L?un charge. L?autre d?charge. Chacun s?accroche ? l?espoir de rester ma?tre du dossier.
La plupart du temps, les portraits des hommes publics encombrent, mais force est de constater qu?ils ont parfois une utilit?. Celui qui ceinture une page dans l??dition du 30 ao?t 2022 d magazine panafricain ?Business & Finance International? joue vraisemblablement son r?le dans la d?couverte ou la red?couverte de Alain Olivier No?l Mekulu Mvondo Akame. Tous les sens ouverts, entrons avec ce journal dans le parcours de l?homme n? le 24 d?cembre 1960. ?Inspecteur principal des r?gies financi?res option Tr?sor (major de la promotion ? sa sortie de l?Ecole nationale d?administration et de magistrature en 1985); charg? de mission ? la pr?sidence de la R?publique; directeur g?n?ral adjoint charg? de l’administration et des ressources humaines ? H?v?cam; directeur de la CNPS (Caisse nationale de pr?voyance sociale) depuis 7 avril 2008. Depuis sa prise de fonction ? la CNPS, Olivier Mekulu Mvondo (membre fondateur de l?ONG Justice et Paix militante pour la cause humaniste) donne de meilleurs r?sultats de l?entreprise. En une dizaine d?ann?es, les d?penses annuelles de fonctionnement (hors salaires) ont ?t? r?duites de 76%, passant de 17 ? moins de 4 milliards de FCFA et le portefeuille d?actifs a bondi de pr?s de 85 milliards en 2015 ? plus de 850 milliards en 2020, dont 400 milliards de FCFA d?actifs r?alisables et disponibles. Ces chiffres confirment la solide sant? financi?re de la CNPS dirig?e par Alain Mekulu Mbondo Akame, qui a officiellement cl?tur? l?exercice 2020 avec un exc?dent (b?n?fice) de 72,39 milliards de FCFA, r?ussissant ainsi ? maintenir son r?sultat net au-dessus de la barre des 70 milliards de FCFA pour la 2e ann?e cons?cutive?, d?taille ?Business & Finance International?. Tout pour ?tre puissant et admir?.
Griefs
Et puis, le voici soudain qui inspire des proses au Contr?le sup?rieur de l?Etat (Consupe). Des proses qui d?noncent une noirceur manag?riale. Le constat, rude, s’impose ? travers un document de 5 pages publi? le 7 mai 2024. Dans son rendu, les sonorit?s des mots qu?utilise le gendarme de la fortune publique au Cameroun tranchent: ?19 fautes de gestion, dont 16 fautes avec un pr?judice financier non ?valuable?et trois fautes avec un pr?judice financier ?valuable?. Ce n?est pas tout. A charge contre l?actuel patron de la CNPS, le Consupe signale d?autres drames visibles et invisibles. Bross? avec des d?tails utiles ? la compr?hension, le tout se rapporte successivement ? ?l?ordonnancement et la perception, au titre de gratification de fin d?ann?e, d?un montant de 3,5 millions de FCFA, sans fondement juridique ?tabli?; la liquidation et l?ordonnancement des d?penses de 514,5 millions de FCFA octroy?s aux membres du conseil d?administration de la CNPS par le conseil d?administration, au titre d?indemnit?s de surveillance, sans service fait et sans contrepartie ?quivalente?; les ?carts et le manque ? gagner relev?s dans le reversement des int?r?ts dus et ?chus, dans le cadre des op?rations de rentabilisation de la tr?sorerie de la CNPS, ayant induit un pr?judice financier ?valu? ? 91,5 millions de FCFA?.
