Crise anglophone la diplomatie mise ? l??preuve

Entre refus de poursuivre et m?me d?extrader des activistes s?cessionnistes, Yaound? a du mal avec ses partenaires bilat?raux.

Crise dite anglophone: des tentacules multiples

Les nombreuses initiatives du gouvernement camerounais allant dans le sens de l?arrestation et l?extradition des activistes de la s?cession bas?s dans des contr?es ?trang?res tardent ? produire des r?sultats. L?arrestation en Norv?ge de Lucas Ayaba Cho, leader du groupe arm? Ambazonian defense force (arr?t? le 25 septembre 2024 pour incitation ? des crimes contre l?humanit? dans le cadre de la crise s?curitaire dans les r?gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) a remis le probl?me au go?t du jour. Et pour cause, les d?marches du Cameroun inh?rentes au rapatriement du quinquag?naire pour jugement sont rest?es lettres mortes. Evoquant la Charte des droits fondamentaux adopt?e le 7 d?cembre 2000 par l’Union europ?enne, la justice norv?gienne a prolong? jusqu?au 10 f?vrier 2025 la d?tention provisoire de Lucas Ayaba Cho. Entre temps, le 24 janvier 2025 pr?cis?ment, les autorit?s norv?giennes ont pris des mesures pour la restriction des visites au mis en cause, ainsi qu?une interdiction de reproduction public de son proc?s. Lucas Ayaba Cho pourrait recouvrer la libert? si le minist?re public ou le tribunal le d?cide, mais selon la procureure, sa lib?ration pourrait nuire ? l?enqu?te, en raison de risques de destruction de preuves ou d?influence sur les t?moins. Tout laisse croire que ces raisons demeurent toujours valables. Surtout que la procureure norv?gienne charg?e de l?affaire, Anette Berger, a manifest? son intention d?interroger de nombreux t?moins dans plusieurs pays, si on en croit la presse internationale.


Dans une analyse publi?e sur son site en octobre 2024, International Crisis Group estimait qu?une extradition n??tait pas encore ? l?ordre du jour. ?L?extradition de Lucas Ayaba Cho vers le Cameroun ne semble pas ? l?ordre du jour. Il est peu probable que la Norv?ge ?tudie une telle demande, compte tenu des nombreuses inqui?tudes concernant l?ind?pendance du syst?me judiciaire camerounais et le fait que Yaound? n?ait encore jamais jug? une affaire de cette nature?, avait indiqu? le think tank.


Embarras
Du coup, l’Etat du Cameroun n’a plus d?arguments pour demander l’extradition du concern? dans le cadre de la jonction de proc?dure li?e ? une coop?ration judiciaire qui n’existe d’ailleurs pas avec la Norv?ge. Pour le Cameroun ? l?inverse, il ne s?agit gu?re d?une premi?re exp?rience du genre. Quelques arrestations ont donn? suite ? la quinzaine de mandats d?arr?t lanc? par Yaound? contre des s?cessionnistes bas?s aux Etats-Unis, Belgique, Nigeria, Afrique du Sud, Autriche, etc. Seulement aucun acte d?extradition n?a ?t? pris par les pays d?accueil, exception faite du Nigeria qui a remis en 2018, 47 leaders s?paratistes en t?te desquels Julius Ayuk Tabe, pr?sident autoproclam? de la r?publique fantasm?e d?Ambazonie.


Le Cameroun recherche pourtant l?appui de ses partenaires bilat?raux depuis le d?but des conflits arm?s dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest suite ? des revendications corporatistes d?avocats et d?enseignants. C?est le sens d?une r?union in?dite organis?e ? Yaound? courant mai 2019; et qui visait ? rassembler les missions diplomatiques et les organisations internationales accr?dit?s autour du gouvernement camerounais.

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