Dans les arrondissements de Yaound? 3e et Yaound? 4e, les populations s’approvisionnent en cette denr?e alimentaire ? domicile.
Agriculteur et c?libataire, Claude n’a pas de quoi se mettre sous la dent. Et n’ayant pas assez d’argent, il balbutie, jusqu’? ce qu’arrive Rameau, un vendeur ambulant de viande de b?uf.?Puis-je avoir de la viande avec 800 FCFA??, lui demande-t-il?. M?me avec 500 FCFA, vous pouvez avoir de la viande. Tout le monde doit en manger?, r?pond le boucher ambulant. Plateau sur la t?te, il entend apporter satisfaction ? son client. Il descend le plateau et le pose sur le sol. De l?, il taille un morceau qu’il estime ?tre ? la mesure de la somme propos?e, au grand bonheur de Claude. Le cas de ce dernier est loin d’?tre isol?. Plusieurs personnes r?sidant dans les quartiers Nsam Escale, Obam Ongola, Barri?re dans le 3e arrondissement. Mebang, Abomey, Toutouli, ainsi que des quartiers mitoyens ? celui d’Odza dans le 4? arrondissement, se sont abonn?es chez Rameau.
Commandes
Dame Boula, veuve vivant ? Meyo, ach?te des tas de viande de 1000 FCFA pour nourrir sa famille. ?Lorsqu?on a tr?s peu de moyens financiers, comme c’est mon cas, il faut user de strat?gie. En fonction de mon budget, Rameau me sert bien et chacun peut avoir un petit morceau?. Connu de tous, Rameau re?oit parfois des commandes ? distance. Ce lundi 24 juin 2024, dame Ayissi, femme au foyer, souhaite s’approvisionner en viande de b?uf. Au lieu de se rendre dans une boucherie, elle passe un coup de fil ? Rameau. Rien de nouveau. Depuis pr?s d’un an, elle s’approvisionne aupr?s de ce boucher ambulant. Pour le mois de juillet qui approche, elle passe la commande de la viande pour un montant de 30 000 FCFA. ?La viande que Rameau me vend est bon march?. Si je vais ? Mvog-Mbi, ou ? Borne 10, mes d?penses augmentent d’au moins 10 000 FCFA pour la m?me quantit? de viande?, ?value la fonctionnaire.
Ravitaillement
Du fait des bonnes relations qu’il entretient avec ses clients, Rameau, peut se permettre de leur octroyer des cr?dits. Ce qui ne se fait pas dans les boucheries conventionnelles. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles son portefeuille client est aussi important. Ce d’autant plus qu’il permet ? des femmes tr?s occup?es comme madame Ndi, institutrice dans une ?cole priv?e de la ville, de s’approvisionner en viande de b?uf sans le moindre effort. Pour avoir pass? plusieurs ann?es ? faire ce travail dans la ville de Yaound?, Rameau peut aujourd’hui s’exprimer Ewondo (langue locale).
Pour ravitailler sa client?le au quotidien, Rameau se rend au march? de Nsam tous les matins, ? six heures. Apr?s avoir fait ses emplettes, il se rend aupr?s des m?nages selon l’itin?raire qu’il aura lui-m?me trac?, en fonction des commandes de ses clients. Ce n’est qu’aux environs de 15 heures que son travail journalier prend fin. Il travaille ainsi tous les jours, except? le vendredi, jour de pri?re pour les musulmans et jour pendant lequel ceux-ci n’apportent pas de viande au march?. ? travers cette activit?, Rameau parvient ? vivre ais?ment.
Andr? Gromyko Balla