Faible niveau de recouvrement de la TCI: la Cemac en panne s?che

Plusieurs experts soulignent que le faible taux actuel de recouvrement de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI) contraint la CEMAC ? revoir ? la baisse ses ambitions budg?taires et ? privil?gier une approche plus r?aliste.

Les ministres et experts venus des six ?tats membres de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) ont planch? plusieurs jours durant sur le budget 2026 de l?institution. Sur la table, un chiffre : 85,9 milliards de francs CFA. Derri?re ce montant, une r?alit? plus prosa?que : le faible taux de recouvrement de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI), principale ressource de la communaut?.

? La CEMAC avance avec un moteur financier ? demi-plein ?, confie un ?conomiste de la Commission sous couvert d?anonymat. ? Le potentiel de la TCI est immense, mais son rendement reste inf?rieur ? 70 %. Cela signifie que nous fonctionnons chaque ann?e avec pr?s d?un tiers de nos ressources bloqu?es dans les circuits administratifs nationaux ?.

Cette taxe, pr?lev?e sur les importations en provenance de pays tiers, devait symboliser la solidarit? communautaire. Mais entre lenteurs bureaucratiques, d?faillances de recouvrement et priorit?s nationales, elle peine ? remplir son r?le int?grateur. Dans certains ?tats, les transferts tardent, parfois de plusieurs mois. D?autres invoquent des difficult?s techniques, des retards comptables ou des tensions budg?taires internes. R?sultat : les projets communs ralentissent, les programmes r?gionaux se mettent en pause, et l?ambition d?une int?gration ?conomique forte se dilue dans les bilans.

? Les ?tats membres ont d??normes contraintes internes, mais ils oublient souvent que la CEMAC, c?est aussi eux ?, note un expert du Fonds de d?veloppement de la communaut?. Selon lui, la faiblesse du recouvrement ne refl?te pas seulement un probl?me financier, mais aussi politique : ? Il manque une volont? partag?e de faire de la TCI une priorit? nationale. ?

Le pr?sident de la Commission, Baltasar Engonga Edjo?o, a reconnu la difficult?, tout en appelant ? une approche ? pragmatique ?. Le budget 2026, dit-il, ? prend en compte la r?alit? du recouvrement ?. En d?autres termes, la CEMAC ajuste ses ambitions ? la hauteur de ses moyens. Moins de projets pharaoniques, plus de ciblage, de rationalisation et de contr?le.

Pourtant, le contexte r?gional n?aide gu?re. L?instabilit? politique persistante dans certaines zones, la baisse des recettes p?troli?res et la pression sur les monnaies nationales p?sent sur les ?conomies. Plusieurs programmes d?int?gration, notamment dans les infrastructures et la libre circulation, sont ralentis. Les partenaires techniques et financiers appellent ? des r?formes de gouvernance, mais celles-ci tardent ? se concr?tiser.

? L?heure n?est plus aux slogans, mais ? la rigueur ?, tranche un ancien haut cadre de la BEAC. ? Si la TCI ne devient pas une ressource effectivement communautaire, la CEMAC restera d?pendante des bailleurs, et son autonomie financi?re ne sera qu?un mirage ?. Entre les chiffres et les promesses, Brazzaville aura donc servi de miroir ? une int?gration r?gionale encore h?sitante. Les experts ont beau louer la prudence du budget 2026, tous savent que la vraie bataille se joue ailleurs : dans la capacit? des ?tats ? honorer leurs engagements. Tant que la TCI ne remplira pas pleinement le r?servoir, la CEMAC devra avancer au ralenti, frein?e par ses propres lenteurs.

R?my Biniou

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