantement et des esp?rances contrast?s, les politiques et les scientifiques se sont jou?s de l?humaine raison. L?ouvrage est surtout la preuve que l?Afrique sait et peut se mettre debout notamment lorsqu?elle s?estime menac?e. C?est ainsi qu?il faut lire tous les traitements qui ont fleuri de Madagascar au Cape en passant par Cotonou, Mogadiscio, Nouakchott? Il d?monte enfin tous les mythes d?velopp?s tout au long de cette crise o? l?on a fait croire que l?Afrique dot?e du syst?me de sant? le plus faible au monde, allait ?tre d?vast?e. Au bout du compte, L?ger Ntiga ?crit un livre de journaliste avec une forte valeur documentaire. Bobo Ousmanou

bloc d'article

27 Ao?t 1940- 27 Ao?t 2025: 85 ans d’une ind?pendance confisqu?e

En Octobre prochain, les Camerounais seront appel?s aux urnes pour une ?ni?me ?lection pr?sidentielle. Avant cette ?ch?ance?: le 27 Ao?t 2025, une date anniversaire cruciale de notre histoire, va passer inaper?ue. Une date recouverte de mensonges savamment entretenus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors que la France reconna?t enfin avoir men? une guerre sanglante contre le Cameroun, visant l?extermination de l?UPC et des nationalistes, la possibilit? d?un d?dommagement des victimes est d?sormais ?voqu?e. Cette v?rit?, que nous d?non?ons depuis plusieurs d?cennies sous le nom de ??ContentieEn Octobre prochain, les Camerounais seront appel?s aux urnes pour une ?ni?me ?lection pr?sidentielle. Avant cette ?ch?ance : le 27 Ao?t 2025, une date anniversaire cruciale de notre histoire, va passer inaper?ue. Une date recouverte de mensonges savamment entretenus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. ux Historique Cameroun?France??, confirme que l?ind?pendance du Cameroun a ?t? arrach?e, puis confisqu?e, dans le sang et par la manipulation, jusqu?? ce jour, par le vainqueur?: la France. Cette guerre n?a jamais r?ellement cess?. Elle se poursuit ? travers l?Aujoulatisme, cette id?ologie qui a sem? la division entre Camerounais par un tribalisme scientifiquement distill?, ?rigeant un r?gime n?ocolonial de r?pression. C?est encore cette guerre qui s?vit dans les r?gions anglophones du pays. C?est toujours cette guerre qui nourrit l?exclusion de l?UPC et la pers?cution des nationalistes. Plus inqui?tant encore?: face ? la reconnaissance fran?aise, le silence du gouvernement camerounais interpelle. Tandis que Paris admet ses crimes, Yaound? persiste dans un mutisme honteux, entretenant la marginalisation des h?ritiers de la lutte de lib?ration. ELECTION PRESIDENTIELLE D?OCTOBRE 2025 Quant ? l??lection pr?sidentielle d?octobre 2025, aurait?elle apport? du nouveau si la dynamique ? Manidem – Pr. Kamto ? avait prosp?r? et ralli? l?ensemble du peuple up?ciste ainsi que celui du changement, sans exclusions?? Le constat est clair?: aucun candidat n?a, jusqu?? pr?sent, ?voqu? la ??R?solution du Contentieux Historique Cameroun?France??, issue de cette guerre, qui emp?che tout d?veloppement politique ainsi que tout d?collage ?conomique et social de notre pays. Tous ces candidats tra?nent derri?re eux les oripeaux de l?Aujoulatisme, lorsqu?ils n?en sont pas directement issus. Le probl?me du Cameroun n?est pas d?abord ?lectoral?: il est historique. Tant que le contentieux n? de la guerre coloniale ne sera pas reconnu, r?par? et r?solu, toute pr?tendue ?lection ne sera qu?un d?cor destin? ? masquer l?autoritarisme et ? p?renniser le n?ocolonialisme. Nous l?affirmons avec force?: toute ?lection d?nu?e de v?rit?, de justice et de refondation encha?ne notre nation ? l?obscurantisme et au sous-d?veloppement sans fin. La refondation de notre pays doit n?cessairement passer par ces ?tapes essentielles, structur?es autour de six piliers?: Aux patriotes ?pris de v?rit? – Au peuple, v?ritable force du changement : AUCUNE VOIX NE DOIT ALLER AU RDPC (AUJOULATISTE), NI ? AUCUN CANDIDAT SATELLITE DE CE PARTI. Le peuple m?rite la v?rit?. Il est temps d?oser la clart?, d?assumer le courage. l?alliance patriotique (AP)Pour la v?rit?, pour la justice, pour refonder le Cameroun par la R?solution du Contentieux Historique. SIGNATAIRES :

bloc d'article

Lesdits fonds sont destin?s ? la r?alisation de 4 projets dans les secteurs de l?immobilier, l?industrie, la logistique et des mat?riaux de construction.

