CEMAC : quatre priorités pour assainir la gouvernance financière

La CEMAC veut mettre de l’ordre dans ses comptes. Réunis à Malabo, les représentants de la Commission, du Parlement communautaire et de la Cour de justice ont clos leurs travaux de concertation consacrés à la gouvernance financière de l’organisation sous-régionale. Au terme des échanges, quatre priorités ont été retenues pour consolider le contrôle budgétaire et améliorer la traçabilité des opérations financières.

Première urgence : revoir le cadre normatif. Les participants préconisent l’introduction effective du mécanisme de règlement du budget, mais aussi une clarification des responsabilités entre les différentes institutions communautaires. Une réforme qui vise à réduire les zones grises dans la chaîne de décision et d’exécution budgétaire.

Deuxième chantier, l’accès de la Cour des comptes aux informations financières. Celui-ci devra être « effectif, sécurisé et encadré », afin de permettre un contrôle plus fiable des opérations et de renforcer leur traçabilité. L’enjeu est aussi institutionnel : donner aux organes de contrôle les moyens d’exercer pleinement leur mission.

La troisième priorité est plus opérationnelle. Il s’agit de rendre immédiatement effectif le contrôle budgétaire et de préparer les conditions d’une certification intégrale des comptes communautaires à l’horizon 2028. Une échéance qui marque la volonté de la CEMAC de rapprocher sa gestion financière des standards de transparence et de redevabilité attendus d’une organisation régionale.

Enfin, les participants entendent institutionnaliser le renforcement des compétences. La CEMAC souhaite mobiliser les expertises et les expériences disponibles pour professionnaliser davantage la gestion et le contrôle des finances communautaires.

Dans son discours de clôture, le vice-président de la CEMAC a insisté sur la nécessité de traduire ces recommandations en actes. Car derrière la technique budgétaire se joue une question de confiance : celle des États membres, des partenaires financiers et, plus largement, de la crédibilité de l’intégration communautaire.
À Malabo, le message est donc clair : la transparence budgétaire ne peut plus rester un objectif. Elle doit devenir une pratique institutionnelle, mesurable et contrôlable. Avec l’horizon 2028 en ligne de mire, la CEMAC entend désormais passer de l’intention à l’exécution.

Bobo Ousmanou

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