La Communaut? de d?veloppement de l’Afrique australe (SADC) a annonc? jeudi qu’elle mettra fin ? sa mission militaire en R?publique d?mocratique du Congo (RDC) en raison des hostilit?s persistantes caus?es par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).

Cette d?cision s’est intervue ? l’or?e d’une n?gotiation directe entre le gouvernement de la RDC et le M23, pouss?e par l’Angola, dont l’issue semble incertaine. MISSION TERMINEE Lors d’un sommet extraordinaire virtuel auquel ont assist? plusieurs chefs d’Etat des pays membres, la SADC a d?cid? de mettre fin au mandat de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC) et a ordonn? un retrait progressif de ses troupes. D?ploy?e en d?cembre 2023, la SAMIDRC comprend du personnel militaire du Malawi, d’Afrique du Sud et de Tanzanie, qui soutient l’arm?e congolaise dans la lutte contre les groupes arm?s dans l’est du pays. Cependant, la mission a subi des pertes humaines, suscitant des inqui?tudes quant ? sa capacit? ? atteindre ses objectifs face ? l’escalade de la violence. La SADC a, lors du sommet, rendu hommage aux soldats originaires de la RDC, de l’Afrique du Sud, du Malawi et de la Tanzanie et tomb?s au combat lors de la mission. La d?cision de retrait marque un changement du bloc vis-?-vis du conflit. Tout en r?affirmant son engagement en faveur de la paix et de la s?curit? en RDC, la SADC prend ses distances avec une intervention militaire directe, mettant l’accent sur la n?cessit? de proc?der ? des solutions politiques et diplomatiques impliquant ? la fois des acteurs ?tatiques et non ?tatiques. Le sommet s’est tenu dans un contexte de tensions croissantes, alors que les rebelles du M23 ont pris le contr?le de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans ces r?gions, l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), un groupe politico-militaire alli? au M23, a mis en place une administration provinciale parall?le. Le conflit entre le M23 et le gouvernement congolais remonte aux cons?quences du g?nocide rwandais de 1994 contre les Tutsi et aux tensions ethniques persistantes, notamment entre les populations tutsie et hutue. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, tandis que Kigali affirme que l’arm?e congolaise s’est alli?e au groupe rebelle rwandais Forces d?mocratiques de lib?ration du Rwanda (FDLR), li? au g?nocide.
APPROCHES DIFFERENTES Lors du sommet, la SADC a r?affirm? sa d?cision de fusionner les processus de paix de Luanda et de Nairobi et d’?largir le nombre de facilitateurs pour renforcer les efforts de consolidation de la paix. Les deux initiatives de paix de Luanda et de Nairobi, orchestr?es par des organisations r?gionales africaines, visent ? restaurer la stabilit? dans l’est de la RDC. Cependant, des divergences croissantes ?mergent entre Kinshasa et ses partenaires r?gionaux quant ? l’?volution de ces processus. Cependant, Kinshasa plaide pour un « alignement » entre les deux initiatives afin de les hisser au m?me niveau organisationnel. « ?videmment, les deux processus ont des cibles et des parties prenantes compl?tement diff?rentes », a d?clar? la ministre congolaise des Affaires ?trang?res, Th?r?se Kayikwamba Wagner, d?but mars, en appelant ? placer le Processus de Nairobi sous l’?gide de l’Union africaine (UA) plut?t que sous la seule supervision de la Communaut? d’Afrique de l’Est (EAC). En f?vrier, plusieurs dirigeants africains sont convenus de fusionner les deux initiatives de paix lors d’un sommet conjoint organis? par l’EAC et la SADC ? Dar es Salaam, en Tanzanie. Quelques semaines plus tard, les deux blocs r?gionaux ont d?sign? l’ancien pr?sident k?nyan Uhuru Kenyatta, l’ancien pr?sident nig?rian Olusegun Obasanjo et l’ancien Premier ministre ?thiopien Hailemariam Desalegn comme facilitateurs du nouveau « Processus Luanda/Nairobi ». « Nous parlons davantage d’un alignement des deux processus afin que le Processus de Nairobi soit ?galement plac? sous l’?gide de l’UA et ne d?pende plus uniquement de l’EAC », a pr?cis? Mme Wagner. « Nous savons aussi qu’il existe d’autres propositions et que les chefs d’Etat de la sous-r?gion devront en discuter », a-t-elle ajout?.
VERS UNE NEGOCIATION DIRECTE Un changement significatif dans la position du gouvernement congolais pourrait ?tre en cours, alors que Kinshasa envisage d’engager des pourparlers de paix directs avec le M23. Mercredi, le gouvernement angolais a annonc? que Kinshasa et le M23 tiendraient des n?gociations directes le 18 mars ? Luanda, la capitale de l’Angola. Toutefois, la RDC s’est toujours oppos?e ? un engagement direct avec le groupe rebelle. « Jamais, tant que je serai pr?sident de la RDC, je ne n?gocierai avec le M23 ou l’AFC », avait affirm? le pr?sident congolais F?lix Tshisekedi en ao?t 2024. Malgr? cette position, la porte-parole pr?sidentielle congolaise, Tina Salama, a r?v?l? mercredi que le gouvernement avait re?u une invitation de l’Angola, sans toutefois confirmer si Kinshasa participerait effectivement aux pourparlers. Pendant ce temps, la RDC continue de plaider pour la relance du Processus de Nairobi. Cependant, les n?gociations sont au point mort. D?but f?vrier, la porte-parole d’Uhuru Kenyatta, Kanze Dena, a d?clar? que le Processus de Nairobi ?tait dans une « impasse », notant que Kinshasa avait exclu le M23, consid?rant ce groupe comme un agent des int?r?ts ?trangers, en particulier ceux du Rwanda. Le M23 s’est dit favorable jeudi ? la participation aux n?gociations, tout en notant « l’absolue n?cessit? » que le pr?sident Tshisekedi « exprime publiquement et sans ambigu?t? son engagement pour des n?gociations directes » avec le M23. « Nous r?affirmons qu’aucune solution militaire ne r?soudra durablement la crise en RDC. La m?diation doit clarifier l’engagement r?el du r?gime Tshisekedi », a affirm? le M23 dans un communiqu?. Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, la crainte grandit que le conflit ne d?g?n?re en une guerre r?gionale plus large. « Si cela continue ainsi, la guerre risque de s’?tendre ? toute la r?gion », a averti le pr?sident burundais Evariste Ndayishimiye d?but f?vrier.
HARARE/KINSHASA, 13 mars (Xinhua)