Les coulisses d’un autre vote

De nombreux citoyens se livrent ? la d?fiance en ouvrant des circuits de commerce et au mode de consommations Parall?le.

Quand il faut contourner les lois, les camerounais deviennent trop ing?nieurs. Voil? ce qu’il faut retenir. Leurs capacit?s de r?silience se prouve une fois de plus ce 12 octobre 2025. Cette capacit? de survie est beaucoup plus accrue quand il est question de picoler. Plut?t que d’accomplir leurs devoirs citoyens, qui est de se rendre dans un bureau de vote pour choisir celui qui pr?sidera ? la destin?e du pays pendant les 7 ans avenir, ils mettent sur pied des stratag?mes pour continuer ? occuper leur quotidien.

Jean barman dans la localit? d’Abomey (Odza), est un exemple. Aux environs de 11 h ce dernier ne supporte plus la pression venant des clients qui sont pour la plupart des fr?res du village. Ne pouvant pas ouvrir son bar fait dans l’improvisation. ? Je ne peux ne pas vendre parce qu’on interdit d’ouvrir les boutiques et bars ?, la d?fiance est ouverte. Il met sur pied un bar dans le petit cacaoyer qui se trouve derri?re la cuisine de son ?pouse. Comme dispositif on a 3 bancs d’environ 2 m?tres de longueur et 2 chaises en plastique.

Les casiers de bi?re sont stock?s dans la cuisine, ? comme le village bavarde beaucoup, les gens iront dire que j’ai ouvert un bar. Et si le chef de village o? les hommes en tenues m’attrapent je dis que la cuisine c’est le magasin ?, rench?rit le barman. Ses clients d?cid?s ? l’accompagner dans cette aventure lui promettent un soutien sans faille, ? si l’autorit? vient on va dire que nous sommes sur le point d’aller au bureau de vote ?, ?voque Pierre, un de ces cousins. Armand un autre consommateur est plus humoristique, ? mon bureau de vote c’est ici, le bulletin de vote c’est la bi?re et l’urne c’est le ventre ?, d?t il en Ewondo.

Ir?ne propri?taire d’une sup?rette ? Meyo a une strat?gie. N’habitant pas loin de sa boutique, elle prend les commandes des clients. Elle entre dans la boutique et mets la marchandise dans les sacs de march?. Chaque femme d?bourse 200 FCFA en plus comme prime de risques, ? si on m’arr?te je peux faire la prison donc pour faire ton march?, tu me donnes 200 FCFA, sinon je ne sers pas ?, impos? la dame.

La m?me d?fiance est visible dans un atelier du c?t? de Toutouli, quartier voisin. Le propri?taire dont l’identit? ne sera pas r?v?l?e se dit non concern? par le vote. ? Aucun candidat ne m’a convaincu, je fais semblant de fermer mon atelier mais je travaille. C’est un homme en tenue qui a ces portes et fen?tres et il me met la pression. D’ailleurs d?s que termine avec cette porte, je l’appelle pour porter avec son pick-up ?, estime le soudeur.

Ne pouvant pas ouvrir boutiques et autres lieux de travail, Lo?c et Syst?me prennent les manchettes et se lancent au travail manuel. Ils d?crochent le long de la route qui m?ne au bureau de vote de l’?cole publique de Meyo. C’est une occasion pour eux de se d?fouler.

Andr? Gromyko Balla

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