En Afrique, les femmes luttent contre les mutilations sexuelles, le mariage forc?, la polygamie qui sont des fl?aux ? l??mancipation humaine. Elles sont mobilis?es depuis longtemps contre les f?minicides et les violences pour les juguler.

En Afrique, les femmes luttent contre les mutilations sexuelles, le mariage forc?, la polygamie qui sont des fl?aux ? l??mancipation humaine. Elles sont mobilis?es depuis longtemps contre les f?minicides et les violences pour les juguler.

Bonjour Madame, qui ?tes-vous ? Parlez-nous de ce que vous faites pour promouvoir l??galit? Femmes-Hommes.

Monique Dental : Je suis une militante active depuis plus de cinquante ans. L?a?n?e d?une famille ouvri?re. J?ai construit un parcours politique nourri de multiples r?voltes contre les rapports de domination de classe, coloniale (j?ai milit? pour l?ind?pendance de l?Alg?rie dans les ann?es 1960), imp?rialiste (contre la guerre du Vietnam), racistes (pour les droits des ?trangers et immigr?s) et patriarcale. Dans cette trajectoire engag?e, le f?minisme et ses diff?rents combats sont devenus centraux dans ma vie.

Mai 68, en France, a ?t? le creuset d?o? surgira, en 1970, le Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF). Se dessinent le passage d?une sourde r?volte personnelle ? la conscience d?une oppression collective en tant que femme tout en suivant des parcours vari?s. Le Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF) a chang? ma vie. Par la suite, les luttes f?ministes pour le droit ? la contraception et ? l?IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), reconnaissance du viol comme crime, lutte pour la parit? en politique puis dans tous les domaines, d?veloppement des ?tudes f?ministes ? l?universit?, lutte contre les violences et les f?minicide, cet ensemble permettant de construire une ? culture de l??galit? ?, irriguent la soci?t? fran?aise en profondeur.

Quelle est la singularit? de votre parcours f?ministe, notamment concernant votre approche de la lutte des classes, votre rapport aux institutions et vos r?flexions sur les formes de protestation ?

Monique Dental : Par mon parcours, mes choix militants et mes r?flexions, j?occupe avec le R?seau F?ministe ? Ruptures ? que j?ai cr??e, une place singuli?re dans le paysage f?ministe en France : ancr?e dans le courant ? lutte des classes ?, qui d?fend depuis les ann?es 1970 une articulation des combats de classe, de sexe et d?origine, j?entretiens un rapport distant aux syndicats et aux partis politiques ; f?ministe radicale, je n?h?site pas ? travailler et ? militer dans les institutions du f?minisme d??tat pendant dix ans o? j?ai travaill? aux premi?res donn?es statistiques sexu?es et ? valoriser les ?tudes et recherches f?ministes, ? m?engager pour la parit? en politique dont j?ai anim? le premier r?seau f?ministe en France jusqu?? la promulgation de la loi en 1999. Attach?e aux luttes collectives, je tiens farouchement ? mon ind?pendance de pens?e et d?action, c?est pourquoi j?ai fond?, d?s la fin des ann?es 1970, le collectif de pratiques et de r?flexions f?ministes auquel le R?seau actuel a pris le relai pour agir dans la mixit? avec les hommes sur les questions d??galit? Femmes-Hommes.

Cette singularit? appara?t aussi par l?interrogation permanente qui anime mon parcours militant sur les formes que doit prendre la protestation f?ministe. Je me sens toujours profond?ment en accord avec le refus des formes pyramidales et hi?rarchiques des organisations militantes traditionnelles qui sont au c?ur de mes r?flexions th?oriques. Les questionnements sur les relations entre f?minisme, partis politiques, syndicats et institutions nationales et internationales nourrissent ?galement mon parcours.

Parlez-nous du R?seau F?ministe ? Ruptures ? ?

