Afrique subsaharienne : baisse des remises migratoires

Les flux des transferts de fonds vers le continent noir connaissent en 2023 une baisse de 0,3% par rapport ? l?ann?e pr?c?dente.

Les ?missions de fonds des diasporas africaines en direction du continent se chiffrent ? 54 milliards de dollars (soit 33066,776 milliards de FCFA) pour le compte de l?ann?e ?coul?e. En valeur absolue, cela repr?sente une augmentation d?un milliard de dollars par rapport aux exp?ditions de 2022. Cependant, selon la Note d?information sur les migrations et le d?veloppement 2024, l?on observe une r?gression dans la courbe d??volution de ces donn?es. Bien que le montant des transferts se chiffre tout juste ? 53 milliards de dollars cette ann?e-l?, sa marge d?augmentation est de 6,1%. Cette dynamique, expliquait alors la Banque mondiale, se justifie en grande partie par ?le fort accroissement des transferts d?argent vers le Ghana (12%), le Kenya (8,5%), la Tanzanie (25%), le Rwanda (21%) et l?Ouganda (17%). Les flux ? destination du Nig?ria, qui constituent environ 38% du total des montants envoy?s par les travailleurs migrants dans la r?gion, ont augment? de 3,3% pour atteindre 20,1 milliards de dollars?. Les plus grands destinataires des envois de fonds dans la r?gion en 2023 sont le Nigeria (19,5 milliards de dollars), Ghana (4,6 milliards de dollars), Kenya (4,2 milliards) le Zimbabwe (3,1 milliards) et le S?n?gal (2,9 milliards). Les flux de transfert d?argent les plus importants proviennent des ?tats-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de la Suisse et d’Italie.

Au plus bas
Avec ses 54 milliards de dollars, l?Afrique subsaharienne est la r?gion ayant mobilis? le moins de remises migratoires. L?Asie du Sud pr?ne ? la premi?re place en la mati?re avec une enveloppe de 186 milliards de dollars. Elle est suivie de l?Am?rique latine et les Cara?bes (156 milliards de dollars). L?Asie de l?Est et du pacifique b?n?ficient de 85 milliards de dollars, suivis de l?Europe et l?Asie centrale (71 milliards de dollars), ainsi que du Moyen-Orient et l?Afrique du Nord (55 milliards de dollars).
La R?publique d?mocratique du Congo est le seul pays d?Afrique centrale qui figure dans le top 5 des principaux destinataires africains de remises migratoires. Elle enregistre des rentr?es de l?ordre de 1,4 milliard de dollars en 2023. Les autres pays de la sous-r?gion ont souvent affich? des gains modestes. C?est le cas du Cameroun, 375 millions de dollars, 18 millions pour le Gabon et 3 millions de dollars pour le Congo, estime la Banque mondiale dans une premi?re ?valuation des donn?es de 2023 rendues publiques en d?cembre de la m?me ann?e.

Contexte d?favorable
Les migrants ressortissants de l?Afrique subsaharienne font de la r?sistance en mati?re de transferts de fonds. C?est le moins que l?on puisse dire dans un contexte mondial certes en ?volution, mais toujours marqu? par une croissance ?conomique aux alentours de 2%, en de?? de la moyenne de 3,1% enregistr?e avant la pand?mie du Covid-19. ? cela s?ajoutent des pressions li?es ? l?inflation, le conflit entre la Russie et l?Ukraine, la persistance de la tendance inflationniste, le durcissement mon?taire, entre autres. Toutes choses qui influent sur la quantit? d?argent qu?ils peuvent envoyer vers leur pays d?origine. Cette r?alit? contraste quelque peu avec la situation en 2022 o?, ? la faveur de l?augmentation des cours du p?trole dans les pays membres du Conseil de coop?ration du Golfe, les revenus des migrants ont connu une progression. Ce qui a donn? un coup de pouce aux envois d?argent des diasporas ? Ces derniers se situent globalement ? 647 milliards de FCFA. ? ces difficult?s d?ordre conjoncturel, il faut ajouter le co?t des transactions. ?Au quatri?me trimestre 2023, le co?t moyen mondial de l?envoi de 200 dollars s??levait ? 6,4%, soit une l?g?re hausse par rapport aux 6,2% de l?ann?e pr?c?dente et bien au-del? de l?objectif de 3% fix? par les ODD (Objectifs de d?veloppement durable)?, souligne le rapport De cette situation, il apparait que les prix pratiqu?s par les banques (7%) restent bien plus ?lev?s que ceux des op?rateurs de t?l?communication (5%).

