Le futur de la plan?te se joue en Afrique

George Arthur Forrest intrigue autant qu?il fascine. N? en 1940 ? ?lisabethville, aujourd?hui Lubumbashi, ce Belge install? depuis plusieurs g?n?rations en R?publique d?mocratique du Congo (RDC) a construit l?un des plus puissants empires miniers du continent.

Deuxi?me fortune d?Afrique selon Forbes en 2016 (800 millions de dollars), il est tour ? tour c?l?br? pour son audace entrepreneuriale et critiqu? pour ses liens politiques et son influence dans les cercles du pouvoir. Mais derri?re l?image de magnat controvers? se dessine un discours qu?il mart?le d?sormais avec conviction : l?avenir de l?humanit? passera par l?Afrique.

Dans son essai ? L?Afrique peut nourrir le monde ? (paru en f?vrier 2025 aux Editions Le Cherche Midi), George Forrest d?roule une th?se simple : avec ses terres arables, sa population jeune et ses ressources abondantes, l?Afrique poss?de toutes les cl?s pour devenir un grenier plan?taire. ? L?Afrique n?est pas encore pr?te, mais elle peut l??tre rapidement, si les investissements sont bien orient?s et si les gouvernements s?impliquent ?, explique-t-il. Routes, stockage, ?nergie, transformation locale : pour lui, l??quation est claire. Le continent ne doit plus se contenter d?exporter des mati?res premi?res, mais produire et transformer sur place. ? C?est ainsi qu?on d?veloppe un pays ?, affirme-t-il, plaidant pour des partenariats public-priv? et une meilleure gouvernance. Car, dit George Forrest, l?autosuffisance alimentaire ne repr?senterait pas seulement un gain ?conomique : elle offrirait ? l?Afrique une v?ritable souverainet? face aux chocs mondiaux.

Forrest en est convaincu : d?ici 2050, l?Europe, confront?e ? son vieillissement et ? ses difficult?s ?conomiques, pourrait d?pendre de l?Afrique pour son alimentation et ses mati?res premi?res. ? Le jour o? l?Europe n?aura plus rien, de qui d?pendra-t-elle ? ?, lance-t-il, appelant ? un partenariat ? gagnant-gagnant ? plut?t qu?? une relation de d?pendance. Il observe aussi le basculement g?opolitique d?j? ? l??uvre : la Chine, l?Inde et la Turquie avancent ? grands pas sur le continent, tandis que les puissances occidentales perdent du terrain. ? La nouvelle g?n?ration africaine, form?e ? P?kin, Moscou ou Delhi, noue des liens qui p?seront demain ?, souligne-t-il. L?Europe, dit-il, commet l?erreur de se refermer, en limitant l?acc?s de ses universit?s et de ses banques aux Africains. ? Un ?tudiant garde toujours un attachement au pays qui l?a accueilli ?, rappelle-t-il. ? Fermer ces portes, c?est rompre un lien vital ?.

? rebours du discours de certaines ONG, George Forrest d?fend la place des investisseurs priv?s. ? Les ONG critiquent, donnent des le?ons, mais qu?apportent-elles vraiment ? ?, interroge-t-il, d?non?ant un mod?le qui, selon lui, freine le d?veloppement. Son credo : attirer des capitaux, lancer des projets viables et cr?er des emplois. Car c?est dans l?initiative ?conomique que le continent, selon lui, trouvera la voie d?un progr?s durable.

Il reconna?t toutefois que les obstacles restent nombreux : corruption, instabilit? judiciaire, manque d?infrastructures. Mais il veut croire ? une dynamique vertueuse : ? Plus il y aura d?investissements, plus les gouvernements seront contraints de se discipliner et d?assurer un cadre plus transparent ?. Son message est clair : l?Afrique doit cesser d?importer ce qu?elle peut produire. Agriculture, agro-industrie, transformation mini?re : l?enjeu n?est pas seulement de nourrir ses populations, mais aussi de s?imposer comme un acteur central dans le monde d?aujourd?hui.

Jean-Ren? Meva’a Amougou

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