Lesdits fonds sont destin?s ? la r?alisation de 4 projets dans les secteurs de l?immobilier, l?industrie, la logistique et des mat?riaux de construction. La Banque de d?veloppement des Etats de l?Afrique centrale (Bdeac) a paraph? le 19 ao?t 205, quatre conventions de financements en faveur d?acteurs du secteur priv? au Cameroun. Le tout pour une enveloppe globale de 3,895 milliards de FCFA. Le premier ? b?n?ficier de cet accompagnement financier est l?homme d?affaires Olivier Georges Sohaing Tayou, pr?sident de la Soci?t? Immobili?re du Groupe Sohaing (Sigs Sas). Le fils du milliardaire Andr? Sohaing obtient une somme de 15 milliards de FCFA pour la construction et la mise en exploitation d?un h?tel  haut standing de 152 chambres dans la ville de Douala. La r?alisation dudit projet permettra ? terme d??toffer  l?offre h?telier du Groupe Sohaing, d?j? propri?taires des h?tels Akwa Palace et Akwa Hin. Les appuis financiers de la Bdeac ciblent d?autres domaines de l??conomie ? l?instar de l?industrie, la logistique et des mat?riaux de construction. C?est ainsi que les soins de l?institution sous r?gionale a pris ? bras le corps de financer le projet de construction d?une usine de production de fer ? b?ton dans la cit? capitale. Montant de l?investissement: 8,95 milliards de FCFA en faveur de Jacky Bruno Tcheutchoua Peughoula, directeur g?n?ral de la Soci?t? LP Industrie SA. L?homme d?affaires camerounais a b?ti sa r?putation dans le secteur des mat?riaux de construction au Cameroun depuis plusieurs d?cennies, sous son enseigne de quincaillerie Quifferou. Le 3e projet pl?biscit? le 18 ao?t dernier porte sur l?extension de la capacit? de production et de stockage de la station de broyage de ciment ? Douala. La Bdeac y injecte 5,8 milliards de FCFA au titre de rallonge. ?Cette intervention de la BDEAC vise ? favoriser l’extension de la capacit? de production et de stockage de la station de broyage de ciment de l?entreprise Egin SA et contribuera ? stimuler la production nationale et la croissance structurelle du pays?, souligne la Banque de d?veloppement dans un r?cent communiqu? sur son site. 3 milliards de FCFA ; c?est le montant attribu? ? la Soci?t? Cargo Management Service (Camas SA) pour le projet d’extension des capacit?s logistiques et op?rationnelles de ladite soci?t? ? Douala, Kribi et N’Gaound?r? (Cameroun). A en croire la Banque, ces fonds sont destin?s ? la construction de nouvelles bases logistiques, ? l?acquisition de 23 camions et au renforcement du parc d??quipements sp?cialis?s de cette entreprise sp?cialis?e dans le transit.   Louise Nsana?

bloc d'article

Herv? : le petit r?fugi? qui force la maturit?

