Sous un soleil implacable puis dans la fra?cheur d?une nuit ?lectrique, les ?tudiants votants de l??cole nationale des Postes et T?l?communications (ENSPT) de Yaound? ont v?cu une journ?e de scrutin marathon. Entre impatience, ferveur et curiosit? d?mocratique, beaucoup ont attendu, sans faillir, jusqu?au d?pouillement final.

? On veut voir la v?rit? de nos yeux ?. D?s sept heures du matin, les premiers ?lecteurs affluaient d?j? dans la cour de l??cole des Postes, transform?e pour l?occasion en centre de vote. Cartes d??lecteurs en main, ?tudiants, enseignants et personnels administratifs se croisaient dans une atmosph?re ? la fois studieuse et f?brile. ? C?est ma premi?re fois de voter. Je ne veux pas juste glisser mon bulletin et partir. On veut voir la v?rit? de nos yeux ?, confie Prisca, ?tudiante en informatique, assise ? l?ombre d?un manguier avec un groupe d?amis. Autour d?elle, les conversations tournent vite ? la politique. Les jeunes d?battent, comparent les candidats, sp?culent sur les r?sultats. ? Ce n?est plus comme avant ?, dit un autre. ? Maintenant, on veut savoir comment tout se passe. ?
Des heures d?attente sous tension et sous rires
? la mi-journ?e, la file d?attente s??tire encore. Certains votants s?impatientent : les listes tra?nent, quelques noms sont mal orthographi?s, et la chaleur rend l?attente p?nible. Mais l?ambiance reste bon enfant. Des blagues fusent, des selfies s?improvisent devant les affiches ?lectorales, des vendeuses de beignets et d?eau font des affaires.
Vers 17h45 heures, les bureaux de vote ferment lentement, mais la foule ne se disperse pas. Au contraire, elle grossit. ? On reste jusqu?au bout ! ?, scande un groupe d??tudiants, brandissant leurs cartes comme des troph?es civiques.
Quand la nuit tombe, la d?mocratie s??claire
? 18 heures, la cour est plong?e dans une semi-obscurit?. Des lampes torches et les flashs des t?l?phones portables dessinent des halos sur les tables de d?pouillement. Les membres des bureaux, fatigu?s mais concentr?s, commencent ? ouvrir les urnes sous les applaudissements. ? C?est comme une veill?e ?lectorale ?, murmure un observateur, fascin? par la discipline du public. ? chaque bulletin annonc?, un murmure parcourt la foule, suivi parfois d?un cri de joie ou d?un soupir r?sign?. Dans un coin, un ?tudiant prend des notes sur son cahier : ? C?est l?histoire qui s??crit ici. M?me si ?a ne change rien, on aura ?t? t?moins. ?
Une nuit de veille citoyenne
Le d?pouillement se poursuit dans la nuit. Personne ne quitte les lieux. Des ?tudiants assis sur les marches, d?autres adoss?s aux murs, tous guettent les r?sultats comme on guette une d?livrance. Vers 20h, les bulletins finissent d??tre compt?s, les proc?s-verbaux sign?s sous les regards vigilants des ?lecteurs rest?s jusqu?au bout. Aucun incident, aucun d?bordement. Juste la fatigue, le soulagement et la fiert? d?avoir veill? sur leur vote.
Un signal fort venu de la jeunesse
? l??cole des Postes, ce 12 octobre, la d?mocratie a pris le visage d?une jeunesse consciente, exigeante et observatrice. Dans un contexte o? la confiance dans les institutions ?lectorales s?effrite, cette patience obstin?e des ?tudiants r?sonne comme un message clair : le vote ne s?arr?te pas dans l?urne, il se poursuit dans la vigilance. ? Si on veut que ?a change, il faut rester ?veill?s ?, glisse un ?tudiant en quittant les lieux, le regard encore riv? sur la table de d?pouillement.
Tom.