Afrique de l’Ouest: la dissidence a min? l’int?gration sous r?gionale dans ses profondeurs

C’est d?sormais act?. Malgr? un corpus d’efforts diplomatiques soutenus, la 66e session ordinaire de la Conf?rence des chefs d??tat et de gouvernement de la Communaut? Economique des ?tats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenue dimanche 15 d?cembre dernier ? Abuja a fini par ent?riner le d?part du Mali, du Burkina Faso et du Niger de cette organisation sous r?gionale; Ces trois pays gouvern?s par des juntes militaires hostiles ? la France ont annonc? en janvier leur volont? de quitter la CEDEAO, une organisation qu’ils jugent notamment instrumentalis?e par Paris. Selon le communiqu? final de ces assises, ces trois pays, regroup?s au sein de l’Alliance des ?tats du Sahel (AES), quitteront officiellement le bateau le 29 janvier prochain. Toutefois, d?fend la Commission de la CEDEAO, l’on ose encore esp?rer que, d’ici le 29 juillet 2025, Mali, Burkina Faso et Niger mettront un peu d’eau dans leur vin, et rangeront leurs ustensiles de guerre la CEDEAO. Pour l’instant, ils sont dans le chemin de la dissidence. Ils ont en commun d’avoir dit non. Non au fait de rester dans les rangs. Non ? un ordre, quel qu’il soit.


Le constat est l?: la dissidence qui a progressivement min? l’int?gration sous r?gionale en Afrique de l’Ouest est all?e dans ses profondeurs. Elle a outrageusement alt?r? tout recul. Tout est aujourd’hui dans un maillage ?pars qui, malgr? le paradoxe apparent, est constitu? autant de cheminements souterrains et d’affluents par lesquels la dissidence a fini, par effet-retour, par converger contre la CEDEAO. En ce sens, on se souvient des paroles du Malien Assimi Goita. Lui qui, il y a quelques mois encore, assurait que le d?part de son pays ainsi que celui du Burkina Faso et du Niger, n?auraient pas de cons?quence sur la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l’Ouest. Mais, face ? la complexit? de l’affaire, l’acte de rupture indique laisse deviner l’embarras ? venir des 12 pays restants de la maison CEDEAO. D’o? l’impression que tout devrait se r?organiser, sachant que certaines institutions de la CEDEAO se trouvent au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Tiss? ? partir des champs les plus divers (politique et ?conomique notamment), le prochain r?cit de l’int?gration sous r?gionale en Afrique de l’Ouest devra s’?crit ? l’encre du doute. Ce doute traverse davantage ceux qui avaient cru que l’acc?l?ration, ces derni?res ann?es, des dispositions institutionnelles au sein de l?UEMOA et la r?activation de la CEDEAO s?inscrivaient dans un jeu coop?ratif; lequel ferait de l’Afrique de l’Ouest un espace g?ographique optimal de l’int?gration africaine.


L’instant est donc d?cisif. Et cela n’est pas sans rappeler, par de nombreux aspects, ce qui se passe dans d’autres parties du continent. Chaque fois, il y a au moins un ou plusieurs pays qui jouent une partition inattendue dans le grand concert de l’int?gration africaine. L’exp?rience en cours au sein de la CEDEAO conduit alors ? poser la probl?matique incontournable du niveau de souverainet? des pays au sein des ensembles communautaires. Autrement dit, cette souverainet? est-elle un obstacle ou un param?tre ? partir duquel les normes internationales et communautaires doivent ?tre pens?es ? Si la question est surprenante pour l?internationaliste averti, l’Afrique doit vraiment y r?fl?chir !

Jean-Ren? Meva?a

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