Monique Dental : Il date de la fin des ann?es 1980 et s?inscrit dans la continuit? du Collectif de Pratiques et de R?flexions F?ministes ? Ruptures ?, non mixte comme toutes les associations f?ministes de cette p?riode, ? cette ?poque, dont j?ai ?t? ? l?initiative en 1974 dans la p?riode du Mouvement de Lib?ration des Femmes (MLF) en France.  Constitu? ? la faveur des luttes pour la parit? en politique, pour r?pondre ? l?engageant d?hommes paritaristes, le R?seau F?ministe ? Ruptures ? est d?sormais mixte.

Il repose sur les valeurs du f?minisme universaliste, de la la?cit? et de la parit?. Il a pour objectif de substituer ? la soci?t? patriarcale une soci?t? fond?e sur une ?galit? r?elle entre les femmes et les hommes dans le domaine ?conomique, social et politique et culturel.

Il vise ? interroger les questions d?actualit? et les probl?mes de soci?t? en partant de l?approche du f?minisme politique comme un des ?l?ments de la transformation sociale. Il ?tablit des passerelles avec des associations f?ministes et g?n?ralistes. Cette approche permet d?appr?hender ce que serait un v?ritable changement social si celle-ci ?tait g?n?ralis?e. Elle n?cessite de d?finir et de red?finir en permanence des strat?gies d?alliances et des tactiques pour faire de la mixit? un levier d??galit? entre les deux sexes.

Notre conception philosophique d?organisation en r?seau reprend la th?orie du rhizome de Gilles Deleuze et F?lix Guattari (1980) dans lequel l’organisation des ?l?ments ne suit pas une ligne de subordination hi?rarchique. Notre organisation est horizontale et transversale, auto-organisationnelle, autogestionnaire, bas?e sur les solidarit?s f?ministes.

Monique Dental : Pouvez-vous nous d?crire l?organisation et le fonctionnement des militantes du Mouvement de Lib?ration des femmes (MLF) dans les ann?es 1970, et en quoi cela diff?rait des structures politiques et syndicales traditionnelles ?

Nous avons voulu conserver ce qui fut une r?v?lation dans l?organisation des militantes du MLF des ann?es 1970, en horizontalit?, avec des groupes tr?s divers, aux positionnements pluriels, assumant des diff?rences de courants, aux expressions multiples, mais toujours en gardant ? l?esprit les combats communs dans les solidarit?s f?ministes. Je me rappelle ?tre pass?e durant cette p?riode d?un courant ? un autre sans que cela fasse probl?me et soit l?objet de jugement. Cela ne voulait pas dire que nous d?sertions notre courant de pr?dilection, cela signifiait que nous voulions d?couvrir comment les autres pensaient. Dans ce ? vagabondage ? tr?s formateur, j?ai appr?hend? et ? compris ?, parmi d?autres r?flexion, les th?ories lesbiennes, l??cof?minisme de Fran?oise d?Eaubonne dans sa p?riode d??mergence. En somme, un brassage multiple de fa?ons de travailler et de penser qui se trouvait aux antipodes du fonctionnement des partis politiques et des syndicats qui ?taient organis? dans la verticalit?, privil?giant le point de vue d?une direction au sommet repris par la base des militant?es. Mais en y r?fl?chissant, ce mod?le du ? pouvoir ? patriarcal repose sur l?image du phallus ; mettre en cause la soci?t? patriarcale, c?est s?attaquer ? son organisation phallique. D?o? la crise de la politique dans ses formes traditionnelles. Cette ? verticalit? ?, nous la rejetions, aujourd?hui, nous n?en voulons toujours pas. Nous voulons maintenir ces formes d?expression et d?organisation qui peuvent para?tre obsol?tes ou d?cal?es pour des jeunes femmes et les jeunes hommes f?ministes, qui, dans la p?riode actuelle, adh?rent plut?t ? des formes plus classiques, probablement parce que leur premi?re exp?rience d?organisation en France s?est produite dans les syndicats lyc?ens ou ? l?universit?.

Quelles sont les valeurs fondamentales qui animent le r?seau f?ministe ? Ruptures ? et comment se traduisent-elles dans vos actions ?

