On n?entend m?me pas d?une oreille que le pr?sident en exercice de l?Etat du Cameroun pourrait ne pas se pr?senter ? la prochaine ?lection pr?sidentielle. Les petits plats se mettent progressivement dans les grands pour assurer un pl?biscite au candidat naturel du Rassemblement D?mocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

Paradoxalement, ses ?42 ans de r?gne sans partage? semblent plut?t ?tre le slogan f?d?rateur pour ses partisans. Un sexag?naire rencontr? ? Makoulb? et qui se fait d?lib?r?ment appeler ?militant de premi?re heure? ne va pas du dos de la cuill?re pour dire ses pressentiments. ? la simple ?vocation du sujet sur l?alternance au sommet de l?Etat, il soutient qu? ?il est plut?t ais? de prendre ses quartiers sous l?ombre d?un arbre fruitier que de divaguer ? la recherche de jeunes plants dont la production fruiti?re pourrait ?tre incertaine?.
Lorsqu?on discute avec des villageois, on comprend vite que les mentalit?s ?lectorales sont clairement pr?par?es ? aller aux urnes pour le RDPC. Le militant d?un parti d?opposition rencontr? ? Godigon confit que ?la tache sur le terrain n?est pas ais?e. Les autres ont pris de l?avance sur nous. Nous parcourons de longues distances pour rencontrer nos militants. Nous utilisons les moyens de bord, nos motos. A chaque rencontre, il faut pouvoir entretenir les gens qui viennent nous ?couter. Il faut pouvoir leur offrir un peu de bil-bil (bi?re de mil). Et ?a se paye par nos poches. Et le plus souvent, nous n?avons pas cet argent. Le militantisme a un prix exorbitant pour nous en ces difficiles moments de r?cession ?conomique o? la tasse de mil coute d?j? ch?re. Nos adversaires sont bien implant?s partout o? nous allons. C?est difficile de changer les mentalit?s?.
A Mora o? une sorte d?union sacr? semble d?j? ?tre fait autour du RDPC malgr? le quiproquo qui a longtemps aliment? les d?bats sur la capacit? de l?homme du Renouveau ? tenir le bateau Cameroun, un conseiller municipal de la ville ?ponyme r?v?le que ?nous vivons d?autres r?alit?s ici. Des enjeux ?lectoraux qui n?ont rien ? voir avec ce que les autres vivent l?-bas ? Yaound?. On ne voit les leaders de l?opposition ici que lorsque nous sommes ? l?approche d??ch?ances ?lectorales. Nous sortons progressivement d?un contexte s?curitaire traumatisant dans lequel nous avons beaucoup perdu. Et nous savons les qui ont toujours ?t? l?. Nous sommes pr?ts ? accompagner la dynamique de d?veloppement enclench?e par le pr?sident de la r?publique. Il s?est dit beaucoup de choses sur sa capacit? ? apporter une plus-value consid?rable au d?veloppement de notre pays. Mais nous avons obtenu des garanties qu?il est physiquement et moralement apte ? assumer ses fonctions. Nous avons des doutes lorsque nous observons la hargne avec laquelle ces jeunes ?loups politiques? sont pr?ts ? tout pour mettre en ?uvre leur id?e du ?chassement?. Nous ne savons pas ? quelle sauce nous serons mang?s. J?estime donc que Biya demeure le moindre mal?.
Les adeptes du parti de la flamme dans les massifs montagnards affutent leurs armes pour garantir un pl?biscite ? leur champion. ?Nous sommes nombreux qui sommes partis de l?opposition pour se rallier au RDPC. Nous avons ?cout? le discours f?d?rateur du nouveau Maire de la ville de Mora. C?est lui qui nous a convaincu. Nous constatons une r?elle synergie ax?e vers le d?veloppement et l??quit?. C?est une v?ritable locomotive ?litaire au service des plus faibles que draine le grand-fr?re Talba?, rench?rit un transfuge de l?Union Nationale pour la D?mocratie et le Progr?s (UNDP) devenu militant incontest? du RDPC. Autrefois, antre de l?opposition, la commune de Mora est devenue un bastion imprenable du parti de Biya. Jadis, kirdis des montagnes et islamo-mandara install?s autour du Sultanat du Wandala, ?taient confront?s ? un duel de d?fiance. Aujourd?hui, ils forment un bloc autour du RDPC. ?C?est notre seul gage de stabilit?, le seul ? qui nous pouvons confier nos vies en cette p?riode pleine de tumultes. Nous n?avons pas un autre choix. Nous le soutiendrons?, soutient Varvar?, un agent du comit? de vigilance de Kourgui.
Dr TOM