Face aux d?fis du climat, les femmes rurales d?Afrique centrale ne demandent pas la charit?, mais la reconnaissance. Elles veulent ?tre inform?es, form?es, impliqu?es.

Cameroun: ? Je ne comprends plus les saisons ?
Dans la r?gion de Batcham, ? l?Ouest du Cameroun, Madeleine, 48 ans, cultive le ma?s et les haricots depuis sa jeunesse. Mais ces derni?res ann?es, tout a chang?. ? Il n?y a plus de vraie saison. Je plante et parfois il ne pleut pas pendant trois semaines. Ou alors il pleut trop d?un coup, et tout pourrit dans le sol ?. Face ? cette instabilit?, de nombreuses femmes se d?placent vers les bas-fonds humides, zones autrefois r?serv?es ? la production de vin de palme par les hommes. Ce changement de territoire cr?e parfois des tensions, mais il r?v?le surtout une recherche de survie dans un environnement de plus en plus incertain.
Maladie, inondations et charge mentale
Dans certaines r?gions anglophones du Cameroun, les femmes rurales subissent la mont?e des eaux, la d?gradation des sols, et une augmentation des maladies li?es au climat, comme le paludisme. ? Nous devons aller plus loin pour chercher de l?eau potable, soigner les enfants, et travailler aux champs. C?est trop. ? Malgr? cela, elles d?veloppent des jardins communautaires, des groupes d?entraide, et des micro-projets d??pargne. Une preuve de leur r?silience, mais aussi de l?absence d?alternatives institutionnelles.
Gabon: des techniques simples
Une r?silience forte Rencontr?es au SAFER, quelques agricultrices gabonaises disent avoir trouv? leurs propres moyens d?adaptation. Le drainage manuel des terres permet de retenir l?humidit?, tandis que la diversification des cultures r?duit les pertes.
Lydie Kawalina, chercheuse sp?cialis?e, explique : ? Ces pratiques sont des r?ponses concr?tes au changement climatique. Elles montrent que les femmes rurales ne sont pas passives : elles innovent?.
Mais ces efforts restent invisibles pour les politiques publiques, qui n?int?grent que tr?s rarement les femmes rurales dans la prise de d?cision.
Tchad: Cultiver dans le chaos climatique
? l?Est du Tchad, un autre constat amer. ? Nous avons plant? le mil en mars, car les pluies ont cess? en janvier. Ce n?est pas normal ?. ? Le ma?s ne germe pas sans pluie. Nous devons replanter, mais nous n?avons plus assez de semences. ?
Ces paroles d?agricultrices r?v?lent une d?tresse quotidienne. Elles doivent non seulement produire, mais aussi nourrir leurs familles, souvent sans soutien ni ressources suppl?mentaires. Une congolaise t?moigne : ? Les femmes congolaises souffrent plus, car ce sont elles qui doivent nourrir les enfants. ?
JRMA