L’ins?curit? en RCA a boulevers? la vie de l’adolescent. Il a d? abandonner les salles de classe pour trouver la pitance quotidienne. 11 ans d??ge et d?j? leader de sa famille. La faute ? la guerre. Les Chinois du chantier de construction de l’autoroute h?sitent ? lui donner sa chance : ? Tu es encore trop jeune. Rentre ? la maison ?. Mais Herv? ne l’entend de cette oreille. Il utilise un argument convaincant, celui de chef de famille : ? messieurs, si je ne travaille pas, nous allons dormir affam? ?. Les Chinois acceptent ? contrec?ur de prendre le petit Herv? comme man?uvre. Mais il est commis aux petites t?ches : se balader avec le tuyau d’eau ou passer la pelle ? un technicien. Pour r?pondre aux critiques, son mentor monte au cr?neau. Pour Jean, son filleul travaille actuellement pour trouver l’argent qui enverra ? ses fr?res et s?urs encore sur les bancs de l’?cole. ? Vous ne pouvez pas comprendre, cet enfant veut voir ses fr?res partir ? l’?cole. Quand il re?oit sa paye le vendredi, il cherche un point de transfert d’argent et il met cet argent dans son compte. Actuellement, Herv? a au minimum 120.000 FCFA d??conomie ?, r?v?le-t-il. Il poursuit : ? savez- vous qu’il paye la scolarit? de son grand fr?re ?. C’est une ?lite, y compris pour son village natal. ? Herv? envoie aussi de l’argent, des habits et des chaussures en RCA. Il est vu comme un dieu par les membres de sa famille ?, rench?rit-il. Sa maturit? est encore plus visible ? la fin de journ?e de ce vendredi 08 ao?t 2025. Contrairement ? ses coll?gues a?n?s qui cherchent ? manger les menus copieux, ou ? prendre des cr?dits chez Diane la vendeuse du coin, le petit Herv? s’assoit pour ?valuer et ?laborer les strat?gies d?utilisation de sa paye du samedi. ? L’heure n’est pas ? la blague, les rentr?es arrivent. Je vais prendre un verre de tapioca (100 FCFA), le sucre et le tour est jou?. Ma facture ne d?passe pas 200 FCFA ?, pr?vient Herv?. Ces multiples actes de maturit? am?nent certains parents ? le prendre en exemple et en sympathie. Ils promettent des fournitures scolaires pour les fr?res et s?urs de Herv?. Andr? Gromyko Balla

Grande interview

En Afrique, les femmes luttent contre les mutilations sexuelles, le mariage forc?, la polygamie qui sont des fl?aux ? l??mancipation humaine. Elles sont mobilis?es depuis longtemps contre les f?minicides et les violences pour les juguler.

