Le genre et l’intégration pris en otage à Yaoundé

Loin d’être une randonnée d’affaires au Cameroun, la Foire transfrontalière annuelle de l’Afrique centrale (FOTRAC) est ce moule de fabrique des femmes entreprenantes et autonomes, les retombées sont visibles.

C’est une période bien chargée qui s’achève à Yaoundé. Femmes, jeunes, institutions nationales et internationales s’y sont retrouvé sollicités à divers lieux de la capitale pour divers évènements liées à l’économie sociale, familiale et artisanale. La 17e édition de la Foire transfrontalière d’Afrique centrale (FOTRAC) a servi de précurseur à un trio de rendez-vous s’articulant autour de la promotion des produits locaux. Celle-ci a couru du 24 au 31 juillet 2026 au Stade Ahmadou Ahidjo, dans le 5e arrondissement de la capitale. Ladite Foire s’est tenue presque simultanément avec le Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), ouverte du 27 juillet au 05 août, et la Journée internationale de la femme africaine le 31 juillet.

Trois concepts évènementiels qui ont au final tourné autour d’articulations identiques: des foire-exposition, des échanges, le réseautage et networking, des conférences, la culture; entre autres. Un problème se pose cependant qui touche à la visibilité des différentes organisations avec un impact sur le nombre de visites. Car sous les différents thèmes qui encadrent les différentes activités, la cible se referme principalement sur les femmes et les jeunes, principaux artisans de la petite économie; mais aussi cible principale des programmes et projets de structuration des filières en vue de reconversions vers le secteur formel. « La FOTRAC, édition spéciale à Yaoundé, a été un succès en termes de participation des institutionnels, partenaires techniques et financiers, administrations publiques et parapubliques, de diversité des exposants venus de différents pays. Seulement, il y’a comme un arrière-goût d’inachevé parce qu’en terme de visiteurs, nous n’avons pas été comblés. La première raison est le chevauchement de plusieurs foires. Ce serait donc l’occasion d’interpeller les différentes sectorielles afin qu’on ait un calendrier des foires; qu’il y’ait une concertation des différents organisateurs, que ce soit public, privé afin qu’il y’ait une harmonie. C’est se tirer la balle dans le pied que d’accepter que ça se passe comme ça. Même pour ceux qui ont les moyens de l’Etat, le rendu ne peut pas être atteint » indique Danielle Nlate, présidente du Réseau des actives de la CEMAC (REFAC).

La même thématique de fond
Le Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC) est en à sa neuvième édition. L’évènement biennal porté par le ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et l’Artisanat (MINPMEESA) s’est tenu sur le thème : « Entre traditions et modernités : comment stimuler l’innovation artisanale ». Ici aussi, la baisse du nombre de visiteurs est une variable non anticipée, quoique l’évènement est resté très couru. « Je suis lauréate au SIARC ; Je suis de la filière transformation plus précisément la transformation du manioc pour l’agroalimentaire, la savonnerie et la cosmétique. Les produits qui m’ont porté à la compétition c’est le savon et le gel de douche à base de manioc. C’est ma première participation au SIARC. J’ai trouvé du sérieux et lors des séminaires, nous avons été bien édifiés sur toutes les étapes pour quitter du petit artisan à l’industriel». Le Salon est ouvert aux artisans africains de tout bord. Le génie algérien, ivoirien, marocain, béninois, malien, sénégalais, et congolais, s’est de ce fait mis en valeur à cette 9e édition.

Ce qui réfère au final à la même problématique de l’intégration. Laquelle a été largement mise en exergue dans le cadre de cette 64e Journée internationale de la Femme africaine ; qui, au-delà des évènements institutionnels a donné lieu à plusieurs journées de foire-exposition à l’Hôtel de ville de Yaoundé. «Nous avons eu le privilège d’avoir ici des femmes venant des pays de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) qui ont participé à une autre activité qui tourne autour de cette 64e édition. Nous interpellons les femmes pour qu’elles sachent qu’elles ont un rôle majeur à jouer sur le développement de l’Afrique, la promotion de la paix», déclarait la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Dr Abena Ondoa Marie Thérèse.

Un important dispositif logistique est pourtant mis en branle de part et d’autres pour offrir un cadre d’affaires décents et convivial à tous. Lequel est soutenu par d’importants financements. Face aux exigences de telles organisations et l’ampleur des objectifs non atteints, des voix se lèvent pour réclamer une meilleure programmation des foires, salons, et autres programmes évènementiels. «Nous proposons la date au cours de la réunion qui se tient toujours en début d’années, comme cette fois-ci elle a eu lieu en février, mais la date était déjà annoncée en janvier. Elle a été validée en février au cours de la réunion du Comité interministériel élargi au secteur privé. Les autres sectoriels prennent part à cette réunion et sont donc informées de dates retenues mais à un moment, on constate qu’elles aussi choisissent à peu près la même période», explique Danielle Nlate; dont les regards se portent désormais vers de futures échéances.

LN

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