Ainsi se r?sument les exhortations faites au nouveau pr?sident en exercice de la CEMAC.

? J?annonce la mise en place d?un m?canisme concret pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens, pierre angulaire d?une int?gration r?gionale encore fragile ?. Le 10 septembre 2025, ? Bangui, a livr? un discours appelant ? un renforcement de la libre circulation des personnes et des biens en Afrique centrale. ? premi?re ?coute, ces propos du pr?sident Denis Sassou Nguesso r?sonnent comme une promesse de dynamisme pour la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC), qui peine depuis des d?cennies ? traduire en r?alit? les ambitions de ses dirigeants.
? Sur le papier, ce discours s?inscrit dans les objectifs de la CEMAC et de l?Union africaine ?, appr?cie Jeanne Mboua, sp?cialiste des questions r?gionales, bas?e ? Yaound?. Pour l?analyste centrafricaine Samira Modi, ? c?est un discours qu?on a d?j? entendu. La volont? politique existe, mais elle bute toujours sur les int?r?ts nationaux et les lenteurs administratives. Sans m?canismes de suivi stricts, ces promesses risquent de rester lettre morte ?.
Les habitants, eux, jugent la question ? l?aune de leur quotidien. Au lieu-dit ? March? 8e ? ? Yaound?, Awa Tikounda, vendeuse de tissus, confie : ? Chaque fois qu?on traverse la fronti?re, il faut payer des taxes et remplir des formulaires sans fin. Si le pr?sident Sassou Nguesso veut que la libre circulation fonctionne, il doit commencer par nous faciliter la vie, nous, les commer?ants ?. Pour aller dans le m?me sens, Jean-Claude Tchoumba, un habitu? de l?axe Yaound?-Libreville, se montre plus circonspect : ? On nous parle d?int?gration depuis des ann?es, mais nos camions restent bloqu?s aux fronti?res.
On esp?re que cette fois ce n?est pas juste un discours pour la galerie ?. ? Je transporte des marchandises entre Yaound? et Malabo tous les mois. Chaque contr?le nous fait perdre du temps et de l?argent ?, raconte Ahmed Souleymane, chauffeur de camion. Pour lui et beaucoup d?autres, le discours pr?sidentiel ne prend sens que si la fronti?re devient r?ellement plus fluide.
Pour d?autres citoyens et acteurs ?conomiques, la vraie mesure du succ?s ne sera visible ni dans les h?tels officiels ni dans les communiqu?s de presse, mais aux fronti?res, dans les ?changes et dans la vie quotidienne. ? Le pr?sident congolais a parl?, les mots ont circul?. Il reste ? voir si la libre circulation suivra son chemin. Pour moi, chaque fronti?re devient du coup le barom?tre du s?rieux de cette promesse ?, explique Leiticia Farida Dangbi, une commer?ante centrafricaine rencontr?e ? Yaound?.
Jean-Ren? Meva?a Amougou