Malgr? son mode de culture ombrag? du cacao et du caf?, le pays est soumis aux m?mes r?gles que les autres producteurs.
Selon l?Union europ?enne, 90% de la d?forestation mondiale est le fait de l?expansion agricole. Ce qui, de l?avis des experts des questions environnementales, favorise la pouss?e des changements climatiques. Or, la culture du cacao et du caf? n?cessite de grands espaces. Ce qui astreint au r?glement 2023/1115 adopt? par le Parlement de l?Union europ?enne et le Conseil europ?en. Adopt? le 31 mai 2023, il entre en vigueur le 30 d?cembre 2024. Objectif: encadrer l’importation de produits li?s ? la d?forestation. En pr?lude ? cette ?ch?ance, une r?union d?informations des d?partements minist?riels concern?s par les implications dudit r?glement s?est tenue ce 18 juillet 2024 ? Yaound?. La d?l?gation de l’Union europ?enne (UE) au Cameroun y ?tait ?galement convi?e.
D’apr?s ce texte de l’UE, le cacao, le caf? ou les produits d?riv?s issus des plantations non conformes ? ce r?glement n?auront pas acc?s au march? de l?Union europ?enne d?s le 31 d?cembre 2024. Et pour s?en assurer, l?Union europ?enne compte identifier des espaces forestiers ?prot?g?s? via la g?olocalisation, avec interdiction formelle d?y cr?er une cacaoy?re. Par ailleurs, les exportateurs devront fournir des informations pr?cises sur la localisation de leur plantation de cacao ou de caf?, afin d?en v?rifier la conformit? par rapport au r?glement ?nonc? supra. Les plantations concern?es sont cr??es apr?s le 31 d?cembre 2020 et le planteur doit se rassurer de ne pas avoir abattu des arbres.
Dur, mais possible
Face ? cette mesure bien rigide, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, estime que les producteurs camerounais ?m?riteraient une prime plut?t qu?une restriction d?acc?s au march??, compte tenu de leur ?syst?me de production sous ombrage?. Pour Jean-Marc Ch?taigner, le Cameroun doit se plier au r?glement. ?C?est un r?glement qui s?applique ? tous les pays dans le monde, y compris les pays de l?Union europ?enne eux-m?mes?, pr?cise l?ambassadeur, chef de la d?l?gation de l?Union europ?enne au Cameroun et en Guin?e ?quatoriale. Pourtant, l?inqui?tude du Mincommerce rejoint celle S?bastien Mveng Ateba. Le 4 avril dernier, sur le plateau t?l? de la CRTV, le cacaoeculteur soutenait qu?au Cameroun, il existe des arbres qui perdent des branches au fur et ? mesure qu?ils grandissent. Ce qui, expliquait le cacaoculteur, d?truit les plants. ? ceux-l?, le laur?at du troisi?me prix mondial du concours du Cocoa of Excellence ajoutait ceux qui offrent un trop-plein d?ombrage au point d?amoindrir la production.
Le Cameroun fait le choix de se conformer au r?glement de l?UE. C’est-?-dire, assurer la tra?abilit? des produits, garantir une production « z?ro d?forestation » et respecter toutes les exigences de l?galit?. Puisque, 78 % de sa production de cacao et 68 % de sa production de caf? sont export?es vers le march? europ?en. Ce qui pose avec acuit? la probl?matique de l’effectivit? de la Zone de libre-?change continentale africaine (Zlecaf). En attendant, Luc Magloire Mbarga Atangana pense que ce r?glement est dur, mais pas impossible.
Joseph Julien Ondoua Owona