Monique Dental : Le R?seau F?ministe ? Ruptures ? est destin? ? relayer les informations et les initiatives d?associations f?ministes et/ou de recherche sur les femmes et le genre, les mettre en commun, en partage, faire conna?tre ce qui existe dans de nombreux points du territoire fran?ais et international permettant d?imaginer des campagnes, des interventions communes sur une r?gion ou ? l??chelle nationale et internationale. Tous les groupes qui font partie du R?seau F?ministe Ruptures sont ind?pendants et autonomes. Il n?y a pas de centre, ce qui nous relie, c?est une charte commune de valeurs qui repose sur un f?minisme universaliste, la?que, paritaire, antiraciste et ?cologique. Nos outils : une lettre agenda bimensuelle ?lectronique, notre site et notre page facebook compl?tent l?information. Nous refusons notre inscription sur les r?seaux sociaux. Nos militantes et militants sont enti?rement b?n?voles. Dans une p?riode effr?n?e de financiarisation du monde associatif par les entreprises priv?es, c?est la garantie de notre ind?pendance.

Pour ce qui me concerne, j?anime l?ensemble des activit?s en r?seau, davantage pour diffuser l?information du travail de ces groupes et ses membres, o? chacune et chacun est autonome. Nous nous enrichissons mutuellement des pratiques collectives sur tous nos champs d?action pour aller vers d?autres ?tapes o? d?autres contradictions li?es ? la p?riode seront ? r?soudre.

De quelle mani?re votre organisation aborde-t-elle la question de la r?gression des droits des femmes face ? la mont?e des int?grismes religieux, tant au niveau national qu?international ?

Monique Dental : Sur le plan national comme international, un axe tr?s fort de notre travail, est la lutte contre tous les int?grismes religieux qui ent?rinent l?inf?riorisation des femmes, si ce n?est la n?gation de leur existence (la situation des femmes en Afghanistan et en Iran, qui vivent un v?ritable ? apartheid sexuel ? selon Karima Beloune). Les Etats, ONG et pouvoirs int?gristes religieux sont ? l??uvre dans les conf?rences mondiales et d?veloppent des strat?gies r?gressives et r?pressives contre les femmes. Ils ne cessent d?intervenir pour demander le retrait dans les textes officiels de la notion d??galit? pour la remplacer par les termes ? ?quit? ? ou ? compl?mentarit? ?. Fort heureusement, dans ce domaine, nous avons nou? de longue date des alliances avec des femmes et des f?ministes des pays sous lois musulmanes, tiss? des solidarit?s pour que demeure la notion d??galit?, parce que la loi est la seule mesure de l??galit?, l??quit?, elle, pr?sente un contenu diff?rent d?un pays ? l?autre.

Le d?veloppement des mouvements politico-religieux, les silences et les complaisances qu?ils rencontrent ont pour cons?quence un ind?niable recul des droits des femmes et des droits humains en g?n?ral. Face ? ces attaques, frontales ou insidieuses, des associations f?ministes ont r?sist? ; elles ont combattu et continuent de le faire en affirmant leur exigence de libert? et d??galit? ?. Ces situations symptomatiques d?un climat et d?un contexte g?n?ral tr?s d?grad? pr?ludent ? la p?riode de grande confusion dans laquelle nous vivons.

Comment les mouvements f?ministes et les groupes de d?fense des droits humains peuvent-ils concr?tement renforcer leurs alliances internationales ?

Monique Dental : D?busquer, d?masquer, analyser les multiples strat?gies utilis?es par les forces politico-religieuses, faire conna?tre leur impact n?gatif sur l’autonomie des personnes et, en particulier, celle des femmes, s’av?re indispensable. A cet ?gard, forger des alliances entre les mouvements f?ministes et les groupes de d?fense des droits humains au niveau international est une n?cessit? absolue. C’est ? cette condition que des victoires ont pu ?tre remport?es. Elle doit ?tre accompagn?e d?une analyse critique en termes d?in?galit?s entre les femmes et les hommes en chaussant les lunettes de l??galit?, ? voir le monde avec des yeux de femmes ? comme l?ont dit les ONG f?ministes ? la conf?rence mondiale, de P?kin en 1995. C?est cette approche ? double niveau qui permettra de ne pas ?tre dans la r?p?tition de l?histoire.