Louise Nsana

Du z?le et du leste

La valeur des remises migratoires dans le d?veloppement des pays et la liaison financi?re entre les ?tats gagne en point au fil des ans. D?o? la panoplie d??tudes consacr?es au sujet ? travers le monde. La Banque mondiale de nouveau s?est pli?e ? cette exigence au travers de sa Note d?information sur les migrations et le d?veloppement parue ce mois de juin 2024. Laquelle rend compte de l??volution des transferts de fonds des migrants dans le monde en 2023, des perspectives y relatives pour l?ann?e en cours et des conditions globales de migration. La raison, souligne l?institution, en est que : ?Compte tenu de l?importance croissante des envois de fonds, il est essentiel de recueillir des donn?es pr?cises pour soutenir les objectifs de d?veloppement durable des Nations unies relatifs ? la baisse des co?ts et ? l?augmentation des volumes?. La t?che en la mati?re reste ardue. Les circuits informels et les d?placements d?argent en nature, r?duisent la coh?rence des donn?es.
Il en ressort une stagnation des envois de fonds des diasporas vers leurs pays d?origines en 2023. Ils s??l?vent ? 656 milliards d?euros, alors qu?ils avaient fortement progress? sur la p?riode 2021-2022, renseigne le bailleur de fonds. Un deuxi?me enseignement que l?on tire de ce rapport porte sur le co?t ?lev? des transferts de fonds. ? ce propos, le Groupe soutient que: ?Au quatri?me trimestre 2023, le co?t moyen mondial de l?envoi de 200 dollars s??levait ? 6,4%, soit une l?g?re hausse par rapport aux 6,2% de l?ann?e pr?c?dente et bien au-del? de l?objectif de 3% fix? par les ODD. Le co?t des transferts num?riques ?tait plus faible: 5%, contre 7% pour les m?thodes classiques?. Cette comparaison met en ?vidence les avantages d?un recours aux transactions par voie technologiques dans la r?duction de la charge financi?re des expatri?s.

Louise Nsana

La manne de la diaspora pour le d?veloppement

Les avantages des transferts de fonds des migrants pour les pays ? faible revenu ou ? revenu interm?diaire ne sont plus ? d?montrer.

Les remises migratoires pr?sentent des avantages incontestables. Les organisations internationales en ?valuent l?impact ? deux niveaux. Tout d?abord, en mati?re de r?duction de la pauvret?. Celle des migrants dont les revenus sont ?souvent multipli?s par 10 une fois dans les pays d?accueil. Certains retournent dans leur pays apr?s avoir travaill? ? l??tranger, apportant avec eux des comp?tences et des ?conomies?, rapporte l?Onu dans une chronique intitul?e ?Tirer parti de la migration et des transferts de fonds pour le d?veloppement?. Sur ce m?me aspect de la valeur sociale des remises migratoires, l?institution met ?galement en exergue leur impact sur les conditions de vie des millions de familles rest?es dans les pays d?origine et en situation de pr?carit?. ?Ces fonds sont utilis?s pour payer la nourriture le logement, les soins de sant? de la famille et l??ducation des enfants ainsi que pour investir dans des entreprises?, rapporte la chronique sign?e du directeur de l?Alliance pour le savoir en mati?re de migration et de d?veloppement au Groupe d??tude des perspectives de d?veloppement de la Banque mondiale, Dilip Rata.
Sur une ?chelle plus globale, les transferts de fonds de la diaspora constituent une planche de salut pour bon nombre d??tats africains affect?s par des crises multiformes. Dettes ?lev?es, crise s?curitaire, chocs climatiques? Ils en sont une source importante de financement ext?rieur. C?est ce que rappelle la pr?sente Note d?information sur les migrations et le d?veloppement de la Banque mondiale. ?En 2023, les envois de fonds ont exc?d? le montant des investissements ?trangers directs et de l?aide publique au d?veloppement. Les envois de fonds sont devenus la principale source de devises dans plusieurs ?tats. Par exemple, pour le Kenya, les envois de fonds sont sup?rieurs aux principales exportations du pays, notamment le tourisme, le th?, le caf? et l?agriculture?. Les pays les plus d?pendants des recettes en proportion du Produit int?rieur brut (PIB) comprennent la Gambie (23,3%), le Lesotho (21,9%), les Comores (21%), le Liberia (18,2%), le Cap-Vert (12,5%)?. Des bribes d?organisation sont mises en branle sur le continent du fait de l?importance de ce levier de financement. ? l?instar de la Banque centrale du Nigeria qui a commenc? ? unifier les guichets du march? des changes en introduisant des changements op?rationnels sur son march?.

Louise Nsana

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