Une seule question: que manque-t-il ? l?Afrique pour organiser les Jeux Olympiques? ?L?explication est simple, r?sume Mustapha Berraf. Dans les colonnes du quotidien fran?ais Le Monde du 30 juillet 2024, l?Alg?rien, pr?sident de l?Association des comit?s nationaux olympiques d?Afrique, poursuit: ?les moyens infrastructurels ne sont pas ? la hauteur?. Voil? pourquoi, depuis leur cr?ation en 1896, l?organisation du plus grand ?v?nement sportif du monde est un privil?ge que l?Afrique n?a jamais eu l?occasion de s?offrir. Depuis toujours, les Jeux Olympiques dessinent une carte dont les contours n?approchent gu?re le continent africain. Ils ne cessent d?exprimer les aspirations culturelles, ?conomiques et politiques des nations dites puissantes.
Maintenant, ?largissons la focale. Dans un premier temps, des impressions v?hicul?es par lesdites nations dessinent les ?l?ments de contexte et les impond?rables anthropologiques. Ces rep?res sont autant d?appuis dont on se sert pour valider le point de blocage. L?ensemble du panorama et des exp?riences montre bien que des imaginations sont ? l??uvre. ? ce titre, il est ?vident que si en Afrique le potentiel est l?, les points de blocage demeurent toujours les m?mes, ? savoir des syst?mes ?conomiques flottants, un d?ficit chronique d?infrastructures suffisantes et de capacit?s humaines ? organiser les Jeux Olympiques. Il se dit qu?en Afrique, le retard accumul? dans les services publics ou collectifs ou encore la planification dessine des besoins d?investissement immenses auxquels les pays ne peuvent pas facilement faire face. Du coup, au sein du Comit? international olympique (CIO), l?Afrique n?est pas le continent que l?on pense en premi?re instance.
Dans ces conditions, tous les domaines du droit ressortent comme faibles, incertains et instables. Avec un peu de recul, on per?oit qu?il s?agit l? d?une injustice, avec des d?cisions du CIO s?exprimant souvent sous un angle ?trange pour ceux qui ont l?habitude de la rationalit?. De mani?re tr?s op?rationnelle, les nations dites puissantes maintiennent leurs cadres de pens?e avec vivacit?, en travaillant sur les r?gles afin de structurer et de l?gitimer le hors-jeu de l?Afrique. Cette strat?gie d?action conjointe, qualifiable ? certains ?gards d?influence, a toujours exist?. Cela explique que ces derni?res ann?es, les vents de l?organisation des JO furent plus favorables aux pays europ?ens, am?ricains ou asiatiques.
Or, la marque de l?histoire de l?Afrique aux JO s?impose. Cela doit ?tre compl?t? par un combat t?nu pour imposer, au niveau du CIO, une autre carte du monde que celle qui tra?ne dans les manuels occidentaux d?histoire et de g?ographie. Il s?agit, pour l?Afrique, de mobiliser sa culture du combat pour s?ouvrir des perspectives plus sereines, correctement ?tablies, suffisamment ?tay?es et articul?es au sein du CIO. ? moins de retomber dans l?illusion des promesses non tenues et dans l?orni?re des projets qui ne se r?alisent pas, l?effort premier doit se consacrer et se concentrer sur l??laboration des situations. Ce travail d??valuation appelle des op?rations centrales de formulation des questions. Le pari est bien d?accompagner ce mouvement d?s aujourd?hui pour parvenir ? dessiner des horizons diff?rents. La n?cessit? d?une telle strat?gie ? l??chelle du continent permet d??valuer la concurrence r?elle qui n?est pas si significative que cela.
Jean-Ren? Meva?a Amougou