Dans la p?riode actuelle, face ? la mont?e de l?islamisme sur fond de retour du religieux et leur collusion avec les extr?mes droites dans le monde, les luttes des femmes pour leurs droits r?v?lent de l?imp?rieuse n?cessit? de conjuguer, plus que jamais, libert? et ?galit?, ce qui les oblige ? d?finir des strat?gies et ? inventer de nouvelles formes de luttes face aux pi?ges, aux menaces et aux violences des int?grismes religieux.

Pour pr?figurer l?avenir, bien souvent c?est dans la connaissance du pass? que se trouvent les solutions du pr?sent. C?est pourquoi il est tr?s important de garder ? l?esprit qu?il existe diff?rentes fa?ons de s?organiser et de r?affirmer le caract?re politique du f?minisme, c?est-?-dire un de ses apports essentiels : le priv? est une question politique. C?est ce que MeToo a r?activ? dans la p?riode.

Pensez-vous que les int?grismes religieux font ?galement des ravages en Europe ?

Monique Dental : Les attentats islamistes perp?tr?s en France sont au nombre d’environ 73. On distingue quatre grandes vagues d’attentats : une premi?re entre 1980 et 1986 men?e par le Hezbollah et l’Iran (16 morts), une deuxi?me entre 1994 et 1996 men?e par le Groupe islamique arm? (17 morts) et enfin une troisi?me entre depuis 2012, men?e principalement par Al-Qa?da et l??tat islamique (275 morts).

En Europe, nous avons connu plusieurs attentats comme dans le monde entier, f?minisme et religion sont des composantes de la pens?e humaine qui comme l’huile et l’eau ne peuvent pas se m?langer. Les dogmes religieux, qui tous se posent comme pr?c?dant les lois des pays, donnent ? la femme un r?le inf?rieur, de soumission, ? minima, vou?e ? la protection de l’homme. Cet ?tat de subordination s’est av?r? de tout temps comme un carcan port? par les femmes. Les morales chr?tiennes ont confin? les femmes dans des r?les de m?res et d’?pouses, a qui m?me la R?volution fran?aise a refus? le statut de citoyennet?. Les pouvoirs religieux du Moyen-?ge ne leur tol?raient aucune libert? personnelle et n’h?sitait pas ? br?ler les r?calcitrantes en les condamnant pour sorcellerie. Les religions, aux mains des hommes dans tous les pays d’Europe, ont impos? aux femmes des lois morales et familiales qui conf?raient aux hommes tous les pouvoirs sur leurs filles et leurs femmes.

Malgr? les avanc?es des droits des femmes au 20?me si?cle, pourquoi assiste-t-on toujours ? une r?sistance forte des institutions religieuses et des courants traditionalistes face ? une ?mancipation des femmes ?

Monique Dental : Au 20?me si?cle, cette pr?dominance du patriarcat est toujours soutenue par les ?glises qui luttent contre une ?volution de la soci?t? dans laquelle les femmes ont conquis des droits personnels jug?es par les ?glises contraires ? la morale selon leurs dogmes.

Si l’on consid?re comme une victoire, pour les femmes et les filles, l’inscription de l’IVG dans la constitution fran?aise, les violentes r?actions que cela a provoqu?, particuli?rement soutenues par les courants traditionnalistes d’extr?me droite, doivent inciter les femmes et les hommes qui se sont battus pour l’obtenir ? rester vigilants.

Les f?ministes de nos jours ne sont plus des sorci?res que l’on br?le mais elles demeurent une cible vou?e aux g?monies par les partisans les plus fervents des ?glises, des temples et des synagogues. Que faire quand les temps chaotiques paraissent incompr?hensibles ? L?avenir n?est pas ?crit et il sera contradictoire, nous devons nous y pr?parer.

Quel est votre plaidoyer pour la promotion de l??galit? femme-homme en Afrique ? (Parlez-nous de vos aspirations pour une meilleure prise en compte de la femme dans le monde en g?n?ral, dans la soci?t? africaine en particulier).

