Avec un besoin annuel chiffr? ? 400 000 poches de sang, les banques de sang ne parviennent qu’? collecter ? peine 148 000 de poches.
Comme plusieurs habitants interrog?s ce 14 juin 2024 dans les rues de Yaound?, Mathurin et Pauline, respectivement commer?ant et enseignante, n?ont jamais donn? et ne sont m?me pas pr?ts ? donner de leur sang. Et chacun d?entre eux a ses raisons?. On ne fait pas un don de sang ? n?importe qui. Il faut avoir une relation particuli?re avec la personne ? qui tu octroies ton sang. Jamais, je ne vais me lever parce que j?ai entendu dire qu’il y avait des gens ? l?h?pital pour aller donner de mon sang. D?j? que lorsque tu as donn? du sang, il faut une r?cup?ration apr?s? pense le premier?. Je ne suis jamais partie faire un don de sang de fa?on b?n?vole. Et puis m?me, on ne nous a jamais sensibilis?s dans ce sens. J?avoue que je ne savais pas qu?on peut donner du sang volontairement? explique la seconde.
Si pour ces deux premiers, les raisons sont personnelles, la r?ticence au don de sang pour Wenceslas est une affaire de croyances religieuses?. C?est une question de religion. En plus, on n’a pas une tradition qu?on respecte chez-nous. ?Partager notre sang et le laisser dans des endroits dont on ne conna?t pas les rouages, n?entre pas dans nos coutumes? affirme le jeune pensionnaire d’une grande ?cole de formation de la place.
L?urgence
Mais, cette situation n?est pas sans cons?quence dans les h?pitaux. Sur les 400 000 poches environ dont le Cameroun a besoin, ? peine 148 000 poches de sang sont collect?es, selon les chiffres du minist?re de la Sant? publique. Bien-plus, selon No?l Ateba, le major de la banque de sang de l?H?pital central de Yaound?, sur trois poches de sang demand?es sur l?ensemble des services, une seule poche est disponible?. Les membres des familles interviennent quand le patient est d?j? dans le besoin. Et le temps d?en trouver, le pire peut arriver?, explique-t-il.
Le responsable que nous rencontrons sur le terrain d?une op?ration de collecte, insiste sur l?urgence d?une sensibilisation et de la promotion aupr?s des populations du don de sang volontaire?. Quand le sang est disponible avec la contribution des b?n?voles, les familles interviennent seulement quand il faut remplacer la poche dont leur patient a ?t? b?n?ficiaire. Ce sang est test? et mis ? disposition ? temps. Ainsi, nous encourageons les uns et les autres ? s?engager pour cette cause?, conclut-il.
D?apr?s des donn?es officielles, les h?morragies sont ? l?origine de pr?ts de 40% de mortalit? maternelle au Cameroun. En c?l?brant ce 14 juin 2024 la journ?e consacr?e aux donneurs de sang volontaires, l?id?e du gouvernement ? court terme est non seulement d’avoir du sang en abondance dans les h?pitaux, mais aussi de supprimer la pratique pilote de donneur dit de ?remplacement?.
Joseph Ndzie Effa (stagiaire)