En Afrique, les femmes luttent contre les mutilations sexuelles, le mariage forc?, la polygamie qui sont des fl?aux ? l??mancipation humaine. Elles sont mobilis?es depuis longtemps contre les f?minicides et les violences pour les juguler. Bonjour Madame, qui ?tes-vous ? Parlez-nous de ce que vous faites pour promouvoir l??galit? Femmes-Hommes. Monique Dental : Je suis une militante active depuis plus de cinquante ans. L?a?n?e d?une famille ouvri?re. J?ai construit un parcours politique nourri de multiples r?voltes contre les rapports de domination de classe, coloniale (j?ai milit? pour l?ind?pendance de l?Alg?rie dans les ann?es 1960), imp?rialiste (contre la guerre du Vietnam), racistes (pour les droits des ?trangers et immigr?s) et patriarcale. Dans cette trajectoire engag?e, le f?minisme et ses diff?rents combats sont devenus centraux dans ma vie. Mai 68, en France, a ?t? le creuset d?o? surgira, en 1970, le Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF). Se dessinent le passage d?une sourde r?volte personnelle ? la conscience d?une oppression collective en tant que femme tout en suivant des parcours vari?s. Le Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF) a chang? ma vie. Par la suite, les luttes f?ministes pour le droit ? la contraception et ? l?IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), reconnaissance du viol comme crime, lutte pour la parit? en politique puis dans tous les domaines, d?veloppement des ?tudes f?ministes ? l?universit?, lutte contre les violences et les f?minicide, cet ensemble permettant de construire une ? culture de l??galit? ?, irriguent la soci?t? fran?aise en profondeur. Quelle est la singularit? de votre parcours f?ministe, notamment concernant votre approche de la lutte des classes, votre rapport aux institutions et vos r?flexions sur les formes de protestation ? Monique Dental : Par mon parcours, mes choix militants et mes r?flexions, j?occupe avec le R?seau F?ministe ? Ruptures ? que j?ai cr??e, une place singuli?re dans le paysage f?ministe en France : ancr?e dans le courant ? lutte des classes ?, qui d?fend depuis les ann?es 1970 une articulation des combats de classe, de sexe et d?origine, j?entretiens un rapport distant aux syndicats et aux partis politiques ; f?ministe radicale, je n?h?site pas ? travailler et ? militer dans les institutions du f?minisme d??tat pendant dix ans o? j?ai travaill? aux premi?res donn?es statistiques sexu?es et ? valoriser les ?tudes et recherches f?ministes, ? m?engager pour la parit? en politique dont j?ai anim? le premier r?seau f?ministe en France jusqu?? la promulgation de la loi en 1999. Attach?e aux luttes collectives, je tiens farouchement ? mon ind?pendance de pens?e et d?action, c?est pourquoi j?ai fond?, d?s la fin des ann?es 1970, le collectif de pratiques et de r?flexions f?ministes auquel le R?seau actuel a pris le relai pour agir dans la mixit? avec les hommes sur les questions d??galit? Femmes-Hommes. Cette singularit? appara?t aussi par l?interrogation permanente qui anime mon parcours militant sur les formes que doit prendre la protestation f?ministe. Je me sens toujours profond?ment en accord avec le refus des formes pyramidales et hi?rarchiques des organisations militantes traditionnelles qui sont au c?ur de mes r?flexions th?oriques. Les questionnements sur les relations entre f?minisme, partis politiques, syndicats et institutions nationales et internationales nourrissent ?galement mon parcours. Parlez-nous du R?seau F?ministe ? Ruptures ? ? Monique Dental : Il date de la fin des ann?es 1980 et s?inscrit dans la continuit? du Collectif de Pratiques et de R?flexions F?ministes ? Ruptures ?, non mixte comme toutes les associations f?ministes de cette p?riode, ? cette ?poque, dont j?ai ?t? ? l?initiative en 1974 dans la p?riode du Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF) en France.  Constitu? ? la faveur des luttes pour la parit? en politique, pour r?pondre ? l?engageant d?hommes paritaristes, le R?seau F?ministe ? Ruptures ? est d?sormais mixte. Il repose sur les valeurs du f?minisme universaliste, de la la?cit? et de la parit?. Il a pour objectif de substituer ? la soci?t? patriarcale une soci?t? fond?e sur une ?galit? r?elle entre les femmes et les hommes dans le domaine ?conomique, social et politique et culturel. Il vise ? interroger les questions d?actualit? et les probl?mes de soci?t? en partant de l?approche du f?minisme politique comme un des ?l?ments de la transformation sociale. Il ?tablit des passerelles avec des associations f?ministes et g?n?ralistes. Cette approche permet d?appr?hender ce que serait un v?ritable changement social si celle-ci ?tait g?n?ralis?e. Elle n?cessite de d?finir et de red?finir en permanence des strat?gies d?alliances et des tactiques pour faire de la mixit? un levier d??galit? entre les deux sexes. Notre conception philosophique d?organisation en r?seau reprend la th?orie du rhizome de Gilles Deleuze et F?lix Guattari (1980) dans lequel l’organisation des ?l?ments ne suit pas une ligne de subordination hi?rarchique. Notre organisation est horizontale et transversale, auto-organisationnelle, autogestionnaire, bas?e sur les solidarit?s f?ministes. Monique Dental : Pouvez-vous nous d?crire l?organisation et le fonctionnement des militantes du Mouvement de Lib?ration des femmes (MLF) dans les ann?es 1970, et en quoi cela diff?rait des structures politiques et syndicales traditionnelles ? Nous avons voulu conserver ce qui fut une r?v?lation dans l?organisation des militantes du MLF des ann?es 1970, en horizontalit?, avec des groupes tr?s divers, aux positionnements pluriels, assumant des diff?rences de courants, aux expressions multiples, mais toujours en gardant ? l?esprit les combats communs dans les solidarit?s f?ministes. Je me rappelle ?tre pass?e durant cette p?riode d?un courant ? un autre sans que cela fasse probl?me et soit l?objet de jugement. Cela ne voulait pas dire que nous d?sertions notre courant de pr?dilection, cela signifiait que nous voulions d?couvrir comment les autres pensaient. Dans ce ? vagabondage ? tr?s formateur, j?ai appr?hend? et ? compris ?, parmi d?autres r?flexion, les th?ories lesbiennes, l??cof?minisme de Fran?oise d?Eaubonne dans sa p?riode d??mergence. En somme, un brassage multiple de fa?ons de travailler et de penser qui se trouvait aux antipodes du fonctionnement des partis politiques et des syndicats qui ?taient organis? dans la verticalit?, privil?giant le point de vue d?une direction au sommet repris par la base des militant?es. Mais en y r?fl?chissant, ce mod?le du ? pouvoir ? patriarcal repose sur l?image du phallus ; mettre en cause la soci?t? patriarcale, c?est s?attaquer ? son organisation phallique. D?o? la crise de la

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Pourquoi l?ONU ne peut pas ?tre la solution

