Il y a chez certains (individus et peuples) une foi capable de braver les obstacles de toutes sortes dress?s sur leur chemin.
C’est le cas, par exemple, de l?aveugle Bartim?e (Mc 10, 46-52) et de la Canan?enne dont la fille ?tait tourment?e par un d?mon (Matthieu 15, 22-28). Pourquoi leur foi est-elle si fascinante?Parce que Bartim?e ne se laisse pas impressionner par la foule qui fait tout pour le r?duire au silence, parce que la Canan?enne ne se d?courage pas en entendant les dures et m?prisantes paroles de J?sus ? son endroit (?Il n?est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens?). La tentation de faire marche arri?re n?a pas de prise sur les deux personnages.

Le peuple malien ne succomba point ? cette tentation bien que les forces de l?ordre fissent onze morts et 124 bless?s parmi les hommes et femmes qui manifestaient dans les rues de Bamako, le 10 juillet 2020. Les protestataires maintinrent ?les dix commandements de la d?sob?issance civile? qui consistaient, entre autres, ? bloquer pacifiquement les rues, ponts et b?timents publics. Emmen? par l?imam Mahmoud Dicko, le peuple malien organisa au moins trois grandes manifestations en moins de deux mois avant d??tre rejoint dans la rue par un groupe d?officiers de l?arm?e malienne. Inutile de pr?ciser que ceux-ci font partie int?grante du peuple et qu?ils ne peuvent pas rester indiff?rents ou regarder ailleurs quand le peuple est affam?, opprim? et pi?tin? par ceux-l? m?me dont la t?che essentielle est de servir et non de se servir. C?est la raison pour laquelle on devrait parler, non pas de putsch militaire, mais de r?volution populaire. En d?autres termes, le renversement d?Ibrahim Boubacar Ke?ta (IBK), le socialiste qui n??tait pas g?n? de voler et de dilapider l?argent du peuple avec sa famille et ses petits copains, est l?aboutissement d?une r?volution d?clench?e et conduite courageusement par le peuple malien. L?arm?e ne fit que terminer le travail du peuple, le 18 ao?t 2020. La chute d?IBK, c?est d’abord au peuple malien que nous la devons. Et cette chute, il est n?cessaire d?affirmer qu?elle eut lieu parce que le peuple malien y crut du d?but ? la fin, parce qu’il eut foi en sa capacit? ? obtenir le changement auquel il aspirait, parce qu’il ?tait convaincu qu’aucun r?gime, aussi puissant soit-il, ne peut vaincre un peuple d?termin? et courageux. En un mot, ce qui sauva le Mali de l?immobilisme et de la d?liquescence, c’est d?avoir cru et montr? que le peuple reste le seul et vrai souverain et que le dernier mot lui revient.
L?enseignement majeur qui ?merge de cette r?volution populaire malienne est celui-ci : le d?faitisme, le d?couragement et la r?signation n’ont jamais sauv? un peuple. Un peuple qui refuse de prendre des risques et de se battre ; un peuple qui pr?f?re mettre les mains dans les poches ou prendre part ? d?inutiles d?bats dont l?unique objectif est de le d?tourner des vrais probl?mes ; un peuple qui ne croit pas en lui-m?me, un peuple qui se d?courage vite, un peuple qui ne peut terminer ce qu’il a commenc?, est un peuple qui a dit adieu ? sa libert? et ? sa souverainet?. Un tel peuple ne m?rite pas que l?on s?apitoie sur son sort, ni que l?on vole ? son secours.
Le peuple ivoirien doit comprendre qu?? travers Dramane Ouattara, c?est la France raciste, imp?rialiste et affairiste qui lui livre la guerre depuis le 19 septembre 2002. Pour le dire autrement, nous avons, en face de nous et contre nous, ? la fois une marionnette et un marionnettiste. Voil? pourquoi on devrait prendre au s?rieux le boycott des produits fran?ais et d?autres mesures contre les int?r?ts fran?ais. Tout comme il est important d?envisager la l?gitime d?fense quand les marches pacifiques contre le viol de notre Constitution sont syst?matiquement attaqu?es par les milices criminelles de Ouattara. Car il existe une diff?rence entre ?pacifique? et ?pacifiste?. L?homme pacifique veut la paix mais ne s?interdit pas de se d?fendre, ni de d?fendre les siens quand ceux-ci sont agress?s. Le pacifiste est, lui aussi, pour la paix. Mais, contrairement au pacifique, il refusera de riposter ou de se battre, se laissera frapper sans se d?fendre, si un coup lui est port? par l?adversaire ou l?ennemi. Gandhi, partisan de la non-violence, n??tait pas pour autant un pacifiste puisqu?il disait : ?L?id?e ne nous viendrait pas que la souris est cl?mente parce qu?elle se laisse d?vorer par le chat?. Quant ? Nelson Mandela, il nous a laiss? ces paroles pleines de bon sens : ?La r?sistance passive non-violente est efficace tant que notre adversaire adh?re aux m?mes r?gles que nous. Mais, si la manifestation pacifique ne rencontre que la violence, son efficacit? prend fin.? Umkkonto we Sizwe, la branche militaire de l?ANC qui organisait des sabotages ? la bombe, fut cr??e en 1961 parce que l?augmentation de la r?pression, les violences polici?res et de l’?tat, avaient convaincu Mandela et ses camarades que des ann?es de lutte non violente contre l’apartheid n’avaient apport? aucune avanc?e.
Nous menons un combat de lib?ration. Nous voulons nous lib?rer de la France qui occupe et exploite notre pays depuis 6 d?cennies ? travers des hommes cupides et ?go?stes. Si nous souhaitons vivre libres et debout, alors nous devons nous battre. Cela suppose que nous tournions le dos ? la fausse id?e de participer ? une ?lection qui sera truqu?e par le RDR. Cela suppose aussi que nous ne nous laissions pas intimider par les ridicules menaces et fanfaronnades des partisans Ouattara qui sont les signes d’un r?gime qui est saisi par le doute et la peur.
Jean-Claude DJEREKE