Collectif des anciens des séminaires catholiques du Cameroun : flamme de foi, fraternité en éveil

Réunis le 30 août dernier au Centre spirituel Saint-Jean XXIII de Mvolyé (Yaoundé), les anciens des séminaires catholiques du Cameroun ont conjugué mémoire, bilan et avenir. Une assemblée générale spéciale où la foi s’est mêlée à la fraternité, avec ce supplément d’âme que donnent les retrouvailles.

Une attitude de quelques anciens séminaristes à Mvolyé

À Mvolyé, les souvenirs ont retrouvé leur jeunesse. Dimanche 30 août 2026, le Centre spirituel Saint-Jean XXIII a accueilli les membres du Collectif des anciens des séminaires catholiques du Cameroun (CASEMCA), venus tenir leur assemblée générale spéciale. Autour du président, Pius Ondoua Olinga, les anciens séminaristes ont regardé dans le rétroviseur sans jamais perdre de vue la route à venir.
Trente-deux mois d’activités étaient au menu. Un exercice de bilan qui aurait pu prendre les allures d’une froide réunion administrative. Mais à Mvolyé, la comptabilité des actions semble avoir une autre unité de mesure : la fidélité. Celle aux valeurs reçues, aux liens tissés et à cette formation spirituelle qui continue de marquer les parcours, même lorsque la soutane est restée au vestiaire.

Car le séminaire ne fabrique pas seulement des vocations sacerdotales. Il transmet aussi une discipline de vie, le sens du service, le goût de la réflexion et une certaine attention à l’autre. Des valeurs qui, des années plus tard, trouvent encore à s’exprimer dans la société camerounaise.
Les travaux ont ainsi porté sur les activités conduites au cours des trente-deux derniers mois, mais également sur les perspectives de l’association. Renforcer l’organisation, améliorer la coordination et donner davantage de souffle aux initiatives du collectif figurent parmi les préoccupations de cette rencontre.
L’ambition est claire : faire du CASEMCA davantage qu’un cercle de retrouvailles. Une mémoire vivante, capable de transformer un héritage spirituel en engagement concret.

Fraternité
À Mvolyé, la fraternité n’était pas un simple mot inscrit dans un ordre du jour. Elle se lisait dans les sourires, les poignées de main et les conversations retrouvées. Les années passent, les parcours divergent, mais certaines communautés de destin résistent remarquablement au temps.
La solidarité constitue précisément l’un des piliers de cette dynamique. Être ancien séminariste, c’est aussi, pour les membres du CASEMCA, conserver le réflexe de ne pas détourner le regard lorsque l’autre traverse une difficulté.

Cette solidarité entend s’étendre à l’Église, mais aussi à la société camerounaise. L’association souhaite poursuivre son engagement en mettant au service du bien commun les compétences, les expériences et les réseaux de ses membres.
Dans un pays où les grandes fraternités aiment parfois davantage les discours que les actes, cette volonté mérite d’être relevée. Ici, la spiritualité ne prétend pas planer au-dessus du quotidien : elle cherche à y mettre les mains.
Et c’est peut-être là le plus beau paradoxe de cette assemblée. Beaucoup sont entrés autrefois au séminaire avec l’idée d’une vocation précise. La vie en a décidé autrement pour certains. Mais elle n’a pas nécessairement effacé l’essentiel.
À Mvolyé, les anciens ont donc refermé leur assemblée avec une certitude : une vocation peut changer de forme sans perdre son sens. Le temps a passé, les hommes ont grandi, les cheveux ont parfois blanchi (signe discret que même les plus pieux n’échappent pas au calendrier) mais la flamme, elle, demeure. Celle du service, de la fraternité et de l’espérance.

Bobo Ousmanou

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