Ligne de d?fense
L? sans doute se trouve ce qui pousse Alain Olivier No?l Mekulu Mvondo Akame ? sortir sa plume et son ?critoire. Dans une lettre adress?e ? Paul Biya, le DG de la CNPS rel?ve quelques asp?rit?s et autres incongruit?s dans le rapport du Consupe. Selon le boss de la CNPS, ledit rapport n?est que l’effet cumulatif des approximations r?alis?es tout au long des trois longues ann?es d?enqu?te au sein de la structure dont il a la charge. En s?attardant sur la ligne de d?fense du mis en cause, Investir au Cameroun ?crit: ?Pour la premi?re cat?gorie des fautes de gestion, No?l Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame estime qu?elles sont principalement li?es ? l?organisation fonctionnelle de la CNPS en vigueur depuis 2009, une organisation ??totalement en conformit? avec les principes et r?gles de la Conf?rence interafricaine de la pr?voyance sociale (Cipres)??. Cependant, selon lui, le probl?me viendrait du fait que le CDBF a remis en cause ces principes et r?gles. ??Il convient de noter que le conflit d?interpr?tation des r?gles applicables ? la CNPS, port? en son temps ? votre haut arbitrage, avait conduit ? la signature par vos soins du d?cret n? 354/2018 portant organisation de la CNPS, qui r?glait la question en notre faveur??.
Le magazine d?informations ?conomiques poursuit: ?Concernant les indemnit?s de surveillance des membres du conseil d?administration, le directeur g?n?ral de la CNPS r?pond qu?elles ont ?t? annuellement vot?es par le conseil d?administration, approuv?es par les deux tutelles que sont les minist?res des Finances, du Travail et de la S?curit? sociale, puis r?parties par le pr?sident du conseil d?administration et ex?cut?es conjointement par son adjoint de l??poque et l?agent comptable. Il est notable, poursuit-il, que ni aucun administrateur directement b?n?ficiaire ni le pr?sident du conseil d?administration, encore moins les responsables ayant ex?cut? lesdites r?solutions n?aient fait l?objet de sanction ou de demande de remboursement, comme c?est la jurisprudence constante au Consupe jusque-l??.
Joseph Julien Ondoua Owona
Peur dans la cit?
Face ? la ?machine grondante?, des commentateurs craignent qu?une fois lanc?e, la m?canique de la justice repose sur un engrenage d?licat ? arr?ter ou ? r?viser.
De fait, pour qu’un proc?s devienne possible lui, Alain Olivier No?l Mekulu Mvondo Akame estime non seulement que les ?infractions? doivent ?tre port?es ? la connaissance de la justice, mais encore faut-il que celle-ci soit en mesure de les ?tablir. ? bien y r?fl?chir, disent des commentateurs, ce qui arrive ? Alain Olivier No?l Mekulu Mvondo Akame ?claire sur une ?machine? qui a le pouvoir terrible de disposer de la libert? des citoyens. ?Certains dossiers du Consupe r?v?lent donc de mani?re r?currente que nos inspecteurs d??tat se privent de moins en moins de montrer, comme ils disent, que c?est eux maintenant qui d?cident, et qu?ils ont les moyens de d?cider m?me du destin des autres citoyens. Si la majorit? d?entre eux r?sistent encore un tant soit peu ? cette propension ? l??crasement, un noyau plut?t actif laisse libre cours ? une v?ritable pathologie de l?acharnement: au pr?texte ostentatoire de l?assainissement de la gestion publique, les moins qualifi?s d?entre eux se sp?cialisent dans la fabrication des preuves. Dans leur incomp?tence z?l?e, ils finissent par embarrasser le Minist?re public et l??tat qui les emploie devant les tribunaux. Mais ils s?en donnent ? c?ur joie, au nom de l?impunit? dont ils jouissent et de cette toute puissance administrative que leur aurait apparemment conf?r?e un d?cret de nomination qu?ils confondent avec un certificat de comp?tence?, ?crivait Charly Gabriel Mbock, dans les colonnes du quotidien ?Le messager? en 2013. Cela se v?rifie dans de nombreuses affaires qui se sont souvent sold?es par l?acquittement, puis la remise en libert? ou pas des mis en cause.
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1- Pr Bruno Bekolo Ebe
Le 13 juillet 2021, lorsque le Pr Bruno Bekolo Ebe, ancien recteur de l?Universit? de Douala, ?tait acquitt? par le Tribunal administratif de Yaound?. L??conomiste chevronn? avait ?t? ?pingl? par un rapport du m?me genre, lui imputant 27 fautes de gestion dont une dizaine avec une incidence financi?re de 2,4 milliards FCFA. Quelques ann?es apr?s avoir ?t? ?crou?, huit des fautes de gestions avec incidence financi?re et 13 fautes de gestion sans incidence financi?re ? lui imput?es par le Conseil de discipline budg?taire et financi?re (Cdbf) sont simplement annul?es. Trois autres fautes seront requalifi?es de ?fautes de gestion sans incidence financi?re?.