Le retour ?ventuel de Laurent Gbagbo dans l?ar?ne politique ivoirienne suscite enthousiasme et espoir chez ses partisans, notamment depuis la diffusion d?une note dans laquelle l?Organisation des Nations Unies (ONU) aurait, semble-t-il, enjoint au r?gime de Ouattara de le rendre ? nouveau ?ligible. Si cette nouvelle ravit les GOR (Gbagbo ou Rien), elle appelle n?anmoins une r?flexion plus profonde sur la nature de l?ONU, son r?le dans les affaires africaines, et surtout sur l?illusion dangereuse de croire que le salut de l?Afrique viendra de l?ext?rieur. L?Histoire, avec ses blessures encore b?antes, nous enseigne pourtant que cette organisation internationale a rarement, pour ne pas dire jamais, agi dans l?int?r?t des peuples africains. I. L?ONU : instrument au service des puissances imp?rialistes ? Ceux qui aujourd?hui saluent l?intervention pr?sum?e de l?ONU en faveur de Laurent Gbagbo semblent avoir la m?moire courte. Ont-ils d?j? oubli? que c?est cette m?me organisation, bras juridique de l?ordre imp?rial, qui l?gitima les frappes fran?aises sur Abidjan en 2011 ? Ont-ils oubli? le r?le de l?ONUCI, cens?e ?tre neutre, dans l?installation d?Alassane Ouattara au pouvoir au m?pris de la souverainet? populaire ? Le soutien de l?ONU n?est pas le gage d?une justice retrouv?e, mais bien souvent la confirmation d?une ing?rence strat?gique. Frantz Fanon, penseur incontournable de la d?colonisation, avait d?j? d?nonc? cette d?rive dans un texte visionnaire publi? en 1960, au lendemain de l?assassinat de Patrice Lumumba. Selon lui, ? l?ONU n?a jamais ?t? capable de r?gler valablement un seul des probl?mes pos?s ? la conscience de l?homme par le colonialisme ?. Pis, elle agit, chaque fois, au secours de la puissance coloniale contre les int?r?ts des peuples. Ce fut le cas au Congo avec l?abandon de Lumumba, au Cameroun avec le contr?le de l?autod?termination, et cela se r?p?te encore aujourd?hui dans d?autres formes, plus subtiles mais tout aussi toxiques. II. L?illusion onusienne Croire que l?ONU peut aujourd?hui jouer un r?le de m?diateur juste et impartial en Afrique, c?est faire preuve d?une na?vet? d?sarmante.L?ONU ne d?fend pas les faibles contre les forts : elle sert les int?r?ts des grandes puissances qui la financent et la manipulent ? leur guise. Loin d??tre un arbitre neutre, elle est un acteur int?ress?, dont les d?cisions sont souvent dict?es par les rapports de force mondiaux, et non par la justice ou l??thique. Cette foi aveugle dans l?ONU est symptomatique d?un mal plus profond : le refus de croire en nos propres capacit?s. C?est la r?surgence d?un complexe d?inf?riorit? h?rit? de la colonisation, ce que d?aucuns pourraient appeler un ? complexe de Stockholm politique ? : aimer son oppresseur, esp?rer son salut de celui l? m?me qui nous a trahis. Et pendant que les peuples attendent l?intervention de la « communaut? internationale », les r?gimes autocratiques se r?organisent, se renforcent, et continuent d?asphyxier la d?mocratie. III. Le mod?le occidental : faux id?al et vraie ali?nation L?ONU n?est qu?un des nombreux ?l?ments du syst?me occidental que nous adoptons sans discernement, oubliant que ces mod?les nesont pas toujours adapt?s ? nos