Chaque mois de septembre ram?ne le m?me cort?ge d??motions : des cartables encore neufs, des crayons qui brillent comme des ?p?es de lumi?re, des uniformes amidonn?s qui sentent la fiert? et la promesse d?un avenir. Mais, derri?re ce d?cor lumineux se cache une r?alit? ?pre : les finances des m?nages saignent, le pouvoir d?achat s?amenuise, et l?angoisse des parents s?invite silencieusement ? la f?te de la rentr?e.

Et pourtant? malgr? la raret? de leurs ressources, malgr? les revenus rabougris, malgr? les sacrifices qui parfois tiennent du martyre, les parents, v?ritables sentinelles de l?esp?rance, trouvent toujours le moyen d?envoyer leurs enfants sur le chemin de l??cole. Ils m?ritent d??tre salu?s, ces h?ros anonymes qui, au prix de privations quotidiennes, refusent que leurs enfants soient prisonniers de l?ombre de l?ignorance.
Faut-il louer cette r?silience admirable ? Oui, sans aucun doute. Mais faut-il aussi s?interroger sur ce que cette r?silience r?v?le : une soci?t? qui exige des siens une endurance presque surhumaine pour pallier les failles structurelles, les politiques d?faillantes, le d?sordre ?conomique ? L? r?side la ligne de cr?te : entre la grandeur d?un peuple qui ne c?de pas, et la douleur d?un peuple qui, peut-?tre, s?habitue trop ? plier sans rompre.
Quoi qu?il en soit, l?essentiel demeure : ces p?res et m?res savent que la dignit? se niche aussi dans l?acte d??quiper un enfant pour l??cole, dans la volont? de lui offrir un cahier, une paire de chaussures, un livre. Car envoyer un enfant ? l??cole , ce n?est pas seulement le pr?parer ? passer des examens ; c?est lui ouvrir le champ vaste o? les bornes de l?ignorance reculent, c?est lui donner les cl?s pour b?tir un lendemain o?, peut-?tre, ses propres enfants ne conna?tront pas les m?mes privations.
Oui, les parents le font avec douleur, mais aussi avec fiert?. Ils le font avec inqui?tude, mais plus encore avec espoir. Leur geste, ? chaque rentr?e, est un acte de foi dans l?avenir, un refus obstin? de laisser le destin de leurs enfants se faner dans la m?diocrit?.
Ainsi, sous les cris joyeux des enfants qui reprennent la route des ?coles, il y a les larmes invisibles, les sacrifices muets, mais aussi les semences de demain. Et c?est peut-?tre cela, la plus belle le?on de la rentr?e : la certitude que, malgr? les temp?tes, l?esp?rance continue de fleurir dans les mains des parents.
BONNE RENTR?E SCOLAIRE ? TOUS!
Depuis le Duch? de MALIMBA ? Bona-Mul?nd? sur l’?le de MOULONGO les pieds dans les eaux de la Sanaga,
CONSTY LE DUC DE MALIMBA
PETIT POISSON DE MALIMBA
Votre modeste observateur de la soci?t?.