Buea, chef-lieu de la r?gion camerounaise du Sud-Ouest, a repris sa vie le week-end dernier avec des habitants hypnotis?s par le battement des tambours entrelac?s avec des m?lodies d?licates lors d’un festival culturel visant ? c?l?brer la culture locale et ? promouvoir la paix. Ce fut un r?pit bienvenu dans la r?gion o? un conflit arm? s?paratiste avait mis un frein ? toutes les activit?s culturelles.

Depuis 2017, des s?paratistes affrontent les forces gouvernementales dans les r?gions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dans le but de cr?er une nation ind?pendante. Le festival, organis? sur le th?me « Paix, renouveau culturel, coh?sion sociale et promotion des investissements » par la Conf?rence des chefs traditionnels du Sud-ouest (SWECC), a ?t? le premier du genre dans cette r?gion toujours aux prises avec le conflit s?paratiste. La paix et la s?curit? ont ?t? les principaux sujets abord?s par les personnes qui se sont adress?es aux participants sur la place de Bongo, o? se sont d?roul?es les activit?s. « Pendant tr?s longtemps, cette place n’a pas ?t? aussi vivante que ce dont nous sommes t?moins aujourd’hui », a salu? Pauline Egbe Nalova Lyonga, ministre de l’Enseignement secondaire, qui repr?sentait le Premier ministre du pays ? l’occasion de cet ?v?nement de trois jours. « Il y a quelques ann?es, il n’?tait pas possible de se r?unir pour un festival culturel. Si nous pouvons nous r?unir ici aujourd’hui, c’est parce que certains Camerounais ont mis leur vie en jeu pour assurer la paix et l’unit? de notre pays », a d?clar? Moses Obenofunde, pr?sident de la SWECC, exhortant les rebelles « qui protestent encore ? d?poser les armes et ? se joindre ? nous dans la t?che de construction de la nation ». Les habitants ont confi? ? Xinhua qu’ils trouvaient toujours de la joie et un sens ? leurs traditions et ? leur culture, qui ont ?t? affect?es par des ann?es de violence. Pour eux, le Festival culturel du Sud-Ouest est plus qu’un simple festival, c’est un mode de vie qui c?l?bre leur h?ritage et leur r?silience. « Apr?s plusieurs ann?es de violence et de mort, ce festival est vraiment une exp?rience passionnante pour moi. Je suis heureux d’y avoir non seulement assist?, mais aussi d’y avoir particip? », a d?clar? Jude Ebot, 55 ans, membre respect? d’une troupe de mascarades qui a pr?sent? un spectacle attrayant lors de l’?v?nement. Le festival a pr?sent? un large ?ventail de danses traditionnelles, d’objets, de folklore et de gastronomie, mettant ainsi en lumi?re la diversit? du patrimoine de la r?gion. En coulisses, certains artistes se sont m?ticuleusement maquill?s et ont rev?tu des costumes ?labor?s, soulignant ainsi la pr?paration n?cessaire ? ces traditions s?culaires. Ils se sont ensuite produits ? tour de r?le devant des dignitaires, des chefs traditionnels et des centaines de curieux. Pour la plupart des participants, la danse sur ?chasses repr?sente un rituel culturel vital, mais myst?rieux de la r?gion. Ils ont regard? avec admiration, puisque les danseurs sur ?chasses, qui mesuraient plus de 2,44 m?tres de haut, ont pr?sent? un spectacle ? la fois rituel, acrobatique et tr?s amusant. De nombreuses femmes, v?tues de costumes tribaux, ont chant? et dans?, perp?tuant des coutumes transmises de g?n?ration en g?n?ration. Certains de ces groupes, souvent secrets, ont utilis? des masques et des costumes ?labor?s pour des repr?sentations combinant danse, musique et th??tre. Les rituels sont cens?s canaliser les esprits ou les anc?tres lors d’occasions importantes. « Ces rituels prot?gent nos familles, ?loignent les maladies, la violence ou tout autre mal de nos villages et portent chance », a indiqu? Jude Ebot ? Xinhua. Des habitants de diff?rentes parties de la r?gion ont dit esp?rer que les nouveaux efforts en faveur de la paix garantiront la stabilit? du pays. « Mon seul r?ve est de vivre dans la paix et l’harmonie et je souhaite que la nouvelle ann?e 2025 apporte bonheur et stabilit? au pays et ? mes compatriotes », a d?clar? Victor Mafany, venu assister ? un spectacle de danseurs traditionnels. Josephine Enow, 35 ans, une autre r?sidente, a d?clar? qu’elle ?tait fatigu?e de la guerre et de la violence et qu’elle voulait voir la paix dans sa vie et le d?veloppement de son pays. « Nous appelons le gouvernement et les combattants s?paratistes ? dialoguer, ? mettre fin ? la violence et ? faire de l’ann?e prochaine une ann?e de paix pour les Camerounais », a-t-elle ajout?. Lorsque le festival s’est achev? dimanche, aucune attaque arm?e n’avait ?t? signal?e, contrairement ? ce que craignaient les habitants, ce qui montre clairement que les gens aiment leur culture et veulent d?sesp?r?ment la paix, a estim? M. Obenofunde.