r?alit?s. La d?mocratie import?e, dans sa version caricaturale et corrompue, ne respecte souvent pas le choix du peuple. D?autres pratiques sociales que nous copions sans recul ? maisons de retraite pour les anciens, mariages entre personnes de m?me sexe, limitation des naissances ? nous ?loignent progressivement de nos propres valeurs.Le probl?me n?est pas tant l?existence de ces pratiques ailleurs, mais leur adoption m?canique et servile chez nous, sans r?flexion, sans adaptation, sans d?bat. Nous oublions que chaque peuple doit inventer son propre mod?le de soci?t?, fond? sur son histoire, sa culture, sa spiritualit?. Fanon nous avait pourtant mis en garde dans Les Damn?s de la Terre contre une Europe « mesquine, carnassi?re, homicide », qui « n?a ?t? g?n?reuse qu?en technologie, jamais en humanit? ». Devons-nous suivre aveugl?ment cette Europe en perdition, alors m?me qu?elle ?touffe sous ses contradictions internes ? IV. La vraie solution : le peuple en action, la rue comme tribunal Le 9 ao?t 2025, des milliers d?Ivoiriens sont descendus dans la rue pour d?noncer un r?gime moribond. Cette journ?e historique a montr?, s?il en ?tait encore besoin, que le peuple uni est capable de faire trembler n?importe quelle forteresse politique. Mais cet ?lan aurait d? se poursuivre, se renforcer, s?organiser. Car les pauses dans la lutte ne servent qu?? l?adversaire. La vraie solution n?est pas dans les chancelleries ?trang?res ni dans les rapports des institutions internationales. Elle est dans la mobilisation populaire, dans le courage de ceux qui refusent de se r?signer, dans la volont? d?imposer une rupture radicale avec un syst?me injuste. Ce ne sont pas les intellectuels ou les ?crivains qui doivent mener les marches, mais bien ceux qui aspirent ? diriger le pays. Ce sont eux qui doivent faire leurs preuves, non dans les discours, mais dans l?action, en s?exposant au danger, en payant le prix de leurs ambitions. V. L?Afrique debout : un imp?ratif de dignit? Les exemples tunisiens (2011), burkinab? (2014), et maliens (2020) montrent que lorsqu?un peuple se met debout, aucun pouvoir, aussi arm? ou soutenu soit-il, ne peut r?sister longtemps. Ce sont l? des preuves concr?tes que la lib?ration est possible, que la peur peut change de camp, que l?histoire n?est pas ?crite d?avance. Pourquoi la C?te d?Ivoire ferait-elle exception ? Pourquoi notre peuple serait-il incapable d?un sursaut de dignit? et de courage ? Nous devons comprendre, une bonne fois pour toutes, que personne ne viendra nous lib?rer ? notre place. Ni l?ONU, ni la France, ni les ?tats- Unis, ni m?me les belles d?clarations de l?Union africaine. La libert? se conquiert, elle ne se qu?mande pas. Elle s?impose par la force du nombre, la clart? du message, la l?gitimit? de la cause. Conclusion La solution ? la crise ivoirienne et plus largement ? la crise africaine ne viendra ni des institutions internationales ni de quelque messie ?tranger. Elle viendra des peuples eux m?mes, lorsqu?ils auront d?cid? de rompre avec l?attentisme, la soumission et l?illusion d?un secours ext?rieur. Il est temps de refermer le chapitre de la d?pendance, de sortir de la posture de victime, et d?embrasser pleinement