2- Pr Dieudonn? Oyono
Comme le cas sus ?voqu?, le Pr Dieudonn? Oyono a ?galement fait les frais des ?bourdes? du Consupe. Il a ?t? inculp? avec six autres personnes pour un d?tournement pr?sum? en 2014. L?enveloppe globale du forfait estim? ? 1,7 milliard FCFA aurait, selon un rapport d?audit effectu? au sein de l?institution universitaire par le Consupe, d? ? une pr?tendue fraude sur l?attribution des march?s publics, non-reversement de la Taxe sur la valeur ajout?e (TVA). Apr?s avoir clam? son innocence pendant plusieurs mois, l?enseignant d?universit?, par ailleurs recteur de l?Universit? de Douala, incarc?r? en 2017 ? la prison centrale de Kondengui, est acquitt? par le TCS le 3 octobre 2022.
3- Jean-Marie Atangana Mebara
Si les deux cas sus mentionn?s ont pu se d?faire de l??tau de l??pervier, auquel les a expos?s le Consupe, d’autres y ont laiss? leur libert?. Apr?s avoir ?t? convoqu? ? la police judiciaire, Jean-Marie Atanga Mebara n?a plus jamais ?t? libre. Cela fait une dizaine d?ann?es que l?ancien secr?taire g?n?ral de la pr?sidence de la R?publique (SGPR) purge une peine, qui, provisoire au d?part, est aujourd?hui d?finitive. ? l?origine, trois chefs d?inculpations constat?s et ?tal?s dans un rapport du Consupe. Lesquelles occasionnent trois proc?dures distinctes. La premi?re tenue au Tribunal de grande instance du Mfoundi est reprise par la Cour d?appel du Centre, alors que le Tribunal criminel sp?cial (TCS) est cr??, s?interroge kalarahebdo.net du 30 ao?t 2023. Bien que jug? non-coupable, puis acquitt? pour les trois chefs d?accusation qui p?sent sur lui le 3 mai 2012, l??ordre de mise en libert?? du pr?sident du TGI ne sera jamais ex?cut? par le parquet. Jean-Marie Atangana Mebara reste derri?re les barreaux. Au finish, l?ancien collaborateur de Paul Biya, est condamn? ? 25 ans de prison par le tribunal criminel sp?cial (TCS) pour d?tournement, courant juin 2003, de 4,4 millions d?euros (2 905 500 0000) FCFA destin? ? l?achat d?un avion pr?sidentiel?, ?crit Jeune Afrique du 23 juin 2016. ?L?ancien secr?taire g?n?ral de la pr?sidence de la R?publique purge de ce fait une condamnation ? 20 ans de prison confirm?e par la Cour supr?me le 27 juin 2017?, apprend-on de kalarahebdo.net du 30 ao?t 2023.
4- Urbain Olanguena Awono
Emprisonn? depuis 2008 ? cause d?une note du Consupe cet ancien ministre de la Sant? du Cameroun, est accus? de d?tournement de fonds des programmes de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. ?Pour Urbain Olanguena Awono, cette accusation ne tient pas pour la simple et bonne raison que, selon la loi camerounaise, les ONG et les associations ne peuvent en aucun cas soumissionner ? des march?s publics. Leur mode de financement reste donc la subvention, que l?ex-ministre a accord?e ? diff?rentes structures, dont l?Association camerounaise de marketing social (260 millions de F CFA). En outre, les organisations b?n?ficiaires des financements du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont apport? la preuve qu?elles avaient effectivement per?u les sommes incrimin?es?, ?crivait Jeune Afrique du 12 f?vrier 2012. Sans langue de bois, le confr?re indiquait ?galement que les chefs d?accusation s?effritent tandis que les lourdeurs administratives favorisent le statu quo de la d?tention. Toute chose qui emm?ne le journal en ligne ? penser que Urbain Olanguena Awono est ?en prison pour rien?.
Joseph Julien Ondoua Owona