Elles cultivent la terre, nourrissent les familles, g?rent les ressources naturelles. Pourtant, face aux bouleversements du climat, les femmes rurales de la sous-r?gion restent dans l?ombre.

Peu inform?es, peu form?es, elles affrontent les s?cheresses, les inondations et l?impr?visibilit? des saisons sans les outils n?cessaires pour comprendre ou s?adapter. Au regard de cet ?tat de choses, quelques femmes rurales d’Afrique centrale crient en silence. Seule consolation, une ligne d’attaque anim?e par la CPTA et autres experts du d?veloppement durable. A suivre les explications des premi?res comme celles des seconds, la d?pendance totale ? la nature des femmes rurales est plus visible dans certains pays de la sous-r?gion.
? Dans les campagnes du Cameroun, du Tchad, de la R?publique Centrafricaine ou encore du Congo, les femmes sont les premi?res concern?es par les cons?quences des changements climatiques. Agriculture, ?levage, collecte d?eau, de bois ou de produits forestiers : leur quotidien d?pend directement des ?cosyst?mes locaux. Mais quand la pluie se fait rare ou trop violente, quand les sols s?appauvrissent, quand les semences ne germent plus au bon moment, elles se retrouvent d?munies ?, mentionne un rapport du PNUD publi? en novembre 2023.
? Je ne comprends plus les saisons. Ce qui marchait il y a cinq ans ne marche plus aujourd?hui ?, t?moigne Madeleine, une agricultrice venue de l?Est- Cameroun. Ce qui est enrob? dans ce propos est le manque criant d?information. « La majorit? des femmes rurales n?ont pas acc?s ? une ?ducation de base. Dans certaines r?gions, le taux d?alphab?tisation f?minine est inf?rieur ? 30 %. R?sultat : elles ne re?oivent pas, ou tr?s peu, d?informations fiables sur les causes et les effets du changement climatique ?, d?plore la CPTA.
Bien plus, ? quand des campagnes de sensibilisation sont mises en place, elles sont souvent en fran?ais ou en anglais, peu adapt?es aux langues locales. Les messages passent par les radios communautaires, mais touchent rarement les femmes, occup?es par les t?ches domestiques ou exclues des espaces publics ?.
Dans cette ambiance d?explications scientifiques peu ou non accessibles, certaines femmes interpr?tent les ph?nom?nes climatiques extr?mes ? travers le prisme des croyances traditionnelles. ? Pour nous, si la pluie ne vient pas, c?est que les anc?tres sont f?ch?s ?, confie une femme rurale venue du nord de la RDC.
Bien ?videmment, de telles interpr?tations ne sont pas sans cons?quences. ? Elles retardent parfois la mise en place de solutions concr?tes et cr?ent une forme de r?signation face aux catastrophes naturelles ?, crie Emmanuelle Yabanda.
Les oubli?es des politiques climatiques
Autre facteur : l?exclusion syst?matique des femmes rurales des instances de d?cision. Rarement consult?es, elles ne participent ni ? l??laboration des politiques agricoles, ni ? celles li?es ? la gestion des ressources naturelles. ? Le probl?me, ce n?est pas seulement qu?elles sont mal inform?es. C?est qu?on ne les ?coute pas ?, d?nonce une ONG locale bas?e au Tchad. Or, ces femmes disposent d?un savoir empirique pr?cieux, issu de leur exp?rience du terrain. Sans leur implication, les strat?gies d?adaptation peinent ? atteindre les zones les plus vuln?rables.
Jean-Ren? Meva?a Amougou