bloc d'article

Batailles et pagailles: l?opposition s?auto-sabote

? quelques semaines du 12 octobre, l?opposition camerounaise appara?t plus divis?e que jamais. Rivalit?s, querelles d?ego et fractures id?ologiques font voler en ?clats le r?ve d?un front commun. ? moins de deux mois du scrutin, SDF, PURS, FSNC et UDC se retrouvent devant le Conseil constitutionnel dans un contentieux inattendu : Joshua Osih accuse Serge Espoir Matomba d?avoir repris le symbole ?lectoral du SDF ? le poing lev? ? sur les bulletins de vote. Pour Osih, cette appropriation pourrait cr?er une confusion chez ses ?lecteurs et r?v?le des tensions internes qui minent la capacit? de l?opposition ? se rassembler. Coalition mise ? l??preuveAu lancement des discussions, les leaders de l?opposition affichaient leur volont? d?unit?, avec des discours et slogans f?d?rateurs. ? Nous croyions au d?part qu?un front commun de l?opposition s?organisait enfin pour d?fier le RDPC. Mais nous sommes de constater que derri?re cette mise en sc?ne, la coalition reposait sur du sable ?, commente Djaoyang Luc, client d?un d?bit de boisson ? Domayo, un quartier populaire de Maroua. Il faut admettre que les jours qui ont suivi le contentieux pr?-?lectoral du 5 aout dernier ont expos? au grand jour la fragilit? d?un mariage politique de circonstance. R?cemment encore l?on a vu les partis d?opposition se mettre en sc?ne devant le Conseil Constitutionnel. ? Mon fr?re, lorsque tu vois le pugilat dans lequel ceux sur qui nous avons mis les espoirs d?une alternance se sont lanc? ces derniers jours pour faire reconna?tre leur droit exclusif ? leur couleur ou embl?me ?lectoral devant le Conseil Constitutionnel, tu ne comprends pas quoi ? c?est chacun qui s?assoit, Dieu le pousse ?, r?torque Tizi Jean, ? son interlocuteur. Un clivage id?ologiqueLe probl?me d?passe largement les disputes sur les symboles. La pr?sidentielle d?octobre se profile comme un r?f?rendum sur la forme de l??tat. Essomba Dieudonn? note que les partis se r?partissent en deux camps distincts : les f?d?ralistes et les d?fenseurs d?un ?tat unitaire centralis?. ? Certains demandent une union de l?opposition, au point de s?accuser mutuellement de trahison. Trahison de quoi ? Quel lien peut-on avoir entre un parti qui pr?ne un Etat f?d?ral avec un autre qui pr?ne le maintien d?un Etat unitaire ? ce sont deux mondes totalement diff?rents et qui n?ont aucune articulation. Comment peut-on logiquement attendre, qu?un Osih ou un Cabral, f?d?ralistes authentiques, s?associent ? Bello Bouba, l?un des h?ritiers les plus purs d?Ahidjo et le clone achev? de Biya Bi Mvondo, tous rejetons int?gristes d?un Etat centralis? o? un seul individu contr?le tout et r?fl?chit pour tout le monde ? ?, s?interroge Essomba. Des ambitions personnellesChaque parti garde ses priorit?s et sa strat?gie, entre ceux qui privil?gient un affrontement direct avec le r?gime et ceux qui misent sur des compromis institutionnels. Abali Abakar, doctorant en science politique et animateur radio ? Maroua, rappelle que ? le point de rupture est la d?signation d?un candidat unique. Chacun veut ?tre le visage de l?opposition. Les ambitions personnelles prennent parfois le dessus, au d?triment d?un projet commun ?. Un boulevard pour le RDPCCette fragmentation historique profite au parti au pouvoir. Depuis plusieurs d?cennies, l?opposition promet l?unit? mais se retrouve souvent divis?e. Avec des candidats dispersant leurs voix et des programmes h?t?roclites, le RDPC avance vers un scrutin dans lequel l?absence d?un front uni de l?opposition lui laisse le champ libre pour une victoire facile. Tom

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une parole proph?tique dans l?espace politique camerounais