Monique Dental : J?ai eu l?occasion, d?s 1976, d??changer et de militer avec Awa Thiam, anthropologue s?n?galaise et autrice de ? La parole aux n?gresses ? (Editions Deno?l). Son manifeste a fait date ? l??poque dans le mouvement f?ministe fran?ais en ?clairant sur les conditions particuli?res d?oppression que vivaient les femmes africaines. Plus de 230 millions de femmes et de filles vivantes aujourd?hui ont subi des mutilations sexuelles g?nitales (MGF) dans trente pays d?Afrique, du Moyen-Orient et d?Asie o? ces MGF sont pratiqu?s.

Toutes les femmes du monde ont en commun d??tre opprim?es par le syst?me patriarcal parce qu?elles sont des femmes, aucune n?y ?chappe sur la plan?te.

En Afrique, les femmes luttent contre les mutilations sexuelles, le mariage forc?, la polygamie qui sont des fl?aux ? l??mancipation humaine. Elles sont mobilis?es depuis longtemps contre les f?minicides et les violences pour les juguler. Cette question est primordiale pour qu?elles r?alisent le r?le crucial qu?elles peuvent tenir dans le d?veloppement, sachant qu?elles sont les piliers de l??conomie informelle. Les textes internationaux indiquent que ? l?Afrique est la r?gion du monde o? les femmes ont le plus de risques d??tre tu?es par un partenaire intime ou un membre de la famille ?. Comment les Etats africains ont-ils mis en ?uvre les douze objectifs strat?giques de la plateforme qu?ils ont adopt?e ? la 4?me conf?rence mondiale sur les femmes ? Beijing en 1995 ? Ils doivent rendre des comptes et les soci?t?s civiles doivent les exiger. Comment ont-ils int?gr? l?approche de genre dans les initiatives de d?veloppement, comme cela avait ?t? pr?conis?e en 2016 ?  

Selon vous, quels sont les principaux leviers permettant de d?passer les dogmes traditionnels et les s?quelles du pass? afin de construire une soci?t? o? hommes et femmes ainsi que les nations avancent en toute ?galit? et dignit? ?

Monique Dental : Si l’on veut bien consid?rer l’importance du r?le des femmes dans toutes les soci?t?s, rien n’indique qu’il soit inf?rieur ou sup?rieur ? celui des hommes, au contraire, il est incontestablement central quant au maintien d’une esp?ce qui est l’esp?ce humaine, ni la femme seule, ni l’homme seul ne peuvent esp?rer continuer ? voir le soleil et la lune ponctuer la course des jours. C’est ? ?galit? et dans le respect mutuel qu’ils pourront avancer, ?mancip?s de tous les dogmes qui feraient de l’un ou de l’autre le serviteur ou bien le ma?tre. La terre est cultiv?e, l’eau est puis?e, les animaux sont gard?s mais si l’on fait abstraction de la coutume aucun r?le n’est d?termin?. Rien n’est r?ellement attribu? ? l’homme ni ? la femme et le sage ne devrait-il pas se d?partir de la tradition pour que demain la fille et le gar?on marche c?te ? c?te pour construire un commun plus riche gr?ce ? leur diff?rence. Il n’est pas question de tout abandonner mais de regarder ce que chacun aurait ? gagner si la fille et le gar?on marchaient d’un m?me pas.

Les techniques modernes de communication permettent d’atteindre toutes les parties du monde, de diffuser la connaissance, de la partager avec tous, avec toutes. Longtemps des peuples ont maintenu d’autres peuples sous leur d?pendance. La justice a ?t? rendue non sans difficult? mais la colonisation et ses effroyables effets comme l’esclavage et le racisme ont laiss? des cicatrices. L’?mancipation de ces pays ne sera totale que lorsqu’il n’y aura plus sur leur territoire la reproduction de toute forme de subordination. Lorsque les gar?ons et les filles instruits ensemble et promis ? un avenir partag?, respectueux des libert?s de chacun et de chacune, construiront ensemble une Afrique riche de ses propres ressources, mat?rielles et humaines. 

Propos recueillis par Tom. le  28 mai 2025

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