En zone Cemac, elles bousculent les codes, imposent leur fa?on de faire, de sentir ou de voir. Chacune ? sa fa?on peint une r?alit? assez sombre.

?Nous sommes loin d’avoir atteint l’objectif convenu dans le Programme pour le d?veloppement durable ? l?horizon 2030, ? savoir assurer la participation pleine et effective des femmes et l’?galit? des chances ? tous les niveaux du processus d?cisionnel?. Constat alarmant et alarmiste d?clin? ? Brazzaville, le 23 janvier dernier lors de la R?union des Congolaises Leaders. Le sens qui se d?voile ? partir de ce que clament ces dames est la traduction d’un corpus de pr?occupations extensible ? toute l’Afrique centrale. Ici et l?, ?les modalit?s d’actions volent en ?clats chaque jour du fait d’un discours de d?valorisation de la Femme tr?s courant en Afrique centrale?, postule Carine Dikoume, secr?taire ex?cutive dans une Ong de promotion et de d?fense des droits des femmes ? Douala, au Cameroun.
Sch?ma
Pour Ina Louka Mpebe, pr?sidente de Congolaises Leaders, ?le th?me de l’autonomisation de la Femme en mati?re de d?veloppement durable reste toujours d?actualit? dans tous les pays d’Afrique centrale. Seulement, il reste insuffisamment op?rationnalis??. ?Le sch?ma du d?veloppement durable et la Femme d’Afrique centrale, poursuit la Congolaise, ne devrait plus ?tre abord? comme une philosophie mais comme un chantier avec un programme ?conomique, social et environnemental, int?gr? et budg?tis? pour une mise en ?uvre r?elle sur le terrain?. Et des exemples pour le dire: ?? mesure que les temp?ratures augmentent et que les ph?nom?nes m?t?orologiques extr?mes deviennent plus fr?quents, ces changements menacent les moyens de subsistance, la sant? et l?autonomisation ?conomique des populations vuln?rables, en particulier des femmes d?Afrique subsaharienne. Partout dans la Cemac, l?agriculture est un secteur o? les femmes constituent la majorit? de la main-d??uvre. Ce secteur a ?t? fortement touch? par les perturbations climatiques, entra?nant une baisse des rendements des cultures, une ins?curit? alimentaire et une instabilit? des revenus. Malgr? leur r?le essentiel dans la production alimentaire, les femmes camerounaises sont confront?es ? des d?fis persistants en raison d?un acc?s restreint aux ressources telles que la terre, les services financiers et les technologies agricoles adaptatives, qui limitent leur capacit? ? r?agir efficacement aux perturbations induites par le climat?, expose l?experte Joanna Fezeu.
Proportions
Sur le coup, l’analyse de certaines donn?es rend compte d’une difficult? qui s’observe de loin. ?? partir du 1er janvier 2025, dans le monde, il y a 26 pays o? 29 femmes sont chefs d??tat et/ou de gouvernement. Au rythme actuel, il faudra 130 ans pour que la parit? dans les d?cisions politiques du plus haut niveau soit atteinte. Entre-temps, aucune femme comme chef d’Etat ou comme chef de gouvernement. Les donn?es compil?es par Onu-Femmes montrent que dans la zone Cemac, les femmes repr?sentent moins de 20% des membres de cabinet ? la t?te de minist?res, dirigeant un domaine politique au 1er janvier 2025. Dans la sous-r?gion, les cinq portefeuilles les plus couramment d?tenus par les femmes ministres sont les suivants: Femmes et ?galit? des sexes, puis Famille et enfance, Inclusion sociale et d?veloppement, Protection sociale et s?curit? sociale, et Affaires autochtones et minorit?s?, d?balle Dr Joanna Fezeu. Elle en profite d’ailleurs pour d?noncer la rel?gation des femmes ? l?arri?re-plan politique.
Ongoung Zong Bella
?viter le syndrome du canard sans t?te
Les femmes, reconnues comme ?groupe majeur??de l?Onu, ont ?uvr? pour qu?en 1992, l?Agenda 21 comporte un chapitre qui leur soit consacr? autour d?une ?action mondiale en faveur de la participation des femmes ? un d?veloppement durable et ?quitable?, reconnaissant de facto leur r?le pr?pond?rant en la mati?re. En tant que ?groupe Majeur, les femmes ont d?fendu des positions plus tranch?es que beaucoup d?autres groupes, proches de celles d?velopp?es par les altermondialistes. Elles se sont aussi beaucoup engag?es dans la lutte contre l??nergie nucl?aire et ont d?plor? que le document Rio+20 n?ait pas reconnu comme inacceptables les risques que repr?sentent la pollution nucl?aire et le co?t tr?s ?lev? g?n?r? par cette ?nergie. Elles ont ?galement revendiqu? le lien essentiel entre changement climatique et genre. Elles ont souvent regrett? que la contribution qui pourrait ?tre apport?e par les femmes aux mesures d?att?nuation et d?adaptation au changement climatique ne soit m?me pas ?voqu?e. Indignation forte, aussi, devant le silence des gouvernements face ? l?accaparement des terres pour l?extraction des ressources min?rales ou celui des sols pour la production de biocarburants, accaparement qui conduit ? l?expulsion d?un tr?s grand nombre de femmes des terres qu?elles ont cultiv?es et prot?g?es pendant des mill?naires.
On voit donc que les femmes dans le monde veulent incarner une vision particuli?re du d?veloppement durable, aussi bien sur les grands dossiers que sur la sp?cificit? de leurs droits humains. C?est pourquoi, ? l’occasion de la c?l?bration de la Journ?e internationale de la Femme le 8 mars 2025, nous avons souhait? donner la parole ? des femmes originaires des pays de la zone Cemac et qui, toutes, ont une exp?rience tr?s pouss?e des questions li?es au d?veloppement durable.
Acc?s ? la terre
Chim?re de tous les vices
Le conservatisme qui oblige les jeunes filles ? subir la d?possession des terres ancestrales au d?triment des fils de la famille entraine une frustration de la gent f?minine
La s?curit? alimentaire en Afrique est une question pr?gnante. L?engagement des Etats du Sud ? assurer la s?curit? alimentaire et ? lutter contre la faim a pris des proportions d?mesur?es ces dix derni?res ann?es. Mais l?acc?s de la femme africaine ? la propri?t? fonci?re demeure le ventre mou des politiques agricoles. Le droit coutumier favorise un d?ni de ressource ? l??gard des femmes. Il ressort d?une enqu?te r?alis?e par l?Union Africaine entre 2010 et 2020 qu?en Afrique, seulement ?11 millions de femmes poss?dent des certificats de propri?t? fonci?re, dont 9,11 millions sont d?tenus conjointement avec leur mari tandis que 2 millions de titulaires de certificats sont des veuves?. Le conservatisme qui oblige les jeunes filles ? subir la d?possession des terres ancestrales au d?triment des fils de la famille entraine une frustration de la gent f?minine.
Dans le Nord du Cameroun
De plus en plus, des voix s??l?vent pour d?noncer cet accaparement des terres par les hommes au d?triment des femmes. Les lois camerounaises sur la parit? genre reconnaissent une certaine ?galit? dans l?acc?s aux ressources. Les filles et les gar?ons sont coh?rit?s de leurs d?funts parents. Cet ?tat de fait n?emp?che, malgr? tout, pas que des ?carts soient toujours visibles dans certaines communaut?s. Surtout dans les milieux ? fort ancrage de l?islam o? on soutient qu??une femme ne poss?de rien. Tout ce qu?elle gagne ne doit revenir qu?? son mari, seul garant des biens meubles et immeubles de la famille?. La situation de la femme s?empire lorsqu?elle perd son ?poux. Les veuves sont mises ? l??cart dans la gestion des biens appartenant ? leur d?funt mari. Le plus souvent, ce sont les beaux fr?res et autres membres de la famille du d?funt qui d?cr?tent un droit de jouissance sur les actifs du d?c?d?.
L?impact de la coutume
Malgr? des avanc?es notoires observ?es au niveau des femmes qui ont re?u une certaine ?ducation scolaire, des pr?jug?s continuent de tenir certaines femmes dans le giron de leurs ?poux. ?Tout ?a ne change en rien la condition de la femme mari?e. Qu?elle ait fait de longues ?tudes ou non, tout est pareil. Nous continuons de rencontrer tous les jours des femmes scolaris?es fonctionnaires qui ne per?oivent pas leur salaire mensuel. Elles laissent leurs maris s?en charger sous ces fallacieux pr?textes religieux? argumente Aicha, humanitaire ? l?Association de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes (ALVF) ? Maroua. Les femmes poss?dent toujours moins de terres que les hommes et sont presque toujours d?pendantes de ces derniers. Les festivit?s de la journ?e internationale de la femme permettront de d?fendre la femme et la jeune fille camerounaise tenues par les complexes d?inf?riorit? v?hicul?s dans nos communaut?s.
Tom