Le 30 juillet 2025, un ?v?nement rare et profond?ment symbolique s?est produit dans l?espace public camerounais. Dans un contexte de r?pression politique et d?instrumentalisation de la justice, Mgr Paul Lonti?-Keun?, ?v?que de Bafoussam, a publi? un message qui fera date. Loin des discours convenus, il a d?nonc? sans d?tour la d?rive autoritaire du r?gime de Paul Biya, allant jusqu?? affirmer qu?il est pr?t ? mourir ou ? aller en prison pour avoir exprim? les souffrances du peuple camerounais. Dans un pays o? le silence complice de certains hommes d??glise est devenu monnaie courante, cette d?claration courageuse rompt avec la prudence habituelle de la hi?rarchie eccl?siastique.Cette sortie, radicale et risqu?e, ne peut ?tre comprise que dans le cadre plus large de l?histoire des relations entre l??glise et le pouvoir en Afrique. En se positionnant de mani?re aussi frontale, Mgr Keun? inscrit son action dans une tradition proph?tique o? la voix de l?homme de Dieu se fait le relais des cris du peuple. Mais, plus encore, il redonne sens ? une vocation spirituelle trop souvent trahie par des compromis mat?riels. I. Au-del? des murmures, le cri du proph?te L??glise catholique a souvent jou? un r?le d?observateur dans les crises politiques en Afrique. Mais elle s?exprime en g?n?ral dans un langage diplomatique, mesur?, parfois ambigu. Les propos de Mgr Keun?, eux, n?ont rien de cela. Ils sont clairs, tranchants, assum?s. L??v?que de Bafoussam demande ? ses fid?les de cesser de prier pour lui, non par rejet de la pri?re, mais parce qu?il n?a pas peur des cons?quences de son engagement. Il affirme, dans une allusion directe au r?gime de Yaound? : ? Si le r?gime de Paul Biya veut me tuer parce que je me fais l??cho des murmures du peuple camerounais, je suis pr?t ? mourir. En tant que chr?tiens, nous suivons un messie crucifi?. ?Dans ces paroles, il y a une profondeur spirituelle et une lucidit? politique. Mgr Keun? rappelle que le christianisme n?est pas une religion de confort, mais une voie exigeante, marqu?e par la croix. Il rappelle que le silence face ? l?injustice est une forme de trahison. En cela, il ne se contente pas de faire un constat, il appelle ? une r?orientation ?thique radicale de la mission eccl?siale dans la cit?. II. Un courage in?dit Les observateurs des relations entre ?glise et politique en Afrique s?accordent pour dire que, malgr? certaines figures proph?tiques comme Bernard Yago (C?te d?Ivoire), Maurice Michael Otunga (Kenya), Joseph-Albert Malula, Emmanuel Kataliko, Christophe Munzihirwa, Laurent Monsengwo (RDC), Paul Verdzekov ou Christian Tumi (Cameroun), aucun ?v?que n?avait jusqu?ici pouss? aussi loin la critique du pouvoir en place. M?me les ?v?ques de Douala et du Nord-Cameroun, qui avaient critiqu? la possibilit? d?un huiti?me mandat de Paul Biya, n?avaient pas propos? de mourir pour le salut du Cameroun.Le discours de Mgr Keun? tranche ?galement avec celui de certains ?v?ques ivoiriens qui, face ? des d?rives flagrantes, pr?f?rent renvoyer tous les acteurs politiques dos ? dos, appelant ? « une ?lection inclusive et pacifique » sans nommer les v?ritables fauteurs de trouble. Mgr Keun?, lui, « appelle un chat un chat ». Il refuse la langue de bois, refuse de se cacher derri?re des formules neutres ou consensuelles. Il nomme, il d?nonce, il accuse.Ce positionnement est d?autant plus remarquable qu?il met sa vie en danger dans un pays o? les opposants sont r?guli?rement arr?t?s, r?duits au silence, voire ?limin?s. Ce faisant, il incarne une figure proph?tique que beaucoup esp?raient sans trop y croire. III. La mission du pasteur dans la cit? : entre t?moignage et martyre Le message de l??v?que de Bafoussam oblige ? s?interroger sur la mission v?ritable des pr?tres, des pasteurs, des ?v?ques dans la soci?t? contemporaine. ? quoi servent-ils s?ils ne prennent pas position ? ? quoi servent-ils s?ils deviennent des gestionnaires d?institutions ou des b?n?ficiaires des largesses du pouvoir ? Mgr Keun?, dans une formule incisive, accuse certains membres du clerg? de se taire pour pouvoir continuer ? recevoir des bons d?essence, des sacs de ciment ou des billets de banque. Ce constat est d?une gravit? extr?me. Il remet en cause l?int?grit? spirituelle de ceux qui pr?tendent parler au nom du Christ mais qui, dans les faits, pr?f?rent se taire pour ne pas perdre leurs avantages. Pour le successeur de Mgr Dieudonn? Watio, un tel comportement est une imposture car un pasteur qui refuse de d?noncer l?injustice n?est pas simplement un l?che : il est un faux t?moin, un collaborateur du mal. Mgr Keun? ne glorifie pas pour autant la souffrance. Il ne cherche pas le martyre pour le martyre. Il ne fait pas de l?engagement politique une fin en soi. Ce qu?il souligne, c?est que le disciple du Christ ne peut esp?rer ?viter le sort de son ma?tre. Or, le ma?tre a fini sur une croix parce qu?il a d?rang? l?ordre ?tabli, parce qu?il ?tait iconoclaste. Et, si J?sus a pu aller jusqu?au bout de sa mission, c?est parce qu?il ne d?pendait d?aucune puissance terrestre, parce qu’il ne tendait pas la main. IV. Un appel ? la radicalit? ?vang?lique L?un des points les plus puissants du message de Mgr Keun? r?side dans sa critique de l??glise carri?riste. Dans une soci?t? o? l?on mesure trop souvent la r?ussite ? la taille des voitures, ? la surface des maisons ou au volume des enveloppes re?ues, il rappelle que le v?ritable succ?s pour un homme de Dieu ne r?side pas dans l?accumulation de biens mat?riels, mais dans la fid?lit? au message de l??vangile. Pour lui, un pr?tre qui cherche ? faire carri?re, ? accumuler des richesses, ? se mettre ? l?abri, n?est pas simplement un mauvais pr?tre : c?est un imposteur. Il ne travaille pas pour J?sus crucifi?, il travaille pour lui-m?me. Et, s?il trompe le peuple de Dieu, alors il devrait avoir l?honn?tet? et la d?cence de rendre le tablier. Ce discours est une gifle ? tous ceux qui ont transform? leur minist?re en fonction ou en plan de carri?re. Mais c?est aussi un appel, puissant et urgent, ? un retour ? l?essentiel : la radicalit? ?vang?lique,

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut