MIDIS DE L’INTEGRATION

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e: le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res ? principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple: aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables ? minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements.Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? ? voire craint ? m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus: la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?.Il est donc absurde ? et m?me dangereux ? de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es.Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e : le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple : aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements. Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? voire craint m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus : la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?- pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?. Il est donc absurde et m?me dangereux de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es. Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

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Tout commence par la foi

« Augmente en nous la foi. » Les ap?tres raisonnent en termes de quantit?. Ils parlent comme des employ?s qui demandent une augmentation de salaire ? leur patron afin de faire face ? leurs charges. Ils voudraient que J?sus augmente leur foi mais dans quel but? Probablement pour qu?ils puissent accomplir des choses spectaculaires et impressionner ceux et celles qui seront t?moins de ces choses-l?. J?sus, lui, est dans une tout autre logique. Pour lui, ce qui importe, ce n?est pas que la foi soit petite ou grande mais qu?elle existe r?ellement, c’ est-?-dire que l?homme ait confiance en lui-m?me, qu’il croie que tout n?est pas perdu et qu’il est toujours possible de rebondir dans la vie et de  » reb?tir, m?me sur des ruines » (Martin Gray) car celui qui est convaincu peut faire beaucoup avec peu de choses. M?me avec des blessures et des infirmit?s, celui-l? peut gu?rir des fr?res et s?urs en difficult?. ? travers une visite, une ?coute ou un encouragement, il peut permettre ? des personnes d?sesp?r?es de retrouver le sourire. Les hommes et femmes en d?tresse qui viennent le toucher, que leur dit J?sus? « Va, ta foi t?a sauv?.  » On avait dit de leurs pays qu?ils ?taient pauvres et que seule l?aide ?trang?re pouvait les soulager un tant soit peu. Assimi Go?ta, Ibrahim Traor? et Abdourahamane Tiani, eux, croyaient que leurs pays pouvaient s’ en sortir. Ils croyaient qu’ils pouvaient ?tre avec d’ autres les artisans d?une Afrique nouvelle. Ils avaient surtout compris combien il est n?cessaire de s’ armer de courage et de d?termination pour faire du neuf car, comme le rappelle l?ap?tre Paul ? Timoth?e, « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donn? ». Sans la foi en eux-m?mes et sans la foi en l?Afrique, les 3 dirigeants de l?AES n?auraient pas r?alis? toutes ces grandes choses pour lesquelles ils sont admir?s et respect?s aujourd’hui. Par cons?quent, il ne s’ agit plus de chercher ? savoir si les autres nous laisseront travailler en paix. Ils ne nous l?cheront jamais parce que, sans nos ressources, ils ne sont rien. La question qui m?rite d??tre pos?e est simple: croyons-nous que l?Afrique peut se r?veiller comme la Chine et nous croyons-nous capables de participer ? cette renaissance? Jean-Claude Dj?r?k?

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Macron, le vrai probl?me de la France

Parler de remaniement, c?est entretenir l?illusion d?un changement. Nommer un nouveau Premier ministre, c?est faire du rafistolage politique et maintenir un syst?me qui refuse de voir la r?alit? en face. C?est aussi continuer ? m?priser le peuple fran?ais, qui n?en peut plus d?un pr?sident dont l?unique obsession semble ?tre de donner plus d?argent aux riches et ? des cabinets de conseil de moralit? douteuse comme la compagnie am?ricaine McKinsey. Certains voudraient nous faire croire que la crise actuelle est gouvernementale, qu?un nouveau Premier ministre suffirait ? calmer les tensions, ? relancer l?action. Mais le probl?me de la France ne se situe ni ? Matignon, ni ? l?Assembl?e nationale. Le c?ur du blocage se trouve ? l??lys?e. Le probl?me de la France, aujourd?hui, c?est Emmanuel Macron. Depuis les ?lections l?gislatives de 2022, o? il a perdu la majorit? absolue, il a refus? d?entendre le message des urnes. Plut?t que d?en tirer les cons?quences, il a choisi de passer en force, multipliant les 49.3, gouvernant sans d?bat, imposant des r?formes rejet?es massivement, comme celle des retraites. Il s?est assis sur le vote des Fran?ais, pr?f?rant l?autorit? solitaire au compromis d?mocratique. Un pr?sident en rupture avec la d?mocratie Ce mandat est devenu celui de la ruse et de la mauvaise foi. Emmanuel Macron tord les r?gles, manipule les institutions et ?vite toute remise en question. Il continue de gouverner comme s?il disposait d?un blanc-seing, alors que sa l?gitimit? politique est profond?ment entam?e.Certains Fran?ais songent d?j? ? une nouvelle dissolution de l?Assembl?e nationale. Mais ce serait un nouveau tour de passe-passe pour repousser l??ch?ance. Cette strat?gie ne r?soudrait rien. Dissoudre, pour quoi faire ? Reproduire les m?mes blocages ? Obtenir un sursis ? Non. Le v?ritable blocage, c?est Macron. Le seul geste responsable: d?missionner ? ce stade, il ne reste qu?une option r?ellement d?mocratique: qu?Emmanuel Macron d?missionne et qu?une ?lection pr?sidentielle anticip?e soit organis?e. Ce serait un acte de lucidit? et de responsabilit?. La France a besoin d?un nouveau d?part, d?un pouvoir qui respecte les institutions, les corps interm?diaires, la voix du peuple. Elle a besoin d?un pr?sident qui gouverne avec, et non contre, le pays. Le syst?me actuel est ? bout de souffle. Et changer le Premier ministre ne r?glera rien, pas plus qu?un nouveau discours ou une strat?gie de communication. Le double discours d?Emmanuel Macron Ce qui ajoute au malaise, c?est le double discours permanent du chef de l??tat. ? l??tranger, il se pose en champion de la d?mocratie. Il donne des le?ons aux pays africains, d?nonce les r?gimes autoritaires, plaide pour des ?lections libres pendant que, chez lui, il m?prise les mouvements sociaux, muselle le Parlement, refuse le r?f?rendum et gouverne par d?cret. Cette incoh?rence ne passe plus. Elle mine la cr?dibilit? de la France. Elle r?v?le une vision verticale, technocratique o? la d?mocratie est tol?r?e tant qu?elle ne g?ne pas les d?cisions du sommet. Comme quoi, la vertu n?est pas toujours l? o? on l?imagine. Un peuple fatigu? et m?pris? Les Fran?ais sont ?puis?s par ce quinquennat. Les in?galit?s explosent, les services publics s?effondrent, le pouvoir d?achat recule et l??coute politique est devenue inexistante. Face ? cela, Emmanuel Macron continue de prot?ger les int?r?ts des plus ais?s, refusant toute remise ? plat du mod?le ?conomique, tout dialogue r?el avec les citoyens.Et que propose-t-il ? De changer de visage ? Matignon ? De recycler les m?mes figures politiques d?j? connues ? C?est non seulement insultant pour l?intelligence des Fran?ais, mais aussi r?v?lateur d?un pr?sident totalement coup? des r?alit?s sociales. Une alternative est possible Non, la France n?est pas condamn?e ? subir ce cycle infernal de crises politiques et de r?formes impos?es. Il existe une alternative, mais elle commence par une rupture nette avec le macronisme, c?est-?-dire une rupture avec la personnalisation excessive du pouvoir, l?autoritarisme institutionnel et le m?pris du peuple. Emmanuel Macron doit partir. Pas dans la violence, ni dans l?humiliation, mais dans un acte d?mocratique clair: une d?mission suivie d?une ?lection pr?sidentielle anticip?e. Le pays y gagnerait en apaisement, en clart? et en l?gitimit?. Car, aujourd?hui, ce que le peuple r?clame, ce n?est pas un nouveau plan de communication. C?est un vrai changement de cap. Jean-Claude DJEREKE

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Le d?part de Charles de Gaulle: une le?on de grandeur politique

Charles de Gaulle, figure majeure du XXe si?cle, est ? une le?on de grandeur politique la fois admir? et contest?. Son nom ?voque pour beaucoup la R?sistance, la souverainet? fran?aise,  la  force de caract?re.  Pour d’autres, notamment en Afrique francophone, il reste associ? ? une politique imp?riale brutale, au cynisme de la Fran?afrique, et ? un certain m?pris des peuples colonis?s. Je fais partie de ceux qui rejettent vigoureusement son h?ritage africain. Je n?aime pas Charles de Gaulle, justement ? cause de ce syst?me mafieux et criminel, pens? sous son  autorit?, et qui a longtemps permis ? la France de contr?ler,  exploiter,  puis appauvrir les anciennes colonies africaines tout en leur parlant de libert?. Mais, en toute honn?tet?, il y a un ?pisode de la vie politique de de Gaulle que je respecte profond?ment. Un moment qui devrait  faire  ?cole. Un geste  que bien  des dirigeants d?aujourd?hui, en Afrique comme en Europe, seraient bien inspir?s de m?diter. Quand un homme de pouvoir respecte la voix  du peuple Le 27 avril 1969,  un r?f?rendum est organis? en France sur deux questions majeures : la r?forme du S?nat et la  r?gionalisation  du pou- voir. Charles de Gaulle, alors pr?sident de la R?publique, met son autorit? en jeu. Il d?clare que, si les Fran?ais rejettent son projet, il d?missionnera. Le scrutin se d?roule dans une France encore mar- qu?e par les  ?v?nements de Mai 68. Le peuple est fatigu?. Les rapports entre la rue et le pouvoir sont tendus. R?sultat: 53,2  %  des ?lecteurs  votent « non ». Ce n?est pas une d?faite ?crasante,  mais  c?est  un d?s- aveu clair. Le lendemain, le g?n?ral de Gaulle quitte le pouvoir, conform?ment ? sa parole. Il a alors 78 ans, en pleine possession de ses facult?s physiques et mentales. Rien ne l?y obligeait concr?tement. Il aurait pu, comme tant d’autres, ignorer le verdict populaire, man?uvrer, contourner, at- tendre. Mais il n?a pas jou? ? ce jeu. Il est parti. Ce  geste, rare dans l?histoire  contemporaine,  n?a pas terni sa l?gende. Au contraire, il l?a consolid?e. Car, en partant, de Gaulle a montr? qu?il pla?ait la souverainet? du peuple au-dessus de son propre destin personnel. Il a d?- montr? que le pouvoir n?a de l?gitimit? que tant qu?il est en harmonie avec la volont? populaire. Une  le?on de d?mocratie : partir quand le peuple vous tourne le dos Il y a dans ce d?part quelque  chose de profond?ment d?mocratique, voire philosophique.  L?id?e  que le pouvoir est un pr?t, une d?l?gation. Et que celui qui l?exerce ne le fait pas pour lui- m?me, mais  pour  ceux qui l?ont confi?. Dans une ?poque marqu?e par les pr?sidents ? vie, les manipulations constitutionnelles, les entourloupes ?lectorales, les refus de reconna?tre une d?faite, le geste de Charles  de Gaulle  fait  figure d?exception.   Il rappelle  une ?vidence trop souvent oubli?e: il n?y a pas de honte ? quitter le pouvoir. Bien au contraire, il y a parfois de la grandeur ? partir. Il y a du courage ? ne pas s?accrocher. Il y a de la lucidit? ? comprendre que l?on est  devenu un obstacle  plus qu?un rep?re. Combien de dirigeants auraient aujourd?hui la force morale d?un tel geste? En Afrique francophone, ils sont rares. Trop rares. Et m?me en France, l?h?ritier autoproclam? de de Gaulle, Emmanuel  Macron,  ne s?en  est pas montr? digne. Macron, le Nouveau Front Populaire et la fuite en avant Apr?s les l?gislatives de juillet 2024,  qui ont vu la victoire  du Nouveau Front Populaire, Emmanuel Macron, pr?sident en exercice, aurait pu s?inspirer  de Charles  de Gaulle. Il aurait pu ?couter le message du peuple, qui avait clairement  d?savou? sa poli- tique,  son style,  ses  choix.  Il aurait  pu reconna?tre sa  d?- faite politique et proposer une sortie  honorable.  Mais  non. Macron, au lieu  de partir, a choisi de s?enfermer dans le pouvoir, de jouer la  carte de l’immobilisme, de manipuler les alliances, de temporiser en esp?rant un retournement providentiel. Il s’est retranch? derri?re les institutions, oubliant que le  c?ur de la  d?mocratie, ce n?est pas seule- ment  le  droit,  mais  la l?gitimit?. Et cette l?gitimit?, il ne l?a plus.  Macron se  revendique parfois de l?h?ritage gaullien.  Il en imite  les  pos- tures, emprunte ses r?f?rences, cite ses discours. Mais, au moment de v?rit?,  il s?est montr? ? l?oppos?  de la  culture de responsabilit? politique de de Gaulle. Ce dernier avait compris que l?on ne peut pas gouverner contre un peuple. Macron, lui, semble penser que l?on peut toujours gouverner malgr?  le  peuple. La tentation de s?accrocher au pouvoir Ce  refus de quitter la sc?ne politique quand on est d?savou? ne concerne pas que Macron. Il s?agit d?un mal universel, particuli?rement visible sur le continent africain. Combien de chefs d’?tat en Afrique  se  sont ?ternis?s au pouvoir, en d?pit du rejet populaire ? Combien ont modifi? les constitutions, truqu? les ?lections, r?prim? les voix dissidentes, tout cela pour continuer ? r?gner, m?me sans adh?sion, m?me sans amour du peuple ? Ce qui est frappant, c?est que la  capacit?  ?  partir devient l?exception, alors qu?elle devrait ?tre la norme. Le pouvoir devient une fin en soi, et non un outil au service  du bien  commun. Ceux qui s?y accrochent finissent par s?en fermer dans une logique  de survie politique, o? toutes les d?rives sont permises pour ne pas perdre leur tr?ne. Dans ce contexte, le geste de Charles de Gaulle en 1969 prend une port?e symbolique immense. Non pas parce qu?il faut id?aliser l?homme je suis le premier ? refuser cela, compte tenu de son r?le dans l?asservissement post-colonial de l?Afrique mais parce qu?il nous rappelle une v?rit? simple  :  la  d?mocratie, ce n?est pas seulement conqu?rir le pouvoir, c?est aussi  savoir le quitter. Et si la vraie grandeur, c??tait de s?effacer ? L?Histoire jugera toujours les dirigeants, qu?ils partent ou non. Mais elle jugera mieux ceux qui ont su s?effacer  avec dignit?,  plut?t que ceux qui se sont accroch?s jusqu?? l?absurde. Quand de Gaulle d?missionne, il ne quitte pas seulement une fonction.  Il envoie un message ? la nation et

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

L?aide que nous voulons

On ?tait le 13 avril 2020 et le coronavirus faisait rage. Emmanuel Macron d?clara: « Nous devons savoir aider nos voisins d?Afrique. » Une d?claration aussi mensong?re que le r?ve de certains missionnaires de sauver les Africains de la barbarie et de l?enfer car Maliens, Ivoiriens et Nig?riens ne sont pas voisins de la France. Les voisins de la France, ce sont les Italiens, les Espagnols, les Belges et les Anglais.Cinq ans plus tard, le Premier ministre du Burkina Faso a r?cemment r?pondu ? Macron en affirmant que son pays ne veut pas d?aide, ne veut rien de la France. Pour ma part, j?ajouterais simplement ceci: que les dirigeants fran?ais s?occupent des gens qui les ont ?lus et dont la vie devient de plus en plus difficile. Nous Africains, s?il y a une aide que la France d?sire nous apporter, c’est de ne plus se m?ler de nos affaires, de nous laisser r?gler nos probl?mes nous-m?mes. Sa fameuse aide ne nous a gu?re fait avancer. Comme le disait Thomas Sankara, « nous encourageons l?aide qui nous aide ? nous passer de l?aide ». Depuis que la France a ?t? chass?e des trois pays de l?AES (Mali, Burkina et Niger), ces pays-l? ont-ils disparu? Non. J?ai plut?t entendu qu’ils se portent beaucoup mieux qu’avant. ? bon entendeur, tant pis (c?est la formule d?Abdoulaye Ma?ga)! Jean-Claude Dj?r?k?

Cameroun Actualit?s, MIDIS DE L'INTEGRATION

CAMEROUN/12 OCTOBRE : EN ROUTE VERS LES URNES?

La campagne ?lectorale pour la pr?sidentielle du 12 Octobre au Cameroun est lanc?e officiellement depuis le samedi 27 octobre 2025. Le pr?sident de la R?publique, Paul Biya, a regagn? Yaound? ce 1er octobre, apr?s un court s?jour priv? en Europe. A son arriv?e, une foule enthousiaste s?est mobilis?e pour t?moigner son amour inconditionnel au couple pr?sidentiel, ? quelques jours seulement de l??lection pr?sidentielle. Ce d?placement ? l??tranger n??tait pas qu?une simple parenth?se de repos. Selon des sources du dossier, le chef de l?Etat y a multipli? des rencontres strat?giques, dans la perspective de l??v?nement politique majeur du 12 octobre prochain. Les 11 partis politiques se d?ploient depuis lors, dans les activit?s relatives ? la campagne pr?sidentielle dans toute l’?tendue du territoire. Dans cette ?dition de Cameroun Actualit?s, retrouvez tous les temps forts de ces moments in?dits.

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Dikembe Mutombo : une vie de hauteur et de profondeur

Il y a un an, le monde disait adieu ? l?un de ses g?ants, dans tous les sens du terme. Dikembe Mutombo, ancien joueur embl?matique de la NBA et philanthrope engag?, s??teignait ? l??ge de 58 ans des suites d?un cancer du cerveau. Install? depuis plusieurs ann?es ? Atlanta, il y avait pass? les derniers temps de sa vie, entour? des siens. N? ? Kinshasa, en R?publique D?mocratique du Congo, le 25 juin 1966, Dikembe Mutombo n??tait pas seulement un athl?te exceptionnel. Avec sa stature imposante ? 2,18 m?tres ?, il a marqu? les esprits, non seulement par ses performances sportives, mais aussi par la grandeur de son c?ur. Une carri?re exemplaire en NBA Mutombo a foul? les parquets de la NBA pendant 20 saisons. Il a jou? pour plusieurs franchises prestigieuses, dont les Denver Nuggets, les Atlanta Hawks, les Philadelphia 76ers, les New Jersey Nets, les New York Knicks et les Houston Rockets. Tr?s t?t dans sa carri?re, il s?est impos? comme l?un des meilleurs d?fenseurs de l?histoire du basketball. Son geste embl?matique ? lever l?index apr?s un contre, comme pour dire ? pas dans ma maison ! ? ? est devenu l?gendaire. Il a remport? ? quatre reprises le titre de meilleur d?fenseur de l?ann?e, a ?t? s?lectionn? ? huit All-Star Games et figure parmi les meilleurs contreurs de l?histoire de la ligue. Mais, au-del? de ses statistiques impressionnantes, c??tait sa d?termination, son intelligence de jeu et son esprit d??quipe qui faisaient de lui un leader respect? sur et en dehors du terrain. Pour beaucoup, il repr?sentait l?excellence africaine dans le sport mondial, un mod?le pour des g?n?rations enti?res. Un humaniste avant tout Si la carri?re de Mutombo impressionne, sa v?ritable grandeur se mesure ? travers ce qu?il a fait pour les autres. Contrairement ? tant de figures publiques qui se contentent de briller sous les projecteurs, Mutombo a utilis? sa notori?t? pour servir des causes profondes, avec un engagement sinc?re et constant. Convaincu que le sport devait ?tre un vecteur de transformation sociale, il n?a jamais oubli? ses racines. Avec une vision claire et une volont? farouche, il a financ? la construction d?un h?pital dans la banlieue de Kinshasa ? le Biamba Marie Mutombo Hospital, du nom de sa m?re. Cet h?pital, inaugur? en 2007, a offert ? des milliers de Congolais l?acc?s ? des soins de qualit?, dans un pays o? les infrastructures m?dicales manquent cruellement. Il a ?galement investi dans l??ducation, en finan?ant la cr?ation d?une ?cole ? Tshibombo, dans le Kasa? oriental, une r?gion souvent n?glig?e du Congo. Pour Mutombo, l??ducation et la sant? ?taient les deux piliers du d?veloppement. Il estimait qu?un peuple ?duqu? et en bonne sant? pouvait se relever de n?importe quelle crise. Son engagement ne relevait pas d?un simple geste philanthropique ponctuel. C??tait un mode de vie, une mission. Il croyait profond?ment que la r?ussite individuelle ne valait que si elle se traduisait en impact collectif. Comme il le disait souvent: ? On n?existe vraiment qu?avec les autres. ? Une philosophie de vie inspirante Dans un monde souvent domin? par l?individualisme, Mutombo incarnait une autre voie. Pour lui, r?ussir sa vie, ce n??tait pas accumuler les richesses ou les titres, mais se rendre utile aux autres. Son message ?tait clair : si les ?tres humains ne sont que de passage sur cette terre, alors leur s?jour devrait laisser des traces positives et durables. Il refusait de dissocier l?excellence professionnelle de la responsabilit? sociale. Il consid?rait que chaque privil?ge ? qu?il soit financier, ?ducatif ou m?diatique ? s?accompagnait d?un devoir moral d?agir. Agir pour ceux qui n?ont pas eu les m?mes chances, tendre la main, b?tir, ?duquer, soigner. Son parcours rappelle cette citation c?l?bre de l??crivain Albert Pine : ? Ce que nous faisons pour nous-m?mes meurt avec nous. Ce que nous faisons pour les autres et pour le monde demeure et est immortel. ? Un h?ritage qui continue de vivre Un an apr?s sa mort, le souvenir de Mutombo demeure vivace. Non seulement dans les m?moires des fans de basketball, mais aussi dans le c?ur de toutes celles et ceux qui ont ?t? touch?s par sa g?n?rosit?. Les institutions qu?il a cr??es continuent leur ?uvre. Son h?pital ? Kinshasa soigne toujours, son ?cole ? Tshibombo continue d??duquer. Son h?ritage n?est pas seulement fait de briques et de b?ton. Il est aussi spirituel et moral. Il nous oblige ? r?fl?chir ? ce que signifie r?ellement ? r?ussir ?. Dans un monde souvent obnubil? par l?image et le para?tre, il nous rappelle que la v?ritable grandeur se mesure ? l?impact que nous avons sur la vie des autres. Mutombo nous enseigne qu?il est possible de concilier succ?s personnel et responsabilit? collective, performance individuelle et solidarit?. Il nous montre que m?me au sommet de la gloire, on peut rester humble, fid?le ? ses origines, engag? envers son peuple. Une le?on d?humanit? Dikembe Mutombo ?tait un g?ant du sport. Son d?c?s, il y a un an, a laiss? un vide. Mais il a aussi laiss? une lumi?re. Celle d?un homme qui a su utiliser les outils de sa r?ussite pour construire, soigner, ?duquer, transmettre. Il appartient ? cette cat?gorie rare d??tres humains qui, au-del? d?avoir r?ussi dans la vie, ont v?ritablement r?ussi leur vie. Il nous laisse un message simple, mais fondamental : ? Faites en sorte que votre passage sur terre soit utile ? l?humanit?. ? Et ? la lumi?re de son parcours, on peut dire sans h?sitation que Mutombo a ?t? utile, profond?ment utile. Jean-Claude DJEREKE

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Pour une autre fa?on d??tre militant

La d?mocratie n?est pas une d?votion, encore moins une adoration. C?est une exigence de d?bat, de contradiction, de remise en cause. C?est, surtout, la capacit? d?un groupe humain ? faire vivre la v?rit?, m?me quand elle d?range. Pourtant, une certaine mani?re de militer en C?te d?Ivoire semble ignorer cette r?alit?. Il suffit de regarder ce qui se passe autour de Laurent Gbagbo et de ses partisans les plus intransigeants, ceux qu?on appelle les « Gbagbo ou Rien » (GOR). Quand quelqu?un critique Emmanuel Macron, Alassane Dramane Ouattara, Tidjane Thiam, Pascal Affi N?Guessan, Simone Ehivet Gbagbo ou encore Ahoua Don Mello, et qu?en parall?le il dit du bien de Laurent Gbagbo, les GOR applaudissent ? tout rompre. Ils crient au courage, ? la lucidit?, ? l?honn?tet? intellectuelle. Mais il suffit que cette m?me personne ose poser une question sur une d?cision de Gbagbo, ou d?nonce une incoh?rence dans ses propos, pour que le m?me camp se retourne contre lui avec une virulence inqui?tante. D?un h?ros, il devient tra?tre. D?un compagnon de route, il devient un infiltr?. D?un intellectuel engag?, il devient un vendu. O? est donc pass?e la pens?e politique ? O? est pass?e la vision d?mocratique que des hommes comme Harris Memel-Fot?, Barth?lemy Kotchy, Mamadou Koulibaly, Zacharie S?ry Bailly ou d’autres ont voulu incarner au sein du Front Populaire Ivoirien (FPI) ? N?avons-nous pas collectivement trahi l?h?ritage intellectuel qui devait ?tre la boussole du combat d?mocratique en C?te d?Ivoire ? Quand aimer devient interdire la critique Il est devenu presque impossible, dans certains cercles militants, d?exprimer un d?saccord avec Laurent Gbagbo sans ?tre imm?diatement suspect? de trahison. Pourtant, ceux qui critiquent Gbagbo aujourd?hui sont parfois ceux qui, hier, ont risqu? leur s?curit? pour d?fendre sa l?gitimit?, ses id?es, son combat. Je fais partie de ceux-l?. Comme Th?ophile Kouamouo, Ferro Bally et bien d?autres, j?ai souvent pris la plume pour d?fendre l?ancien pr?sident, non pas par culte de la personnalit?, mais par conviction politique. Mais aimer un homme politique ne signifie pas renoncer ? l?exigence intellectuelle. Ce n?est pas le suivre aveugl?ment. Ce n?est pas s?interdire de penser autrement que lui.Laurent Gbagbo est-il irr?prochable ? Bien s?r que non. Est-il un gourou, dont la parole serait infaillible et d?finitive ? Non plus. Il n?a jamais revendiqu? ce statut, et il serait profond?ment injuste de lui en pr?ter l?intention. Alors pourquoi certains de ses partisans veulent-ils lui construire ce pi?destal de marbre, ce tr?ne sacr? o? il ne serait plus qu?un chef v?n?r?, qu?on ne peut ni contredire ni corriger ? Gbagbo n?a pas besoin de r?pondeurs automatiques Je l??cris avec toute la clart? n?cessaire : Laurent Gbagbo n?a pas besoin de militants qui parlent ? sa place, qui ?touffent le d?bat, qui agressent verbalement ceux qui osent poser des questions. Il n?a pas besoin de ?soldats? de la parole, encore moins de censeurs en ligne. L?homme est historien, intellectuel, orateur. Il sait manier la plume, il conna?t le poids des id?es. D?ailleurs, il l?a dit lui-m?me : lorsqu?il ?tait pr?sident, face ? la critique d?un journaliste, sa r?ponse ne fut pas la prison, mais le d?bat. Cette d?claration, au-del? de son ?l?gance, r?v?lait une posture politique. Il n?y a pas de d?mocratie sans critique. Il n?y a pas de R?publique sans contradiction. Aujourd?hui encore, je sais que mes textes peuvent arriver jusqu?? lui. Pascal Dago Kokora, cofondateur du FPI et ancien ambassadeur de C?te d?Ivoire ? Washington, m?a r?cemment confi? qu?il les lui faisait suivre. Si ce que j??cris lui d?pla?t, je suis convaincu qu?il saura me r?pondre avec ses mots, son style, son intelligence. Il n?a pas besoin qu?on se batte en son nom pour des d?saccords d?id?es. L?oubli du projet intellectuel de Memel-Fot? Dans le texte fondateur du Front Populaire Ivoirien, Harris Memel-Fot?, intellectuel rigoureux et humaniste, avait pos? une exigence : le parti devait ?tre ouvert ? la critique et ? l?autocritique. Cette ouverture n??tait pas un luxe, mais une condition de survie politique. Memel-Fot? savait que les partis qui ne chantent que les louanges du chef deviennent des machines bureaucratiques, voire des sectes politiques. Un parti sans critique devient sourd. Il se coupe du peuple, de la r?alit?, de la dynamique historique. Un parti sans autocritique finit par justifier toutes les fautes, toutes les incoh?rences, toutes les d?rives. Or, chacun de nous a ses contradictions. Laurent Gbagbo aussi. Et c?est normal. C?est humain. L?incoh?rence de l??ge : un exemple concret Un exemple suffit ? illustrer ce que certains refusent de voir. Gbagbo avait d?clar? qu?? 75 ans, un homme ne devrait plus briguer la magistrature supr?me. Cette phrase avait marqu? les esprits, car elle t?moignait d?un d?sir de renouvellement, d?un sens du devoir historique. Mais, aujourd?hui, ? 80 ans pass?s, il veut redevenir pr?sident. Peut-on faire comme si cette contradiction n?existait pas ? Peut-on ne pas la voir ? Peut-on, surtout, interdire ? quiconque de la relever ?Pourquoi les GOR refusent-ils ce d?bat ? Pourquoi cette crispation, cette agressivit? envers quiconque ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ? Cette incoh?rence n?efface en rien le parcours remarquable de Gbagbo. Mais elle m?rite d??tre discut?e. Elle appelle des explications, des arguments, pas des insultes. La libert? d?expression, ce n?est pas que pour les autres. On ne peut pas r?clamer la d?mocratie, la libert? de la presse, la libert? d?expression ? comme l?a fait avec constance Laurent Gbagbo ? et, en m?me temps, refuser ces m?mes libert?s au sein de son propre camp. Cela s?appelle du deux poids deux mesures. Cela s?appelle du sectarisme. Or, ? bien des ?gards, certains GOR se comportent aujourd?hui comme ce qu?ils critiquent chez les ?Adomoutons? ? ces militants inconditionnels du pouvoir en place. M?me refus de la contradiction. M?me d?fense aveugle du chef. M?me volont? d??craser la critique au nom de l?unit? du camp. Mais l?unit? fond?e sur le silence est une illusion. Elle cache les failles, mais ne les gu?rit pas. Elle enterre les d?bats, mais ne r?sout rien. La vraie unit? politique se construit sur des discussions franches, sur

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Pr?sidentielle 2025: Don Mello doit s??manciper et tendre la main ? Simone Gbagbo

L??lection pr?sidentielle de 2025 s?annonce comme une ?ch?ance capitale pour l?avenir de la C?te d?Ivoire. Pourtant, ? mesure qu?approche le scrutin, l?opposition semble d?sorient?e, divis?e, incapable de parler d?une seule voix. Le rejet ? injuste et juridiquement contestable ? de la candidature de Laurent Gbagbo par le Conseil constitutionnel avait suscit? une vive attente: quelle consigne allait-il donner ? Qui allait-il soutenir pour faire barrage ? Alassane Dramane Ouattara, dont la candidature reste sujette ? caution ? Gbagbo n?a pas tard? ? r?pondre. L?ancien pr?sident a annonc? qu?il ne soutiendrait aucun des candidats retenus, y compris deux figures majeures issues de son propre camp: Simone Ehivet et Ahoua Don Mello. Une d?cision qui a ?t? v?cue comme une douche froide, tant par certains militants du PPA-CI que par les partisans du rassemblement ? gauche. Ces Ivoiriens attendaient autre chose de Laurent Gbagbo. D?autant que, le 22 ao?t 2023, il affirmait que, « pour un parti politique, aller aux ?lections m?me avec des fraudes est mieux que ne pas y aller ? cause des fraudes », car c?est en participant qu?on peut mieux les d?noncer et les combattre. Beaucoup pensaient donc que le pr?sident du PPA-CI allait faire contre mauvaise fortune bon c?ur, et appeler ? soutenir les candidats de gauche ? ne serait-ce que pour pr?server un minimum de coh?rence politique. C?est dans ce contexte que Don Mello a commis ce que d?aucuns consid?rent comme une faute strat?gique: d?clarer qu?il confiait sa candidature, entre autres, ? Affi N?Guessan, Tidjane Thiam et? Laurent Gbagbo lui-m?me. Une d?claration maladroite, un oubli regrettable Pour de nombreux pro-Gbagbo, cette sortie fut une provocation inutile, un signe de d?pendance persistante, voire un aveu de faiblesse. Ils rappellent que Don Mello a souvent dit qu?il n?y avait pas d?autre plan que Gbagbo et que ce dernier avait le meilleur profil. Je dois avouer que, moi aussi, j?ai ?t? troubl? par les propos de Don Mello, parce qu?ils donnent l?impression que l?enfant de Bongouanou peine ? s?assumer pleinement, qu?il cherche encore une tutelle morale ou politique, au lieu d?endosser son r?le de leader. Or, ? ce stade de l?histoire, plus personne ne peut mener une campagne pr?sidentielle par procuration. Et surtout pas en se r?clamant d?un homme qui a clairement choisi de rester en retrait. Pire encore, Don Mello a choisi de confier sa candidature ? Affi, Thiam et Gbagbo, sans m?me avoir un mot de reconnaissance pour Charles Bl? Goud? qui, ? visage d?couvert, le soutient et mouille le maillot pour lui. Ce silence est une faute politique et humaine. Dans une campagne pr?sidentielle, on ne peut se permettre d?ignorer ceux qui s?engagent ? vos c?t?s quand vous en avez le plus besoin. La loyaut? doit ?tre r?ciproque, et la gratitude, publique. L?heure est venue de s??manciper S?il veut ?tre cr?dible, Ahoua Don Mello doit maintenant compter sur lui-m?me. Il doit arr?ter de se cacher derri?re le nom de Gbagbo et affirmer sa propre vision, son propre programme, son propre courage. Comme le dit le proverbe africain, « une m?re avis?e ne compte pas sur la cuisine de sa voisine pour nourrir ses enfants. » Don Mello doit donc prendre ses responsabilit?s, mobiliser ses propres ressources humaines, financi?res et politiques. Cela signifie: mettre en place une ?quipe de campagne solide, nommer des repr?sentants locaux, leur donner tous les moyens n?cessaires, occuper le terrain, aller ? la rencontre des Ivoiriens, surtout dans un contexte o? le temps presse. Le peuple ne votera pas pour un souvenir ni pour un nom: il votera pour un projet, un espoir, une solution. Une rencontre n?cessaire avec Simone Gbagbo Mais surtout, s?il est vraiment s?rieux dans sa volont? de repr?senter une alternative, Don Mello doit rencontrer Simone Gbagbo. Il est temps de mettre de c?t? les rivalit?s pass?es, les petites querelles de leadership. L??chec de Gbagbo ? se repr?senter devrait logiquement pousser toutes les forces de gauche ? s?unir. Il ne peut pas y avoir de victoire contre Ouattara sans une coalition solide, cr?dible et port?e par des visages compl?mentaires. Simone Gbagbo est une femme de terrain, connue et respect?e, surtout dans les bastions historiques de la gauche. Don Mello, quant ? lui, incarne une technocratie comp?tente, un certain renouveau. Ensemble, ils pourraient constituer un bin?me strat?gique, capable de s?duire diff?rentes couches de la soci?t? ivoirienne. Mais cela suppose un dialogue franc, une volont? de construire ensemble, et non de s?ignorer ou se concurrencer st?rilement. Pendant que l?opposition se cherche, le pouvoir en place se renforce. Ouattara, malgr? la contestation de sa l?gitimit?, dispose d?un appareil d??tat puissant, d?un Conseil constitutionnel ? ses ordres et, surtout, du luxe d?observer ses adversaires s??parpiller. Il sait que l??parpillement de l?opposition est sa meilleure chance de victoire et il n?a, pour le moment, aucun adversaire s?rieux uni derri?re une banni?re unique. L?unit? ou l?oubli La pr?sidentielle de 2025 est une ?preuve de maturit? pour l?opposition. Don Mello ne peut plus se contenter de slogans ou de r?f?rences ? son pass? de camarade de Gbagbo. Il doit s?assumer, f?d?rer, et surtout agir. Il doit remercier publiquement ceux qui le soutiennent, s??manciper de toute tutelle symbolique, et surtout b?tir une alliance forte avec Simone Gbagbo. Car, sans union, il n?y aura ni victoire, ni m?me de v?ritable opposition. La politique, c?est la clart?, la reconnaissance, et le courage. Il est temps que Don Mello montre qu?il les poss?de. Jean-Claude DJEREKE

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